Archives pour la catégorie Séries

Los años nuevos – Arte – 2025

11. Los años nuevos - Arte - 2025Ten.

   9.0   31 décembre 2015. Ana travaille en tant que serveuse dans une boîte de nuit. Oscar passe la soirée dans le même lieu. Ils vont se rencontrer, discuter, terminer le réveillon ensemble chez un ami, et réaliser qu’ils sont nés en même temps : Oscar a trente ans ce jour, Ana les aura le lendemain. Ou l’inverse, je ne sais plus.

     Ana et Óscar se rencontrent donc à Madrid lors du Nouvel An, le soir de leurs 30 ans. L’originalité de la série c’est que l’on va suivre cette relation sur dix ans, le même jour, chaque année. Ou plutôt ces mêmes jours à cheval sur deux années. D’un Nouvel An à l’autre, entre Madrid, Valence, Berlin et Lyon, Los años nuevos est la chronique intime extraordinaire (car le nouvel an a toujours le don de s’extraire de l’ordinaire, ceci de l’anti quotidien) d’un couple, depuis leur rencontre jusqu’aux prémices de la quarantaine.

     Mais une chronique partielle où le hors-champ sera lui aussi un personnage. Il faut parfois reconstruire l’année écoulée avec ce qu’on nous offre. Il y a même deux épisodes (deux années, donc) extraordinaires où Ana et Oscar ne se voient pas car ils ne sont plus ensemble. Peut-être bien mes deux épisodes préférés avec celui se déroulant à Berlin et bien entendu cette merveille d’épisode de clôture en un plan séquence vertigineux.

     N’y allons pas par quatre chemins, c’est la plus belle série vue cette année – sinon depuis très longtemps. Une merveille de naturalisme à l’espagnol, pas si éloigné du cinéma de Jonas Trueba (Eva en août). On y retrouve l’intense virtuosité de Rodrigo Sorogoyen (qui réalise quatre des dix épisodes) et on se délecte d’une écriture au cordeau qui doit probablement beaucoup aux deux autres cocréatrices, que sont Sara Cano et Paula Fabra.

     Honnêtement c’est pour moi la plus belle chose vue en 2025, même devant Sirat et L’Aventura. C’est dire ! Un long film de dix épisodes, dix heures, écrit et réalisé à trois. Magnifique.

Des vivants – France2 – 2025

Les 12. Des vivants - France2 - 2025sept du Bataclan.

   7.0   Je ne connais pas les documentaires, fictions télévisées ni même les deux films pour le cinéma réalisés par Jean-Xavier de Lestrade. Je sais juste qu’en trois séries il est devenu notre réalisateur/showrunner le plus important en France aujourd’hui. Laetitia, basé sur le meurtre de Laetitia Perrais survenu en janvier 2011 à La Bernerie-en-Retz, c’était formidable. Sambre, qui s’inspire de l’affaire du violeur de la Sambre, c’était magnifique.

     Des vivants reprend les mêmes codes mais le sujet est plus chaud, plus casse-gueule encore, puisqu’il s’agit de s’inspirer du vrai récit des sept « Potages » (contraction de Potes et Otages) retenus deux heures par les terroristes du Bataclan dans un couloir de la salle de concert. Si la série se concentre essentiellement sur leur reconstruction, elle reviendra souvent dans ce couloir, ce soir de treize novembre.

     C’est parfois insoutenable et pourtant toujours filmé à la bonne distance. Si le tournage s’effectue sur les lieux, avec une rigueur documentaire impressionnante, il n’est jamais question d’en faire trop, ni d’être sensationnel ou larmoyant. On ne verra pas d’exécution. On ne verra rien de la fosse. Toute l’action se concentre sur ces femmes et ces hommes, que l’horreur réunira pour un soir et pour la vie. Chacun se reconstruit différemment. Se relève ou non. Il est aussi beaucoup question des proches qui les entourent, de leur impuissance ou de leur importance.

     Il s’agit aussi de suivre nombreux des entretiens psys de chacun d’entre eux. Mais aussi du rapprochement inédit (et véritable) qu’il y eut entre eux et les policiers de la BRI qui donnèrent l’assaut ce soir-là. C’est très fort. Après, comme toute série « chorale » il y a des trajectoires qui nous touchent plus ou moins que d’autres, des interprétations qu’on jugera plus ou moins adéquates aussi mais dans l’ensemble, la série impressionne et laisse sur le carreau.

