Archives pour la catégorie Ron Howard

Backdraft – Ron Howard – 1991

36. Backdraft - Ron Howard - 1991L’incendiaire de Chicago.

   7.0   Essayons d’être un peu objectif : Backdraft ne brille pas par ses subtilités. C’est un film chargé, de rivalité fraternelle, de trauma, de testostérone, d’envolées héroïques, saturé par la musique de Hans Zimmer et campé par un casting quatre étoiles qui cabotine à fond. Spécialités de Ron Howard, en somme et film très proche d’un Rush, ou d’un Apollo 13, autres Howarderies idéales du dimanche soir.

     L’atout premier de Backdraft et personnage principal – au milieu de Kurt Russell, William Baldwin, Robert DeNiro, Scott Glenn, Rebecca DeMornay, Donald Sutherland, J.T. Walsh ou Jennifer Jason Leigh, excusez du peu – c’est le feu. Rares sont les films qui auront si bien capté sa force, son mystère, sa violence, sa chaleur, son imprévisibilité. On le voit grimper sur les parois, se dandiner aux plafonds, faire des vagues sur le sol. Il semble même se régénérer par dessous les portes fermées que l’on voit se cambrer et que l’on imagine ardente, avant de libérer sa colère explosive à la moindre inspiration d’oxygène. Personnage-monstre traité d’abord en tant qu’entité abstraite, qu’il faut éteindre quand elle vit puis qu’on analyse quand elle meurt, après avoir laissé derrière elle un décor calciné.

     Les à-côtés (du feu) ne sont toutefois pas en reste, aussi bien ce qui touche au quotidien dans la caserne (bien sûr on aimerait en voir davantage) qu’à cette relation électrique entre deux frangins qui ne se sont jamais remis du décès en service de leur père. Ron Howard aurait pu s’en tenir à ce programme là mais il va plus loin encore dans la dramaturgie en insérant une série d’incendies qui se révèlent d’origine criminelle. Incendie chaque fois couvert d’un cadavre qui était proche d’un certain conseiller influent et magouilleur. Un pompier inspecteur enquête alors sur ces mystérieux feux, jusqu’à rencontrer (On pense beaucoup au Silence des agneaux) en prison un célèbre pyromane qui pourrait l’aider à les mettre sur la voie de l’incendiaire en question.

     Si l’on est familier de la ville de Chicago grâce à la série Urgences, on retrouve exactement cette respiration dans Backdraft, quand bien même le County Hospital soit remplacé par une caserne de pompiers. La ville est une actrice essentielle, aussi bien son train aérien que sa ligne de gratte ciels à l’horizon, qui lui donne un cachet très étrange, d’immensité indomptable, renforcée par ces nombreux feux, dans des lieux aussi variés qu’un immeuble, une salle de spectacle ou un entrepôt.

     La longue séquence finale sur le toit puis les passerelles d’un bâtiment industriel abritant des produits inflammables, est impressionnante, cathartique aussi bien visuellement que dans la charge mélodramatique qu’elle charrie. Elle vient parfaire – façon bouquet final – un nombre de séquences déjà impressionnantes, donnant un côté opéra de feu à ce film, certes archi burné, mais très impressionnant visuellement.

     J’ai bien conscience de ses nombreux défauts / problèmes inhérents à son statut de pur divertissement hollywoodien bourrin et masculiniste, mais c’est un film pour lequel je garde une grande affection pour l’avoir maintes fois maté étant gamin mais aussi par ce qu’il fait preuve d’une belle générosité dans l’action et notamment dans sa volonté d’humaniser / érotiser le feu. Toujours un grand oui, donc.

Apollo 13 – Ron Howard – 1995

Bill Paxton, Kevin Bacon, Tom HanksL’étoffe des losers magnifiques.

