Archives pour la catégorie Star Wars

Star Wars, épisode III, La Revanche des Sith (Revenge of the Sith) – George Lucas – 2005

01. Star Wars, épisode III, La Revanche des Sith - Revenge of the Sith - George Lucas - 2005« En tout cas, pas tant que mon mot à dire, j’aurais »

   5.0   Evidemment que tout est cent fois plus intéressant dans cet épisode puisqu’il a pour mission de recoller les morceaux. Et il le fait plutôt bien. D’emblée tout est d’ailleurs plus excitant (Les vingt premières minutes) que n’importe quel micro séquence des deux précédents opus : L’ouverture vertigineuse en plein combat galactique, Obi-Wan, Anakin, R2D2 et feu R4 face aux droides récalcitrants, l’ascenseur qui monte, l’ascenseur qui descend, R2D2 qui s’enflamme, l’affrontement avec Dooku, le combat avec le général Grievous le gros droide tubard, le crash improvisé et maitrisé. « Un vrai plaisir » pour reprendre les mots d’Obi-Wan, qui n’aura jamais été aussi nonchalant. On n’ira pas jusqu’à dire que la mécanique s’enraille ensuite mais disons que durant ces vingt minutes on oublie qu’on vient voir l’épisode où Anakin devient Dark Vador, c’est déjà beau. La suite est en effet plus programmatique et on n’oubliera pas de satisfaire les fans en allant faire coucou à Chewbacca et ses potes Wookiees sur Kashyyyk, mais tout est vite dévoré par l’attente du grand final : et le basculement tant attendu vers le côté obscur est très cruel dans la mesure où tous les jedis sont terrassés, bébés padawans compris. Ça m’avait bien glacé le sang à l’époque. La dernière demi-heure est assez impressionnante dans son épique montage alterné Obi-Wan/Anakin & Yoda/Sidious (Double combat sans vrai mystère dans la mesure où l’on sait ce qui leur advient à tous les 4) avec deux décors somptueux, aux antipodes l’un de l’autre, même si la rivière de lave de Mustafar finit par être TROP, donc super moche. Dans l’issue, on retiendra outre la démarche fatiguée de Yoda et l’agonie (étonnamment émouvante) d’Anakin carbonisé : les naissances de Luke & Leia alternées avec la première respiration de Vador. Le Mal est né. Bon, son cri ridicule quand il apprend pour Padmé c’était pas obligé, sinon.

Star Wars, épisode II, L’Attaque des clones (Attack of the Clones) – George Lucas – 2002

35. Star Wars, épisode II, L'Attaque des clones – Attack of the Clones - George Lucas - 2002Grossier personnage.

   3.5   En faisant abstraction du SUBTIL jeu d’Hayden Christensen. En ne prêtant pas attention à toutes ces séquences surlignées qui le font surjouer son glissement vers le côté obscur, son insolence envers Obi-Wan, ses envies de dictature, tout ça. En passant outre la bouillie numérique générale. En oubliant vite devant la course-poursuite avec Jango Fett que Lucas semble d’être inspiré du Cinquième élément. En faisant fi d’un nombre incalculable de scènes inutiles. En essayant de pas me marrer devant l’échappée romantique Padmée / Anakin à se rouler-bouler dans les hautes herbes lombardes devant d’immenses chutes d’eau synthétiques. A tout faire pour oublier que le scénariste devait être mort quand tout ce merdier se termine dans une gigantesque arène où l’on doit autant penser cinéma qu’à ce qu’on mange en ingérant un maxi best-of big-mac et son Sunday chocolat. En se persuadant que ce n’est qu’un mauvais moment à passer en attendant d’être un poil plus comblé avec l’épisode suivant qui recolle à La Trilogie qui compte vraiment. En faisant tout ça, L’attaque des clones est presque une agréable surprise tant je craignais de le revoir au moins autant que de voir un professeur quand t’as pas fait le devoir qu’il t’a demandé. Il y a une vraie noirceur dans le récit, déjà. Et la marche impériale qui débarque sans crier gare à la fin. Bon, c’est tout, mais c’est déjà pas mal. Je m’attendais tellement à me faire chier comme un rat mort que c’est passé tout seul, favorisé par les hasards d’une bonne humeur, probablement. Et puis quand tu vois Dooku sur sa mobylette il vaut mieux être de bonne humeur. En fait, je me suis fait la réflexion : Si t’enlèves Hayden Christensen, c’est pas si mauvais, non ? Punaise, j’avais réussi à faire abstraction, pourtant.