The last of us – S2 – HBO – 2025

10. The last of us - S2 - HBO - 2025No future days.

   6.5   Difficile d’en toucher deux mots six mois plus tard. La première saison m’avait fait si forte impression qu’il était presque impossible de réitérer l’exploit lors de la deuxième salve. J’y ai pourtant cru. Au moins durant les deux premiers épisodes, situés cinq ans plus tard, qui nous ouvrent les portes de Jackson, une ville de réfugiés fortifiée – au sein de laquelle Joel & Ellie ont échoué – et qui introduisent un nouveau personnage, en périphérie, bientôt artisan d’un bouleversement narratif conséquent.

     Alors je ne suis pas familier du jeu vidéo, donc la surprise fut grande, du niveau des grands twists de Game of thrones. Mais il me semble que la série rate quelque chose, qu’elle ne réussit pas pleinement son glissement. On a eu une saison pour suivre Ellie, s’attacher à elle, son parcours avec Joel. Il aurait fallu une saison pour Abby aussi, avec les Lucioles. Ou bien un parti pris plus radical : on s’intéresse à elle uniquement lorsqu’elle les retrouve. Et moins à Ellie, ce qui n’est jamais le cas ici : il y a même un épisode (le 6 de mémoire) flashback des cinq années à Jackson, très nostalgique, bouleversant, nous permettant de faire nos adieux à Joel.

     Quoiqu’il en soit il manque un vertige dans cette saison, qui ne parvient jamais à se relever de ce virage narratif fort. Comme si tout ce qui suivait, aussi efficace et de qualité soit-il, déroule un peu trop rapidement son petit programme, affaibli par un manque de temps et d’épisodes : sept c’est vraiment trop peu pour que la série se déploie comme elle le mérite. Le dernier épisode est par ailleurs complètement bâclé (à l’image de la séquence catastrophique sur l’île des Séraphites).

     La première saison et son road-movie à travers ce qu’il reste des États-Unis post-apo m’avait fasciné, en grande partie car une rencontre en chassait une autre, qu’il était impossible de s’attacher à qui que ce soit sitôt qu’on s’extrayait du duo. Là on retrouve des rails. De bons rails, bien entendu (l’invasion de la horde, la séquence dans la station de métro…) mais ça reste une petite déception au regard de ses débuts tonitruants.

Parlement – S2 – FranceTv – 2022

08. Parlement - S2 - FranceTv - 2022Arrête-moi si tu peux.

   6.0   Ce n’est pas une série indispensable et ça ne me passionne pas outre mesure, mais je reste impressionné par son écriture, son rythme, le sérieux de son emballage malgré la farce, son raffinement global jusque dans son cachet volontiers polyglotte, ses personnages azimutés, ses situations absurdes au sein des coulisses du Parlement européen. La formule est sensiblement la même, les ressorts répétés, point de surprise, mais le plaisir relatif demeure. Et si j’ai moins vibré et ri pour les personnages principaux, il reste néanmoins Eamon, personnage magnifique, mystérieux mentor, avec cette voix, cette diction incroyable.

Jurassic World, La théorie du chaos – S2 & S3 – Netflix – 2025

13. Jurassic World, La théorie du chaos - S3 - Netflix - 2025La belle équipe.

   5.0   Pas grand-chose à ajouter à ce que j’en avait dit pour la première saison, donc je fais un package pour les deux saisons suivantes. Vu avec les enfants, évidemment. Le grand est trop grand pour ça, maintenant (y en a que pour Stranger Things en ce moment) mais je sens qu’il y est attaché, un peu comme moi avec Olive & Tom si un jour je retombais dessus, et aussi pour son amour éternel des dinosaures. Sa sœur est pile dans l’âge cible, je pense. Bref, ils n’ont pas eu de mal à tout revoir avec moi. C’était plus compliqué de rien me spoiler. Mais bon, je ne regarde pas ça comme je matais Lost ou Game of thrones. À vrai dire j’oublie d’ailleurs tout instantanément. Mais je trouve qu’il y a du soin dans le récit et la caractérisation des personnages (et leur évolution). C’est un chouette divertissement pour les gosses.

Epitafios – S1 – HBO – 2004

07. Epitafios - S1 - HBO - 2004Un tueur à Buenos Aires.

   6.0   C’est du polar à l’américaine – hérité de Seven, très clairement – mais avec ce qu’il faut d’argentin, pour se distinguer du tout-venant. Il faut toutefois passer outre une photo assez indigente, des interprétations emphatiques, des rebondissements parfois improbables (que les flics soient incompétents, d’accord mais là on frise souvent la faute professionnelle).

     Mais il y a aussi une ambiance, une construction hyper tortueuse calibrée HBO : On suit d’abord un inspecteur qui va crever au bout du premier épisode, puis un duo d’inspecteurs un peu à la ramasse, puis une inspectrice intuitive qui va vite… se faire enlever. La série ne fabrique que des anti-héros, complètement déglingués, par l’alcool, la dépression ou une dépendance chelou aux séances de roulette russe.