   6.0   Tous les écueils du film hollywoodien typique semblent réunis dans Apollo 13, énième film du faiseur hollywoodien typique j’ai nommé Ron Howard. Aussi bien dans le déploiement de sa machine à spectacle, son obsession du détail symbolique, dans sa façon d’afficher courage, honneur et esprit d’équipe d’une aventure extraordinaire, le film respire Hollywood. Et bien entendu dans sa volonté de raconter le triomphe dans l’échec, puisque cette mission, aussi ratée soit-elle, fut au moins aussi miraculeuse que l’alunissage d’Apollo 11 : Trois astronautes sont revenus d’un enfer de sept jours durant lequel ils ont dû affronter un nombre d’obstacles à leur mission tellement insensé que ça dépasse le seuil de probabilité de leur survie. La mission François Perrin, en gros. Ron Howard navigue souvent sur les rivages du nanar mais ne s’y vautre jamais, livrant un brillant film d’aventure tout en montage alterné fusée / centre de contrôle / famille. Un super film de faiseur. Là je repense à Backdraft ou à Rush, deux films (de Ron Howard) que j’aime bien, pour des raisons différentes puisque découverts à des époques très différentes, mais qui ont en commun d’être au-dessus de la mêlée dans leur genre. En plus d’être un film brillamment orchestré, dans sa tenue romanesque (assez émouvant par moments, d’ailleurs) l’écho entre la grande et la petite histoire, ainsi que la classe absolue de son casting, le film me plait tout simplement parce qu’il évoque la conquête spatiale et aussi parce que je l’ai vu et apprécié quand j’étais ado. Je pensais le revoir et trouver ça grotesque, aujourd’hui. Alors ok ce n’est ni First man ni L’étoffe des héros, mais je l’aime toujours.

Le grinch (Dr. Seuss’ How the Grinch Stole Christmas!) – Ron Howard – 2000

32. Le grinch - Dr. Seuss' How the Grinch Stole Christmas! - Ron Howard - 2000Chou blanc.

   4.0   Visuellement ça pique un peu les yeux, Chouville. Et ça met du temps à se mettre en marche. Jim Carrey en fait des caisses derrière le maquillage au point que le personnage en devient rapidement insupportable, mais c’est assez attachant en fin de compte, dans un grand élan d’indulgence. Entre chouette comédie familiale et conte de noël lambda, j’hésite. Vite oublié, quoi qu’il en soit. Y a décidemment à boire et à manger dans la filmo de Ron Howard : Je reviendrai très bientôt sur Apollo 13.

Solo, A Star Wars Story – Ron Howard – 2018

29. Solo, A Star Wars Story - Ron Howard - 2018Le contrebandier héroïque.

   5.5   Est-ce parce que j’en attendais rien (C’était déjà le cas de Rogue one) ou parce que Les derniers Jedi (La dernière salve en date) fut une franche déception ou parce que les avis à propos de Solo depuis sa sortie cannoise étaient carrément négatifs ? Quoiqu’il en soit j’ai pris du plaisir devant ce nouvel épisode indépendant.

     Alors c’est pas Rogue one, c’est certain, ne serait-ce que du seul point de vue de la mise en scène (Ron Howard fidèle à lui-même reste un artisan aussi médiocre qu’il est parfois efficace et transparent, comme ici) tant ce dernier était parcouru d’idées brillantes, dans ses transitions entre planètes, son ambiance suicidaire et sa limpidité ; Et aussi dans sa capacité à se relier aux trilogies de Lucas : Rogue one gagnait clairement à se situer à l’aube de l’épisode 4 jusqu’à être ni plus ni moins ce que les trois paragraphes d’ouverture de l’épisode 4 racontaient. Dans Solo on se fiche un peu de quand ça se joue par rapport à la prélogie, mais il y a quelque chose de touchant et libre dans son approche de prequel qui le rapproche de La menace fantôme, qui bien qu’il fasse partie d’une trilogie existait déjà davantage en tant que chapitre libre.

     Et c’est un épisode qui nous fait grâce de petits personnages rigolos/insupportables comme Jar-Jar ou les Porgs donc rien que pour ça, merci. C’est donc l’occasion de voir Han Solo, Lando Calrissian, Chewbacca et le Faucon Millennium bien avant leur équipée rebelle. De voir Solo faire la rencontre de Chewie dans la boue. De voir Solo croiser la route de Lando à une tablée de cartes. De voir Solo prendre les commandes du Faucon pour la première fois. Rien de vraiment inattendu mais ça fonctionne bien.

