Archives pour la catégorie Séries



Hippocrate – Saison 2 – Canal + – 2021

HIPPOCRATE Saison 2 - Episode 1« Je pense que c’est que le début »

   7.5   Difficile de faire ne serait-ce qu’aussi fort que la première étincelante saison, pourtant Hippocrate y parvient presque. Sa fine écriture, sa mise en scène rythmée, ses moments sous tension, son équipe/casting (rejoint par un superbe Bouli Lanners) en font clairement le parfait représentant d’un ER à la française. Les couloirs de l’hôpital de cette saison s’ouvrent sur une inondation et se ferment en plein raz-de-marée Covid. Toujours en flux-tendu, la série n’hésite pas à nous plonger au cœur de situations aussi réalistes qu’abracadabrantes, en pleine intoxication au monoxyde de carbone, dans un caisson à oxygène ou lors d’une plèvre à percer. Déjà présent mais relativement effacé en première saison, le personnage d’Igor devient central ici, tant il innerve la partie mélodramatique du récit. Sans pause, le récit avance par fulgurances, dans un crescendo de plus en plus irrespirable. Et puis on ne peut faire plus actuel que de montrer des soignants de l’hôpital public dans la tourmente. Essai transformé.

En thérapie – Saison 1 – Arte – 2021

03. En thérapie - Saison 1 - Arte - 2021This is (not) us.

   6.0   Par où commencer ? Déjà dire que c’est une série aussi passionnante que problématique. Passionnante parce que problématique, au sens où trente-cinq épisodes et douze heures durant, elle ne cesse de me questionner sur mon rapport au sujet, au cadre, à la durée, l’interprétation, la bonne distance etc. En bien comme en mal, mais au moins je m’interroge en permanence devant, je ne m’y ennuie jamais.

     Commençons par le début, par son effet d’annonce. Si elle se réfère par son dispositif à une série israélienne – que je n’ai pas vue – voire à son dérivé américain – que je n’ai pas vu non plus, mais il semble qu’elle en ait même copié/collé les personnages – En thérapie fait le choix d’une date, de démarrer le 15 novembre, soit deux jours après les attentats terroristes du Bataclan. Rien d’étonnant de la part de Toledano & Nakache qui sont de pures figures fédératrices. Prendre cet évènement c’est déjà faire aveu de rassembler tout le monde, d’avancer main dans la main, dans un but commun. Bref c’est un peu tout l’inverse d’un suivi psychanalytique, qui tend lui vers l’individu, l’intime.

     Mais c’est surtout un point de départ mensonger, une simple opération marketing puisque la série n’en fait pas grand-chose. Deux personnages sont directement touchés, puisqu’Ariane (Mélanie Thierry), chirurgienne, était de garde cette nuit-là et qu’elle a vu arriver en nombre les blessés, et qu’Adel (Reda Kateb), inspecteur à la BRI, faisait partie du raid, mais la série va discrètement désamorcer ce déclencheur pour ne plus du tout en parler par la suite. Ceci étant, ça fait partie intégrante de ses qualités d’écriture, de prendre une direction pour finalement en emprunter une autre, elle le fait systématiquement très bien.

     Mais ça reste un effet d’annonce. On aurait pu aussi bien créer cette série sans lui. Ça aurait sans doute été moins vendeur. Il ne plane pas suffisamment sur l’ensemble, cet événement, il semble plutôt là pour attirer le chaland mais pas vraiment pour construire autour de cela. D’ailleurs la série va systématiquement vers le trauma d’enfance, le conflit du père, des origines, l’exemple parfait c’est évidemment Adel. Alors on se doute bien que ce n’est pas juste le Bataclan qui le pousse à finir en thérapie mais j’ai quand même l’impression que ce n’est qu’un prétexte. Et un prétexte qui fédère. Inattaquable, en somme.

     Si le contenu est riche, je m’interroge aussi sur le contenant, sur la forme. La série choisit de suivre un analysant par épisode, très bien, mais ils reviennent tous à intervalles réguliers, une fois par semaine, le même jour. Alors c’est peut-être courant dans la pratique (mais comme ce n’est pas mon cas, ça m’interroge aussi) mais du strict point de vue de la construction ça reste trop cadenassé, trop méthodique. Chaque personnage vient d’ailleurs à sa séance, il n’y a jamais d’annulation, de changement de programme. On va y glisser un retard ici ou là, de façon à y injecter du réel, mais rien qui n’enraye la machine bien huilée.

     On peut se dire que cette machine, huilée, s’aligne sur une autre, Dayan, le thérapeute, incarné par Frédéric Pierrot. Et vu sous cet angle on y croit davantage en effet. C’est d’ailleurs lorsqu’il sort vraiment de ses rails que la machine se disloque un peu, qu’on sort du cadre, qu’on perd un patient, mais il faut attendre les derniers épisodes, tout simplement car c’est une série qui pense avant tout son spectacle, son suspense, ses rebondissements, mais pas du tout le réel d’une psychanalyse. C’est aussi un aveu de faiblesse de faire de Dayan le personnage le plus passionnant, contre la multitude de personnages. Il n’a plus de secret pour nous. Du coup on a toujours un temps d’avance sur les analysants. Il me semble qu’une série comme Tell me you love me réussissait cela avec un bien meilleur équilibre : Faire exister la psychothérapeute tout en lui préservant son opacité, de façon à ce qu’elle ne gagne pas contre les autres personnages.

