Archives pour la catégorie Pixar

Cars 3 – Brian Fee – 2017

10. Cars 3 - Brian Fee - 2017La relève.

   5.9   Mon fils m’a tanné tout l’été pour aller voir Cars 3 au cinéma. Comme je dois me coltiner les premières aventures de Flash McQueen toute l’année, c’est pas le truc vers lequel j’ai le plus envie d’aller pendant mes vacances. Mais je lui ai promis, donc nous y sommes finalement allés tous les deux. Et je suis content car c’est un chouette opus. Aussi bien si ce n’est mieux que le premier et surtout infiniment meilleur que le deuxième volet spécial Martin, que je n’ai jamais vu en entier mais qui pour le peu de morceaux que j’en ai vu, m’a toujours semblé insupportable. Alors ça ne révolutionne rien côté Pixar puisqu’on est à la fois relativement dans la lignée du premier et assez proche de ce qu’avait magistralement réussi Toy Story 3. Il est donc surtout question de transmission et de vieillissement. Sur ce point je trouve ça intéressant que Canet fasse la voix de Flash McQueen (ou Batémis comme disait mon fils il y a encore pas si longtemps) puisqu’on retrouve la thématique qui parcourait son dernier film, Rock’n roll, qui n’était pas terrible mais avait le mérite de raconter sa crainte de vieillir et l’obsession qu’il a pour son corps fané. Flash McQueen est donc vieux. Un vieux dans le sport, tout du moins. Il doit affronter des bolides new age aux méthodes d’entrainements (sur simulateurs grandeur nature) dix fois plus efficaces que la sienne qui consiste à se salir les gentes sur des circuits sableux. Quelque part on pense beaucoup à ce qu’est devenu la F1 depuis plusieurs années. On retrouve aussi certains personnages du premier : Le mentor Doc Hudson qui n’est plus qu’un souvenir (Qu’est-il devenu celui-là ?) et qu’on va un peu retrouver grâce à son vieux mentor d’époque, qui va reprendre Flash sous son aile – Le mentor de son mentor, si tu me suis. Mais aussi Chick Hicks reconvertit comme consultant, toujours aussi con. Et cette fois, l’écurie Rust-Eze se fait racheter par un milliardaire – Comment ne pas penser aux évolutions footballistiques ? Bref c’est assez passionnant. Mais surtout, c’est un nouveau personnage qui va recueillir tous les suffrages cool, Cruz Ramirez, beau coupé sport jaune (qui remplace un peu Sally, qu’on ne verra que brièvement) qui se voit coacher les coureurs du nouveau Rust-Eze, loin de ses rêves de star des courses. A la manière de Furiosa dans le dernier Mad Max (Le temps d’un demolition derby, on pense d’ailleurs pas mal au film de George Miller) elle va voler la vedette à Flash McQueen qui mettra du temps (C’est elle qui d’abord tente de le remettre à flot selon les nouvelles méthodes) à comprendre qu’il doit lui passer le relais. C’est très beau. Ça remplit donc le contrat à mes yeux d’autant que le juke box passe-partout et les vannes de remplissage qui alourdissaient le premier volet sont plus discret ici, et plus important, c’est aussi plus émouvant.

Lou – Dave Mullins – 2017

09. Lou - Dave Mullins - 2017Le petit voleur.

   5.2   En préambule à Cars 3, un tout nouveau court Pixar dont ils ont le secret. Une école maternelle : Après la récréation, l’invisible Lou range les vêtements, jouets, doudous oubliés par les écoliers. Un garçon est bientôt la proie de cette étrange créature faite de ces jouets égarés, elle lui choure son ours en peluche avant de lui faire comprendre qu’elle le lui rendra uniquement quand celui-ci aura rendu leurs affaires à tous ses camarades qu’il a volés. La partie course-poursuite est hyper rythmée, inventive. La partie rédemption plus convenue dans son déroulement, mais pourtant très émouvante, aussi bien en voyant les enfants heureux de retrouver leurs jouets, le chapardeur devenu le nouvel ami de tout le monde et la créature (à laquelle on s’était vite attaché) forcément volatilisée. Ça dure six minutes et c’est adorable.

Les indestructibles (The Incredibles) – Brad Bird – 2004

29 Les cinq fantastiques.

   6.1   Il n’y avait à priori rien pour moi là-dedans (Dessin animé + Super héros) pourtant j’ai trouvé ça formidable de bout en bout, rythmé sans être hystérique, généreux tout en étant limpide, très drôle mais avec une noirceur sous-jacente d’une lucidité étonnante. Pixar réussit sur tous les fronts et ce malgré une exposition (Avant que les indestructibles soient contraints de prendre leur retraite) un brin mécanique, surtout si on la compare aux entrées en matière des Pixar à venir : Wall-E, Up. Le reste est merveilleux, en partie grâce au petit fan devenu Némésis de son héros préféré, un méchant aux seuls pouvoirs de l’invention, qui fabrique un super robot en espérant être le seul à savoir le combattre afin de devenir à son tour le super héros que tout le monde adule. Bref, c’est passionnant. Et beau, graphiquement. Très bonne surprise.

