Archives pour la catégorie Séries

The Leftovers – Saison 3 – HBO – 2017

26-the-leftovers_w710_h473_2xToday’s special.

   9.0   Après avoir concentré la majorité de son récit dans la petite ville de Mapleton (Saison 1) puis dans celle de Jarden devenue Miracle, terre de pèlerinages (Saison 2) The Leftovers effectue un énième virage et se délocalise en Australie. Cette série est indiscernable jusque dans ses grandes lignes.

     On se souvient aussi de cette étrange introduction, l’an passé, qui nous plongeait en pleine préhistoire. Cet ultime opus – Car oui, The Leftovers c’est fini – s’ouvre au XIXe siècle. Ce pourrait être un geste un peu lourd et gratuit mais c’est un pont, comme un autre. Et une manière de rappeler que le temps dans The Leftovers est un peu détraqué. Surprise/Etrangeté parmi d’autres tant cette saison sera coutumière du fait, ne nous dépaysant pas trop de ce qu’elle avait insufflé durant ses vingt premiers épisodes.

     Aussi bien du point de vue de sa construction que dans le mouvement de ses principaux personnages, la série continue de creuser son propre sillon. Une fois encore, c’est sur une imposante ellipse (Trois ans) que s’ouvrent les hostilités : Le monde va accueillir une nouvelle ère – On se souvient de la pesante première bougie du Sudden Departure, qui brisait le peu d’équilibre régnant sur la planète, à laquelle on avait ôté brutalement cent millions d’êtres humains – puisqu’il s’agit bientôt du septième anniversaire depuis le ravissement.

     Sept ans, ce n’est rien pour personne, forcément, mais ça l’est encore moins pris sous le joug religieux puisque sept ans c’est un peu comme les sept jours avant le déluge dans la Genèse. Matt aura une fois encore une place prépondérante au sein du récit. Beaucoup s’attendent/espèrent/redoutent l’apocalypse qui scelleraient donc les retrouvailles entre les disparus et les leftovers.

     Mais entre-temps, pendant que les guilty remnants furent pulvérisés dans une mystérieuse attaque nucléaire commanditée par l’armée, Kevin est érigé en demi-dieu. Ses allées et retours dans « l’autre monde » ont forgé sa réputation messianique : On lui a même écrit un livre évangélique en son nom – la premier épisode s’intitule d’ailleurs sobrement The book of Kevin. S’il a continué à exercer son métier de policier, certains pensent qu’il est la clé du déluge à venir, qu’il est le seul capable d’éradiquer l’apocalypse. Pouvoir qu’il ne s’attribue pas, bien au contraire : On le découvre en début de saison, en pleine thérapie masochiste, tentant quotidiennement de s’étouffer sous un sac plastique.

     Quant à Nora, le cœur de la série à n’en pas douter, c’est elle qui va ouvrir la voie / la brèche de cette ultime opus, guidée dans un premier temps par un ancien acteur, seul survivant de sa sitcom : Il lui fait part de l’existence d’une organisation secrète, détenant une machine capable de renvoyer un leftover dans le monde des 2%, afin de retrouver ses proches – On sait que Nora est un cas spécial puisque ses enfants et son mari se sont envolés sans elle ce jour-là. C’est en Australie que ça va se jouer.

     Un voyage que Nora effectuera accompagnée de Kevin, qui trouvera lui aussi sa voie, loin de ses « fidèles », d’abord en croisant Evie, censée avoir disparu dans l’attentat envers les guilty remnants, puis en suivant les traces de son père, reclus dans le bush australiens. Kevin Garvey Sr. (Campé par le devenu trop rare Scott Glenn) aura même un épisode rien qu’à lui, où il s’en va sauver le monde du jugement dernier dans une sorte de chemin de croix qui se mue en quête miraculeuse – Dans un trip formel proche des expérimentations de Nicolas Roeg pour Walkabout – au sein duquel il fera la rencontre de Grace, qui aurait perdu ses cinq enfants ce 15 d’octobre – suivant le fuseau horaire australien. Fin d’épisode bouleversant, avec ce monologue terrible qui entrera bientôt en écho avec celui de Nora, lors du series final.

