Archives pour la catégorie Pierre Salvadori

La petite bande – Pierre Salvadori – 2022

23. La petite bande - Pierre Salvadori - 2022Childs moves.

   7.5   C’est un vrai film pour enfants, qui ne les prend jamais pour des demeurés, qui ne sonne pas faux. Avec une écriture fine et engagée, des dialogues ciselés et réalistes (le fait qu’il y ait un gros mot dans chaque phrase déjà), une mise en scène limpide et inspirée, une interprétation irréprochable. C’est une superbe comédie d’aventure, un peu écolo, un peu mélancolique, qui se déroule en Corse.

     A la suite d’un exposé sur l’écologie, une petite bande de gamins de douze ans entreprend de faire sauter l’usine chimique du village qui pollue leur rivière. Si au départ on se dit que c’est un prolongement de La guerre des boutons ou des Goonies, est-ce que finalement, ce n’est pas plutôt un mélange surprenant et pour enfants du Night moves, de Kelly Reichardt et du Breakfast club, de John Hugues ?

     Car c’est aussi l’histoire d’une rencontre, d’une bande qui se crée (sur des mensonges) autour d’une occasion (une journée de colle pour l’un / une opération commando-écolo pour l’autre) avec des gamins qui vont s’ouvrir et se confesser les uns aux autres et comprendre que leur plus grand bonheur c’est d’être ensemble. La nonchalance du film se pare alors d’une gravité assez déconcertante, glissant la comédie d’aventure vers la fable cruelle.

     Au gré de ses nombreux rebondissements (le kayak d’essence, la prise d’otage, le cinquième complice, la cabane dans les bois…) le film a un parfait timing comique (ma salle était hilare, petits et grands compris, notamment durant la scène de l’accent anglais) chose qui parfois peut me gêner chez Salvadori (ou parfois aussi chez Rappeneau ou De Broca, par exemple) : Je n’avais pas aimé En Liberté à cause de cet effet trop-plein. Là, probablement grâce aux enfants, il trouve le ton et le rythme justes. D’autant que l’enfance fait toujours parti de son cinéma : Qui sont « Les apprentis » marginaux sinon des grands enfants ?

     Et puis Salvadori y insuffle de belles idées de réalisation : les ombres des masques d’animaux sur un mur, les plans fixes sur des échanges de mots en classe ou des instants de magie en suspension, notamment entre Cat et Fouad « amoureux l’un de l’autre sans le savoir » pour reprendre les mots d’Aimé. Et le film se déroule en grande partie en pleine forêt. Un bonheur. Il faut que j’y retourne avec mon fils. Je pense que ça doit être parfait entre dix et douze ans.

En liberté ! – Pierre Salvadori – 2018

22. En liberté ! - Pierre Salvadori - 2018La grande douche (froide).

   4.0   Soit le film le plus surestimé de l’année. Surtout ne se fier ni à cette affiche racoleuse blindée de superlatifs passe-partout du type « Rires en cascades », « Un pur joyau comique », « La comédie de l’année », ni à cette bande-annonce qui aura donc eu le mérite de me faire davantage rire que le film, bravo. Bon, passons outre l’aspect promotionnel et que reste-t-il ? Une réjouissante ouverture qui fait parodie de polar 80’s, mais surtout une comédie qui cultive beaucoup trop le (mauvais) running-gag (le tueur en série et ses sacs en plastique, les déguisements sado-maso, la petite histoire du soir, les « putain » à tire-larigot d’Adèle Haenel) alors que dans la fantaisie pure, il trouve de belles inspirations. Parfois. Il faut qu’il se focalise sur un lieu, un décor, un objet. C’est la scène du train fantôme avec la disparition d’Yvonne dans la fumée ; C’est le sauvetage dans la crique au clair de lune ; C’est un moment de retrouvaille (la plus belle scène du film, haut la main) d’une douceur inouïe et d’une absurdité émouvante. Dommage donc qu’on doive en passer systématiquement par des séquences gags à la limite du frisson de la honte, puisque tout ce qui vise à faire rire tombe à plat. Et là où l’on doit sortir ému (le programme du film est aussi à la mélancolie) on en sort épuisé. Il y a une double scène qui en dit long pour moi car le gag est le même : Le petit bonhomme qui veut se rendre, mais Bonnard qui ne l’écoute pas, accaparé par Yvonne. Et dans la foulée c’est lui-même qui déclare sa flamme à Yvonne qui à son tour ne l’écoute pas, accaparée par la Ferrari dehors. C’est d’un lourd. C’est un peu pareil pour le sort réservé au buraliste et au chauffeur de taxi qui réagissent comme des demeurés, en pleurnichant, du niveau Taxi 5, quoi. J’exagère évidemment, mais quelle déception, punaise. Avant d’aller voir Le grand bain, j’aurais donc pris une douche froide. Désolé pour ça.

De vrais mensonges – Pierre Salvadori – 2010

19. De vrais mensonges - Pierre Salvadori - 2010Au pied de la lettre.

   3.5   En attendant la sortie d’En liberté ! le dernier Salvadori, avec entre autre Adèle Haenel & Pio Marmaï (Je suis super méga confiant) j’ai voulu rattraper celui-là dont on ne m’avait à juste titre pas dit grand bien : En effet, c’est vraiment pas terrible. Le vaudeville ridicule et vieillot autour duquel se développe le récit (une affaire de lettre anonyme pas si anonyme) n’a déjà pas grand intérêt, mais l’avalanche de malentendus et quiproquos qu’il déclenche non plus. Surtout, les personnages secondaires (surtout les femmes du salon de coiffure) sont nuls, tous écrits à la truelle.

Dans la cour – Pierre Salvadori – 2014

dans-la-cour-23-04-2014-3-g   5.5   J’aime bien Les apprentis de Pierre Salvadori. C’est pour ce film que je suis allé voir Dans la cour et j’ai bien fait. C’est très bien. C’est l’un des films français les plus dépressifs que j’ai pu voir récemment. Et en même temps je n’avais pas autant ri depuis longtemps. C’est excellemment écrit, c’est élégant, inventif qu’on lui pardonne aisément les fautes de goût qui le parcourent, surtout vers la fin. J’étais aussi ravi de revoir Feodor Atkine – qui plus est en pleine rétro Rohmer.


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