Archives pour la catégorie Séries



La casa de papel – Saison 2 – Netflix – 2017

12. La casa de papel - Saison 2 - Netflix - 2017La petite évasion.

   5.0   L’enchaînement entre les deux saisons m’a semblé inapproprié. Une sorte de cliffhanger qui ne dit pas son nom. Comme si on avait coupé n’importe comment tant la suite se loge pile dans la continuité. Je suis peut-être vieux jeu mais j’ai besoin de sentir une rupture, besoin d’apprécier une saison aussi pour sa fin, pour le plaisir d’assister au season final et au crescendo qui l’accompagne.   

     En effectuant une petite recherche j’ai compris qu’il s’agissait du « montage Netflix » puisque sur Antena 3 (en Espagne, donc) ces deux saisons sont réunies en une seule. Par ailleurs, il n’y avait pas treize puis neuf épisodes mais quinze. Autant dire que le découpage a été modifié dans son entièreté, probablement pour rester dans la norme requise par la plateforme. C’est ridicule.

     Autrement j’ai peu de choses à ajouter à l’impression laissée par la première salve. Je vois vraiment ça comme un petit plaisir coupable, régressif et totalement inoffensif. La majorité des personnages (Tokyo, Rio, Nairobi, Prieto mais la palme revient évidemment à Arturo) sont exceptionnellement insupportables, les effets sont ringards, la photo terne, la réalisation approximative. Je ne sais plus où j’ai lu quelqu’un dire qu’il trouvait que La casa de papel était montée comme les pubs contre le piratage qu’on avait à l’époque sur les DVD avant les films. C’est pas faux.

Maniac – Mini-série – Netflix – 2018

maniac-coverC’est grave docteur ?

   1.0   En subissant la troisième saison de Westworld, je me suis demandé depuis quand j’avais à ce point souffert devant une série télévisée. Il est rare que je souffre devant une série, finalement. Mais ce fut le cas, incontestablement, devant Maniac, créée par Somerville (scénariste sur The Leftovers) & Fukunaga (réalisateur de la première saison de True detective), avec Emma Stone & Jonah Hill. Le casting était prometteur. Sur le papier.

      Pourtant on comprend rapidement que Maniac est un truc ni fait ni à faire, sorte de croisement ultra-raté entre Black Mirror et Her, de Spike Jonze. Une série qui crie en permanence son originalité, sa folie, son absurdité. Mais rien ne l’est. Tout est bourgeois dans le ton, abscons dans la mécanique et c’est pétri de références lourdingues. Et puis ce n’est jamais agencé comme une série. C’est plutôt un film mal découpé ou une somme de courts métrages disparates – les durées des épisodes sont par ailleurs très variées : de vingt-six à quarante-sept minutes.

     Une baudruche absolue dont on pourra, dans un grand élan d’indulgence, sauver deux/trois moments intéressants – que j’ai déjà oubliés – au sein d’un calvaire de huit heures. C’était une étrange année pour Justin Theroux, qui était ridicule ici et qui l’était tout autant dans Mute, le navet de Duncan Jones ou dans Star Wars, Les derniers Jedi. Nota bene : ça n’a strictement rien à voir avec le film (génial) de William Lustig.

Westworld – Saison 3 – HBO – 2020

13. Westworld - Saison 3 - HBO - 2020Sinking bad.

   2.0    J’ai craqué. Il fallait que je souffre jusqu’au bout. Et c’est de pire en pire. La seule satisfaction qu’on tire de cette troisième saison c’est d’assister non plus à dix mais huit épisodes.

     Ce qui me faisait tenir c’était le Far West. Et il a disparu. Il faut dorénavant se coltiner un techno-thriller futuriste à la Matrix, cultivant à outrance le flou artistique, en se déployant aussi bien dans une ville futuriste glaciale que dans un nouveau parc, le Warworld situé dans un village de l’Italie fasciste, que dans le Japon des Samouraïs.

     Un relook/reboot sans intérêt, tant on ne comprend rien à rien, tant on ne sait plus différencier le réel de l’irréel, les humains des robots. Tout y est encore plus terne, désincarné, complètement recroquevillé dans sa petite virtuosité vaine. À l’image d’Aaron Paul, le petit nouveau, qui semble rejouer la même partition que dans Breaking bad.

