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Le privé (The long goodbye) – Robert Altman – 1973

07. Le privé - The long goodbye - Robert Altman - 1973Lost in the investigation.

   9.0   Tout ce que je voyais jusqu’alors de Robert Altman m’ennuyait beaucoup : MASH, Streamers et Beyond therapy en tête. Seuls The Player et Short cuts sont restés par bribes dans un coin de ma mémoire, sans que je ne ressente l’envie de les revoir. Ces cinq films m’avaient plus ou moins guéri: Je n’avais pas vu un Altman depuis au moins dix ans. Tout de même, j’ai toujours été très curieux de découvrir ses films des années 70 : Nashville, The long goodbye, 3 women.

     Commençons par The long goodbye aka Le privé : Une merveille. Un film vertigineux, fascinant, déroutant, tant il est flottant et violent, cotonneux et imprévisible, simple et insoluble. Il était d’emblée évident que je le reverrais rapidement – Et je le reverrai encore. Deux ans plus tard, deuxième visionnage : Le film me hantait. Et il me hantera encore. Je pourrais le revoir illico tellement j’aime l’état dans lequel il me plonge.

     Eliott Gould incarne Philip Marlowe, cabot à la gueule cassée, Marlboro clouée au bec, personnage de privé en décalage total avec le monde, avec son époque, il est à la fois désenchanté et mélancolique, honnête et droit – quand tous autour de lui semblent corrompus – et comme s’il appartenait à un autre temps et qu’il se réveillait dans les années 70.

     Rien d’étonnant d’une part car le personnage des années 30 est écrit par Chandler en 1953, d’autre part car l’Amérique d’alors est en pleine gueule de bois, du mouvement hippie, du conflit Vietnamien, du scandale du Watergate. Si le film s’ouvre sur son réveil ce n’est pas un hasard : C’est comme si Marlowe dormait depuis une éternité.

     Il a beau être détective privé, il sera systématiquement en retard sur tout. Il est même incapable de mentir à son propre chat, qui d’ailleurs disparaitra. Il ne comprendra jamais vraiment rien, encore moins quand les flics ou les truands le relâchent. Il est dans une zone floue. Miroir de ses voisines hippies coincées dans l’univers d’Easy rider, miroir nonchalant, comique mais triste de Bickle, dans Taxi driver. Le monde ne les a pas attendus.

     Et la mise en scène audacieuse de Robert Altman va coller à cet état d’engourdissement, à l’image de cette discussion de couple saisie à travers des vitres qui reflètent discrètement Marlowe en bord de plage comme dévoré par les vagues. Elliott Gould est inoubliable dans ce rôle.

     Le Privé ne paie pas de mine pourtant. Il a d’ailleurs fait un bide à l’époque. Difficile aujourd’hui de ne pas voir en lui une matrice du film néo noir ayant éventuellement inspiré Lost Highway, de Lynch ou Body double, de De Palma et sans nul doute les récents Inhérent Vice, de Paul Thomas Anderson ou Under the silver lake, de David Robert Mitchell.


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