     Renzo, le flic sur le retour, investi mais dépassé, est un personnage hyper attachant mais il est rare de voir un flic faire autant de mauvais choix, plonger si bêtement dans la gueule du loup, un flic un peu suicidaire, qui plus est. Quant au meurtrier, il nous est assez rapidement révélé, ses motivations aussi – une histoire de vengeance liée à la mort de quatre étudiants – ce qui n’empêche guère d’être fasciné par ce personnage de tueur en série qui accompagne son œuvre sordide d’épitaphes énigmatiques.

     C’est une série archi sombre, jusqu’au bout. Un cauchemar sans cesse renouvelé, bercé par Carmen qui n’aura jamais de résonances aussi macabres. Alors, treize épisodes c’est peut-être un peu long, il y avait moyen de condenser, d’aller plus à l’essentiel, plus à l’os, mais le récit fonctionne aussi par son crescendo et la forme, pas toujours inspirée, arbore un cachet crado qui nourrit un ensemble bien crasseux.

Hippocrate – S3 – Canal+ – 2024

05. Hippocrate - S3 - Canal+ - 2024La crise.

   8.0   Trois ans qu’on attendait le retour d’Hippocrate, l’excellente série signée Thomas Lilti. Je vois très peu de séries aujourd’hui, mais je suis persuadé que c’est l’une des plus belles qu’on a actuellement en France. Et cette troisième saison ne fera pas exception : Six épisodes magnifiques pour un récit absolument cauchemardesque.

     Tout – hormis l’ouverture tétanisante aux côtés d’Alyson (Alice Belaidi), travaillant dorénavant pour SOS médecins, tentant de sauver la vie d’un homme au cœur d’une cité – se déroule dans un hôpital Poincaré en crise, post Covid. C’est l’été, le service des urgences ferme le soir. Et Chloé (Louise Bourgoin) recueille dans les couloirs de l’hôpital désaffecté ceux qui ont besoin de soin la nuit. Or très vite, l’hôpital de jour étant surchargé, il s’agit de laisser sortir de plus en plus de patients dont le travail de soin n’est pas terminé. La situation est donc plus que désespérée, mais la « providence » viendra d’une désobéissance collective avec la création de cet hôpital clandestin puisque les collègues suivront le mouvement initié par la jeune femme

     C’est simple, je n’ai cessé de penser à la troisième saison de The Wire, celle où les flics créent le quartier Amsterdam afin que les gens puissent se droguer « en toute légalité » ou plutôt sous leur protection. Quand tu penses à The Wire sans que ça ternisse ce que tu regardes c’est déjà que c’est mortel, en fait.

     Couloirs surchargés, pénurie de lits, épuisement des médecins et des internes, tri des patients, problèmes entre tout est réuni pour faire naître le chaos, tout est digne d’un véritable thriller horrifique renforcé par ce décor souterrain aux allures de film d’horreur.  

     Il y a d’ailleurs un épisode insoutenable où Arben, le personnage campé par Karim Leklou, se retrouve enfermé dans l’aile clandestine et un savant montage alterné fait grimper une tension comme rarement j’ai pu assister devant une série.

Somebody somewhere – S2 -HBO – 2022

02. Somebody somewhere - S2 -HBO - 2022Ses amis, ses amours, ses emmerdes.

   7.0   On retrouve l’élan et la simplicité de la première saison, qui caractérise bien l’univers des frères Duplass, surtout producteurs ici. C’est une belle série sur la famille, celle qu’on a et celle qu’on se crée, une belle série sur l’amour et l’amitié, sur le deuil aussi. Et une belle série sur le trou du cul du Kansas. C’est Manhattan mais évidemment pas celui de New York, pas celui qu’on connaît.

     C’est l’un des grands plaisirs offerts par Somebody somewhere : on est tellement abreuvé de films ou séries construits sur de gros rebondissements, un super pitch, des interprétations à récompenses et une volonté d’attraper le chaland et ne plus le lâcher, qu’il est bon d’assister à tout le contraire. Pas un seul personnage qui soit foncièrement antipathique, ici. Et à l’inverse, pas de héros non plus.

     Une série qui ne cherche jamais à tout surjouer. Une série où le plus gros rebondissement de la saison c’est quand Sam apprend que son meilleur ami lui a caché sa relation amoureuse avec le type de la paroisse. Ou quand Sam comprend que sa sœur était au courant avant elle du cancer de leur grande sœur. La vie, quoi. L’épisode cinq est un déchirement, par ailleurs.

