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Lost – ABC (2004/2010)

l1L’appel de l’île.

   9.5   Cette nuit, j’ai rêvé de Lost. Ce n’est évidemment pas une première, mais c’est la première fois que ça me réveille (Mon souvenir est trop flou pour en parler, désolé) puis m’empêche de me rendormir. Du coup, j’y repensais, éveillé. Lost a changé ma vie. Elle a fait naître mon amour des séries. Elle m’a fait aimer le surnaturel, au sens large du terme. Elle est parvenue à combiner sans m’ennuyer ce que ne se combine pas : Flashbacks, flashforwards, flashsideways. Passé, futur, présent. On vibre Lost ou on ne vibre pas Lost, c’est aussi simple que cela. C’est probablement la seule chose aujourd’hui que je ne j’ai jamais revue et que je rêve de revoir, depuis qu’elle s’en est allé il y a sept ans. Et d’un autre côté, je ne suis pas certain que je refranchirai le pas un jour. Peur de l’addiction foudroyante. Crainte de me perdre à nouveau dans ses méandres émotionnels desquelles rien ne peut oser troubler. Je sais qu’avec n’importe quelle autre série il est possible de maîtriser son rythme de visionnage, mais pas Lost. Si j’étais sûr de pouvoir revoir ne serait-ce que deux/trois épisodes par semaine je m’y replongerai illico mais je suis persuadé que c’est impossible. Pas en ayant les 121 épisodes sous la main. On a trop souffert jadis pour réitérer l’exploit de la dégustation. Bref j’ai l’impression qu’écrire sur Lost c’est déjà braver le col d’une montagne, ne serait-ce que dans les apparences pompières que chaque mot semble acquérir. Mais écrire sur Lost c’est comme se lancer sur Mozart, Bergman, Proust ou Delacroix, c’est délicat. Et je suis très sérieux. Lost, c’est l’œuvre-monde qui ne laisse place à rien d’autre. Possessive, libératoire, maternelle. La routine, la passion, le refuge. On s’y sent bien, on y souffre, on en rêve, on en tremble, on s’en rend malade. S’y côtoient génie pur et maladresses, sidération et ridicule, envolées stratosphériques et embourbements emphatiques. C’est une série qui tente constamment. Qui est en perpétuelle évolution d’un épisode à l’autre, d’une saison à l’autre. La mécanique de l’île comme il existe la mécanique des roches. Une série qui a fait de son médium une quête méta qu’on ne pourra jamais égaler. C’est la naissance et la mort ; Toute une vie et l’expérimentation du néant. L’île-monde au sein de laquelle Jack, Kate, John, Sawyer, Juliette, Charly, Sun, mais aussi Desmond, Ben, Sayid et tant d’autres ont échoué, vécu, péri. Six années durant. Notre famille, soudée, disloquée. Un début, une fin. Des questions, des larmes. J’ai bien conscience de l’ahurissement que doit provoquer chez certain cet élan mélancolico-enthousiaste et pourtant je suis loin d’être le plus dingue de Lost, puisque j’en ai oublié nombre de ses tiroirs, je ne l’ai jamais revu, encore moins décortiqué. Un jour promis, j’y reviendrai de façon plus exhaustive. Qui sait, peut-être que je me relancerai dans cette folle aventure. On n’a pas fini de se perdre dans le labyrinthe lostien.

Fear the walking dead – Saison 2 – AMC – 2016

14882113_10154101660952106_4494070751788505923_oÀ la dérive.

   5.0   Après une première saison qui ne m’aura pas marqué par son originalité, mon sentiment est globalement enthousiaste puisque je suis arrivé à bout de ces quinze nouveaux épisodes sans trop souffrir ni m’ennuyer. Passer de six à quinze épisodes c’est toujours un peu dangereux. Beaucoup sont ceux qui avaient à l’époque craché sur The Walking Dead là-dessus ; je devais être l’un des seuls à trouver la deuxième saison meilleure que l’inégale première, l’impression qu’elle avait trouvé son rythme loin de son prologue clinquant un peu trop calqué sur les livres et le film de Danny Boyle.

     Ce n’est pas le cas ici, chaque épisode voulant redéfinir une ambiance, débusquer son propre univers ; La construction aussi, la série se cherche, ne choisit véritablement jamais où elle veut aller. Avec ses flash-back notamment (qui lui permettent de se différencier de la série mère qui en est quasi entièrement dépourvu) tous plus inutiles et lourdingues les uns que les autres. Et avec sur le papier une belle idée de jouer sur le terrain de la famille décomposée qui se reforme (Fin de saison 1, non sans cruauté) avant de se disloquer à nouveau (L’après Abigail). Ça pourrait être beau et passionnant si ce n’était pas traité à ce point par-dessus la jambe et surtout si les personnages étaient beaux et passionnants.