     Il suffit de prendre ces deux séquences tentaculaires pour comprendre le cheminement de cette ultime saison : Si la solitude et l’injustice sont toujours présents, c’est bien la croyance qui sera au centre du récit. La croyance en une réalité, qu’elle soit issue ou non d’un mensonge. Grace était persuadé que ses enfants avaient été enlevés avec leur père. La souffrance qu’un tel bouleversement imposait s’estompait dès l’instant qu’elle imaginait sa famille dans un autre monde. La terrible vérité lui parviendra des années plus tard. C’est cette terrible vérité que Nora pourrait avoir caché à Kevin dans leur dernière entrevue. Dans cette sublime entrevue de remariage. Qu’elle lui dise ou non la vérité (A-t-elle été de l’autre côté avant d’en revenir ?) importe moins que la foi qu’on lui accorde. Kevin bien entendu mais nous aussi, spectateur, évidemment. Tout The Leftovers se résume là-dessus. Comme c’était le cas de Lost il y a presque dix ans. Faire le pari d’y croire. Si cette saison joue la question du mensonge, cet ultime épisode est un véritable acte de foi mutuel.

     Nora a-t-elle voyagé dans la capsule ou crié STOP – comme ça semble être le cas – avant que le liquide l’engloutisse ? Quid du sac plastique de Kevin : La peur le paralyse-t-il au point de le retirer avant de ne plus respirer ou ressuscite-t-il systématiquement ? Et allons plus loin dans les hypothèses : Et si Laurie aussi était immortelle ? Après tout, son bébé s’est évaporé alors qu’il se trouvait dans son corps. A-t-elle vraiment plongé pour mourir lors de ce septième anniversaire ? Toujours est-il qu’elle est vivante, vingt-cinq années plus tard, devenue la psy clandestine de Nora. Les réponses sont floues mais on peut les décoder.

     La plus belle réplique de la série c’est probablement Nora qui nous l’offre durant ce dernier épisode : « They were all smiling. They were happy. And I understood that here in this place, they were the lucky ones. In a world full of orphans, they still had each other » Extrait d’un monologue absolument déchirant. Huit minutes qui te prennent aux tripes. Sans aucune greffe d’images pour l’alourdir ou lever des ambiguïtés. Il y a Nora / Carrie Coon et Kevin / Justin Theroux. C’est tout. Une vérité qui n’est pas forcément La vérité. Et il suffit d’y croire.

     La série se permet de se diversifier sans se fourvoyer, presque sans jamais s’éparpiller. Un centric magnifique sur le père de Kevin ici, un étrange périple en montage parallèle sur un paquebot là (Peut-être le léger point faible de la saison à mes yeux) ou un nouveau voyage dans l’autre monde, et même un épisode très musical, centré sur Nora & Kevin, qui parvient à répéter Take on me ad nauseam jusqu’à en faire une chanson vertigineuse. Et puis finir ainsi, dans un élan intimiste, sans prendre le temps de « dire au revoir » aux autres personnages comme le veut la coutume dans le paysage sériel.

     Si cette saison m’a semblé moins sidérante que la précédente c’est probablement parce que la précédente était douée d’un pouvoir de sidération beaucoup trop élevé. Quand bien même, il suffit de voir The Most Powerful Man in the World soit l’épisode 7 de cette saison 3 pour le rattacher à celui de la saison 2 qui s’intitulait International Assassin, pour constater que sa puissance s’est un peu réduite, pour constater aussi qu’on ne peut pas voyager dans l’autre monde deux fois et surprendre deux fois. Peut-être que cet épisode et le précédent freinent la dynamique en ce sens qu’ils existent pour catapulter Matt puis Kevin Sr face à l’échec de leurs certitudes. Néanmoins, l’épisode est là, il fonctionne, il offre l’un des plus beaux plans de la série (Le tout dernier) et surtout, il prépare le choc tellurique qu’on va encaisser dans le suivant, dans l’épisode final.

     Alors, que reste-t-il après le visionnage de ces vingt-huit épisodes ? Beaucoup d’interrogations, c’est une évidence. Mais l’impression, surtout, d’avoir vu l’une des séries les plus importantes, intelligentes, passionnantes, déchirantes de ces dernières années. Il reste le souvenir d’éprouvants périples, de bouleversantes plongées. Et des visages. Des regards qu’on n’est pas prêt d’oublier.

