Archives pour la catégorie Pierre Granier-Deferre

Noyade interdite – Pierre Granier-Deferre – 1987

06. Noyade interdite - Pierre Granier-Deferre - 1987Drapeau rouge.

   5.0   J’aime bien revoir Noyade interdite, pour son cadre – le film est tourné à St Palais sur mer, station balnéaire qui m’est chère – mais chaque fois c’est le même constat : c’est pas terrible.

     Dix ans après avoir quitté sa région natale, l’inspecteur Molinat est forcé d’y retourner pour les besoins d’une enquête. En effet, un cadavre a mystérieusement été retrouvé dans la zone de baignade, une balle dans l’oreille. Et bientôt un autre et encore un autre – que des hommes – ce qui rameutent badauds et journalistes et alimente la peur générale, ce qui n’est pas trop du goût du maire, à l’aube de la saison estivale.

     C’est Les dents de la mer sans rythme, sans requins, sans scènes, sans génie et avec une musique de Philippe Sarde complètement neurasthénique. Un petit whodunit à la française, avec Philippe Noiret et Guy Marchand qui forment un duo de flics attachants et qui cabotinent à merveille. Tout résonne assez vite avec une vieille affaire du passé, d’escroquerie et d’amour, très mystérieuse aussi, dans laquelle Molinat avait déjà baigné et s’était déjà perdu.

     On dirait du Simenon, dans lequel Noiret campe un Maigret nonchalant. Du Chabrol en pantoufles. Du Mocky sage. Ou un Corman frenchy, tant le film fait défiler les nichons (qui bronzent sur les rochers coupants et pour bien les connaître, je vous assure que pieds nus c’est compliqué alors cul nu j’en parle pas). On devine tout très vite et le film est très plan-plan, mais ça se regarde.

Le chat – Pierre Granier-Deferre – 1971

09. Le chat - Pierre Granier-Deferre - 1971Cul-de-sac.

   7.0   Signoret & Gabin incarnent un couple de retraités, sans enfants, au crépuscule de leur vie conjugale. C’est le Saraband, de Granier-Deferre. Un huis-clos étouffant, se déroulant quasi entièrement à l’intérieur d’un petit pavillon de banlieue parisienne. Inutile d’avoir lu (ce) Simenon pour détecter son ombre au sein de ce récit torturé d’un amour qui s’est évaporé. Le film se déroule selon quatre zones de temporalité qu’on serait tenté d’intituler : « Avec le chat » et « Sans le chat », « Le désir » et « La mort ».

     Sans surprise, le film s’ouvre et se ferme sur la mort : Une sirène d’ambulance sillonnant les rues de Courbevoie, vient s’arrêter devant cette maison, coincée dans un cul-de-sac. Jadis, cette petite bâtisse ornait le fond d’une rue pavillonnaire. Dans un raccord fulgurant, Deferre remplace la vue de la fenêtre de la chambre d’une époque par la même d’une autre époque, afin de comprendre que les grands ensembles (tout l’entourage est en chantier) prennent possession des lieux. Que les ruines sont dedans autant que dehors.

     Dans Le chat, si ce dernier revêt une importance fondamentale, les images et sons du chantier ne sont pas en reste : On y voit et on y entend des grues, des machines, des marteaux-piqueurs, en permanence. C’est un beau film désespéré où les brèves images de bonheur sont floues comme pour raconter qu’elles sont beaucoup trop enfouies. Pourtant elles sont là, elles proviennent d’un moment de suspension, à lui comme à elle, sur des mains ou des gestes, qui enclenchent un souvenir.

     Et le chat sera le parfait vecteur du malaise puisqu’en plus de prendre sa place à elle au simple niveau de l’attention (On comprend qu’il ne l’aime plus, point, sans doute en priorité pour une question d’alcoolisme et aussi parce qu’il aime se réfugier dans les bras d’une tenancière d’hôtel de passe) en plus d’être son reflet rajeuni : Elle était trapéziste de crique dans le temps, avant qu’un grave accident lors d’un spectacle, ne la fasse boiter pour la vie.

     Un évènement qui semble le déclencheur de tout : D’une perte de désir jusqu’à l’impossibilité même de faire des enfants. Il ne reste alors plus que ce chat. Et puis bientôt plus rien. C’est un film superbe, mais terrible. Mais pas terrible de façon malsaine : C’est pas Amour, de Haneke. Deferre trouve toujours un raccord, une idée pour leur donner à tous deux beaucoup de lumière et ne jamais les écraser sous l’austérité formelle. Signoret & Gabin y sont au sommet de leur art.

La veuve Couderc – Pierre Granier-Deferre – 1971

34. La veuve Couderc - Pierre Granier-Deferre - 1971Canal et solitudes.

   7.0   Une adaptation de Simenon très classique mais élégante. Avec Signoret & Delon tous deux parfaits chacun dans leur rôle, qui ne phagocytent jamais le film. Quant à Granier-Deferre il prend le temps de filmer la vie de ce curieux périmètre de Côte d’or, autour du canal entre Champagne et Bourgogne, ainsi que le pont-levis de Cheuge, renfermant un cours d’eau et une écluse, bordées par des fermes, ainsi qu’un lavoir où tout le village se réunit pour son linge. Et au centre du récit l’histoire, violente, cruelle d’une famille paysanne, en l’occurrence un désaccord de terrain au cours duquel une veuve affronte la haine au quotidien d’une belle famille qui ne rêve que de sa ferme.

     Puis il y a l’arrivée de l’étranger, ce fuyard taiseux, mystérieux, qui sera bientôt l’employé de la veuve Couderc mais aussi un peu son protecteur, avant qu’il ne soit séduit par la jeune voisine d’en face, qui est aussi la nièce de la veuve. La tragédie est à plusieurs entrées et se joue dans un espace-temps très réduit, avec ses moments de grande légèreté et d’autres plus graves, notamment cette angoisse de la délation qui couve. Au roman de Simenon, Granier-Deferre choisit d’accentuer le romanesque plutôt que son aspect délétère, mortifère, en modifiant la situation de l’étranger (d’ancien détenu il devient l’évadé) et la résolution du récit. C’est un très beau film.

La métamorphose des cloportes – Pierre Granier-Deferre – 1965

234575_backdrop_scale_1280xauto   5.0   C’est du gentil polar avec quelques bonnes idées comme la transition en prison, après c’est trop petit Melville pour marquer vraiment et puis les acteurs en font des caisses, Aznavour en tête. Enfin les dialogues sont de Michel Audiard donc derrière ça cabotine forcément… je reconnais ne pas avoir non plus boudé mon (petit) plaisir.


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silencio


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