Star Wars, épisode I, La Menace fantôme (The Phantom Menace) – Georges Lucas – 1999

30. Star Wars, épisode I, La Menace fantôme - The Phantom Menace - Georges Lucas - 1999Les enfants d’une force nouvelle.

   5.0   De cette ouverture de prequel je retiens tout de même de belles choses, malgré Jar Jar Binks (qui soit dit en passant est moins missa-désagréable en VO), malgré le lissage des effets spéciaux (Pour ne citer que ça : Où est passé notre Jabba gluant, luisant, veineux, dégueulasse ? On le croit sorti du pressing), malgré le prêchi-prêcha de chevaliers Jedi devenus franchement lourdingues. Je ne retiens pas Coruscant et son esthétique lissée qui ne parvient pas à choisir entre Miyazaki et Blade Runner. Je ne retiens pas non plus la première demi-heure qui est d’une chiantitude désarmante – Admettons ceci dit qu’ouvrir une trilogie ne doit pas être chose aisée, raison pour laquelle il faut saluer le récent travail de J.J.Abrams sur Le réveil de la force – alors que sur le papier, suivre les deux ambassadeurs Jedi que sont Obi-Wan (incarné par un Ewan McGregor arborant une queue-de-rat bien ridicule) et son mentor Qui-Gon (Le beau personnage de cet épisode, sage guerrier et enseignant bienveillant, avec un très sexy Liam Neeson en plus) avait quelque chose d’excitant qui convoquait, un peu, le voyage de Luke et Obi-Wan dans A new hope. Malheureusement, le montage est laborieux et les séquences sont, pour la plupart, beaucoup trop courtes, bavardes et pas forcément lisibles dès que ça bouge. C’est donc légitimement que je vais retenir, outre Tatooine, ses marchés grouillants, sa tempête de sable, l’idée du taux de midi-chloriens et la tant attendue apparition de mini-Anakin, la course de modules, chorégraphie franchement jouissive façon Ben-Hur pour les gosses, un modèle du genre même si on a basculé dans le jeu vidéo ; Et la bataille finale avec Dark Maul. Encore trop de montage parallèle, d’inserts bidons et de bavardages dans cette séquence mais l’épisode trouve enfin son climax, hyper opératique, bien aidé par la musique (l’un des plus beaux thèmes de la saga, sinon le plus beau à mes yeux) qui permet à Lucas de se venger de ses piètres combats de sabres laser de la Vraie trilogie. Maintenant il faut aussi reconnaître que tout est cousu de fil blanc, hein. On sait qu’Anakin va gagner la course in extremis, on sait que Qui-Gon va mourir et on sait que Jar-Jar Binks va tuer plein de droïdes. C’est la suite logique. C’est Star Wars dans ce que ça a de plus programmatique. Mais c’est pas mal. Maintenant va falloir revoir le suivant et là j’ai peur.

Star Wars, épisode VI, Le Retour du Jedi (Return of the Jedi) – Richard Marquand – 1983

27. Star Wars, épisode VI, Le Retour du Jedi - Return of the Jedi - Richard Marquand - 1983Au nom du père.

   5.5   Comme dans mes souvenirs, ce troisième volet m’ennuie sitôt embarqué sur Tatooine (Première partie interminable et complaisante à trop vouloir envoyer un max de gueules déformées possibles, même si son issue avec la bataille au-dessus du Sarlacc est plutôt bien fichue et drôle et Leia est super bonne est super bien habillée quand elle étrangle le gros Jabba) ou sur la lune forestière d’Endor avec les Ewoks, bien qu’on puisse là encore compter sur Leia et Solo (et leur jeu du chat et de la souris) pour sauver les meubles. Heureusement que Solo est décongelé ceci dit.