Dix pour cent – Saison 2 – France 2 – 2017

12. Dix pour cent - Saison 2 - France 2 - 2017ASK reprend du poil de la bête.

   7.0   Hormis un épisode en dessous, mettant en lumière Norman et Julien Doré, Dix pour cent aura bien choisi ses guests dans cette deuxième saison (On se souvient d’instants plus indigestes avec Julie Gayet & Joey Starr puis avec Francois Berléand, notamment) qui gagne forcément moins sur l’effet de surprise (On sait maintenant combien elle peut être géniale et superbement écrite) mais qui se révèle plus homogène. Il y aura Ramzy & Virgine Efira, Fabrice Luchini, Isabelle Adjani, Guy Marchand et même Juliette Binoche dans une sortie spécial Cannes savoureuse. J’aime beaucoup la nouvelle direction prise par la série avec le personnage casse-gueule d’Hicham, le milliardaire qui rachète l’agence. Ça aurait pu servir d’étoffe factice mais c’est très réussi, déjà parce que le personnage en lui-même est passionnant mais aussi parce que la relation qu’il noue avec les actionnaires est bien écrite, hyper ambiguë, en particulier avec Andrea. Mon gros bémol c’est tout ce qui tourne autour de l’hôtesse d’accueil, Sophia, qui se rêve actrice : Là franchement je trouve l’idée vraiment peu inspirée d’une part car le personnage est vide et ensuite parce qu’on ne croit pas à son idylle amoureuse avec Gabriel – Personnage un peu oublié qui avait pourtant illuminé la saison de lancement. A part ça la série est toujours aussi géniale, les six épisodes se regardent tout seul. Et je suis définitivement fan de nos deux assistants qui crèvent l’écran, Noémie aka Laure Calamy et Hervé aka Nicolas Maury. Evidemment. Et j’aime beaucoup ce que la série fait de cette famille décomposée/recomposée avec les personnages de Camille et Mathias. Vivement la suite.

Love – Saison 2 – Netflix – 2017

11. Love - Saison 2 - Netflix - 2017Et si nous faisions un bout de chemin ensemble.

   8.0   Cette deuxième saison de Love reprend exactement là où s’était stoppé la première : Sur le parking d’une station essence. On y voyait Mickey et Gus se retrouver tout en ayant pleinement conscience de la fragilité de leurs retrouvailles. Et cette nouvelle saison ne va faire que ça : Raconter la construction et la déconstruction de ce couple, aussi bien dans la progression de ces douze épisodes que compose cette saison qu’au sein de chaque acte. Une variation infinie sur une même situation, en somme. Hormis deux épisodes plus légers et ludiques – d’autant plus étonnant qu’il s’agit des deux extrémités – Love aura crée un crescendo parfait consistant à éloigner chaque fois davantage notre couple vedette géographiquement, jusqu’à culminer dans un dixième épisode où leur correspondance n’opère plus que par Skype, rapport doux et bienveillant qui se solde vite par une énième altercation. C’est Nous ne vieillirons pas ensemble, à la sauce Apatow. Avec nettement plus d’espoir que dans le chef d’œuvre de Pialat, forcément. C’est très beau, dans la continuité de la première saison, peut-être même plus fort encore.

Versailles – Saison 2 – Canal+ – 2017

10. Versailles - Saison 2 - Canal+ - 2017Game of overbearing.

   3.0   Se la jouer Game of thrones mais ressembler à du Vampire diaries. La frontière est plus mince qu’on ne le pense en fin de compte. On avait laissé le bénéfice du doute à une première saison déjà approximative et démonstrative, car il y avait une dimension opératique qui fonctionnait avec cette consommation maladroite du pouvoir, cette étrange relation entre frères et l’impression que la série ne cessait de scander que le vrai danger du monarque ne se trouvait pas dehors mais au sein de ses propres murs. Rien de neuf mais le show parvenait à séduire via un déploiement grandiose voire émouvoir notamment au détour d’un season finale réussi avec cette omniprésence d’un parfum de mort. On prend les mêmes et on recommence dans une deuxième saison volontiers plus rythmée par une pelleté de rebondissements souvent grotesques et cliffangher tape à l’œil à gogo – Un empoisonnement en convoque un autre, ad nauseam – sauf qu’il n’y a plus de cœur (juste du fric), les personnages sont des pantins (Et la plupart des acteurs vraiment pas bons et/ou mal dirigés, toujours hyper affectés, dans l’illustration, tout en larmes et grimaces) et la construction est à mourir d’ennui. Au centre il y a par exemple le combat et la rencontre entre Louis et Guillaume d’Orange. Ça devrait marquer une rupture, relancer la dynamique mais c’est simplement chiant – Sans doute que le montage alterné (Puisqu’on revient sans cesse au château et son intrigue policière autour des empoisonnements) n’aide pas. Je suis dur car il y a quelques sursauts ci et là mais dans un ensemble de dix heures, c’est trop rare (Un peu à l’image de certains très beaux personnages qui ne sont pas creusés, comme la Palatine) ; C’est Les feux de l’amour dans la cour du roi, pour moi, avec suffisamment de violence (mais pas trop) et de cul (mais pas trop) pour appâter le chaland. C’est officiel, j’arrête les frais.