     Sur ce point, Nick (Frank Dillane, étonnante fusion entre Xavier Dolan et Skeet Ulrich) est de loin le personnage le plus intéressant. Alicia, sa frangine, il y a du potentiel. Autant les personnages que leurs protagonistes, j’entends. Mais le reste… Madison je peux pas, c’est physique (yeux plissés, pincements de lèvres, regard neutre) comme la mère de Carl dans The Walking Dead (Et la série avait pourtant réussi l’exploit de rendre sa mort émouvante). Ils peuvent tenter ce qu’ils veulent avec elle (La séquence aveu du suicide de son père à Alicia, par exemple) ça ne le fera jamais. Je n’y crois jamais à cette Sarah Connor du pauvre, sortie de nulle part. Travis pourquoi pas, son personnage me plait. Mais son évolution à la Rick c’est du réchauffé. Et son fils, Chris, c’est une catastrophe. L’acteur est mauvais, le personnage écrit n’importe comment. Ridicule. 

     Reste l’univers californien puis mexicain (Qui change d’Atlanta) et toute cette histoire de frontières qui ne cesse d’irriguer chaque parcelle du récit (le bateau, l’île Catrina, L’hacienda, l’hôtel…) donc de rejouer ad aeternam la question de l’immigration qui en fait le moteur redoutable et la grande idée de la série. Ce pourquoi je continue de la regarder. Malheureusement je trouve que ça prend très peu de risques, que ça reste dans les clous et quand ça tente de s’en extraire (Travis vengeur/massacreur, le centric sur Nick) c’est assez maladroit dans son dispositif (Montage parallèle tout pourri, invraisemblances grotesques). Bref, ça se regarde aussi vite que ça s’oublie.

Freaks & Geeks – Saison 1 – NBC – 1999/2000

F&GFGCandeur et clairvoyance.

   9.0   Lorsque Ken (Un freak) et Sam (Un geek) se croisent dans les toilettes du lycée, ils ont peur, non pas l’un de l’autre, mais de la façon dont ils vont annoncer leur rupture amoureuse respective. Avant de se croiser, l’un semble appeler à l’aide devant le miroir quand l’autre se confond en vomissements. D’habitude ils se seraient à peine toisés, cette fois ils se confient l’un à l’autre. Quand Sam énumère les nombreux désaccords qui nourrissent sa relation avec Cindy, qui pourtant était la fille du lycée qu’il convoitait depuis toujours, Ken réalise que son blocage sur la révélation de l’androgynie de Vicky importe moins que tous ces parfaits instants partagés à ses côtés. Toute la magie de Freaks & Geeks se résume dans cet échange. Et dans le & du titre. Une simple conjonction qui en dit long.

     Kim, Ken, Daniel et Nick sont les freaks du titre. Ils passent leur journée à glander, fumer, sécher les cours. On les trouve dans un recoin de la cage d’escalier du lycée, sous les gradins du stade de football ou dans un garage faisant vivre sans réelle conviction leur groupe de rock. Sam, Neal et Bill sont les geeks. Ils sont plutôt bons à l’école sauf en sport où ils sont systématiquement choisi en dernier. Au lycée, ils n’ont de place nulle part sinon dans le cours d’audio-visuel, puisque dans le domaine jeux/télé/science-fiction ils sont imbattables – Jusqu’à faire des soirées Dallas ou Donjons & Dragons. Lindsay est la grande sœur de Sam. Elle fait partie du groupe des mathlètes, c’est une tête. Ni freak ni geek. Comme il y a aussi, dans un autre registre, les sportifs. Le récit se déroule en 1981 dans le lycée McKinley, Michigan.

     Une année placée sous le joug du bouleversement. Tout du moins chez les Weir, petite famille bien huilée où papa tient son petit commerce quand maman se charge du foyer. Bouleversement puisque c’est la première année lycée de Sam mais aussi parce que c’est le moment qu’a choisi Lindsay pour suivre ses envies donc quitter son groupe studieux, s’éloigner de sa meilleure amie Millie pour se rapprocher peu à peu du groupe moins envié (si ce n’est par les geeks puisque « They having sex ») des freaks. Ils sont loin de Lindsay mais elle semble y trouver son compte, se découvrir une autre facette d’elle-même, d’autant qu’elle sort bientôt avec Nick (Jason Segel) puis devient proche de Kim (Busy Phillips) non sans labeur. La conjonction de simultanéité du titre est en marche.

     La saison contient 18 épisodes, parfois inégaux (Surtout vers le début), parfois bouleversants (Essentiellement vers la fin) et souvent bien agencés, drôles, émouvants, généreux, bienveillants. C’est toute la marque Feig / Apatow qui prend son envol ici, brossant minutieusement une multitude de personnages (Elèves, mais aussi profs et parents), s’ouvrant autant sur des envolées burlesques (la retrouvaille sexuelle des parents Weir, la convocation Lindsay/Daniel chez le proviseur) que magiques (La cohabitation de Bill avec Beau papa à venir Coach Fredricks aka Biff Tannen, devant un épisode de Dallas ou dans une sortie karting) et tragiques (L’épisode où Neal trouve la télécommande du garage de la maîtresse de son père, puis toutes les situations qui en découlent avant cet apogée déchirante de l’adolescent déçu réfugié dans les bras de sa mère). Il y a aussi cet épisode très gênant où Kim présente Lindsay à ses parents, comme étant sa nouvelle meilleure amie pour leur montrer qu’elle a changé ses fréquentations, de façon à ne pas se faire confisquer sa voiture. Sans parler de ce jeu de chat et de souris qui se joue continuellement entre Lindsay et Nick, notamment dans la sublime séquence du concert étoilé ; Ni de la sublime relation entre Ken & Amy, la joueuse de tuba dans l’orchestre du lycée.

