Archives pour la catégorie Pierre Salvadori

En liberté ! – Pierre Salvadori – 2018

22. En liberté ! - Pierre Salvadori - 2018La grande douche (froide).

   4.0   Soit le film le plus surestimé de l’année. Surtout ne se fier ni à cette affiche racoleuse blindée de superlatifs passe-partout du type « Rires en cascades », « Un pur joyau comique », « La comédie de l’année », ni à cette bande-annonce qui aura donc eu le mérite de me faire davantage rire que le film, bravo. Bon, passons outre l’aspect promotionnel et que reste-t-il ? Une réjouissante ouverture qui fait parodie de polar 80’s, mais surtout une comédie qui cultive beaucoup trop le (mauvais) running-gag (le tueur en série et ses sacs en plastique, les déguisements sado-maso, la petite histoire du soir, les « putain » à tire-larigot d’Adèle Haenel) alors que dans la fantaisie pure, il trouve de belles inspirations. Parfois. Il faut qu’il se focalise sur un lieu, un décor, un objet. C’est la scène du train fantôme avec la disparition d’Yvonne dans la fumée ; C’est le sauvetage dans la crique au clair de lune ; C’est un moment de retrouvaille (la plus belle scène du film, haut la main) d’une douceur inouïe et d’une absurdité émouvante. Dommage donc qu’on doive en passer systématiquement par des séquences gags à la limite du frisson de la honte, puisque tout ce qui vise à faire rire tombe à plat. Et là où l’on doit sortir ému (le programme du film est aussi à la mélancolie) on en sort épuisé. Il y a une double scène qui en dit long pour moi car le gag est le même : Le petit bonhomme qui veut se rendre, mais Bonnard qui ne l’écoute pas, accaparé par Yvonne. Et dans la foulée c’est lui-même qui déclare sa flamme à Yvonne qui à son tour ne l’écoute pas, accaparée par la Ferrari dehors. C’est d’un lourd. C’est un peu pareil pour le sort réservé au buraliste et au chauffeur de taxi qui réagissent comme des demeurés, en pleurnichant, du niveau Taxi 5, quoi. J’exagère évidemment, mais quelle déception, punaise. Avant d’aller voir Le grand bain, j’aurais donc pris une douche froide. Désolé pour ça.

De vrais mensonges – Pierre Salvadori – 2010

19. De vrais mensonges - Pierre Salvadori - 2010Au pied de la lettre.

   3.5   En attendant la sortie d’En liberté ! le dernier Salvadori, avec entre autre Adèle Haenel & Pio Marmaï (Je suis super méga confiant) j’ai voulu rattraper celui-là dont on ne m’avait à juste titre pas dit grand bien : En effet, c’est vraiment pas terrible. Le vaudeville ridicule et vieillot autour duquel se développe le récit (une affaire de lettre anonyme pas si anonyme) n’a déjà pas grand intérêt, mais l’avalanche de malentendus et quiproquos qu’il déclenche non plus. Surtout, les personnages secondaires (surtout les femmes du salon de coiffure) sont nuls, tous écrits à la truelle.

Dans la cour – Pierre Salvadori – 2014

dans-la-cour-23-04-2014-3-g   5.5   J’aime bien Les apprentis de Pierre Salvadori. C’est pour ce film que je suis allé voir Dans la cour et j’ai bien fait. C’est très bien. C’est l’un des films français les plus dépressifs que j’ai pu voir récemment. Et en même temps je n’avais pas autant ri depuis longtemps. C’est excellemment écrit, c’est élégant, inventif qu’on lui pardonne aisément les fautes de goût qui le parcourent, surtout vers la fin. J’étais aussi ravi de revoir Feodor Atkine – qui plus est en pleine rétro Rohmer.


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