Girls – Saison 6 – HBO – 2017

09. Girls - Saison 6 - HBO - 2017Goodbye tour.

   8.5   J’en rêvais tellement de voir Girls s’en aller ainsi, via une saison exemplaire – Sa meilleure, haut la main – sur une désagrégation de son groupe (Les vestiges d’amitiés disparues fourmillent mais certaines persistent à y trouver encore un sens, jusque dans cette magnifique dernière apparition à quatre dans une salle de bain étriquée) et une grossesse solitaire. Dix épisodes parfaits, où certaines boucles se ferment et d’autres pas, rappelant qu’Hannah, Marnie, Jessa et Soshanna ont toutes vécues, à leur manière, des grisailles et des éclaircies, des brises et des bourrasques. L’une d’elle pouvait parfois être oubliée (par l’écriture) au détriment d’une autre, mais elles auront existé, nous aurons touché et/ou agacé, quoiqu’il arrive, au sein du groupe ainsi que dans leur propre bulle.

     Hannah n’aura jamais été autant au centre du récit que durant cette ultime saison. Logique étant donné que Girls est le bébé de Lena Dunham, qu’elle lui faisait ses adieux et que les maigres relations qui restaient du groupe ne pouvaient permettre de leur offrir à chacune un temps d’image similaire – à moins de pondre quatre parties par épisode, façon The Affair. C’est Hannah qui est partout. Seule souvent ou accompagnée ici d’un jeune surfeur de Montauk (Riz Ahmed, de The Night Of, dans un très beau premier épisode), là de son colocataire Elijah (Il faudrait presque faire une série uniquement sur cet acteur / ce personnage) ou d’Adam dans de brèves retrouvailles, assez bouleversantes d’ailleurs. Dès cet instant, la fin de la série semblait toute tracée, mais au moyen de ses ellipses dont elle est coutumière, Girls va choisir autre chose.

     Si Girls n’a cessé de scander qu’elle était la voix de la génération Y, elle aura aussi parfois brossé le portrait d’un couple de quinqua en pleine mutation jusque dans leur rupture et son aveu à lui d’homosexualité. Certes souvent de façon détachée, mais toujours là en filigrane. Et si la série s’ouvrait, il y a cinq ans, sur une dispute entre Hannah et ses parents qui décidaient de lui couper les vivres, elle se ferme aujourd’hui sur l’acceptation douloureuse d’être mère, d’aimer et d’être aimé de ce tout petit être qu’est son enfant. On se retrouve donc avec un épilogue en deux parties, une double sortie. Une fin attendue, groupée, scellant définitivement l’amitié de nos quatre Girls de Brooklyn. Et une autre, plus confidentielle, construite sur une assez imposante ellipse, qui semble moins fermer un chapitre qu’ouvrir un autre livre. Ça me plait bien.

     Un mot sur les corps, car c’est une série un peu plus crue que les autres, de ce point de vue-là. Lena Dunham n’aura cessé de se mettre à poil, dans les situations les plus inconfortables (Positions échevelées avec Adam Driver, partie de ping-pong…) mais sa mise à nu n’aura jamais été aussi poussée que durant cet ultime épisode, dans lequel, symboliquement, elle rappelle constamment qu’elle a tout donner pour Girls / qu’elle s’est littéralement mise à poil : On la voit sortir de son bain, donner son sein, tirer son lait, donner son futal à une gamine nue dans la rue, parler de son anus et son vagin, pester contre ses mamelons. Donc si ce dernier chapitre semble statuer sur une banale entrée dans l’âge adulte, une sortie un peu trop parfaite, tout ce qui s’y déroule – aussi bien dans ce qu’il est abordé que dans son étonnante construction – reste du pur Girls.