Vice Versa (Inside out) – Pete Docter – 2015

784623-vice-versa-inside-out-pixarSens dessus dessous.

   7.8   Juillet 2015.

     Franchement, je ne sais même pas quoi en dire. C’est à mes yeux la plus belle réussite Pixar, avec Toy Story 3 & Monsters Inc. Une merveille de chaque instant, dopée à l’humour et l’adrénaline. 1h30 de plaisir fou, maniant le vertige et l’émotion avec une grâce inouïe. Très peu touché par la mécanique d’entrée, j’ai finalement été happé par les différents niveaux du film, qui rebondit sans cesse. J’ai fini par chialer, forcément (pas autant que le final de TS3 mais quand même) pour Bing Bong, un peu puis lorsque vient le temps de la résignation magnifique où l’on comprend qu’il ne peut y avoir de joie sans tristesse. J’en attendais peut-être trop et dans le même temps j’ai l’impression que le film m’a offert ce trop, qu’il m’a donné exactement ce que je voulais voir. On verra maintenant comment il vieillira. En l’état j’ai trouvé ça super fort mais immédiat. Je n’y pense plus beaucoup. Pourtant, je ne vois pas comment ça aurait pu être mieux. 

Mai 2016.

     La grande originalité de ce cru Pixar est de se dérouler quasi intégralement dans le cerveau d’une petite fille. Entre sa naissance et son adolescence. On fait connaissance avec cinq personnages qui représentent chacun un trait de son caractère. Il y a Joie, svelte et pimpante, bientôt rejoint par Tristesse, boulotte dépressive. Elles sont toutes deux chargées d’envoyer les capteurs qui leur correspondent à Riley, encore bambine. Si la petite fille rit, cela vient de Joie. Si au contraire elle pleure, bonjour Tristesse.

     Très vite, elles sont accompagnées de trois autres trublions : Peur, angoissé maladif, se charge de prévenir Riley d’un éventuel danger, comme ici un fil électrique en plein milieu du couloir qu’il va lui faire enjamber ; Dégoût, nymphette rabat-joie, va lui apprendre à rejeter les trucs pas super excitants de la vie, comme une assiette de brocolis ; Et Colère, boule de nerfs toujours prêt à exploser, va lui apprendre à montrer qu’elle a aussi, quand elle veut, un sacré caractère, surtout si on l’interdit de dessert.

     Chacun sa couleur, chacun son look, chacun sa silhouette. Ce sont les émotions de Riley. Elles se chamaillent, se supplantent, se complètent. Forment un petit groupe bien organisé, si tant est que tout se passe bien, dans le meilleur des mondes. « Encore une belle journée de finie » s’écrie chaque soir Joie, lorsque Riley se couche enfin. La plupart des petites boules de souvenirs, portant la couleur du personnage (donc l’émotion dominante de Riley à l’instant T) qui s’en est chargé, sont alors rangées dans la mémoire à long terme, tandis que seulement quelques unes constituent ceux qui organisent la personnalité la jeune fille, au quotidien.

     Le cortex cérébral de Riley abrite plusieurs espaces : Le centre des émotions, les îles de personnalité, la zone des rêves et cauchemars, la mémoire enfouie et les limbes de l’oubli. Un train se dirige de gare en gare, pour agrémenter chaque strate de cet univers aussi infini que fonctionnel ; Il ralenti quand la jeune fille est peu stimulée, s’arrête quand elle s’endort. Au sein de chaque espace, des petits bonshommes tiennent un rôle bien défini. Certains s’amusent à envoyer de vieux souvenirs dans le centre de commandes comme une petite rengaine dont on ne peut se défaire, un souvenir lointain, d’autres font des châteaux de cartes comme s’ils tentaient de faire fonctionner les méninges, d’autres encore s’occupent de faire rêver leur hôte, en faisant fonctionner un immense studio de cinéma cérébral.