     Mais Somebody somewhere c’est aussi tout un tas de petites choses – de la vie, toujours – anodines, légères ou non, agréables ou non, ces petits moments qui font les journées, ces discussions qui font l’amitié. Tout ce qui se déroule autour du duo Sam / Joel concentre les meilleures inspirations de cette saison : cette scène de réconciliation dans l’église, mon dieu.

Culte – S1 – Prime – 2024

01. Culte - S1 - Prime - 2024Up and down.

   7.0   « Il faut changer l’eau de la piscine ». C’est sur ces mots, prononcés par Isabelle de Rochechouart, interprétée par Anaïde Rozam, qui assiste à la scène entre Loana & Jean-Edouard, depuis les coulisses de l’émission, que s’ouvre Culte. La réplique est paraît-il authentique, et empruntée à celle, qui d’abord simple cheffe de projet, deviendra vite productrice d’une grande partie des télé-réalités en France : Alexia Laroche-Joubert.

     En six épisodes de quarante-cinq minutes, Culte revient sur la révolution télévisuelle française que constitua l’arrivée de Loft Story (calquée sur Big Brother) sur les écrans en avril 2001. Il s’agit de suivre l’envers du décor soit les aléas au niveau de la production, les combats entre TF1 et M6, le pari de la petite boîte de production, les démêlés avec le CSA, la dynamique instiguée par Alexia Laroche-Joubert. En réalité il s’agit de voir comment les outsiders se frayent un chemin dans un monde de requins.

     Il s’agit aussi bien entendu de suivre la construction du casting (effectuée comme une création de sitcom, ils ambitionnent d’agencer un reality Friends en gros) et l’arrivée des lofteurs. La série s’intéresse quasi uniquement à Loana, pourquoi pas, c’était elle la vraie star du show, gogo-danseuse propulsée icône, véritable machine à buzz malgré elle, de l’épisode piscine aux révélations de la fille cachée.

     J’avais dévoré ce programme télévisé à l’époque, je me souviens j’étais en fin d’année de troisième, je venais d’avoir quinze ans, je ne ratais pas une quotidienne, je crois que j’en enregistrais même certaines, vers la fin, en juin, pour avoir la sensation de passer plus de temps avec eux, avec Loana, Christophe, Philippe, Laure et les autres. Je me souviens parfaitement de l’épisode durant lequel ils jouaient au badminton par exemple ou de celui où ils devaient « rouler » en tandem pendant vingt-quatre heures en relais, je crois. Ils glandaient rien.

     C’était aussi cela la magie de cette première saison, tout y était cheap, improvisé, ça manquait d’activités, le jardin n’était même pas fleuri, les lofteurs n’avaient même pas conscience qu’ils étaient des stars (inconcevable aujourd’hui) simplement en étant eux-mêmes, en discutant, glandouillant, s’engueulant, s’aimant, face caméra. C’était passionnant et génial pour certains, obscène et débile pour les autres, en tout cas c’était difficile de passer à côté.

     Bref autant dire que j’étais très curieux pour ne pas dire excité par cette création Prime, plus de vingt années après les faits. La série nous replonge dans l’effervescence de cette époque. Dans les coulisses de la naissance de ce bouleversement télévisuel. La finale de Loft Story généra 49% de parts de marché, une audience digne d’un gros match de foot. C’était dingue.

     Mais l’idée c’est aussi de créer un peu de fiction, un peu plus de romanesque encore et notamment via un personnage du staff qui tombe littéralement amoureux de Loana. C’est assez malin sans être très original. Et le tout emballé en six épisodes énergiques dans la lignée formelle d’un Dix pour cents, je dirais, même si je trouve que la série, sans s’essouffler pour autant, perd de sa superbe au cours des deux derniers épisodes plus convenus. Et l’on retient la naissance du monstre bien plus que la vie de ceux qui l’ont créé.

Jurassic World, La Théorie du Chaos – S1 – Netflix – 2024

06. Jurassic World, La Théorie du Chaos - S1 - Netflix - 2024La bande à Brooklynn.

   5.0   Vu avec les enfants – qui ont déjà tout vu, ils sont à jour – qui me tannaient pour la regarder. J’avais vu avec eux la série originale, La colo du crétacé, chouette série animée pour les gamins, qui prend en compte la saga Jurassic Park, la cite en permanence, rien d’étonnant puisque tout est co-produit par Spielberg, Marshall & Treverow. On se situe donc dans la lignée exacte, six ans plus tard, avec les six gamins (moins une, provisoirement) d’Isla Nublar qui ont grandi, le format est très court (dix épisodes de vingt minutes) ça se regarde plutôt bien.

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