Archives pour la catégorie Pierre Jolivet

Simple mortel – Pierre Jolivet – 1991

08. Simple mortel - Pierre Jolivet - 1991Entretien du troisième type.

   7.0   Pas certain qu’il n’y ait de grande cohérence entre Fred, Le complexe du kangourou et Simple mortel mais il y a derrière ces trois films, un auteur qui tentait beaucoup de choses à l’époque. Ici, sans aucun effet spécial, il choisit le film de science-fiction, genre particulièrement moribond chez nous. Un linguiste universitaire, spécialiste en langues anciennes, est contacté en gaélique via son autoradio, puis bientôt via son baladeur ou son radioréveil. Ce sont des messages qui ne sont destinés qu’à lui seul et qu’il ne doit surtout pas divulguer. D’abord indifférent puis un peu perturbé (il envisage d’aller voir un psy) et de plus en plus décontenancé – La voix lui révèle des évènements qui vont se produire : une agression dans un train, un tremblement de terre au Japon… – Stéphane finit par prendre sa mission très au sérieux, d’autant qu’on lui annonce bientôt qu’il a le destin de l’humanité entre ses mains. C’est un film très bizarre. Très cheap, forcément, mais surtout habité par une légèreté qui vire parfois au comique (Toutes les apparitions de Christophe Bourseiller, Francis dans PROFS) et une noirceur tout aussi fulgurante – Impossible de me défaire de la séquence, terrifiante, des chasseurs dans les champs de blé. La plus grande réussite du film c’est d’avoir fait de lieux (un souterrain, une bibliothèque) et objets (un autoradio, un téléphone, une voiture) du quotidiens des formes oppressantes. Il manque un petit truc au film pour être le chainon manquant parfait entre Le locataire, de Polanski et L’homme qui voulait savoir, de Sluitzer, mais ça fait du bien de voir une tentative pareille, complètement détachée du paysage cinématographique français. Et puis le final est dingue. Presque aussi dingue que celui de L’homme qui rétrécit.

Le Complexe du Kangourou – Pierre Jolivet – 1986

12. Le Complexe du Kangourou - Pierre Jolivet - 1986Papa de circonstance.

   5.0   Premier film de Pierre Jolivet, Le complexe du kangourou est un tout petit truc mais un truc très tendre, partagé entre la comédie et le film social, dans lequel Roland Giraud, peintre secret et vendeur de marrons à la sauvette, qui a jadis contracté la maladie des oreillons à l’âge adulte, n’ose pas avouer à sa petite amie (Zabou) qui souhaite avoir un enfant, qu’il ne peut en avoir. Sauf qu’il va rencontrer par hasard son ex (Clémentine Célarié) accompagnée d’un gamin dont il est vite persuadé d’être le père. La réalisation est hyper rythmée, il y a tout plein de supers répliques, ça fuse de partout, dommage que Jolivet n’ait pas continué dans cette voie ensuite (celle qu’il effleura à nouveau dans le beau Ma petite entreprise) et toute la palette d’émotions contradictoires qui saisit un peu brusquement le personnage permet à Giraud de s’en donner à cœur joie. Il est vraiment excellent, le rôle lui va super bien. C’est sans doute trop écrit malgré tout, enfin surtout au niveau des dialogues, et Celarié écope vraiment d’un rôle un peu trop cruel par rapport à la bienveillance de l’ensemble. Mais c’est pas mal.

Jamais de la vie – Pierre Jolivet – 2015

487104-e1428834393448     2.0   Ou Olivier Gourmet en agent de sécurité de nuit chez Intermarché, qui rumine, grimace, boit du whisky, pisse dans un champ. Une panoplie complète de l’ennui filmée avec autant d’élégance qu’un mollard et aussi platement qu’un épisode de Vis ma vie. Souvent, Gourmet marche sur le parking. Parfois, il joue avec une voiture téléguidée. Un moment donné, il retire de l’argent au distributeur et craque son futal, il va le recoudre mais s’agace et crie. La tension est à son paroxysme. Plus tôt il avait acheté sous le manteau un radio réveil à son pote éboueur et chouré quelques trucs dans l’entrepôt. Plus tard il se rend à la caisse de retraite. Il y croise Valérie Bonneton, qui galère à sa manière et un collègue avec une cravate rouge, forcément gay. Mais Gourmet a mal au dos, il a une carie et il est perturbé par un gros 4×4 noir qui fait d’étranges allés et venus. 1h15 de film. Tout gris, tout mou, tout scolaire, ça se regarde faire du sous sous Dardenne. Aucun intérêt. Puis un dernier quart d’heure, plus mouvementé mais archi prévisible, évidemment.

Fred – Pierre Jolivet – 1997

fred1_w_450   6.5   Quand il s’aventure dans le petit polar social, Jolivet me plait. Ici encore davantage que dans Ma petite entreprise qui tournait un peu la chose en dérision. C’est très court (1h15), sec et nerveux, pile ce que j’imaginais d’un Jolivet en grande pompe. Et Lindon est dans l’un de ses meilleurs rôles.

Je crois que je l’aime – Pierre Jolivet – 2007

Je crois que je l'aime   2.5   J’aimais assez Ma petite entreprise. Celui-ci est sans intérêt. Jolivet n’a ni la verve d’un Moutout pour cerner le monde de l’entreprise ni la force d’un Schoeller dans le peu qu’il tente de passer de politique. La relation amoureuse en filigrane est sirupeuse, prévisible et puis au bout du compte ce n’est pas l’artiste intelligente et cruelle que l’on plaint mais bien le patron fragile et malchanceux. Un petit beurk donc.


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