Archives pour la catégorie Séries

Les sept vies de Léa – Netflix – 2022

06. Les sept vies de Léa - Netflix - 2022Eté 91.

   7.0   Où l’improbable croisement entre Code quantum & Simon Werner a disparu.

    Avant d’être un récit de voyage dans le temps mâtiné de cold case, Les sept vies de Léa c’est un lieu, Les gorges du Verdon, et ça fait un bien fou.

     Léa tombe sur des ossements humains dans une rivière et apprendra vite qu’il s’agit du corps d’Ismaël, un garçon disparu depuis trente ans. Le lendemain de cette découverte, Léa se réveille en juin 1991, dans le corps de ce même Ismaël et vraisemblablement une semaine avant sa disparition.

     La grande idée à mes yeux c’est d’avoir adapté le roman dans une version féminine sans qu’on agite les gros marqueurs dans l’ère du temps. Au contraire c’est davantage un drame familial doublé d’un lourd secret de bande, bref quelque chose qui respire une autre époque, un autre type de jeu. Et c’est précisément cette idée que la série va travailler : le voyage entre les époques, entre les corps.

     Il faut reconnaître que l’interprétation est excellente, d’autant qu’ils sont quelques-uns à jouer un double rôle : le leur puis celui qu’ils incarnent en étant Léa. Car c’est toute l’originalité, à la fois ludique et en mouvement permanent : Léa se réveille chaque fois en juin 1991, le jour suivant – se rapprochant du jour redouté – dans le corps d’un autre. Ismaël étant jadis ami avec les futurs parents de Léa, cela occasionne des instants assez chouettes.  

     Bref, c’est assez réjouissant, pas toujours très subtil (trop de voix off illustrative, notamment) mais sans cesse rehaussé par un objectif romantique mais absurde puisque paradoxale : Léa est tombée amoureuse d’Ismaël et va donc tout faire pour l’empêcher de mourir. Mais elle découvre vite qu’en changeant des petites choses, il y a des impacts dans son propre présent.

     J’essaie de pas trop en dire, mais c’est vraiment super. Et notamment la gestion entre les époques : Les allers et retours sont par ailleurs judicieusement dosés. Et on retrouve fort bien l’esprit des années 90.

Drôle – Netflix – 2022

03. Drôle - Netflix - 2022Breaking fun.

   7.0   La série ayant été annulée brutalement par Netflix il y a peu, on s’en tiendra à cette unique saison, de six épisodes. Et c’est bien dommage. J’ai trouvé ça absolument réjouissant, peut-être même davantage que Dix pour cent, l’autre série créée par Fanny Herrero. C’est une simple chronique, suivant quatre jeunes aspirants comiques tentant de se faire une place dans le milieu du stand-up. L’idée est de respecter la tradition chorale, en captant le quotidien de ces quatre personnages, chacun à des moments très différents de leur « vie d’humoriste » et de les voir se battre avec leurs propres problèmes. On passe ainsi de la comédie romantique au récit d’émancipation. Mais c’est aussi une formidable balade parisienne. Le jour, la nuit. On se déplace beaucoup dans Drôle mais tout converge souvent vers ce bar qui porte le nom de la série. Il faut probablement passer le premier épisode, un peu faiblard ou trop dans l’ère du temps, je ne sais plus très bien, mais ensuite c’est génial jusqu’au bout. En grande partie pour Elsa Guedj, qui incarne Apolline : Elle est extraordinaire. Sans surprise, c’est drôle, mais aussi souvent très émouvant. J’ai adoré.

En thérapie – Saison 2 – Arte – 2022

05. En thérapie - Saison 2 - Arte - 2022Silence, on parle.

   5.5   Rien de plus à ajouter à ce que je pensais de la première saison tant cette seconde salve souffre globalement des mêmes défauts et déploie de semblables qualités. Je continue d’être gêné par son dispositif, cette sensation que la série se revendique réaliste ou emblématique de l’univers thérapeutique, alors que tout y sonne série télé, que tout va beaucoup trop vite, que le silence n’y a jamais sa place, que tout est ultra balisé et scénarisé, qu’il faut boucler des arcs courts, ce qui au regard des tares et traumas dont souffre chacun des personnages, est clairement impossible.