     Un problème qui en appelle un autre : Du point de vue de la mise en scène, tandis qu’on a de multiples réalisateurs de cinéma, par ailleurs très différents habituellement, se partageant la réalisation du projet, on ne voit strictement aucune dissonance d’un épisode à l’autre, tout est filmé de la même manière, aussi bien le cadre, les champs-contrechamps, que les durées, les silences. C’est du scénario, filmé platement. Efficacement mais platement. Je rêvais d’un épisode en plan fixe unique, façon McQueen dans Hunger. D’un autre où le hors-champ serait roi. D’une partie de ping-pong verbale étouffante façon Fincher. De voir s’imposer une forme. D’autant qu’ils semblent se partager les personnages : Salvadori s’occupe de Camille, Pariser de Léonora & Damien, par exemple.

     Un autre grief pourrait s’appuyer sur son obsession narrative. Comme il n’y a pas d’action, de flashback, de faits concrets sur lesquels l’image se réfère, c’est la parole qui permet la narration. Et c’est une parole beaucoup trop volubile, trop écrite. Une parole qui raccorde avec le ton général des patients, qui sont tous en résistance. La seule qui ne le soit pas est en plein transfert. Mais c’est une résistance qui s’assagit. Chacun finit par accepter de parler, de s’ouvrir, même les plus réfractaires comme Adel ou Camille. En un sens, la série fait l’éloge de la psychanalyse. De sa réussite, son efficacité : Le récit s’étire sur deux mois et tous les axes seront bouclés. Mais elle rappelle néanmoins qu’elle est une série avant tout. En détruisant donc le radicalisme de la psychanalyse : Refus du vide, du silence, de l’incohérence, de l’inachevé. Eloge du plein, de la parole, du storytelling. Deux des six patients, tandis qu’ils ne se connaissant pas au départ, finiront même par coucher ensemble. Une patiente connait la fille de son analyste. Ce sont des pirouettes scénaristiques.

     Pourtant, En thérapie, trouve des instants très beaux, où le dialogue s’amorce, bifurque, rebondit – bien aidé par ces petites notes de piano qui ne cessent de nous guider laborieusement. Elle est meilleure quand elle fait naître des creux (c’est rare) que lorsqu’elle les fabrique, un peu à l’image de cette réplique récurrente « C’est ma dernière séance » qui revient chez chacun d’eux, d’un téléphone qui sonne ou d’une envie de pisser. La scène analytique devient trop souvent scène théâtrale. Ou du mauvais vaudeville vers la fin, quand elle fait entrer les pères, celui de Camille, celui d’Adel. Un vrai problème. Les sommets (de vulgarité) c’est évidemment la fausse couche pendant l’analyse ainsi que la thérapie de couple que l’analyste entreprend chez sa contrôleuse. N’importe quoi.

     Je continue de penser que le duo Toledano/Nakache aussi attachant soit-il n’est rien qu’un porte-parole réconciliateur un peu niais, qui revendique le Nous sans se soucier de penser qu’on peut ne pas intégrer ce Nous. Rien de grave s’il s’agit d’un film comme Nos jours heureux (qui manie la légèreté d’une colo) ou Hors normes (son ouverture d’esprit) en revanche c’était déjà un peu problématique sur Le sens de la fête, car c’est un problème social. Ici on pourrait toucher à quelque chose de politique par la dimension psychique mais ça ne les intéresse pas non plus, ce qui leur importe c’est le Nous. Ce n’est pas un Nous péjoratif, c’est juste que c’est un Nous qui en effet va à contresens de la thérapie.

     Cette tyrannie de la normalisation trouve bien entendu son expression la plus superficielle ici avec ce non-traitement des attentats. C’est très pratique, en somme : Parler des attentats mais pas trop, montrer des analysants en résistance mais pas trop, être radical dans la forme mais pas trop etc… Ni dimension politique, ni problématique sociale, la série ne se mouille jamais, ne tranche pas (dans la forme comme dans le fond) et reste persuadée qu’il y a une solution psychanalytique à tout. Même rapide. Qu’il s’agisse ou non d’un happy-end, il n’y a pas de place au mystère, à l’irrésolu.

     Et pourtant, paradoxalement, ces trente-cinq épisodes m’ont sans cesse interpellé, fasciné, parfois (beaucoup) ému. Sa grande réussite, je crois qu’elle la doit à ses personnages, surtout à leurs interprétations. Tous sont excellents, Céleste Brunnquell en tête, dans le rôle de Camille, de loin mon personnage préféré. Mais voilà on en revient aux moteurs d’une série tout ce qu’il y a de plus standard et non aux vertus de la psychanalyse. Si on voulait être plus honnête ça ne devrait pas s’appeler « En thérapie » mais « This is us ».