The Affair – Saison 3 – Showtime – 2017

25Mises à nu.

   7.0   The Affair avait les cartes pour s’en aller en deux saisons. Le pourquoi du comment des flash forward qu’on retrouvait régulièrement en fin d’épisode était révélé en scellant cette histoire à quatre (Alison, Noah, Cole, Helen) par un étrange accident/meurtre qui ouvrait la voie à d’autres mensonges, d’autres chemins de vie. Comment se redéployer quand les deux grandes storyline (la relation adultère entre Alison & Noah, la mort de Scott Lockhart) sont échaudées ? Que cette nouvelle saison s’ouvre après une ellipse de plusieurs années (Qui ne sera jamais clairement dit mais dont on peut deviner la durée grâce à l’âge de Joanie, la fille d’Alison & Cole) montrait d’emblée une envie de redistribuer les cartes.

     Pas sûr que The Affair avait besoin de déterrer de lourds secrets inavouables (Noah trimbale le fard.eau d’avoir offert de mourir à sa propre mère) et opter pour l’option folie paranoïaque. C’est la saison Noah, en fait. Et c’est con, c’est le personnage qui me pose problème durant cette saison. Celui où j’ai d’abord la sensation qu’il y a beaucoup de choses à en dire (Son séjour en prison, son amour resté intact pour Alison, le lien fragile avec son fils, l’héritage de la maison de son père, sa rencontre avec une française) mais qu’on va tout liquider dans une intrigue faiblarde aux imposants relents schizophréniques. J’ai bien cru qu’on allait nous dire que le geôlier n’existait que dans sa tête. Et c’est tout comme.

     Un peu trop de Noah durant cette saison, donc. Et trop peu d’Alison. Elle illumine pourtant chaque épisode dans lequel elle se trouve. Les meilleurs chapitres sont les siens. Il pourrait n’y avoir rien écrit pour elle qu’on suivrait son quotidien à bicyclette avec passion. D’ailleurs que se passe t-il pour elle ici ? Une simple affaire de garde d’enfant. Et c’est passionnant, tellement bien écrit, tellement puissant sur ce que ça raconte, en filigrane et sans rien appuyer, de Gabriel, de Joanie après Gabriel, d’Alison jadis cadenassée par les Lockhart, d’Alison qui retrouve la vie au contact d’un père de famille paumé. Alison c’est Le personnage de The Affair, en fait. La saison 3 l’aura trop vite oublié.

     Pourtant la série continue de me passionner : Le temps qu’elle peut prendre pour gérer une discussion, un déplacement, les lieux qu’on y traverse, les personnages qui la meublent jusqu’aux plus secondaires (la sœur de Noah, le petit ami d’Helen, Luisa, Whitney…) et la toujours élégante construction qui fait sa marque, même si ça m’a semblé nettement plus gratuit et factice ici. Si le neuvième épisode venait fermer l’arc narratif sur la folie de Noah, de façon assez grotesque, la série allait prendre un risque dans le suivant, justement parce qu’il s’agit du dernier de la saison, en emmenant Noah à Paris et surtout en offrant l’un des chapitres/points de vue à Juliette, dont on ne connaissait encore presque rien.

     On aurait préféré revoir Helen ou Alison, mais c’est réussi, j’aime bien ce qu’ils ont crée avec ce personnage qui peut être vu comme un miroir de Noah. Surtout la saison se ferme de façon plutôt miraculeuse sur un chapitre Noah, forcément, mais surtout sur une retrouvaille bouleversante avec sa fille. J’aime trop The Affair donc il m’en fallait peu pour oublier la débâcle de l’épisode précédent (Qu’on peut aussi vite oublier en repensant au sublime épisode 6, avec Alison & Noah, on se refait pas) mais franchement, il me semble que finir là-dessus et sur une promesse de reconstruction familiale (d’un côté comme de l’autre, puisque le compromis semble avoir été trouvé aussi entre Alison & Cole durant l’épisode 10) est une idée lumineuse. Reste à se demander ce que The Affair peut nous offrir dans son ultime saison. Mystère.

The Walking Dead – Saison 7 – AMC – 2017

08. The Walking Dead - Saison 7 - AMC - 2017Triste sort.

   4.5   Prise dans l’ensemble de ses seize épisodes, c’est une saison ratée, qui aura comme je le craignais payé sa puissante entrée en matière, n’ayant pu s’en servir de tremplin vers le chaos et la noirceur terrible qu’elle convoitait et que les bouquins avaient davantage su capter.