     Néanmoins elle m’a semblé plus homogène et radicale dans son dispositif. Cette fois aucun patient ne se croise, par exemple. Cette fois, quasi rien n’aura lieu en dehors de la thérapie : on reste donc dans ce cabinet – déménagé en banlieue – en permanence à l’exception de la propre thérapie du Docteur Dayan et de quelques séquences de tribunal puisqu’il est encore aux prises avec l’affaire Adel Shiran. Et paradoxalement, à ne plus trop se disperser, la série est plus froide, moins émouvante. Les meilleurs moments sont peut-être ceux que j’attendais le moins, à savoir les entrevues avec Charlotte Gainsbourg. Et bien entendu tout ce qui touche à Robin et ses parents, en tant que superbe contre-champ de ce qui les animait en première saison.

Je te promets – Saisons 1&2 – TF1 – 2020/2021

04. Je te promets - Saison 1 - TF1 - 2021Les mousquetaires du décalque.

   4.0   S1.

     La curiosité parfois… On m’avait pourtant prévenu que Je te promets était un remake archi fidèle mais francisé de This is us. C’est peut-être bien ce qui me rendait le plus curieux in fine. En effet c’est carrément flippant. Y a parfois exactement les mêmes scènes, les mêmes dialogues, les mêmes couleurs de vêtements. Ce n’est évidemment pas hyper intéressant du point de vue du récit car tout est pareil à quelques détails près. Ici la série choisit des dates clés, de façon à contextualiser lourdement son récit : l’élection de Mitterrand ou la finale de 98, par exemple. Il y a vraiment un truc populiste, didactique, très TF1 en somme, qui n’avait pas sa place dans This is us. Même chose pour l’utilisation musicale, qui emprunte tout un pan de la variété française. Et pourtant, ça fonctionne globalement. Le casting est super, notamment. C’est du bon copiage, disons. Ce n’est pas mauvais mais ça pose tout de même une question essentielle : Quel est l’intérêt, autre que le fric, l’audience, de produire la même série qu’outre atlantique, plutôt que, je ne sais pas, diffuser la série originelle ? Aucun je crois. D’ailleurs TF1 a cartonné avec Je te promets, M6 s’est planté en diffusant This is us. Cqfd, même si c’est aussi beaucoup une affaire de marketing…

S2.

     En tant que pur remake de This is us, Je te promets a le bon goût de lui être fidèle jusqu’au bout, reproduisant aussi ses défauts. Ainsi, cette deuxième saison, au même titre que son illustre modèle, est moins réussie, moins équilibrée, plus foutraque, tout en étant la suite directe, logique de la première saison, capitalisant essentiellement sur notre attachement à chacun de ses personnages et à ce deuil impossible à faire. Vu sans déplaisir, là aussi, mais bien entendu ça me donne surtout envie de replonger dans This is us : Je dois me lancer la troisième saison. J’ai d’ailleurs revu le pilot de This is us, juste après avoir terminé Je te promets. Ça m’a une fois de plus mis sur le carreau. Tout y est un peu miraculeux, fragile, puissant. Et puis ça s’ouvre sur Death with dignity, de Sufjan Stevens puis se ferme sur Watch me, de Labbi Siffre. Et c’est régulièrement toujours de cet acabit. Je n’ai rien contre Johnny, mais son « Je te promets » qui revient en début et en fin d’épisode soit deux fois douze fois deux fois si on compte les deux saisons, c’est BEAUCOUP TROP pour moi.

La flamme – Canal+ – 2020

01. La flamme - Canal+ - 2020« Que la personne qui a pété se dénonce ou se taise à jamais ».

   6.5   Le premier épisode fut un semi-calvaire, j’étais à deux doigts de jeter illico l’éponge. Je pense qu’il faut un peu de temps avant d’accepter le tempo comique dans lequel La Flamme s’engouffre sans relâche. Je ne saurais me rappeler ce qui fut le déclencheur (le docteur Juiffe, peut-être?) Mais un moment donné j’ai ris de bon cœur et j’ai la sensation que ce rire ne m’a plus quitté. Jonathan Cohen est, comme régulièrement, très drôle. Et parfait pour le rôle. Et il ne faut évidemment pas oublier tout le casting de candidates femmes, qui ont toute une tare, un truc déployé en force sous forme de running gags assez géniaux. Et toutes les petites apparitions ici et là qui participent à en faire un joyeux délire de potes se moquant des télé-réalités et notamment Le Bachelor. J’aime aussi le fait que ce soit monté à la truelle, comme toutes ces émissions que la série parodie. Assez hâte de découvrir la suite, Le Flambeau (qui parodiera cette fois Koh Lanta : demi molle en perspective donc) qui sort très bientôt.