Paris Police 1900 – Saison1 – Canal+ – 2021

02. Paris Police 1900 - Saison1 - Canal+ - 2021Fin de siècle.

   5.0   Après avoir traité de l’orpaillage dans la série Guyane, Fabien Nury s’attaque au contexte politique et à l’institution policière du début du siècle dernier, manipulant tout ce qui faisait la fragilité implosive de l’époque, entre ligues antisémites d’un côté, anarchistes de l’autre ; Dreyfusards et antidreyfusards. L’ambition est revendiquée, imposante, jusque dans sa reconstitution et son étonnante construction narrative. A ce petit jeu, c’est l’anti-Lupin, tant elle ne s’embarrasse jamais de plaire. C’est à double tranchant : Difficile de s’y investir, d’en être passionné, de vibrer pour tel ou tel personnage, tous antipathiques. Et pour plein de raisons.

     Deux problèmes majeurs à mes yeux : Formellement, c’est un peu lourd. La série affiche son goût pour la pénombre, les éclairages en contre-jour, c’est trop sombre, trop sale, on y ressent qu’une complaisance pour une crudité glauque – Dans la même époque mais outre-Atlantique et en milieu hospitalier, il me semble que Soderbergh réussissait mieux « sa forme » dans The Knick. Ce qui occasionne mon autre grief : Sa surenchère gore tant on y déploie des trésors de morbidité. Il faut montrer les morceaux de corps, les cochons éventrés, les fix d’héro, les sévices en tout genre. On nous met gracieusement le nez dans la merde. Et elle colle aux narines.

     Je ne finis donc par ne sentir que ça, me désintéresser de ce qu’on m’y raconte, des personnages qui la composent et leurs interactions : par ailleurs est-ce un problème d’écriture ou d’incarnation, les dialogues m’ont semblés ratés. J’en oublie que la série me propose une plongée folle dans cette belle époque, enfin sa face sombre puisqu’elle n’a de belle que son appellation. En un sens, elle colle par sa forme au climat de 1899 en osant des trucs qu’on ne voit jamais à la télévision, aussi bien visuellement que narrativement. Un peu à l’image de ses premières minutes, sur les chapeaux de roues, puisque Paris Police 1900 s’ouvre sur la mort de Felix Faure. Et faut voir comment.

     Quant à sa part de fiction, Paris Police 1900 ne l’assume pas pleinement. J’étais bien plus sensible au scénario concocté par Nury dans le magnifique roman graphique dessiné par Sylvain Vallée : Il était une fois en France. Ici « L’affaire de la valise sanglante » si elle n’est pas non plus traitée par-dessus la jambe, ne prend jamais vraiment. La série se venge sur un autre tableau : Sa kyrielle de personnages féminins forts. Et si elles émergent péniblement de cette peinture froide, elles se révèlent au fil des épisodes complexes, ambivalentes, condamnées à braver un monde marqué par le pouvoir des hommes.

     Bref, l’ambition oui, tant on y sent un grand boulot de documentation et une volonté de mêler la fiction et les faits historiques. Pour la fascination, on repassera. Dans la même période et sur un registre plus passe-partout, plus télévisuel disons, une série comme Le Bazar de la charité m’a nettement plus ému et passionné. Je reste néanmoins curieux de regarder la suite, qui se déroulera vraisemblablement en 1905. Mais ses personnages ne vont pas me manquer.

Lupin – Saison1A – Netflix – 2021

01. Lupin - Saison1A - Netflix - 2021Prince des voleurs.

   4.5   Soit pile le produit vendu par sa bande-annonce : Un divertissement sans aspérité autre que celui de monopoliser son spectateur après sa dure journée de travail. J’exagère un peu, on y ressent quand même l’admiration pour le texte : Sous-titré « Dans l’ombre d’Arsène » la série, par l’intermédiaire de son héros fan de Lupin, Assane Diop, s’inspire du personnage et de l’univers (nombreux de ses faits d’armes sont calqués sur diverses aventures du gentleman cambrioleur) crées par Maurice Leblanc, en transposant son action aujourd’hui.

     Mais rien ne dépasse, rien ne surprend. Lupin donne l’impression d’assister à l’exemple parfait de la série formatée pour être visible par le plus grand nombre, comme si l’emballage était déclinable à l’infini, qu’il suffisait seulement de changer son contenu. Et en effet, ces cinq premiers épisodes se regardent. Sans passion, mais sans déplaisir. C’est choubidou, sympa. A l’image d’Omar Sy, sympa, passe-partout, l’acteur préféré des ménagères.

     La série est donc très légère sans être pleinement drôle non plus, tente des incursions à tonalité plus dramatique (l’histoire du père, le destin de la journaliste…) en refusant la noirceur et notamment en lissant complètement le conflit de classes : On y évoque la question sociale et raciale, mais ce n’est qu’un simple décor. Les personnages n’en sont quasi pas, n’évoluent pas et gravitent uniquement en faire-valoir autour de la figure d’Assane, Lupin moderne.