     J’ai en tête cet autre épisode, sublime, où Lindsay doute de son devenir freak, revient chez les mathlètes pour finalement retourner vers Nick, Ken, Kim et Daniel en expliquant préalablement à Millie, dans une confrontation post soirée pyjama, son besoin de suivre son instinct. On retrouve d’ailleurs le miroir de cette séquence à la toute fin quand elle fait croire à ses parents qu’elle va rejoindre une classe de maths pour l’été (de façon à intégrer dans la foulée l’université idéale, ce que ses parents ont toujours rêvé pour elle mais sans doute plus pour eux à travers elle) alors qu’elle a déjà programmé son road trip Grateful Dead avec Kim et un couple hippie qu’elle vient à peine de rencontrer. Si cette fin est si forte c’est parce qu’on a suivi, sans doute plus que les autres personnages, l’évolution de Lindsay, dans l’année de sa pleine transfiguration, maturité, réflexion, doutant et se cherchant constamment, faisant ici une marche arrière éphémère (le retour aux mathlètes), expérimentant là des interdits cools (hilarant épisode chichon) et bien entendu, tombant amoureuse. Jusqu’à cette fin qui prend le parti du choix. Qu’importe l’avenir, c’est le choix, le sien et tout ce qui l’a mené à ce choix qui est déchirant. Difficile de faire portrait d’une adolescente aussi riche et nuancé.

     Mais on pourrait en dire autant de Daniel (James Franco) qui refoule un désir insaisissable de réussite (Il essaie à plusieurs reprises de se reprendre en main pour ne pas repiquer à nouveau, ici dans une discussion avec Harris, là dans un cours du soir auprès de Lindsay) et de changement de groupe (Qu’une punition au quartier audiovisuel va déclencher). Sur les derniers épisodes c’est en lui que je me suis le plus identifié – Parce que j’étais sans doute plus freak que geek, sans certitudes non plus. L’impression que notre médiocrité commune (accepter que l’on ne sera jamais une Lindsay) rejoignait cet éternel questionnement adolescent : Et si j’étais plus geek que freak (Ou l’inverse, évidemment) ? Le Donjons & Dragons du dernier épisode est inattendu, miraculeux (Et confirme la bande Feig / Apatow comme les nouveaux auteurs comiques et sensibles) avec ces geeks accueillant le freak se demandant du coup si ça fait d’eux des moitiés de Freaks ou non. Une scène qui marque un sommet de Freaks & Geeks. On devrait faire un film là-dessus.

     Ce qui fait le sel de Freaks & Geeks et constituera le système de la néo-comédie des années 2000 (Apatow et dérivés) c’est son besoin de mettre en valeur les habituels réprouvés, ceux qui doutent, ceux qui glandent mais aspirent à autre chose, ceux qui ont des boutons mais qui pensent à baiser. Bref, ceux qu’on ne peut définitivement pas mettre dans des cases, comme la comédie nous avait trop souvent habitué, notamment chez les sportifs ou cheerleaders dont on se fiche pas mal ici. Pourtant, ils sont là ; Parce que Sam est amoureux de Cindy Sanders, la plus belle cheerleader du lycée, elle-même entichée du plus attirant sportif. Ils sont là mais ne sont jamais le centre de gravité du show. Apatow explique dans l’interview qu’il a donné à Burdeau dans le livre Comédie mode d’emploi, comment Paul Feig avait travaillé l’écriture autour de chacun des personnages, jusqu’à ceux dont l’apparition relève presque de l’anecdote. C’est pourquoi la série fonctionne si bien, ce pourquoi on y croit. Autant en ces personnages qu’en ces acteurs, tous choisis, voulus par les créateurs. Ainsi Lindsay portera, toute la saison durant, une veste vert kaki héritée de son père, probablement pour honorer la mémoire de sa grand-mère récemment défunte. Nick, lui, obsédé par le rock (avant sa transformation disco) vante les mérites de sa méga batterie 29 caisses qu’il se bat pour garder contre un père intransigeant, héritier probable de l’époque Vietnam. Petits éléments parmi d’autres disséminés ci et là accentuant épisode après épisode, la richesse du récit.