     Quelques éclats épars – ou épisodes moins bavards, dont on ne sait pas bien par quel miracle ils tiennent – nous auront sorti de notre torpeur à l’image de l’épisode Tara découvrant la communauté de la plage ou celui sur Morgan, et le cruel melon manquant. On peut d’ailleurs noter que la série est quasi systématiquement meilleure sitôt qu’elle s’extraie des lignes et planches des comics. Au jeu des comparaisons, elle accuse vraiment le coup. De plus en plus.

     C’est surtout qu’il y a un déséquilibre d’un épisode à l’autre, la série a pris l’habitude de faire des épisodes « centric mais pas trop » et ça ne prend pas vraiment. Celui sur Rick/Michonne (avec la biche, dans la fête foraine) est nul alors qu’il a tout pour être top, rappelant les épisodes « Sur la route » de la saison 4. Le 14 non plus ne fonctionne pas. Pourtant s’intéresser à Sacha/Rosita ramenait la tentative girl power sur le devant de la scène, mais c’est mou, hyper balisé et puis cette fin, sacrificielle, c’est n’importe quoi.

     Mais entre ceux deux épisodes médiocres, il y a celui avec Morgan, que j’ai trouvé très beau, brillamment construit déjà et surtout parce qu’il n’existe pas pour combler nos attentes, il essaie autre chose. Après c’est TWD ça a toujours été plus ou moins comme ça, mais j’ai l’impression que cette saison paie les chevaux lâchés sur le premier. Cette ouverture aurait dû faire des petits, s’engouffrer dans une atmosphère plus noire encore, irrespirable, gore. Sauf qu’on a vite retrouvé la petite promenade de santé.

     L’ultime épisode de cette saison contenait, sur le papier, tout du sauvetage in-extrémis. Celui qui aurait permis de dire que The Walking Dead nous aura offert cette année un opus en demi-teinte, au moyen d’une sortie idéale en miroir de l’épisode d’ouverture. Raté. Il est noircit par une construction approximative (flashbacks pseudo-prémonitoires nullissimes), des rebondissements grotesques et des invraisemblances rédhibitoires – L’arrivée opportune du Royaume et du tigre est risible à souhait. Honteux. Presque aussi honteux que l’incrustation numérique de la biche bien dégueulasse dans l’épisode forain Rick/Michonne.

     Si l’on reste attaché au show c’est uniquement parce qu’on a passé sept saisons en compagnie de la majeure partie de ces personnages. Au passage, depuis quand n’avons-nous pas tremblé pour un nouvel entrant ? Je misais beaucoup sur Jésus mais même pas, il ne sert à rien. La coupe n’est donc pas loin d’être pleine.

      La tant attendue nouvelle ère Negan a fait chou blanc. L’apparition des nouveaux groupes aussi. La série a péché par suffisance, capitalisant sur le massacre de deux de ses éléments moteurs et d’un troisième au finish, qu’on attendait si l’on est familier des livres (Même si ce n’est pas le même personnage, tout se déroule exactement de la même manière) qui trouve le moyen, en changeant la donne mais pas trop (L’idée du cercueil et du sacrifice débile) de s’avérer vain sinon pour préparer la guerre totale, qu’on aurait bien aimé voir se lancer durant la saison 7.

     Lorsqu’à la toute fin, les sauveurs, canardés de partout, quittent Alexandria, Negan nous gratifie d’un doigt d’honneur ridicule. Je ne savais plus s’il était destiné à Rick ou à nous, spectateurs. Bref, j’étais confiant en fin de saison précédente mais là je ne la sens plus du tout cette affaire. Je crois même avoir préféré la saison 2 de Fear the walking dead, c’est dire.