     Bref, c’est un début de série très ancré dans l’air du temps, reprenant le schéma du blockbuster typique, capable de contenter ceux qui n’en regardent pas souvent et surtout d’offrir une belle vitrine cool à sa plateforme. Ce n’est jamais passionnant, ce n’est jamais agaçant non plus. C’est très produit, tape à l’œil, pas subtil pour un sou, mais il y a une certaine tenue formelle pour que l’ensemble reste regardable. Très agréable, même, parfois, merci Ludivine Sagnier.

Irresponsable – Saison 3 – OCS – 2019

05. Irresponsable - Saison 3 - OCS - 2019Bon voyage.

   8.0   Voilà, Irresponsable c’est fini. Qui eut cru, avec un pitch pareil, que la série nous laisserait trente épisodes plus tard aussi ému. Et frustré qu’elle s’en tienne ici. Mais comblé par cette frustration, tant il est agréable de voir une série qui d’une part n’aura pas raté sa sortie, bien au contraire et d’autre part, qui a été pensée pour s’inscrire ainsi, sur trois saisons.

     Elle aurait pu continuer et sans nul doute tourner en rond – à l’image du dernier chapitre de The good place, clairement superflu. Elle aurait d’ailleurs déjà pu tourner en rond au cours de cette saison, creusé un sillon déjà bien creusé durant les deux premières. Pourtant, les nouvelles brèches vont se multiplier. Copieusement. Ainsi elle fera cohabiter trois générations jusqu’à l’explosion. Sortira du chapeau un personnage important, puis un second, sans pour autant que ça ne fasse trop fabriqué. C’est une affaire de glissement et de gestion de ce glissement : Il y a deux ellipses majeures durant cette ultime saison, celle de deux ans qui ouvre cette troisième saison et justifie les relations électriques et les désirs d’ailleurs de chacun. Et celle d’un an entre l’avant-dernier et l’ultime épisode. Et tout est idéalement agencé.

     Ça part du désir d’un fils (Jacques) de quitter la fac et s’envoler pour le Chili afin de nous entrainer vers une cohabitation familiale (à trois générations) qui bat de l’aile. Mais c’est en réalité de l’avenir de chacun de ces quatre personnages centraux (Julien, Marie, Sylvie et donc Jacques) dont il est question, cette incertitude existentielle, qui n’a pas d’âge. Une thèse que l’une retarde ici quand l’autre découvre l’envie d’être le papa qu’il n’a pas pu être. C’est aussi une (grand) mère qui doit affronter son passé pour revive en tant que femme.

     Evidemment il faut un trait d’union à tout cela. Ce trait d’union, c’est Julie. Une (demi)sœur qui apparait, avec un polichinelle dans le tiroir : Cet enfant à venir c’est aussi ce qui ôte la gratuité absurde de la situation. Et la bonne nouvelle c’est qu’Alison Chassagne, qui en est l’interprète, est la révélation de cette saison en plus d’être, mais je pense que vous avez deviné, la vraie sœur de Sébastien Chassagne aka Julien. Irresponsable est donc une affaire de frères et sœurs puisque elle est créée par Frédéric & Camille Rosset, frère et sœur. Vers la fin de l’épisode 4, je crois, c’est une vraie déclaration d’amour que s’offrent Julie & Julien, donc par extension c’est aussi celle que s’offrent Frédéric & Camille et ça c’est assez beau.

     Irresponsable c’est aussi un récit sur le rôle du père. Tout, dans Irresponsable, prépare aux retrouvailles avec le père. Julien a démarré d’un côté, il est logique qu’il termine de l’autre. C’était casse-gueule, mais c’est aussi l’une des grandes qualités de cette saison, écrite encore une fois avec beaucoup de finesse, élégance et légèreté alors qu’il y a une vraie gravité en filigrane.

     C’est donc une saison plus ambivalente qui n’hésite pas à placer ses personnages – Julien en particulier, évidemment – face à des dilemmes moraux variés. La page doit se tourner, comme elle se tournait à la fin de Friends. Ce n’est d’ailleurs pas une fin en soi, mais le début d’autre chose.

     Bref, c’est fini. Si vous n’avez pas encore jeté un œil à Irresponsable, c’est le moment. Ajoutons que ce format de trois fois 10 x 26 minutes est parfaitement adéquat.