     Au niveau des invités on note la présence, déjà, de Leslie Mann aka Mme Apatow en prof de bio douce comme tout ; On croise aussi Jason Schwartzman le temps d’une scène qui semble échappée d’un futur film de Wes Anderson ou encore Ben Stiller dans un rôle hilarant de garde du corps du président de la République. Et l’on peut aussi voir une brève apparition du jeune Shia Labeouf campant la mascotte de Basket-Ball blessé au bras, que Sam puis Neal vont s’empresser de remplacer, pour des raisons bien opposées. Apparitions qu’il est d’autant plus délicieux de croiser aujourd’hui, forcément.

     Quoiqu’il en soit, Lindsay, Sam, Ken, Daniel, Neal, Bill, Kim sont devenus ma nouvelle bande de potes ; Ils m’ont fait vibrer. Que serais-je aujourd’hui si ma découverte de Freaks & Geeks remontait à 1999, l’époque de sa sortie ? J’avais l’âge de Sam. Sûr que ça aurait tout changé. Ils auraient été mes héros, ils m’auraient aidé à traverser les terribles années collège. Nettement plus que tout le reste. De bout en bout, jusqu’à cette fin parfaite. En fait, oui, Freaks & Geeks est à mes yeux une série absolument parfaite, dans son genre.

The Walking Dead 7.01

14900331_10154087140342106_251075003095003539_nThe Day Will Come When You Won’t Be.

   8.0   Pas l’habitude d’écrire sur un épisode de série et encore moins sur une ouverture de saison mais la hype autour de la reprise de The Walking Dead est telle que je me prends au jeu d’autant qu’il m’est rare de voir une diffusion série pile en même temps que tout le monde.

     La saison précédente avait marqué le point de départ d’une transition intéressante, qui reprenait la trame des livres tout en préservant la respiration propre à la série depuis son lancement. Un carrefour post terminus qui supplantait l’errance post prison, où l’on rencontrait d’abord Alexandria, puis La Colline et la menace Sauveurs. L’ouverture sur autre chose dont on est familier si on lit les comics avec l’apparition de nouveaux personnages, en chef de file : Jesus, Negan, Ezeckiel. Si ce dernier devrait vraisemblablement entrer dans la danse bientôt c’est sur le cas Negan que se fermait la saison 6 et donc sur l’instant crucial du Tome 17 : les dégâts laissées par Lucille, cette batte cerclée de barbelés.

     Si le cliffhanger semblait bidon pour certains moi je le trouvais très beau. Moins pour son climax en suspens que pour marquer une rupture, une vraie, violente, hors champ car subjective (On était dans l’œil de celui qui encaissait le coup de batte), inachevée. TWD entrait dans l’ère Negan. Celle du Gouverneur avait fait couler du sang mais celle-ci s’annonce plus trash encore, plus maîtrisée et barbare, aussi. Le fait de couper la saison sur un massacre à venir permettait à la série de ne pas tomber dans une violence perverse qui aurait donner à cette fin de saison un arrière goût de gratuité disproportionnée.

     Ouvrir une nouvelle saison dessus permet plusieurs choses : L’entrée dans l’ère Negan, donc et de la manière la plus excessive qui soit (Deux exécutions au lieu d’une, même si c’était attendu puisque l’un d’eux étant déjà out dans les bouquins à cet instant-là) et une construction narrative étonnante, aussi puissante qu’émouvante. Surtout, elle permet de nous engager sur le terrain du combat. Car de ce renoncement forcé (Rick dompté comme jamais) va forcément naître une résurrection. En fait, je n’ai aucun reproche à faire à ce season première comme j’avais pu en faire à celui de la Saison 5. Le terminus, les baignoires, l’explosion. C’était un peu nase, en y réfléchissant deux secondes. Là je trouve qu’il n’y a aucun gras, autant dans l’ouverture post massacre (dévoilant notamment de longs gros plans sur le visage de Rick, joue droite ensanglantée) que dans la petite promenade qui s’ensuit, véritable purgatoire en camping-car qui permet le flash-back insoutenable qui en découle et le retour au présent qui s’impose. Tout y est à sa place. Il fallait cet épisode pour relancer la machine. Il fallait cet épisode pour ouvrir une nouvelle ère. Peut-être que le reste de la saison en pâtira, qu’importe. Le 6.16 avait annoncé des promesses que le 7.01 a tenues.

     Bref. N’en déplaise à ses tenaces détracteurs, puristes, relous, pisse-froid le 7.01 de The Walking Dead est une merveille sous tension, un virage imposant (formel et violent) et la concrétisation que la série se porte très bien depuis deux saisons et demi, depuis qu’on a quitté la prison, en gros. Une claque dans la gueule cohérente avec ce qu’elle souhaite raconter : un voyage au bout de la nuit éternelle dans laquelle Negan s’impose en faucheuse sadique et cruelle. 45 minutes éprouvantes qui n’ont rien à envier à The descent, Creep, Haute tension, Éden Lake, Martyrs, Hell. Bref, ce qui s’est fait de mieux dans le genre (horrifique) au cinéma ces quinze dernières années. Ça m’était déjà arrivé de vouloir revoir un épisode « baffe » de TWD (le 3.04 ou le 4.14 ou le 6.04 de mémoire) mais jamais je n’avais autant eu envie de le revoir que de ne surtout pas le revoir. Negan est arrivé. Son univers avec. Au moins aussi fort que dans les livres.