Sex education – Saison 3 – Netflix – 2021

15. Sex education - Saison 3 - Netflix - 2021Don’t turn your back on love.

   8.0   Contrairement à l’avis quasi général, qui semble avoir été relativement déçu par cette troisième saison, j’ai trouvé ça une fois de plus formidable, écrit avec beaucoup de malice et de générosité, visuellement c’est toujours aussi chatoyant et surréaliste, et je suis toujours aussi amoureux de sa kyrielle de personnages.

     J’imagine que l’on peut être gêné par certains partis-pris, comme la relation Othis/Ruby, l’arrivée de Hope la nouvelle proviseure, le voyage en France ou bien la grossesse de Jean Milburn. De mon côté j’ai trouvé chacun de ces choix traités intelligemment, avec audace et surtout sans oublier les storylines parallèles, concernant évidemment Othis/Maeve, Eric/Adam, Lily/Ola ou Jean/Jakob.

     Mieux, j’ai moins eu la sensation d’un catalogue (de luxe, certes) placardé, comme dans les précédentes saisons, qui voulaient à tout prix traiter tous les sujets liés à la sexualité. Ici, la nouveauté c’est la non-binarité, incarnée par Cal (sublime personnage) qui fait son apparition. Mais la série n’en fait pas une vitrine plus imposante que le reste. Ça se greffe parfaitement à l’ensemble existant.

     Et sinon j’ai trouvé que c’était une saison nettement plus sombre, sur ce qu’elle dit de l’éducation, de l’institution scolaire, de la solitude (Groff) et bien entendu sur sa fin, concernant Jean puis le couple Othis/Maeve. La série n’a jamais semblé si grave, malgré sa légèreté de façade.

     Alors c’est vrai qu’on pourra déplorer que la série se soit laissé gagner par le délire scato lors d’un épisode de bus, déplorer que Viv soit devenue si insupportable, déplorer que Rahim soit un peu oublié. Difficile de tout réussir, quand on tente tant. Ce que réussit cette troisième saison de Sex Education me séduit et me surprend encore, quoiqu’il en soit.

Squid game – Saison 1 – Netflix – 2021

17. Squid game - Saison 1 - Netflix - 2021Course à la mort.

   6.0   Après le jeu de la dame, le jeu du calamar. Difficile de passer à côté de ce phénomène qui semble battre tous les records de vues sur Netflix : Mélange de Cube (Survivre dans un décor pour accéder au suivant), de Battle royale / Hunger games (un jeu où il ne faut pas mourir), de Koh-lanta (un butin au bout et il n’en restera qu’un), de Parasite (critique de la société coréenne) et d’escape game (mieux vaut s’allier pour terminer chaque épreuve dans le temps imparti) bref un produit pile dans l’air du temps, à la fois très accessible (l’aspect universel) et très bourrin (beaucoup de cadavres). Ce qui surprend c’est que sous ses coutures ultra-violentes la série est finalement assez sobre, jamais complaisante, privilégiant souvent le hors-champ : Les coups-de-feu ou chutes (l’épreuve de la corde, ou celle des dalles de verres) suffisent. Et surtout, l’idée qui la caractérise c’est que les participants au jeu ne sont pas obligés d’être là : Ils ont choisi d’être là, parce qu’ils sont tous endettés. Et par deux fois, puisqu’un vote démocratique (épisode 2) sera lancé pour savoir qui veut rentrer, après avoir vu la moitié d’entre eux mourir à Un, deux, trois, soleil. Et à la majorité ils vont voter pour rentrer. Ce n’est qu’en retrouvant leur précarité qu’ils vont revenir : Le système capitaliste flingue la démocratie. Et puis j’aime assez son discours méta avec ces VIP derrière un écran qui se délectent du jeu de massacre : Clairement un miroir de nous, spectateurs, désireux de voir jusqu’où ça va / qui va mourir / qui va gagner. Visuellement, la série est plutôt inventive par ailleurs, pleine de couleurs, à l’image de cette gigantesque pièce qui mène aux épreuves, escalier de Penrose aux allures de maisons de poupées car c’est aussi son originalité de se dérouler dans un univers enfantin, avec des épreuves calqués sur des jeux d’enfants. Le twist final est sans doute de trop qu’importe, j’avais bien envie de la voir et de la dézinguer, mais en fait c’est assez impressionnant, efficace et addictif.