     Les dialogues sur-écrits sont toujours insupportables. La rafale de rebondissements toujours aussi indigeste. La bande-son de plus en plus lourdingue. C’est horrible.

Westworld – S2 – HBO – 2018

WESTWORLD saison 2Tout est chaos.

   3.0   Un grand NON. C’est quoi cette horreur ? La première saison avait au moins pour elle d’être une promesse folle. Avec de jolies fulgurances dans le pot-pourri. Là, impossible de m’attacher à quoi que ce soit tant c’est un gloubiboulga complètement abscons. J’ai l’impression de lire l’exposé de plusieurs élèves brillants, bordéliques et relous qui s’écoutent parler, à l’image des grandes phrases insupportablement sentencieuses qui jalonnent cette saison. De la branlette !

     C’est tout ce que je ne veux surtout pas voir dans une série. Et encore moins au cinéma – Si je l’évoque c’est que la série semble scander qu’elle fait bien mieux que les films. Je n’y vois que de l’écriture retorse pour rien, formellement c’est indigeste, comme tout Nolan, Christopher ou Jonathan. Quand il y a l’émotion je marche (Interstellar) mais là c’est tout sauf ça, c’est froid comme la pierre. Une matière comme celle-ci transposée par les Wachowski, (pris en exemple car on peut parfois ressentir une démesure proche d’un Sense8) ça aurait été fascinant je pense. Là il ne reste que la bouillie.

     Allez je sauve quand même un épisode, le 8, avec l’indien car tout y est plus à l’os, plus simple, plus émouvant. J’imagine que lorsqu’on aime la série ça doit être quelque chose de beau ce moment. De mon côté, j’ai eu l’impression de parler une heure avec le seul mec pas bourré de la soirée, juste avant qu’il s’en aille et m’abandonne pour deux dernières heures dans un concert de vomi. J’arrête les frais.

La casa de papel – S1 – Netflix – 2017

10. La casa de papel - Saison 1 - Netflix - 2017Casa ciao.

   5.0   Un petit non. Et parfois un tout petit oui. Disons qu’on se prend au jeu car c’est juste fait pour te divertir après ta journée de boulot.

     Mais si on réfléchit un peu, c’est quand même super mal écrit, mis en scène avec les pieds et construit n’importe comment. C’est plein de rebondissements prévisibles, de personnages débiles, dessinés en un trait de caractère. Et puis l’image est aussi moche que leurs masques affreux de Dali.

     Quelques minuscules satisfactions malgré tout : Tout d’abord, il faut signaler que sous ses contours très américanisés (J’ai souvent pensé à un Orange is the new black chez les braqueurs) la respiration reste très espagnole (et ça parle espagnol, ça fait du bien) en cultivant le (mauvais) goût pour le kitch plutôt que la vraisemblance.

     Ceci étant je trouve que ça fonctionne beaucoup trop souvent au twist qu’on désamorce systématiquement la minute suivante. Et c’est kitch sans trop l’être, aussi bien sur le fond (l’aspect Soap) que sur la forme (Ce petit côté Télénovela). Et paradoxalement c’est ce qui me rend le visionnage supportable. Passe-partout, disons. Un gars comme Alex de la Iglesia aurait fait un truc bien plus barré, par exemple. Là on joue quand même dans une cour très scolaire, moins sur la folie que la séduction. C’est pas hyper personnel.

     Et pourtant ça donne envie de regarder la suite. Car il y a Le Professeur. Et il y a Berlin. Les deux seuls protagonistes qui ont un peu de gueule au sein de toute cette médiocrité.

This is us – Saison 2 – NBC – 2018

This Is Us - Season 2Un monde sans père.

   8.0   Moins forte car moins cohérente dans son découpage notamment, cette deuxième saison aura toutefois confirmé que le hors champ concernant la mort du père existait moins en tant que cache pour le spectateur qu’en tant que deuil irrésolu pour les trois enfants. Cette saison aura convergé vers cette impossible acceptation commune en ouvrant – via trois quatre derniers épisodes pas très convaincants par ailleurs – vers leur résurrection en marche. Il va dorénavant falloir davantage voir les autres : Toby, Déjà, surtout Miguel & probablement la nouvelle conquête de Kevin : Car ils étaient / sont / seront beaucoup dans leur capacité à tous de revivre. Bref, ça me surprend moins dans l’ensemble, mais globalement ça continue de bien me mettre sur le carreau.