Orange is the new black – Saison 4 – Netflix – 2016

13680805_10153844821162106_622210659073692797_nLa loi du plus fort.

   6.5   Globalement (TRES) déçu par la première moitié de saison, qui comme je l’avais pressenti ne sait pas quoi faire de cette fin de saison 3 complètement abracadabrante. Et surtout par une poignée de flashbacks inutiles (Maria, Maritza, Healy…) et des situations passionnantes trop peu ou mal exploitées (Je pense surtout à tout ce qui tourne autour de l’institution pénitentiaire : Caputo, les nouveaux gardiens, les responsables de MCC) ; Je reconnais avoir été plus séduit par les suivants et notamment les trois derniers qui sont parmi les meilleurs épisodes que la série aura offert. Le dernier surtout, la série n’avait jamais fait cela, en tant qu’épisode centric je veux dire (Le cliffhanger au sein de la prison est aussi grandiloquent que sans intérêt, en revanche) c’est un des mieux foutus à ce niveau. D’ailleurs je trouve les quatre derniers bien gérés dans leurs focalisations sur un personnage. Le 10 il y a un beau changement car pas de flashback mais on suit JeSaisPlusSonNom (Et tant mieux, pas de spoiler) le jour de sa sortie de prison, on croirait presque un épisode Lostien avec flash sideway. Le suivant sur Suzanne est classique mais beau. Mais faut les mériter. Et oublier les affreux épisodes Piper et les nazis, bien lourdingues. C’est quoiqu’il en soit une saison très sombre, qui aura fait naître deux monstres : Une guerre raciale imparable et un groupe de matons infects (Enfin, surtout un capitaine particulièrement infâme). Et au sein de cette noirceur (Dernier épisode d’une tristesse absolue) la série aura retrouvé ces moments à deux avec Piper & Vause (Même si soyons honnêtes, ces deux-là ne servent plus vraiment à grand-chose), Poussey & Soso, Suzanne & Maureen. Du coup j’en viens à réhabiliter ce que j’ai vu avant et à me demander si ce n’est pas la saison la plus « intéressante » depuis la une. Bizarre.

Le bureau des légendes – Saison 2 – Canal + – 2016

13627109_10153800357192106_2815372411416111681_nSecret défense.

   9.0   La première saison nous avait laissé sur de fines promesses et une bonne dose de frustration : Quelques lourdeurs (une voix off beaucoup trop omniprésente, des personnages fonctionnels et des scènes de formations ou d’interrogatoires un brin mécaniques et illustratives) empêchaient d’y voir ce qu’elle était pourtant déjà : Une mosaïque folle du quotidien des services des renseignements extérieurs français entre création de légende, clandestins envoyés sur le terrain, salle de crise, infiltrations et suspicions diverses autour des éventuels agents doubles.

     En filigrane de ce premier jet il y avait l’interrogatoire de Guillaume Debailly aka Paul Lefèvre aka Malotru (Mathieu Kassovitz) par la CIA, qui clôturait la saison et sera une donnée importante de celle à venir. Les dix épisodes de ce nouvel opus sont guidés par une lettre écrite par Malotru à sa fille avant son départ vers Raqqa pour une mission kamikaze. En plus de faire se chevaucher intrigues et personnages, histoires intimes et infiltrations, la série crée un vertige supplémentaire dans la gestion de sa voix off, accentuant la précarité identitaire de ses agents, veilleurs ou clandés.

     Si les intrigues précédentes (Autour de Cyclone, qui est revenu et Nadia El Mansour retenue prisonnière en Syrie, notamment) laissent quelques traces, Le bureau des légendes se concentre sur deux nouvelles sorties : Le départ de Marina Loiseau aka Phénomène (Sara Giraudeau) pour l’Iran où elle incarne une sismologue devant approcher le réseau nucléaire par l’intermédiaire du fils d’un haut dignitaire (De très loin ce que cette saison offrira de plus intense et éprouvant. Et bouleversant tant la relation entre Marina & Shaipur pourraient être l’autre versant de l’amour impossible vécu par Paul & Nadia) ; Et la neutralisation d’un djihadiste français, qui décapite les otages, qui a tout pour devenir un bourreau de Daesh (La séquence de double infiltration vécu par Raymond Sisteron avec la sœur de la cible, épisode 5 je crois, est un sommet de la saison).

     C’est rappeler combien Le bureau des légendes, contrairement aux habituelles séries françaises (à l’exception d’Engrenages) se cale énormément avec l’actualité et n’hésite pas à investir le terrain, à allonger certaines séquences, à créer du rythme avec de faux temps-morts (Nadia en Picardie, Malotru et sa fille), à créer le suspense avec de l’attente ou d’infimes évolutions de scénario (Le texto de Shaipur sur les indications nucléaires, le micro d’Henri Duflot), faire apparaître de nouveaux personnages (le journaliste allemand, incarné par Magne-Håvard Brekke, qu’on avait déjà adoré chez Mia Hansen-Love) et surtout faire naître de longues plages de tension, comme on en voit peu à la télévision – Soyons précis : Comme on en avait jamais vu ailleurs. Le fait que Rochant soit seul showrunner de cette entreprise y joue énormément : L’unité d’ensemble est le gros point fort.