The good place – Saison 4 – NBC – 2020

04. The good place - Saison 4 - NBC - 2020L’adieu et l’ennui.

   4.0   Où je me suis rendu compte à quel point The good place évolue en circuit fermé dans son petit monde à la fois très libre et très défini – par le no limit, le grand n’importe quoi, l’hystérie et le name-dropping à gogo. Donc si j’avais pris beaucoup de plaisir à enchainer les trois premières saisons, s’y replonger fit l’effet inverse : L’euphorie attendue s’est transformée en circonspection complète. Les quatre/cinq premiers épisodes furent un tel calvaire – L’impression d’arriver dans une soirée où tout le monde est bourré, sauf moi – que j’allais m’en tenir-là. Un mois a passé et j’ai finalement cédé à la curiosité : J’ai repris dès le début – trouvé ça toujours aussi nul, c’est dire si le début de cette saison est catastrophique – avant d’y trouver à nouveau un peu mon compte, par intermittence. J’étais un peu bourré, à mon tour, on va dire. Je suis allé péniblement au bout quand même – avec un épisode final de 54 minutes à la fois interminable et touchant (surtout les adieux de Chidi, bercé par Arvo Part) mais quoiqu’il en soit ça restera une grande déception.

Sex education – Saison 2 – Netflix – 2020

03. Sex education - Saison 2 - Netflix - 2020Freed from desire.

   8.0   Quand sonne le glas de la confirmation, c’est toujours le moment le plus délicat pour une série : Il lui faut combler un manque, prolonger la mise en place, étirer sans se disperser, rester elle-même tout en trouvant d’autres enjeux. Bref, on comprend que parfois ça plante. Si la deuxième salve de Sex education atteint largement ses objectifs, cela ne va pas sans une certaine dose de frustration. Cette frustration touche en grande partie son couple vedette, celui que la série a fait naître lors de ses dix premiers épisodes, sans qu’ils finissent ensemble mais avec la promesse que ce n’est que partie remise. Malheureusement (et heureusement) ça risque d’être partie remise encore un moment : Ici, Otis tutoiera sa toute première fois (et échafaudera tout plein de stratagèmes pour la retarder car il en est terrifié) avec Ola, avant que l’heureuse élue ne soit finalement Ruby – probablement le personnage le plus antipathique de la série – en conséquence d’une beuverie. Quant à Maeve, qui s’est finalement résignée à lui avouer qu’elle tient à lui, la voilà beaucoup trop embarquée aux côtés des « Quiz Heads » de Moordale et en surveillance de sa mère, qui est de retour, pour accorder du temps à son ancien collègue de psychothérapie clandestine. Otis aura d’ailleurs lui aussi ses problèmes parentaux, avec sa mère d’abord – car il va bientôt découvrir la relation qu’elle entretient avec Jakob, le père d’Ola – puis très vite avec son père, qui réapparait lui-aussi et souhaite lui accorder un peu de temps et d’amour. Bref, que cette frustration les (Maeve & Othis) accompagne jusqu’au dernier plan est conséquence logique de cet éloignement forcé, provoqué par l’impact de leur entourage et famille respective. Mais ce n’est que partie remise, c’est évident : Sex education existe en grande partie pour ce couple-là, ce couple absolument parfait, justement car il est en apparence très mal assorti. Le jeu de l’amour et du hasard finira tôt ou tard par les réunir.

     Parmi toutes les qualités qu’on peut attribuer à Sex education, il y en a une – que d’autres séries parfois oublient – qui est devenu systématique dans son processus narratif, c’est l’écriture complexe de nombreux de ses personnages apparemment secondaires, qui s’avèrent si passionnants qu’ils sont parfois plus si secondaires et menacent d’empiéter sur le noyau dur des personnages devenus centraux que forment Otis, Maeve, Adam, Jackson, Eric & Aimee. Viv incarnera le symbole de cette qualité, faculté à faire glisser les focales dominantes. Elle qui semble d’abord servir à justement servir la soupe à Jackson – qui troque la natation pour le théâtre – en lui prodiguant des conseils variés ; ainsi qu’à Maeve – qui débarque dans son groupe de « Quiz Heads ». Elle pourrait faire le pont entre les deux, on croit vraiment que le récit va nous emmener là-dessus. Au contraire, Viv devient un élément central, celle que Jackson va à son tour accompagner pour lui faire approcher son pote surdoué, mais très vite pour lui faire tout simplement prendre confiance en elle. Relation magnifique que celle entre Viv & Jackson. J’en aurais chialé.

     Il faut aussi parler de Jean Milburn – incarné par la sublime Gillian Anderson – tant elle ne se contente plus, comme dans la première saison, d’être la mère d’Otis. Son personnage est plus étoffé, d’abord au contact de Jakob (qui lui aussi devient un vrai personnage) dont elle finit par s’amouracher vraiment avant de constater que ses libertés sont trop vite sucrées par ce plombier envahissant. Qu’elle prenne bientôt la place de sexologue scolaire de l’université de Moordale raconte tout de cette étonnante mise en abyme : Il s’agit pour Jean de marcher sur les plates-bandes de son fils. De tenter de lui ôter peu à peu son rôle de héros. Elle y parvient un peu puisque lors de l’épisode de la fête qu’Otis donne chez sa mère, alors qu’elle est pourtant gentiment virée de chez elle, on la voit, en montage alterné, passer la soirée à danser dans un club, notamment avec Mme Groff, en pleine crise conjugale et révolution intime. Dans la première saison, Jean tentait de s’immiscer dans une fête pour récupérer Otis, là, le scénario lui offre un endroit rien que pour elle. Et c’est vrai qu’il n’y a plus de héros solo dans cette deuxième saison : Adam devient tout aussi central (et attachant : Immense tour de force que d’avoir fait de ce monstre antipathique un volcan de sensibilité refoulée) qu’un Eric, d’autant que le cœur de ce dernier balance entre lui et Rahim. Et c’est exactement la même chose pour Jackson et son affrontement avec ses mamans : Parvenir à cet échange bouleversant qu’il tient avec l’une d’elle sur un banc est le signe que Sex education est une série épatante qui en garde continuellement sous le pied.