Westworld – Saison 1 – HBO – 2016

08. Westworld - Saison 1 - HBO - 2016Rébellion en gestation.

   5.0   À chaud j’aurais sans doute été plus indulgent. Quelques semaines après avoir ingurgité ces dix premières salves d’épisodes c’est une autre affaire. C’est dense, c’est brillant, c’est ambitieux, c’est impressionnant. On est d’accord. C’est un blockbuster intelligent, existentiel, qui recèle d’infinies possibilités. Ok. Reste que c’est globalement très indigeste, poseur et racoleur, casting imposant compris. Beaucoup d’esbrouffe, donc et une saison construite comme une gigantesque publicité, à l’image de ce que ce monde, le parc Westworld, offre.  Surtout, je ne peux m’empêcher, d’y voir qu’un énième ersatz de Lost, transposé dans un univers de western, couplé à un ersatz de Game of Thrones, dans son aspérité épique. Une sorte de rejeton hybride, l’émotion en moins. Car c’est bien le problème : ça ne me procure pas grand-chose. Reste à savoir si je me motive pour mater la deuxième saison ?

This is us – Saison 1 – NBC – 2016

04. This is us - Saison 1 - NBC - 2016Big Three and daddy.

   9.0   C’est une déflagration. Vraiment. Dix-huit épisodes d’une puissance inouïe.

     Rares sont les fois où j’aime instantanément chacun des personnages d’une série, c’est le cas ici. Rares sont les fois où je ris et chiale autant ; où je me sens investi, émotionnellement, pour l’un, pour l’autre, pour tous. La construction, l’écriture, l’interprétation, tout m’a semblé brillant de A à Z.

     L’épisode pilot est déjà somptueux. Il nous invite dans le quotidien de plusieurs personnages : Un couple sur le point d’avoir des triplés ; un acteur de sitcom en pleine remise en question professionnelle ; une femme obèse qui se bat contre son propre corps ; un père de famille sur le point de retrouver son père biologique.

     La série s’ouvre sur une journée en particulier, celle de l’anniversaire de quatre d’entre eux. Moi qui aime ne rien voir venir, j’étais servi. En effet, on comprend à la fin des quarante-deux premières minutes, quand les enfants du couple sont nés, qu’ils sont ceux qu’on a suivis en parallèle trente-cinq années plus tard. Jack a trente-cinq ans le jour où ses enfants naissent. Kate, Randall & Kevin fêtent leurs trente-cinq ans le jour où la série a choisi de commencer à les suivre. Première d’une longue série de déflagrations dont This is us sera coutumière. D’autant que l’issue de ce pilot nous réserve une autre surprise de taille, déchirante.

     La série ne faisait que commercer que c’était déjà gagné pour moi. Ou trop beau pour être vrai : Heureusement non, les dix-sept salves suivantes conservent cette puissance. La série tire cette force de ses nombreux enchevêtrements casse-gueule. Au sein d’un même épisode elle ne cesse de voguer d’un personnage à l’autre, d’une temporalité à l’autre, entre la légèreté et le drame, le tout entre New York et Los Angeles, avec une limpidité exaltante, en soignant chacune de ses transitions.

     L’écriture y est minutieuse. Le découpage quasi miraculeux. Et plus ça avance plus elle s’ouvre : Si nous suivons le couple Rebecca/Jack avant l’arrivée de leurs marmots, nous plongerons aussi un peu plus en amont. Et bien entendu dans la temporalité suivante, quand les enfants ont une dizaine d’années, mais aussi quand ils en ont quinze. C’est vertigineux. Et triste et beau à chialer.

Et afin de parachever de me séduire, on y entend :

-          « Death with dignity », de Sufjan Stevens
-          « Blues run the game », de Jackson C. Frank
-          « Northern sky », de Nick Drake
-          « The Wind », de Cat Stevens
-          « Kola », de Damien Jurado

Du caviar. Jusqu’au bout.