     Et la série s’est construit son monde et sa propre zone d’exigence : Si chaque personnage de la DGSE se dore d’un surnom d’insulte du Capitaine Haddock, l’astuce si elle peut faire sourire, ne se vautre jamais dans le ridicule car tout est comme le reste : tient à merveille sa ligne de conduite, efficace et complexe. Ainsi, il en va de même des différents lieux que la série s’en va fouler : On y parle la langue locale, on y embrasse les coutumes. Et chaque séquence, aussi elliptique puisse-t-elle être offre un équilibre subtil dans chacun de ses récits en étoile.

     Concernant la fin du dernier épisode, aucun reproche à faire, de mon côté. Je trouve l’issue explosive nettement plus forte et mystérieuse que ne pouvait l’être celle de la fin de saison 5 d’Engrenages (qui elle était vraiment ratée) par exemple. Là on ne sait pas tout. C’est comme si plus tôt, on avait vu Marina sortir du camion sans l’interaction qui précède, on aurait trouvé ça peu crédible. Ou si l’on avait revu Shaipur avant sa probable dernière entrevue avec Marina. Je trouve que la série joue beaucoup là-dessus : Sur ce que l’on donne à voir ou non.

     Bref, on sait combien les suites sont dangereuses, combien elles peuvent briser l’ambiance originale et/ou tenter d’en faire trop, s’éparpiller et perdre en caractère. Et c’est une saison hallucinante pour ma part. Aussi bien dans la mission de Phénomène que sur celle autour du djihadiste. Tout est complexe, dense mais hyper fluide (cette fluidité qui manquait un peu à Baron Noir). Certains épisodes étaient pas loin de me faire défaillir tant ils sont tendus, éprouvants et menacent de tout faire écrouler d’un claquement de doigts.

Irresponsable – Saison 1 – OCS – 2016

irresponsable-serie-francaise-ocsRetour gagnant.

   8.0   En voyant récemment Le Nouveau, de Rudi Rosenberg, je me disais qu’il représentait bien et de façon assez singulière et pertinente ce que c’est que d’avoir 14 ans. Et en allant voir La loi de la jungle, d’Antonin Peretjatko, j’avais l’impression que pour la première fois on nous disait de but en blanc, que dans la société d’aujourd’hui, la majorité des stagiaires ont 35 ans. Irresponsable arrive dans cette veine là à relier ce double ancrage moderne. Il est donc possible d’avoir 30 ans, d’être père sans le savoir et d’avoir un CV à néant. C’est lorsqu’il postule comme pion dans son ancien lycée que Julien va croiser son amour de jeunesse et fumer un joint avec un élève dont il apprendra bientôt qu’il est son fils. C’est un pitch aussi génialement impossible que le scénario sera hautement probable, au sens où l’on finit par croire, au-delà du geste comique, à cette folle histoire, sans doute parce que les créateurs y croient dur comme fer aussi.

     Le premier épisode est très intelligent car il installe toute l’intrigue sans qu’on ait une impression de surcharge. Les suivants se positionnent dans sa roue ; Il y a une puissance dramatique en sourdine tant les premiers épisodes semblent relativement inconséquents (à l’image de celui de la « fugue » nettement en-dessous du lot) mais le crescendo émotionnel va s’installer progressivement et finir de l’emporter par ko.

     L’épisode du diner marque la rupture. Jacques n’apparait pourtant pas dans cet épisode mais il est partout car c’est ici que la comédie de remariage explose et prendra son envol sublime lors des trois derniers. En effet, comment s’attendre à celui qui s’offre derrière, celui de l’anniversaire de Jacques, avec un marivaudage de grande classe lui permettant d’être à la fois au milieu de ses parents que de ses grands-parents respectifs ? Comment parvenir à créer cette union magnifique autant qu’insolite dans cette cuisine, autour d’un texto et d’une cigarette ? La cuisine confirme d’ailleurs aussi l’alchimie délicate mère/fils qui règne entre Julien et sa mère, ce même si leur relation peut parfois sembler houleuse ou s’aventurer dans le dialogue de sourds. Et que penser alors de ce plan panoramique dans la rue où la perfection de la reconstruction est désamorcée par cet humour bien caractéristique « Putain tu pues des cheveux. Je t’aime mais tu pues des cheveux » ?

     C’est une série aussi très drôle, qui trouve de vraies trouvailles comiques où les petits détails importants sont légion et finissent d’emporter l’adhésion, comme la bière posée sur le lit qu’on finit forcément par renverser ; La portière de voiture qui reste fermée car « J’ai ouvert quand t’as ouvert » ; Le « Best grand’ma » sur le tablier ; La petite cabane dans les bois ; La capote ; Les couleurs des manteaux ; Et puis le générique est très beau, ça m’a plu de l’entendre et de le regarder dix fois.

