Archives pour la catégorie Roberto Gavaldón

La nuit avance (La noche avanza) – Roberto Gavaldón – 1952

11. La nuit avance - La noche avanza - Roberto Gavaldón - 1952Regarde cet homme tomber.

   6.0   Avec cette chronique et chute d’un sportif macho, intolérant, cynique et imbu de lui-même, Roberto Gavaldón adopte cette fois un point de vue plus satirique, plus politique, aussi. En résulte un film très noir porté par un acteur absolument charismatique incarnant le personnage le plus antipathique qui soit, idiot détestable (un peu comme tous les autres personnages du film) qui malmène trois générations de femmes (qui lui flattent l’ego) et star admirée par la nation entière. Le voir propulsé dans une guerre mafieuse le rend pas plus sympathique mais on aime encore davantage le détester et le voir tomber. Mais c’est surtout après sa mort, quand un chien pisse sur une affiche de lui en pleine rue, qu’on jubile. Plus sec que les autres Gavaldón, je pense, mais beau film, encore, visuellement inspiré, dont je retiens en priorité l’ouverture et cette longue scène de pelote Basque.

La déesse agenouillée (La diosa arrodillada) – Roberto Gavaldón – 1947

23. La déesse agenouillée - La diosa arrodillada - Roberto Gavaldón - 1947Les amants.

   6.0   Afin de célébrer leur anniversaire de mariage, Antonio, un riche industriel, organise une fête au cours de laquelle il offre à son épouse la statue d’une femme nue agenouillée dont le modèle, une chanteuse célèbre, se trouve être sa maîtresse. Le film se cale clairement au diapason de cette relation secrète, indomptable, tortueuse, fétichiste, pleine de désirs contrariés, de culpabilité refoulée, ce qui le rend, dans sa construction, son rythme et notre rapport à ses personnages, plus opaque, plus hermétique – que dans Double destinée et Jours d’automne, par exemple, ou de certains Hitchcock auxquels on songe, comme Vertigo ou Rebecca – mais Gavaldon met suffisamment de cœur dans ce mélodrame sensuel et tourmenté aux accents de film noir que le film est toujours passionnant.

Jours d’automne (Dias de otoño) – Roberto Gavaldón – 1963

13. Jours d'automne - Dias de otoño - Roberto Gavaldón - 1963Je veux seulement que vous m’aimiez.

   8.0   Luisa, une fille de la campagne, débarque à Mexico. A la faveur d’une lettre de recommandation de sa tante récemment décédée elle va rapidement être embauchée dans la pâtisserie de Don Albino. Le gérant s’entiche vite d’elle et lui fait timidement la cour. Mais Luisa est amoureuse d’un certain Carlos, qu’on ne verra jamais.

     Rêveuse et solitaire, Luisa va bientôt cumuler les mensonges afin de se construire une vie privée rêvée et enviée (avoir un amoureux, se marier, faire un enfant…) afin d’échapper à sa solitude et/ou afin de se sentir intégrée dans la société catholique et normalisée et/ou afin de montrer son prétendu bonheur aux gens qu’elle côtoie, jusqu’à ce que cette chimère fragile ne tienne plus du tout. Il s’agit in fine de l’histoire tragique d’une femme enfermée dans la spirale infernale du mensonge qu’elle a elle-même conçu. 

     Le mélodrame se fait plus doux que dans Double destinée, en apparence du moins. On accompagne le personnage et on entre peu à peu dans sa psychose et l’engrenage mythomane dans lequel elle s’engouffre. C’est terrible et bouleversant. Visuellement, le film est étourdissant. Pina Pellicer est magnifique. Très grand film.

Double destinée (La otra) – Roberto Gavaldón – 1946

02. Double destinée - La otra - Roberto Gavaldón - 1946A ma sœur.

   7.0   María (Dolores del Rio) est une manucure sans le sou. Sa sœur jumelle, Magdalena (Dolores del Rio), vient de perdre son riche époux et hérite ainsi d’une immense fortune. María décide d’assassiner sa sœur et de prendre sa place. Mais son meurtre va hanter la nouvelle vie qu’elle tente de mener. Merci Arte pour la découverte de ce cinéaste mexicain (que je ne connaissais même pas de nom jusqu’alors). Double destinée se situe à mi-chemin entre le film noir et le mélodrame. C’est un beau film sur le double (identité, passion, amour, meurtre, destinée) dans une mouvance tout à fait hitchcockienne. Dolores del Rio y campe le double rôle, réversible, de coupable et victime. Beau film d’une noirceur terrible jusque dans son dénouement où l’amour triomphe par le mensonge et demeure donc impossible.


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silencio


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