     Heureusement aussi que l’arc narratif Luke/Vador prend une telle dimension, suicidaire dans leur absorption provisoire par l’empereur, et cathartique dans le revirement émouvant du père avant sa mort. Ayant découvert Star Wars à l’époque de La revanche des Sith, je crois avoir toujours vu Hayden Christensen accompagnant Yoda et Obi-Wan en hologramme jedi à la fin. Sans discuter des autres choix de révisionnisme numérique opérés par Lucas pour la restauration de la trilogie, prendre le personnage à l’instant où il n’est pas encore gagné par le côté obscur s’avère, à mon sens, plus judicieux que l’apparent choix initial – Un vieux qui ressemble vaguement, en moins cramé, au Vador sans son masque – et cette courte scène, muette qui plus est (enfin ils ne parlent pas), montrant ces trois mentors enfin réconciliés, est très belle.

     Pour le reste, j’avais oublié à quel point le retour de Luke sur Dagobah était à ce point inutile et nul. Si ce n’est pour nous dire ce qu’on savait déjà : la confirmation que Vador est le papa de Luke, que Leia est sa sœur. Le méga scoop. La séquence existe uniquement pour faire mourir Yoda et lui dire adieu. Et c’est foiré. On s’en fiche. Ça n’arrive jamais à la cheville de leur rencontre dans L’empire contre-attaque. Reste que ça soulage un peu, entre l’épuisant désert de Tatooine et la lourdingue forêt d’Endor à venir.

     Bon, je suis un peu dur car pris dans la continuité des deux épisodes qui le précèdent, c’est pas si mal, ça se regarde, on veut voir jusqu’où ira l’affrontement / les retrouvailles père/fils et voir qui des deux basculera du bon ou du mauvais côté de la force. Séquence forte, rien à dire. Le problème c’est le reste : Les enjeux sont sensiblement les mêmes que dans Le nouvel espoir ou L’empire contre-attaque, ça n’invente strictement rien, ça brode autour d’une storyline imposante, cette fameuse convergence père/fils et d’une storyline divertissante, cette attachante histoire d’amour entre Leia et Solo, mais c’est tout. Beaucoup trop de C-3PO / R2D2 pour les fans, de petites batailles pour les geeks, de peluches pour les gosses, de personnages à tronches pour les vendeurs de figurines. Et un rythme qui globalement en pâtit, à mon avis.

Star Wars, épisode IV, Un nouvel espoir (A New Hope) – George Lucas – 1977

03. Star Wars, épisode IV, Un nouvel espoir - A New Hope - George Lucas - 1977Un nouvel univers.

   7.5   On a prévu de tout revoir. Oui, en amoureux. Oui, jusqu’aux Derniers Jedi. Je suis un dingue. On commence donc par les premiers (dans l’ordre de sortie) sinon j’ai peur d’arrêter vite. Je ne reviendrai pas sur L’empire contre-attaque puisque j’avais écrit dessus quelque chose de sobrement conséquent l’an passé, mais il fallait bien que je parle du premier épisode sorti, La guerre des étoiles, quoi, renommé A new hope depuis la sortie de la prélogie. Je commence à bien le connaître celui-ci, je me rends compte, malgré ma découverte tardive de l’univers, malgré le fait que Star Wars, globalement, je m’en lave les mains, comme dirait mon fiston.

     Plus ça va plus j’aime vraiment cet épisode, qui est une sorte de miroir « simpliste » du suivant, si j’ose dire, tant il fait office de « Star Wars pour les Nuls » avec les belles explications d’Obi-Wan, pour que le spectateur néophyte (à l’époque, tout le monde l’était) ne soit pas trop paumé, avec ce côté conte initiatique d’emblée contré par un humour omniprésent dès la rencontre Luke/Solo, et une fluidité narrative assez déconcertante pour mettre en place la mythologie, sans trop forcer sur la dimension politique, la multiplication géographique et la kyrielle de personnages, avant d’enclencher, assez clairement, la seconde dans le suivant.