     L’enfance de Riley, vécue en accéléré dans une longue introduction, comme pouvait l’être la vie du vieil homme dans les cinq premières minutes de Là-haut, se déroule sans encombre. Ses îles de personnalité sont en perpétuel mouvement : La famille, les amis, le hockey sur glace, les bêtises et l’honnêteté. Jusqu’au jour où tout s’ébranle. Où Riley doit déménager. Où Joie et Tristesse se retrouvent toutes deux perdus très loin laissant Peur, Dégoût et Colère aux commandes de ce gigantesque et fragile navire. La dépression provoque le conflit de génération qui mène à la fugue de la jeune fille. Qui s’en relèvera quand à l’intérieur tous auront repris leur place, avec cet infime et pourtant énorme changement qui consiste à ne plus vraiment dissocier les émotions. Les boules de souvenirs sont dorénavant bicolores. Tristesse et Joie sont liées. Riley a grandi.

     Je voulais absolument revoir et montré Vice Versa à mon fiston, voir comment il allait l’appréhender. Le dispositif est bien trop complexe pour lui mais je savais qu’il aimerait le rythme, les personnages, les couleurs. Et il a tout regardé d’une traite. A la fin je lui ai demandé s’il avait aimé. Il m’a répondu : « Oui j’ai aimé, mais papa il a pas aimé, il a pleuré ». C’est d’autant plus beau d’entendre ça pour ce Pixar-là étant donné que ça ne raconte que ça. Evidemment, j’ai adoré. Bien plus qu’il y a un an (Le film m’avait semblé un peu hystérique et moche plastiquement). Je trouve que c’est d’une intelligence et d’une complexité hors norme, d’autant que c’est une succession de chouettes moments, magie sur magie, un émerveillement ininterrompu : L’effondrement de l’île des bêtises, la colère à table avec les parents, le sacrifice de Bing Bong, Tristesse qui prend les commandes. Beau à pleurer. Mon top2 Pixar.

Toy Story 3 – Lee Unkrich – 2010

Toy Story 3 - Lee Unkrich - 2010 dans Lee UnkrichSoigner sa sortie.    

   8.0   Voilà 15 ans que le premier volet des aventures de Woody, Buzz et toute la troupe voyait le jour, 10 qu’ils étaient revenus dans une suite légèrement en deçà mais tout de même excellente, et moi je découvrais tout dans la semaine, 1, 2 et 3 avec l’honneur de voir le tout dernier sur grand écran. On pensait le premier opus imbattable et pourtant, Pixar a une nouvelle fois frappé fort, si fort qu’il n’y a pour moi, dorénavant, rien qui puisse prétendre être au niveau de Toy Story 3, pas même le superbe Monstres & cie.

     Il y a 15 ans (enfin moi il y a seulement quelques jours) on se demandait ce que deviendrait Toy Story lorsque l’enfant aurait grandi. Ou bien est-ce qu’ils allaient véritablement faire des suites ou peut-être même changer les personnages, les passer de l’un à l’autre, je ne pensais pas, sérieusement, que Pixar oserait montrer cela. Toutes les craintes qui nous parcourent durant les deux premiers films sont ici poussées à leur paroxysme. Les éléments perturbateurs tels que l’enfant monstrueux qui s’évertue à détruire les jouets dans l’un, l’épisode du vide grenier puis de l’homme qui veut muséifier des jouets rares dans l’autre, deviennent beaucoup plus menaçants encore dans Toy Story 3 puisqu’il ne s’agit ni plus ni moins qu’une éternelle angoisse du grenier avant de devenir celle de la poubelle. L’enfant a grandi, il s’en va à l’université. Mais avant cela il doit faire un peu de ménage dans sa chambre : faire le tri de ce qu’il emmène avec lui, de ce qu’il donne à sa sœur, de ce qu’il laisse au grenier, faire le tri de ce qu’il garde et ce qu’il jette. On l’aura compris, ce volet est un adieu à l’enfance si on le prend du côté humain, l’angoisse de la mort si on le prend côté jouet.

     Par de multiples péripéties que Pixar sait bien entendu nous concocter (il faut voir à quelle vitesse tout s’engendre depuis le début du premier Toy Story c’est absolument incroyable) nos amis jouets vont bientôt être séparés entre le grenier et l’université, puis par erreur certains seront destinés à la poubelle avant de partir pour Sunnyside, une garderie qui reprend les vieux jouets, puis une fois encore vers la poubelle. On n’a pas fini de se ronger les ongles pour nos petits personnages en plastiques qui n’ont jamais été aussi malmenés, géographiquement comme émotionnellement. Ils ne cessent de voyager, en voiture, en camion de poubelle, en objet volant. Et s’en prenne pour leur compte, l’enfant n’hésitant pas au tout début à dire à sa mère que personne ne voudra de ses jouets car ils sont nuls, ou plus tard à devenir les cibles d’enfants exécrables dans une garderie un poil hardcore. Rex, le dinosaure, abattu se dira « mais on n’a jamais joué comme ça avec nous, ils savent pas jouer ces gosses » et bien je peux t’assurer pauvre Rex que la sentence est loin d’être terminée. Car cette garderie referme surtout un gang de jouets, dirigé comme il se doit par Lotso, un ours maléfique, qui sous sa carapace dictatoriale referme un passé douloureux, une horrible peluche donc, servie par des sbires comme Robot ou Ken (oui, l’ami de Barbie) qui en faire baver aux nouveaux arrivants, qui n’acceptent plus de se retrouver dans la classe des enfants violents.