Guyane – Saison 1 – Canal + – 2017

06. Guyane - Saison 1 - Canal + - 2017Pour une poignée de métal.

   5.0   Une série française traitant de l’orpaillage en Guyane, l’idée attisait l’attention d’autant que c’est un sujet peu traité au cinéma comme à la télévision. A la barre du projet Fabien Nury qui vient de la bande dessinée et qui a notamment écrit le très beau Il était une fois en France. Là-dessus rien à redire, la série est brillamment documentée et on le sent, sérieusement story boardée. Les dialogues aussi, bien qu’un poil trop écrit à mon gout, se laissant gagné parfois par l’art de la punchline – Olivier Rabourdin, surtout, en fait un peu trop. La mise en scène est efficace, tonique, à défaut d’être originale, nerveuse lors des premiers épisodes réalisés par Kim Chapiron (à qui l’on doit Sheitan, Dog pound ou La crème de la crème) mais je dois dire que le soufflé est vite retombé, la faute à des quantités de rebondissements trop mécaniques, et un tueras/tueras pas, trahira/trahira pas lassant, qui contamine la richesse « documentaire ». J’imagine que ça se passe ainsi mais personnellement ce que j’ai envie de voir c’est la jungle, l’aventure, la quête de l’or, comment on l’extraie. Un épisode au centre est très réussi de ce point de vue. Tout le côté règlement de comptes mafieux me parle moins. Mais c’est pas mal, ça se suit sans déplaisir, on veut voir jusqu’où la série compte nous emmener. Reste que passé la moitié, l’intérêt s’effrite considérablement, et le dernier épisode, très nocturne, réalisé par Nury lui-même est franchement pas terrible.

Fleabag – Saison 1 – BBC Three – 2016

30Girl.

   7.0   Dans la lignée de Girls, Master of none ou Atlanta, voici un nouveau portrait de trentenaire, cette fois-ci purement british puisque c’est à Londres que l’on va suivre les pérégrinations de la belle Phoebe Waller-Bridge (qui comme ceux suscités (Lena Dunham, Aziz Ansari, Donald Glover) écrit et incarne le premier rôle) sur six épisodes d’à peine trente minutes. C’est pourtant à une autre série que l’on pense devant Fleabag, plus chronique de quarantenaire pour le coup, à savoir Louie, la création new-yorkaise déjà mythique de Louis CK, autant dans son humour trash que dans sa façon de jouer avec les codes de l’absurde, de l’inattendu (On ne sait jamais où un épisode va nous embarquer) et tout simplement des codes mise en scénique qui irriguent habituellement ce type de show. Dans Louie, un tiers de la série voyait le personnage dans l’exécution de ses stand-up. Dans Fleabag, Phoebe Waller-Bridge choisit de s’adresser très régulièrement à nous (On fait clairement office de confident thérapeutique façon défouloir) donc à la caméra. Par exemple, lorsqu’un moment donné Fleabag (C’est son surnom) prend le métro, elle observe les gens, tous recroquevillés dans leur bulle, écouteurs dans les oreilles et de façon inexplicable, chacun se met plusieurs fois, en même temps, à exploser de rire, puis à retrouver son silence, puis à exploser de rire à nouveau. Phoebe Waller-Bridge nous prend alors à parti et lâche un : « I think my period’s coming ». C’est souvent de ce niveau, parfois plus doux, souvent plus trash. Le temps d’un épisode j’ai craint de vraiment détester ce truc arty, égocentrique et cynique. Force est de reconnaître que dès l’épisode suivant, on se surprend à s’attacher à cette fille hautaine et dépressive, avant de carrément adorer cette insatisfaite sexuel qui tente de combattre son double deuil et la galère dans laquelle son café (qui n’attire pas grand monde) l’a emmené. Dès que la sœur entre dans la danse, le problème est similaire, il faut un  temps d’adaptation avant que ça ne devienne absolument génial, notamment le temps d’une cure qui tourne au fiasco, puis dans un repas familial un tantinet over the top. Le dernier épisode est somptueux et bouleversant. Hâte de la retrouver !

Casual – Saison 1 – Hulu – 2015

15     4.0   C’est une création Hulu réalisée entre autre par Jason Reitman (qui en est aussi le producteur exécutif) et c’est tout à fait dans la lignée de ses films (Thank you for smoking, Juno, In the air – Après j’ai arrêté) que je n’aime déjà pas beaucoup, pour rester poli. La série se suit sans déplaisir mais à trop vouloir afficher la marginalité de ses personnages en pleine crise existentielle au cube (La mère psy en plein divorce, le frère célibataire paumé, l’adolescente trop mûre) il perd de vue leur véritables obsessions et plonge régulièrement dans un cynisme embarrassant ou des folies de scénariste un peu fabriquées, couplé à des dialogues souvent trop écrits. J’étais parti pour enquiller sur la deuxième saison mais finalement je passe mon tour.

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silencio


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