     En 1977, aussi étrange que cela puisse paraître aujourd’hui, La guerre des étoiles n’étant pas encore auréolé du succès que l’on sait, le film est très difficilement rattachable à un courant, relié à des références, prêt à loger dans des cases. Il n’a en effet rien du space opera synthétique que Lucas réactivera à l’aube des années 2000 et rien de la machine de guerre, rythmée, riche et complexe, imposée dans L’empire contre-attaque trois années plus tard. C’est même tout le contraire : Le début est excessivement lent, la lumière est parfois approximative, le montage alterné entre Tatooine et L’étoile Noire très étiré au point qu’on en oublie l’un quand on se situe dans l’autre. On est davantage dans une resucée de péplum/western 50’s et ses déserts et costumes minimalistes, que dans la mécanique à vendre des figurines et numérique à venir. Le mythe, c’est L’empire contre-attaque qui le fonde. Cet épisode d’ouverture lui prépare le terrain. C’est sans doute ce qui me le rend si attachant.

     Et puis ça se met en place minutieusement. Au sein de ce premier épisode je veux dire : On sent que le film se crée son univers, trouve son tempo, sa dynamique humoristique, on sent qu’il développe ses personnages, on sent qu’il devient saga. Voir ce film aujourd’hui, quarante ans après sa naissance, nous fait presque oublier qu’il a détruit le Nouvel Hollywood et qu’il est l’origine de l’industrie cinématographique à venir. On voit pas seulement naître Star Wars. On assiste à la construction d’un empire cinématographique, encore à l’œuvre aujourd’hui, d’autant plus aujourd’hui où Disney nous abreuve d’un nouvel épisode chaque année. C’est aussi triste que beau. A l’image de ces colonnes de buildings et ces lignes autoroutières dans le Koyaanisqatsi, de Godfrey Reggio.

Star Wars, épisode VIII, Les Derniers Jedi (The Last Jedi) – Rian Johnson – 2017

17. Star Wars, épisode VIII, Les Derniers Jedi - The Last Jedi - Rian Johnson - 2017La force fantôme.

   4.5   J’y allais confiant. Avec le double souvenir agréable provoqué par les deux dernières sorties de la saga, aussi bien le volet (d’ouverture d’une nouvelle trilogie) de JJ Abrams que le film indépendant de Gareth Edwards. J’aime beaucoup la nouvelle direction prise par les nouveaux Star Wars. Enfin, j’aimais beaucoup. Avec Les derniers Jedi, plus qu’une déception relative, j’ai eu l’impression de retrouver la mécanique sans âme de la prélogie, agrémenté d’un esprit méta qui m’a plus agacé qu’autre chose. C’est le seul de cette nouvelle vague de films que je ne veux pas revoir.

     Le vrai gros problème, déjà : C’est long. Le réveil de la force et Rogue One avaient filé d’un claquement de doigts, sans que je m’en aperçoive. Ici, tout est mal fagoté, mal monté, mal rythmé, la « magie des personnages » a disparu, je me fiche de tout le monde, et quand on s’ennuie pas, on flanche dans le ridicule – C’est quoi ces bestioles, là ? On avait réussi à oublier les ewoks et Jar-Jar et voilà qu’on nous abreuve d’une ribambelle de mogwaï croisés petits extraterrestres de Toy Story croisés Chat Potté ! L’HORREUR ! Et puis ils sont pas drôles en plus, enfin sauf si t’aimes Les Lapins Crétins, quoi.