     C’est alors que le film embraye une nouvelle fois dans une autre direction. Notre petit groupe de jouet était éclaté et il va se reconstruire, par l’intermédiaire du malin et courageux Woody (s’il m’entendait, il hausserait les épaules, se tiendrait tout droit, fier autant que gêné) qui s’empresse de préparer tout un plan d’évasion nocturne. Cette partie du film dure un long moment, et il en faudra, une fois encore, des réussites mais aussi des échecs, avant d’arriver à leur seule destination de sortie, qui comble de l’ironie, n’est autre que le vide ordure de l’établissement. C’est comme ça tout le temps Toy Story : ne jamais s’imaginer que l’on est tiré d’affaire parce que tout semble dans la poche, il y a toujours une couille au dernier instant. Mais de la même manière il ne faut jamais s’avouer vaincu, nos jouets sont tellement intelligents et perspicaces qu’ils trouvent toujours un moyen de s’en tirer. Sauf que ce Toy Story 3 est beaucoup plus cruel que je ne l’imaginais ! Car non contents d’en avoir fait les pantins d’enfants disgracieux, les martyrs de jouets machiavéliques, c’est encore une fois avec la poubelle, mais cette fois ci une déchetterie, donc la mort, que tous nos personnages vont être confrontés. Une dernière course contre la mort, la plus éprouvante de tous les films Pixar, pour terminer sur une musique façon Terminator 2, les jouets se tenant tous la main, descendant inéluctablement vers les flammes, simplement résignés pour une fois, avant qu’un coup du sort aussi émouvant que si ça avait été leur dernier salut, viennent les sauver, j’ai nommé les trois aliens verts, ceux qui depuis le premier opus sont obnubilés par le grappin qui devait les mener au paradis, pensaient-ils, dans leur boite attrape-couillons de fête foraine. Une grue a remplacé ce grappin, dans une séquence absolument magnifique (j’en ai les frissons rien que de l’écrire) où le cœur n’était plus très loin de lâcher, où les larmes avaient pointer le bout de leur nez.

     Mais ce n’est pas terminé, car la véritable fin de Toy Story (j’ose espérer qu’il n’y en aura pas d’autres, cette fin est tellement parfaite) la voilà : Rentrés à la maison grâce au camion de poubelle avec l’éboueur qui écoute sa musique au casque, les jouets reprennent leur place, à savoir dans le carton qui les destinerait au grenier. Finalement, par l’intermédiaire d’une pirouette à la Woody, le jeune garçon choisit de donner ses jouets, à une jeune petite fille dont Woody a fait la connaissance durant son escapade cauchemardesque, seul brun de douceur dans lequel il semblait bien installé, avant qu’il ne dut se rendre à l’évidence que le sauvetage de ses amis dans les mains de Lotso était primordial. C’est probablement une adresse qui est écrit sur ce post-it, Woody ayant fait comme si c’était la mère de l’enfant qui lui conseillait de donner ses jouets. La fin, comme un passage de relais, est quelque chose d’absolument fabuleux. Ce n’est pas un simple échange, c’est un adieu, l’enfant maintenant presque adulte joue une dernière fois avec ses petits amis inanimés comme pour montrer à la jeune fille quels sont les pouvoirs de ceux-ci, quels sont les noms de ceux-là. Et c’est en rallongeant cet échange que l’émotion vient le submerger, et qu’elle vient nous submerger par la même occasion. Les jouets continueront à vivre. A travers les yeux d’un nouvel enfant mais aussi à travers la mémoire d’un enfant devenu grand.

     Pourquoi vaut-il mieux avoir vu les deux premiers épisodes avant de voir le troisième ? Je pense que ça a à voir avec la proximité que l’on peut ressentir envers les personnages. La première séquence du train n’aurait pas cet impact là sans la connaissance des Toy Story précédents. Il y a toute une science de la construction des personnages qui trouve son aboutissement dans celui-ci mais qui en a déjà beaucoup dévoilé auparavant. On sait comment réagissent certains, comment pensent d’autres, il y a toute une gamme de sentiments que l’on connaît déjà pour chacun d’entre eux, avant qu’ils soient décuplés dans ce troisième opus. Selon moi c’est très important de se les regarder dans l’ordre, enfin c’est ce que j’ai fait, même sur un laps de temps assez moindre, et j’en suis ravi.


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Auteur:

silencio


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