Mytho – Saison 2 – Arte – 2021

Mytho - Saison 2 (6/6)Secrets & lies.

   5.0   Une deuxième saison moins surprenante, qui fait le parti de se disperser, offrant davantage de place aux personnages secondaires, aussi bien de cette famille, que ceux qui gravitent autour. On y voit moins Elvira (Marina Hands) et Patrick (Mathieu Demy) davantage leurs enfants, pris dans leurs diverses crises. On n’y ressent plus vraiment le poids du mensonge, plutôt ses conséquences. On y retrouve néanmoins cette ambiance singulière – quoiqu’un peu trop appuyée cette fois, notamment l’aspect conte de noël – générée par cet étrange quartier pavillonnaire, croisement improbable entre Desperate housewives et Les revenants – Faut-il rappeler que Fabrice Gobert fait partie de l’équipe ? La série retrouve son cœur vers la fin, par un décès impromptu, un retour mouvementé mais aussi par la place offerte au passé d’Elvira et notamment avec Lorenzo, ce nouveau personnage (qui apparaissait à la toute fin de la saison précédente) qui ouvrent sur la voie du mélodrame à la Almodovar plutôt bien senti. Moins bien dans l’ensemble, mais pas mal.

Lupin – Saison1B – Netflix – 2021

16. Lupin - Saison1B - Netflix - 2021Assommant cambrioleur.

   3.0   On pouvait être un peu indulgent face à l’efficacité feuilletonnante de la première partie de saison. Il y avait un charme, une fraicheur dans cette nouvelle adaptation des aventures du gentleman cambrioleur. Rien de subversif – quand bien même la série se scandait politique – mais un divertissement rarement désagréable qui avait le mérite de transpirer l’amour pour le texte de Maurice Leblanc.

     Les cinq épisodes suivants, réalisés soit par Hugo Gélin (Comme des frères, Mon inconnue) soit par Ludovic Bernard (L’ascension, Dix jours sans maman) se logent à la fois dans la continuité autant qu’ils accentuent les défauts qu’on y trouvait déjà. Les rebondissements sont encore plus invraisemblables. Les scènes d’action aussi téléphonées qu’illisibles. Les flashbacks à répétition épuisent. Les faire-valoir continuent d’être des faire-valoir. Omar Sy lui-même devient transparent, comme s’il se rendait compte de la futilité de ce rôle / cette écriture médiocre.

La casa de papel – Saison 3 – Netflix – 2019

LA CASA DE PAPEL serie TV 2017- Saison 3Banco.

   4.0   Une ellipse de trois ans et hop on prend (presque) les mêmes et on recommence : Un nouveau braquage, celui de la Banque d’Espagne supplantant celui de la Fabrique de la Monnaie. Prétexte : Sauver Rio d’une fâcheuse situation. Moui. On sent bien que l’arc narratif était bouclé et qu’il fallait en créer un autre. Et le vrai prétexte c’est de faire de nos masqués aux noms de villes des symboles de la Résistance, face à une police maléfique, sans aucune nuance. Le reste ne change pas : Montage au hachoir, flashbacks à gogo, amourettes en rafale, rebondissements multiples. Quant aux nouveaux personnages qui pourraient redynamiser l’ensemble c’est simple, ils sont traités par-dessus la jambe : Bogota, Marseille, qui sont-ils ? Palerme est le seul nouveau venu un peu plus intéressant mais il est une déclinaison nettement moins charismatique de Berlin. Et si Raquel devenue Lisbonne a changé de camp elle n’est dorénavant plus que l’ombre d’elle-même, on sent que la série ne sait plus quoi en faire, préférant miser sur celle qui la remplace, une inspectrice sans états d’âmes, davantage capable de rivaliser avec El Professor. Affaire à suivre…

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silencio


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