     Mais c’est probablement sur sa dimension volontiers girl power que la série s’est complètement diversifiée. On a évoqué Viv, mais cette saison aura aussi creusé la naissance d’un amour « délicat » entre Lily & Ola. Et creusé des amitiés intouchables. L’épisode 7 en ce sens est un sommet : A travers les mésaventures d’Aimee (que j’aimais peu dans la première saison mais qui explose littéralement ici) agressée sexuellement dans un bus, les filles se regroupent – La série ira même jusqu’à citer Breakfast club le temps d’une colle dans une bibliothèque – pour l’accompagner et lui faire reprendre le bus, qui avait fini par la terrifier et lui faire prendre conscience que les hommes (et son petit ami compris, compréhensif, touchant) ne sont pas que des psychopathes sexuels. Sous ses contours légers, colorés, un peu nonchalants, c’est sa faculté à atteindre parfois une certaine gravité qui fait de Sex education une série passionnante, qui vise la diversité avant tout. On pourrait même l’attaquer là-dessus tant ça devient un peu systématique. Masturbation (féminine, masculine, mutuelle, avec objets), homosexualité (féminine, masculine, acceptée, refoulée, parentale), bisexualité, asexualité, tout y passe. On y évoque même les craintes des poires à lavement, les grimaces d’orgasmes honteuses, la pilule du lendemain, la pré-ménopause. Le catalogue est bien rempli. Et pourtant on y croit. On voudrait que le monde soit comme dans Sex education. Et on les aime d’amour, chacun de ces personnages.

Le bazar de la charité – Mini-série – TF1 – 2019

02. Le bazar de la charité - Mini-série - TF1 - 2019Paris brule-t-il ?

   6.0   Plutôt qu’une série – en l’occurrence une mini-série – Le bazar de la charité ressemble à un roman feuilleton télévisé, développant des rebondissements permanents, intrigues croustillantes et autre cliffhanger visant à ne pas perdre son audience, comme si elle nous attachait à notre siège, des allumettes nous écarquillant les yeux, dans une démarche un peu désuète, certes, mais qui ici trouve un certain charme. Et pourtant, sur le papier, cette alliance TF1/Netflix rappelle l’épreuve que fut Marseille, autant dire qu’on y va avec le couteau entre les dents. Mais au final c’est assez beau (les couleurs, les cadrages, les éclairages) il y a quelque chose qui évoque davantage le Versailles, de Canal+.

     Il y a surtout le souffle du mélodrame, l’enchâssement du réel (l’incendie du 4 mai 1897) et de la fiction (ces trois femmes, notamment) soient toutes ces histoires montées de toute pièce comme autant de couches d’un millefeuille dont les échos vont titiller nos problématiques modernes, aussi bien dans notre réalité que dans nos fictions. A ce titre, l’écriture ainsi que le phrasé des personnages ne fait aucun effort pour sembler d’époque, il est clairement choisi de faire contemporain. La belle époque n’est que l’écrin, le point d’ancrage du fait divers.

     Je sais être friand de ce type de récit – quelque part je pense aux Fantômas ou aux Vampires, de Feuillade, ce désir d’embrasser cette mécanique feuilletonnante : C’est exactement ce qui se déroule dans Le bazar de la charité, je vois les ficelles (souvent les cordes, nœuds coulants compris) et la chantilly, les limites de l’interprétation, les incohérences narratives et la faiblesse mise en scénique (qui préfère miser sur un nombre d’effets (travelling à tire-larigot) outranciers inutiles mais qui est incapable de faire une reconstitution digne de ce nom (le café où se regroupent les anarchistes c’est vraiment cheap) mais pourtant je ne lâche pas, je suis happé, parfois ému – Ce dernier échange, tant espéré, surclasse quasi tout.

     J’ai quelques gros regrets néanmoins : J’aurais préféré, je crois, que la série nous montre davantage l’avant-catastrophe, qu’elle ne s’ouvre pas là-dessus, disons. Déjà parce qu’elle en offre trop tout de suite, aussi parce qu’il lui faut du temps avant qu’elle ne reprenne des couleurs. Ensuite parce que ses personnages auraient mérité d’être développé en amont (afin de comprendre a minima le dilemme qui anime certains et autres retournements de veste improbables). Au moins elle n’utilise pas de superflus flashbacks c’est déjà ça : Tout ce qu’on apprend de la vie (de chacun) avant le 4 mai n’est que partiellement évoqué.