     Et tous les personnages, j’ai bien dit tous (même Adrien, si si) m’ont plu et surtout les femmes. La mère dégage un truc qui me plait beaucoup, un truc de mère dépassée et de grand-mère décomplexée (Ce qui est assez étonnant étant donné les évènements) que je trouve assez réjouissant. Elle n’est jamais un faire-valoir, mais un vrai personnage, comme pouvait l’être la mère d’Hervé dans Les beaux gosses. Et Emma est géniale. Elle est belle, elle a quinze ans, elle a donc tout pour être la pétasse écervelée du lycée – Celle qu’on nous offre régulièrement dans les fictions stéréotypées – mais c’est en fait la plus lucide, intelligente, ouverte. Et puis il y a Marie. Ah, Marie. Je suis amoureux.

     C’est bien simple, j’ai adoré. C’est une vraie bouffée d’oxygène, aussi bien dans le paysage de la série française que dans le format série tout court, à ranger sans forcer aux côtés de Love, la dernière production Apatow. Et je suis ravi de revoir Sèvres ou proche Sèvres (Chaville en l’occurrence) à l’écran depuis le sublimissime Memory Lane, de Mikhaël Hers. Belle et mystérieuse à la fois, solaire/automnal d’un côté ou lumineuse/hivernale de l’autre, il y a dans ces deux approches formels des lieux quelque chose qui me touche beaucoup. On a l’impression qu’on n’avait jamais filmé ces lieux comme ça. Qu’on ne les avait jamais vus sur un écran avant. Bref, la saison 2016/2017 commence de fort belle manière. Vivement la suite !

Game of thrones – Saison 6 – HBO – 2016

13631616_10153800357122106_1944173727140183386_nRenaissance.

   8.0   C’est la saison de la résurrection des Stark, clairement. Lors du final de l’opus précédent, chacun se voyait ancré dans un futur au moins indécis (Arya perdait la vue, Sansa s’échappait mais où ?) sinon anéanti (Jon Snow « For the watch ») et très vite ici leur avenir se pare de promesses, d’une nouvelle donne : Mélisandre (Pile : Bombasse ; Face : Shining) c’était attendu, ramène Jon à la vie et l’épisode en question fait les choses dignement ce qui permet au futur king in the north d’affronter Ramsay « Pire ordure » Bolton dans un traditionnel épisode 9 de grande tenue (Immense réalisation de  Miguel Sapochnik) ; Arya est en plein apprentissage guerrier chez les Sans-Visages de Braavos ; Sansa est en route pour récupérer Winterfell, Théon Greyjoy puis Lady Brienne puis Littlefinger (un retour sobre mais toujours là quand il faut celui-là) aidant ; Et dans un registre parallèle (car les saisons précédentes l’avaient un peu abandonné) Bran réapparait affublé d’un pouvoir lui permettant de voir le passé, les débuts de son père compris. C’est donc l’occasion d’un retour de Ned Stark (Et d’un Sean Benn lookalike un peu foiré) et d’un épisode titanesque autour de Hodor, Lostien en diable. Que demander de plus ? Un peu plus d’embrasement, peut-être. A King’s Landing et à Meereen, surtout. La partie Daenerys est plus intéressante cette année, plus ambigu, mais il manque encore le souffle qu’on voudrait lui trouver – Quoique de beaux instants s’en échappent ci et là, comme Thyrion et les dragons, Daenerys s’extirpant des flammes, encore. La famille Lanister décimée, King’s Landing n’a que peu d’envergure (Vraiment le point faible de la saison, chaque séquence là-bas provoque l’ennui) mais il faut attendre les vingt premières démentes minutes du season final pour se prendre une claque dans la gueule. On savait Cersei capable de tout, mais là, eh bé. Elle a quelque part sa propre résurrection puisque d’une marche expiatrice (5.10) elle termine sur ce qu’elle convoitait plus que tout : le trône. L’échange de regard qu’elle tient avec Jaime dit tout de la cassure idéologique et affective qui s’est immiscée entre eux et les sépare probablement de manière définitive. Quoiqu’il en soit, Jon Snow et Bran de côté il s’agit clairement de la saison du Girl power. Cersei et Daenerys prennent de la place, comme d’habitude. Mais ce sont les transformations de Sansa et Arya qui sont les plus imposantes. Sans parler de Yara Greyjoy, Lyanna Mormont et les Dorniennes. Une fois encore, chaque épisode pris un par un, chaque semaine, semble offrir un ensemble inégal. Mais au sortir, c’est bien sa richesse dans ses enjeux et dans ses différentes intrigues qui l’emporte.

Girls – Saison 5 – HBO – 2016

13620279_10153800357667106_552073781653390673_nLonely souls.