     Comment se relever d’une entame pareille ? Je veux dire… Est-ce qu’il ne vaut pas mieux s’en tenir là ? C’est un tel miracle, fragile et fulgurant : Difficile d’imaginer mieux. D’autant que pour le coup, à mon humble avis, cette saison se suffit à elle-même. Elle contient déjà tout et laisse au récit des zones mystérieuses qui me plait beaucoup. Mais j’ai quand même envie de poursuivre.

     Et puis je tiens à voir ce qu’ils vont faire du destin du père ou plutôt comment ils vont l’associer aux trois enfants. Car ce n’est pas ce qu’il y a de plus réussi, je crois, ce suspense autour de sa mort. Ce moment où l’on sent que la série pense série, suspense, cliffhanger, saisons à venir etc. ça m’a peu gêné mais je comprends que ça puisse gêner, c’est hyper casse-gueule. Je garde l’impression qu’il s’agit de nous dévoiler les choses à mesure que les personnages, les enfants, l’acceptent. Si c’est le cas – C’est pouquoi j’ai hâte de poursuivre – je trouve cela très beau.

Ovni(s) – Saison 1 – Canal + – 2021

06. Ovni(s) - Saison 1 - Canal + - 2021Drôle de phénomène.

   6.5   Une bonne surprise. Avec ses disparitions de flamant rose et de pin’s, ses découvertes de boules à facettes géantes, ses solutions à travers des dessins de gosses, ses montres et boussoles récalcitrantes, une rivière transformée en montagnes de chaussures, cet X-Files franchouillard ressemble à du Dupieux, croit-on au début, mais c’est sans doute plus anecdotique in fine, gentiment décalé, plus passe-partout, mais c’est absolument charmant dans le paysage de la comédie française. Il y a tout d’abord le décorum, très beau, élégant, puisque le récit se déroule fin des années 70 et donc une attention aux fringues, aux coiffures, moustaches, cigarettes, toiles cirées et j’en passe. La réalisation est d’ailleurs entièrement confiée à Antony Cordier, à qui l’on devait les chouettes films Happy few puis Gaspard va au mariage. Et il y a un casting impeccable réunissant les toujours parfaits Melvil Poupaud, Géraldine Paihlas, Michel Vuillermoz ou Laurent Poitrenaux et les jeunes tout aussi géniaux Quentin Dolmaire (que j’adorais déjà dans Trois souvenirs de ma jeunesse, d’Arnaud Desplechin ou Synonymes, de Nadav Lapid) & Daphné Patakia (Sublime découverte). Il y a quelques belles trouées, des références allant du thème sifflé de Bachelet repris à Coup de tête, l’épisode sur Steven Spielberg, le rendez-vous de La mort aux trousses. La série n’invente clairement rien, mais elle trouve un rythme, une douce fantaisie, un charme, modeste et désuet, qui en font une belle curiosité, douze épisodes très facilement regardables.

Dix pour cent – Saison 4 – France 2 – 2020

07. Dix pour cent - Saison 4 - France 2 - 2020La mort dans l’âme.

   5.0   Je suis très mitigé sur cette (ultime ?) saison. En convoquant aussi bien Franck Dubosc, Jean Reno, José Garcia, Murielle Robin ou Mimi Mathy, à travers des épisodes qui ne se concentrent plus sur une célébrité mais plusieurs, la série cherche peut-être trop à se populariser. Et dans le même temps cela fait partie de son récit puisque ASK, l’agence que l’on suit depuis quatre saisons, se retrouve menacée par un énorme concurrent qui lui vole une grande partie de ses stars. Il faut donc s’en remettre aux au gros de son portefeuille. Certes on reste dans la continuité des saisons précédentes mais (la faute à son nouveau « couple » de showrunners ?) sa fraicheur s’est un peu évaporée, au même titre que ses personnages qui ne passionnent plus, sont beaucoup trop extravagants chacun dans leur registre et s’éparpillent complètement, dans leurs ambitions respectives et leurs travers personnels. Quant aux stars ils semblent reproduire exactement les mêmes névroses que celles déjà apparues dans les saisons précédentes : L’épisode centré sur Sigourney Weaver est à ce titre nullissime. Ça sent la fin, la mort, ça devrait être émouvant, mais non. Pas désagréable, mais aussitôt vu aussitôt oubliée.

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silencio


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