     Ce qui m’amène à vous proposer mon top cinq des plus gros connards du Bazar car il y a quand même, chez les hommes une belle brochette d’enflures « y a de quoi remplir une sacrée poubelle » comme disait François Perrin dans Coup de tête. Je ne compte pas leurs éventuelles (et improbables) rédemptions finales, on va dire que c’est un top effectué après le sixième épisode :

  1. Marc-Antoine de Lenverpré (Gilbert Melki) : Monstre magistral.
  2. Julien de la Ferté (Théo Fernandez) : Ou la lâcheté personnifiée.
  3. Pierre-Henri de la Trémoille (Sylvain Dieuaide) : Qu’est-ce que c’est, dégueulasse ?
  4. Auguste de Jeansin (Antoine Duléry) : Tant de bêtise dans un seul être.
  5. Le préfet Leblanc (Gilles Cohen) : Beau mouton des connards.

Bref, tous ces empafés d’aristos, en somme.

     Un autre (imposant) reproche, c’est l’obsession Titanic. Evidemment le film de Cameron est une borne, qu’on l’appréhende du point de vue de la reconstitution, de la romance, du mélodrame, du film catastrophe, de la lutte des classes ou plus simplement en tant que divertissement populaire. Qu’un bateau coule ou que les flammes progressent, on demande à un orchestre de continuer de jouer du violon. Les hommes poussent les femmes. On se bat pour une chaloupe, on se bat pour atteindre la porte-tambour. Une bonne s’appelle Rose (Et rêve de partir en Amérique, donc sa maitresse lui achète la maquette d’un paquebot qui ressemble fortement au Titanic) et va « renaître » sous le nom d’une autre. Le problème c’est que l’ombre du film plane beaucoup trop sur la série, qui n’hésite donc pas à le citer ouvertement et qui renferme de nombreux personnages similaires, qu’il s’agisse de femme émancipée, d’anarchiste beau-gosse, de mari lâche, bon gars sacrifié, bref on y pense constamment et à ce petit match, Le bazar de la charité ne gagne pas beaucoup de points.

     Et trop de rocambolesque tue le rocambolesque. Le dernier épisode cumule les rebondissements, l’exécution stoppée in-extrémis en est l’exemple le plus représentatif. Quel intérêt de faire ça ? Quant au premier, si le crescendo est plutôt réussit, l’incendie en lui-même sent trop l’incendie numérique (encore une fois, il s’agit de trop en mettre) pour qu’on y ressente chaleur et étouffement. Regarde un film comme L’aventure du Poséidon, tu verras qu’on ressent bien tout ça, sans doute aussi parce que les acteurs y étaient exceptionnels. Ici, les acteurs oublient parfois de tousser, de transpirer ; Les maquilleurs de leur noircir les visages. Ça devrait être sale, pesant, c’est un peu grotesque.

     Reste l’histoire de ces trois femmes, leur combat, leur renaissance (chacune à leur manière) dans un monde gangréné par le patriarcat, la puissance familiale et/ou le pouvoir des élus. Une manière de rappeler que plus d’un siècle plus tard il est tout à fait possible de faire des ponts, rapprocher notre époque avec celle couvrant l’Affaire Dreyfus. C’est un féminisme un peu écrit à la truelle, mais ça fonctionne en partie car les trois actrices choisies sont parfaites. Et parce qu’elles sont le cœur du show. Ça et la mort de l’aristocratie. L’allégorie de la haute société qui brule dans l’incendie comme plus tard, elle se noiera dans un naufrage. Titanic, toujours.

Mindhunter – Saison 2 – Netflix – 2019

01. Mindhunter - Saison 2 - Netflix - 2019The overload.

   8.5   La série continue de déployer son rythme qui est le sien, engourdi, alangui, éloquent mais choisit cette fois moins la quête du profiling qu’elle ne se penche sur une véritable affaire, à savoir la vague d’assassinats de jeunes noirs dans l’Atlanta du début des années 80. En optant pour les voies classiques du polar (Des crimes à élucider, un tueur à démasqué) elle aurait pu se fourvoyer. Au contraire on a rarement vu une œuvre (film ou série) tenter de détruire à ce point les mythes. Et réussir, haut la main. Dans une ère où tout est à la nostalgie ou à la répétition, esprit doudou ou sequel, assister à quelque chose qui prend l’exact contrepied de ce qu’on attend, fait un bien fou.

     Cette seconde salve s’étire sur neuf épisodes. Trois réalisateurs sont aux commandes. Déjà présent lors de la première saison, David Fincher s’occupe des trois premiers. Andrew Dominik (L’assassinat de Jesse James) se charge des deux suivants. Et Carl Frankin (valeur sûre de l’univers sériel) des quatre derniers. Qu’importe ce déséquilibre numérique, qu’importe le capitaine à la barre, la réalisation sera brillante du premier au dernier épisode, homogène et virtuose, épique et glaçante, sans pour autant se révéler froide ni clinquante. En un sens c’est déjà un petit exploit de trouver le parfait équilibre.