   7.0   Ravi de retrouver Girls à son meilleur niveau, après une saison 4 vraiment décevante. Chaque personnage évolue davantage de son côté cette fois, mais aucune storyline ne vient écraser l’autre, aucune des filles n’est en retrait par rapport à l’autre, comme ce fut le cas pour Jessa ou Soshanna un temps. Lena Dunham se permet même d’y envoyer cette dernière au Japon, de faire un épisode intégralement centré sur Marnie, de faire éclore une relation impossible (car sur le papier, beaucoup trop explosive) qu’on rêvait de voir éclore depuis le début. Cette saison s’ouvre d’ailleurs sur le mariage de Marnie & Desi comme si l’on voulait concrétiser des promesses et rassembler tout le monde – Le premier épisode est le seul de la saison où on les voit toutes ensembles et soyons honnêtes il s’agit de l’épisode le moins réussi de la saison. Ce qui en dit finalement beaucoup sur Lena Dunham elle-même qui semble ne plus savoir faire évoluer ses personnages en tant que bande (comme c’était le cas il y a cinq ans, pour le mieux ou comme elle tentait encore de le faire l’an dernier, mais ça ne fonctionnait plus) mais uniquement par le prisme de leurs propres virages, de leurs souffrances qu’elles ne peuvent plus se partager (Lorsque Hannah souhaite qu’on vienne la chercher dans un trou perdu où elle et Ray sont tombés « en panne » à cause d’une pipe un poil inopportune, aucune de ses potes ne va se déplacer) et de leurs évolutions opposées. Le mariage initial est donc un leurre parfait. Puisque cette saison n’est que dispersion. Et si chacune semble promise, un moment donné, à un avenir conjugal, elles finissent toutes, seules, décharnées, marchant vers l’inconnu (dernier plan qui rappelle celui de la première saison) ou accompagnées par la dimension hallucinogène qui leur correspond (Marnie revient vers Ray ; Jessa & Adam baisent en cassant leur appartement). Il n’y a que de doux rêves (superbe bulle parallèle en barque ici) car la réalité est plus ambiguë, plus violente, même chez les garçons (Jamais un saison de Girls n’aurait autant pu s’appeler Boys) ainsi Desi fond en larmes à chaque dispute avec Marnie, Adam libère une impassibilité amoureuse mais finit par exploser, le mec d’Hannah préserve sa relation en gardant des photos de ses ex à poil dans son téléphone, Elijah (Dont la série a vraiment creuser le personnage intelligemment cette fois) tombe amoureux d’un type de la télé qui n’aime que le baiser. L’univers de Girls est sans cesse marqué par les contradictions, les bonheurs éphémères et les déceptions permanentes, et Marnie en fait les violents frais durant un épisode somptueux.

Togetherness – Saison 2 – HBO – 2016

13620917_10153800357772106_2335045406361232829_nEverybody Is Grownups.

   5.5   A l’annonce de son annulation après deux saisons, j’étais très triste. Voilà une série que j’aurais aimé suivre sur plusieurs années, pour préparer tranquillement ma future propre crise de la quarantaine. Plus sérieusement, il y avait dans ce programme des assortiments de personnages qui me plaisaient beaucoup. Et cette nouvelle saison a confirmé sa bonne tenue sans toutefois véritablement exploser comme elle l’avait promis. En ce sens, le dernier épisode, bien qu’il soit émouvant dans les retrouvailles (attendues) joue un peu trop franc jeu la carte des bons sentiments, avec rires et larmes, tripotée de gosses et force du message « Vivons ensemble » un peu trop placardée. On a presque l’impression que la série prépare sa sortie, façon happy end à l’arrache. Alors on a bien évidemment gardé ces personnages perdus, hésitants, toujours à deux doigts de craquer, qui cherchent à se reconstruire à l’image de Brett dans la reprise de son Dune de gosse transformée en pièce de théâtre ou de Michelle dans son projet d’école privée et sa compétition avec une mère classe dans ses bottes, mais son désir adultérin non assumé était le point fort de la première saison, disparu entièrement ici, enterré sous le poids de sa culpabilité, comme le personnage qui jouait son amant, évincé du casting en deux scènes. Ce qui devait être le point névralgique de cette saison, à savoir la tristesse de leur petite fille, qui ne comprend pas pourquoi son papa dort sur le canapé, est complètement édulcorée et balayé par un épisode paillettes et rigolades. Dommage. Et c’est d’autant plus regrettable que jusqu’à ce dernier épisode, la série s’en tirait, moins bien mais plutôt bien. L’avant dernier épisode avec le sable de plage, on est dans la drôlerie par l’absurde (Cela rappelle beaucoup l’épisode « Party time » dans la saison 1) donc moins dans un entonnoir moral. Reste que le personnage le plus intéressant de cette saison c’est définitivement Tina, qui s’éloigne de son amant de passage (Campé par Peter Gallagher) pour se rapprocher de sa sœur et se découvrir dans la garde récurrente de son bébé, l’envie elle aussi d’être mère. Saison en demi-teinte donc, avec de beaux hauts mais aussi de vrais bas. Mais un show attachant quoiqu’il en soit.

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