Archives pour la catégorie Paweł Pawlikowski

Cold war (Zimna wojna) – Pawel Pawlikowski – 2018

05. Cold war - Zimna wojna - Pawel Pawlikowski - 2018L’amour de sa vie.

   4.0   Si Pawel Pawlikowski est à mon humble avis un cinéaste éminemment surcoté, érigé chouchou des académies et des festivaliers – Ida, oscar du meilleur film étranger ; Cold war, prix de la mise en scène à Cannes – il faut lui reconnaître une force plastique, un diabolique sens du cadre et une fascination pour ses actrices. C’est déjà volontiers ce que je garde de My summer of love, les sensualités vénéneuses de Natalie Press & Emily Blunt. Mais aussi d’Ida : la mystérieuse Agata Trzebuchowska. C’est Joanna Kulig qui sera l’âme de ce dernier film. Beautés froides, c’est vrai, mais qui brillent dans ce concert minimaliste, irradient ce noir et blanc si intact : Ainsi, Cold war reprend la plasticité et le format 4/3 d’Ida. Moins de cadrages outranciers avec personnages squattant bords et coin du cadre, comme s’ils étaient sur le point d’être avalés par le néant du hors champ – Tant mieux, ça m’avait terriblement gêné dans le précédent film – mais que les admirateurs de ce formalisme éclatant se rassurent : Cold war agit moins dans les coins que dans le plein champ. En découle un extra-formalisme plat ou le personnage fait présence forcée dans le champ façon « éléphant dans un magasin de porcelaine » qui réduit la portée hypnotique et circulaire du récit. Le film s’intéresse à cet amour impossible façon « Nous ne vieillirons pas ensemble » à la sauce polonaise, et en pleine guerre froide et reproduit ces mini-saynètes très fabriquées ad nauseam, au sein d’une temporalité et d’une géographie très identifiée : Ici Paris 1952, là Varsovie 1955 etc. C’est bien fait, c’est parfois beau, mais c’est aussi souvent soporifique, la faute à ses deux personnages inintéressants qui ne dégagent absolument rien. Si on veut les voir ensemble une bonne fois pour toute, c’est uniquement pour que cesse cette jolie – et heureusement plutôt courte – mascarade guindée.

Ida – Paweł Pawlikowski – 2014

28Paradis : Foi.

   4.0   Non pas que je trouve le film mauvais ou raté puisqu’il y a un pouvoir visuel, des qualités esthétiques indéniables (Merci le noir et blanc) et un rythme singulier dans la progression du récit mais ça dessert complétement le propos à mon sens, soit le récit d’une jeune nonne juive à la recherche de l’histoire de ses parents assassinés pendant la guerre, afin de leur offrir une sépulture dans un cimetière juif. En faire une esthétique toute belle, toute lisse me gêne constamment. Il y a un peu du Fils de Saul et du dernier Egoyan là-dedans sans la distance mise en scénique du premier ni l’infâme résolution du second. Mais ce côté archi (dé)cadré (corps sur découpés en permanence, se logeant dans chaque bord de cadre d’une séquence à l’autre) poseur et illustratif en font un objet un peu trop mécanique et désincarné. Reste le récit parallèle sur l’apprentissage d’Ida dans le monde libre et athée, au contact de sa tante ancienne activiste dorénavant paumée, et d’un jeune musicien qui tente d’échapper à son service militaire, qui se révèle assez beau mais tout de même programmatique – Disons qu’on voit le scénario de la reconstruction / renaissance / prise d’indépendance face aux plaisirs charnels se dessiner trop vite.


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silencio


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