     On attendait que les techniques (de profiling) réalisées par Holden, Bill & Wendy et introduites durant la première saison soient exploitées dans la seconde. C’est le cas. Enfin pas vraiment car on s’attendait moins à n’y voir que le produit de leur inefficacité sinon quelque chose de complètement embryonnaire et approximatif. Et la série joue là-dessus à travers sa forme, ne tombant jamais dans l’excès, jamais dans un spectaculaire morbide. Ainsi que dans son traitement des personnages : Holden plus autiste que jamais, affronte diverses crises de panique ; Bill est plongé en plein problème familial, avec son enfant de huit ans, ce qui parasite sa présence au sein de l’enquête principale ; Wendy quasi absente, tente de nouer laborieusement une relation amoureuse.

     Difficile de faire plus anti-glamour que Mindhunter, saison 2. Dur pur Fincher – ces personnages éclairés incapables d’interagir avec leur monde – en somme tant la série parvient, on ne sait par quel miracle à s’avérer émouvante, en un dialogue, un regard, un silence. Je regardais Le bazar de la charité en parallèle, c’était très bizarre ce sentiment d’assister à deux shows complètement opposés, tous deux d’un autre temps. N’en déplaise aux sceptiques, le futur c’est Mindhunter. Ça ne fait aucun doute. Cette magie du récit documenté, de l’ambiance immersive où l’on ne te prend jamais la main. Où l’on ne verse à aucun instant dans une opulence glamour maladroite. A ce titre, la résolution, pleine de suspension et de frustration, va complètement dans ce sens.

     Et en filigrane plane une troublante fascination. Brian, le fils de Bill Tench, incarne l’enfant mystérieux, cet enfant du futur (super flippant) qui plane sur le film et sur l’Amérique toute entière. Un héritier d’Holden, quelque part. Un futur Zuckerberg. Est-ce un sociopathe en herbe ? Ou est-il le produit d’un traumatisme plus global, mondial ? Cette saison n’est traversée que par l’ambiguïté. Jusqu’au bout. L’entretien fleuve avec Charles Manson au milieu restera comme l’un des hauts faits de la série. A part ça il me semble avoir eu un petit orgasme quand retentit The overload, de Talking Heads, durant le générique final de l’épisode 1.

The Affair – Saison 5 – Showtime – 2019

24. The Affair - Saison 5 - Showtime - 2019Les choses de la vie.

   7.0   Voilà, The Affair, c’est fini. Je ne vais pas m’étendre, je l’ai suffisamment fait lors des saisons précédentes et celle-ci est loin d’être la meilleure. Pas toujours inspirée (Ce dernier plan – entre autre – ce n’est pas possible) ni passionnante (j’ai mis du temps à regarder ces onze épisodes, c’est rarement bon signe) elle n’en est pas moins parcourue de belles fulgurances. Et d’émotion puisqu’à la manière de nos personnages, en pleine retrouvaille (on en a rêvé) lors des deux derniers épisodes, nous contemplons les pots cassés, ce qu’on a traversé pour en arriver là – Un peu comme le faisait (beaucoup mieux) Mildred Pierce, de Todd Haynes. C’est une ultime saison très inégale, mais audacieuse sur bien des points. Il y a de grands moments. Le dernier épisode en est un.

     Juste une chose : pour sa dernière sortie, la série tente quelque chose d’un peu farfelu. S’il s’agit toujours de suivre des chapitres centrés sur un personnage, jusqu’à parfois troquer Noah ou Helen pour Whitney et Sierra, l’un de ces prénoms va vraiment troubler nos habitudes : Joanie. Lors de ces chapitres (ils sont nombreux) la série choisit d’évoluer dans le futur, en 2053 plus exactement avec une Joanie incarnée par Anna Paquin (Sookie, dans Trueblood ou Malicia, dans X-Men) et si le parti pris flashforward est on ne peut plus casse-gueule – J’ai cru au carnage, au début, très franchement – c’est finalement sur ce terrain qu’elle va trouver ses plus beaux instants. En revanche tout ce qui tourne autour de la post catastrophe écologique reste superficiel. On sent que la série veut se la jouer actuel, parler du climat tout en évoquant Metoo, puisque Noah va pas mal morfler à ce sujet. Mais le cœur est ailleurs.

     Avec un peu de recul on peut dire que The Affair, qui était au-dessus du lot sur ses deux premières saisons, aura raté son prolongement. Je l’aimais bien mais la saison 3 n’était pas bonne, soyons honnêtes. En revanche la série avait su rebondir puisque la saison 4 était très forte mais laissait un (dé)goût d’achevé ou de ça-pourra-jamais-plus-être-aussi-bien. Et c’est là où les créateurs sont forts car oui Alison & Cole nous manquent cruellement, mais c’est quand même bien. Alors oui, tout n’aura pas été parfait loin de là – et cette ultime saison aura aussi été à cette image – mais c’est un adieu ému. Je me souviendrai de The Affair.

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silencio


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