Archives pour la catégorie Rob Reiner

Des hommes d’honneur (A few good men) – Rob Reiner – 1992

19. Des hommes d'honneur - A few good men - Rob Reiner - 1992Jugeons-les « coupables ».

   5.0   Deux enquêteurs militaires sont envoyés sur une base de l’US Marine Corps à Guantánamo pour élucider la mort d’un soldat après une mesure disciplinaire officieuse qui aurait mal tourné. Ils font face, au début, à un « mur de silence et d’obéissance » de la part des autorités militaires et des soldats en place là-bas. J’attendais peu de la réalisation de Rob Reiner, adaptant un projet d’Aaron Sorkin puisqu’il s’agit au préalable de la pièce de théâtre de ce dernier. A raison tant on s’aperçoit vite qu’elle s’efface au profit du génial cabotinage de son interprétation – Un casting assez parfait, qui convoque Tom Cruise, Demi Moore, Jack Nicholson, Kevin Bacon et Kiefer Sutherland. Incroyable de voir combien Des hommes d’honneur pourrait se dérouler entre quatre murs, dans trois pièces (ou plutôt sur trois plateaux) différentes : Un tribunal, un appartement de jeune avocat militaire et un bureau d’officier des marines. 95% du film se déroule là-dedans. L’enrobage est donc on ne peut plus classique, ne sort jamais des rangs, si j’ose dire, et l’on sent la quête d’Oscars des premiers et seconds rôles. Néanmoins, par une sorte de savoir-faire des studios hollywoodiens, le film a son petit charme, qui découle évidemment de ce parti pris : En tant que banal film de procès, il se suit, n’ennuie jamais, avec sa vocation de raconter la politique interne du corps des marines, cet espèce de code d’honneur que le film fait passer pour une absurdité – Le code rouge comme un resucée de bizutage universitaire. Si le film peut sembler dur envers l’armée américaine, il dit aussi que c’est un corps qui se juge de l’intérieur, sait faire son autocritique, donc qu’il sait trier ses orgueilleux dangereux de ses héros samaritains. Ça reste donc assez peu subversif in fine, pour le dire poliment.

Misery – Rob Reiner – 1991

misery-james-caan-kathy-bates« I’m your number one fan »

   6.5   Ces temps-ci je recherche un peu de proximité, de facilité. Les films qu’on a dévoré longuement enfant font l’affaire. Des madeleines que justement je m’étais promis de revoir. Commençons donc par Misery. J’ai l’impression de l’avoir vu des dizaines de fois celui-là, à tel point que James Caan, pour moi, c’était Paul Sheldon et non Sonny Corleone. C’était avant, cela va de soi. Le problème de Misery version Rob Reiner, c’est qu’on ne peut en parler sans en évoquer le matériau de Stephen King, autre madeleine dans son genre. On ne peut en parler car c’est un décalque sans une once d’ambition formelle. J’exagère puisque le film parvient parfois à être saisissant, joue aussi habilement de son crescendo et Kathy Bates campe une Annie Wilkes qu’on rêvait à peine plus cinglée dans le bouquin. J’exagère puisque Reiner invente d’autres scènes, en sectionne plusieurs et est apparemment moins intéressé par le Novril que l’était King. Néanmoins, l’agencement des séquences fortes est attendu, le film fonctionnant sans doute trop par chapitre, le renvoyant inéluctablement vers le livre. Quand Annie s’emporte, le plan nous le fait comprendre : il cadre en contre pongée pour lui donner une dimension maléfique. Quand Paul tente des minis évasions de sa chambre, le montage insère de nombreux plans parallèles d’Annie (partie en ville lui acheter le papier, par exemple) pour que l’on s’adapte aux montées d’angoisses, pour ne pas nous perdre, aussi. Tout le travail nous est mâché. Le coup du pingouin, par exemple, impossible de rater son utilité tant le plan s’endort sur lui. En plus de s’en tenir à un petit programme bien construit, Reiner n’utilise jamais assez l’espace qui lui est offert : Une petite maison au coeur des montagnes du Colorado, ça devrait être dense, immense, indomptable – Kubrick avait compris, lui et en adaptant King qui plus est. Là ne restent que quelques plans morcelés de l’extérieur et une maison pas suffisamment cauchemardesque pour troubler plus qu’elle ne maintient forcément l’effroi. C’est une peur familière. Un film qui ressemble finalement beaucoup à toute cette vague de thriller d’époque agréables mais programmatiques. Pas étonnant que j’en fasse mon ouverture idéale à cette rétro d’easy watching films.


Catégories

Archives

novembre 2019
L Ma Me J V S D
« oct    
 123
45678910
11121314151617
18192021222324
252627282930  

Auteur:

silencio


shaolin13 |
Silyvor Movie |
PHILIPPE PINSON - ... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Playboy Communiste
| STREAMINGRATOX
| lemysteredelamaisonblanche