     Reste à identifier si tout le mystère qui entoure certains personnages (notamment Kira et Beckett) est pensé pour ouvrir sur l’univers étendu où si leur succin portrait relève d’une paresse d’écriture hallucinante, tant on a bien du mal à cerner chacune des motivations de leurs revirements et autres trahisons. Par ailleurs, le plus surprenant dans cette affaire c’est de voir combien le personnage de Han Solo est sacrifié (et joué par une endive niveau 5 sur l’échelle d’Hayden Christensen, enfin c’est pas Harisson Ford, quoi, mais il ne gâche rien pour autant) au profit de la relation entre Lando et son droide L3 (Le beau personnage du film, qui confirme après K2 que les épisodes indépendants soignent bien leurs nouveaux robots).

     Donc, rien de folichon mais rien de déshonorant non plus dans ce chapitre : à la limite j’aurais retiré la ridicule apparition de Maul car j’aimais bien la discrétion des clins d’œil jusqu’ici et que là, d’un coup c’était vraiment grossier, en plus d’être déroutant si l’on ne connaît pas comme moi (mais du coup je me suis renseigné) l’univers étendu et que l’on ne sait pas que Maul a survécu au sabre d’Obi-Wan. Mais pareil ça me gêne sans trop me gêner. Ça me gêne moins que plein de trucs de la prélogie, quoi.

     Et sinon y a plein d’acteurs hétéroclites là-dedans, c’est rigolo : Emilia Clarke, Donald Glover, Woody Harrelson, Phobe Waller-Bridge (Je ne pensais pas qu’on pouvait réunir Game of thrones, Atlanta, True detective et Fleebag mais ça me plait, jolie performance) ainsi que Paul Bettany, Thandie Newton et… Willow, même si bon, on sait qu’il a l’habitude des Star Wars, lui.

     Bref, c’est loin très loin d’être la purge que j’attendais. C’est bas du front, certes. Ça fait un peu sous western spatial qui fait office de Mad Max du pauvre, oui. C’est très terne du point de vue de l’image, les personnages ont une « histoire » qui tient en deux lignes, ça joue trop dans la surenchère de petites trahisons au point qu’il n’y a vite plus rien de surprenant, pourtant c’est aussi très généreux dans l’action, plus étiré dans ses séquences (celle du train, vachement bien) et moins tenté par la petite touche comique-neuneu qu’on doit désormais nécessairement se coltiner dans chaque blockbuster.

Rush – Ron Howard – 2013

14242262_10153945473707106_732370065268800837_oSad Sweet Dreamers.

   6.0   Ron Howard a touché à pas mal de genres, capable de pondre Un homme d’exception ou Willow, Apollo 13 ou Le grinch. Bref un cinéaste difficile à identifier. Le genre de type dont tu cherches inlassablement la filmo sur Wikipedia quand on te demande ce qu’il a fait. Et inversement : Ah oui c’était pas mal Les disparues, c’est de qui déjà ? Bref, un anonyme, comme le cinéma en compte finalement peu d’aussi intéressant dans leur médiocrité d’ensemble. Et ce n’est pas Rush qui va prouver le contraire, super film (du dimanche soir) de formule 1 sans vraiment l’être, sur la rivalité passionnante (l’un n’aurait pu courir sans la présence/pression de l’autre et vice-versa) et éphémère (Une seule saison, aux rebondissements improbables, bref rien à voir avec le SennaVsProst quinze ans plus tard) de Nicki Lauda (Que chacun connaît minimum de nom) et James Hunt (Que tout le monde a oublié), leur folie contraire (L’ultra précision allemande face au chien fou américain) et leur proximité avec la mort. Il y a du Backdraft (Autre super film (du dimanche soir) signé Ron Howard) là-dedans, le feu y faisant d’ailleurs une apparition brutale, marque un visage (Lauda est aussi resté dans les mémoires pour son visage brulé) transforme un championnat et stoppe la compétition entre un pilote qui voulait tout gagner (Pour montrer qu’il était capable d’échapper aux griffes de son mafieux de père) et un autre qui voulait gagner (Et perpétrer les one shot de sa vie). Ce n’est évidemment pas d’une grande finesse mise en scénique, jusque dans sa description épileptique des courses (Façon Jours de tonnerre, de Tony Scott (Autre super film du dimanche soir, décidemment) dont il reprend d’ailleurs en clin d’œil l’utilisation de Gimme Some Lovin de Spencer Davies Group) mais à titre personnel ça m’a scotché à mon canapé deux heures durant.


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silencio


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