     En fait, il y a trop de trucs rédhibitoires. La planète casino ça aurait pu être génial, par exemple. Une planète marchands d’armes et ils en font strictement rien. Plastiquement, la planète est moche, déjà. Et ils en font tellement rien que Justin Theroux (qu’on vient chercher) apparait inutilement. Et que Benicio Del Toro (Qui s’incruste à sa place) est nullissime. Et puis y a des invraisemblances impardonnables, franchement, des trucs pour forcer le trait du spectaculaire : Le sacrifice de Laura Dern (Je sais plus le nom de son personnage) pourquoi elle met tant de temps, pourquoi elle attend que les rebelles se fassent tous exploser avant d’aller détruire le croiseur en vitesse lumière ? La mission suicide de Rogue One c’était magnifique. Là c’est grossier, comme tout le reste.

     Avec un pic absolu. Le frisson de la honte de l’année. Enfin, le deuxième, après l’intégralité du dernier film de Claude Lelouch : La princesse Leia qui vole dans l’espace. Avant de mourir mais en fait non. OMG. Le niveau de ridicule, faut le voir pour le croire. Mais c’est dans la lignée d’autres moments de gêne comme l’apparition de Yoda. Ça devrait te coller des frissons, ok, mais pas ces frissons-là. Rien que les séquences d’apprentissage sur le rocher de Luke, mais c’est tellement nul. On regrette Dagobah. 

     C’est aussi pour ça que cet épisode m’a gêné. Il pioche partout. Veut raviver L’empire contre-attaque à gogo mais c’est raté. Les ewoks du retour du jedi. Et même Rogue One pour le côté suicidaire global. C’est un maxi best of ce truc. Plutôt un happy meal tant il regorge d’humour pour les bébés. Ouai, beaucoup d’humour dans cet épisode. Trop d’humour. D’une telle lourdeur, on se croirait dans Les gardiens de la Galaxie.

     Et quand c’est pas grossier c’est du déjà-vu, malgré tout ce qu’on raconte, que c’est un Star Wars différent. Mais non ! Rogue One, c’était différent. Là non, c’est simplement raté. Par exemple, pour revenir sur la mort de Laura Dern, le déroulement est mal exécuté mais le résultat est très beau, avec ce vaisseau pourfendu en muet de long en large. Mais quelque part ça rappelle pas mal la destruction de la république en trois secondes dans le 7 qui répondait déjà à la traversée d’Aldorande réduite en pluies de météorites dans le 4, non ? Pas tant que ça révolutionnaire finalement.

     Rian Johnson c’était une fausse bonne idée de toute façon. Comme son Looper. Il loupe tout ce mec. Les incohérences que j’évoquais, c’est davantage un problème de subtilité qu’autre chose. Un problème de mise en scène, donc. En fait j’en attendais pas mal je me rends compte. Quand tu vois La menace fantôme t’attend plus rien. Quand tu vois Le réveil de la force tu sens qu’il s’est passé quelque chose, c’était inégal mais tellement stimulant, tellement prometteur. Et puis Rian Johnson détruit tout. On lui tend un sabre laser et il le jette à la mer. Magnifique scène méta du coup. Mais in fine assez malhonnête, tant j’avais sans cesse l’impression que cet épisode se moquait de la franchise, comme Spectre chiait sur James Bond. Pareil. Je déteste ça, je trouve cette pose de branleur absolument dégueulasse.

     Malgré tout, j’y ai parfois pris du plaisir, je vais pas te mentir. J’ai même été impressionné par la fin, notamment par la planète rouge salée. Et par l’hologramme. Forts les mecs. Le plaisir s’est aussitôt effrité au sortir de la salle, je ne voyais plus que les défauts. Un peu à l’image de Phasma, qui fait rêver mais qui ne sert à rien. Phasma c’est le personnage sacrifiée de cette nouvelle trilogie je trouve. Elle était déjà inutile dans le 7.

     Bref, là où Abrams tenait à réactiver l’aspiration et le décorum, cherchant la continuité, ce qui ne l’avait pas empêché de dépoussiérer son essence : les personnages (Rey, Finn, Kylo) mais aussi la thématique du deuil, Les derniers Jedi est plus passionnant à analyser qu’à regarder j’ai l’impression. Je suis pas sûr que plonger dans la thématique de l’échec (Ce n’est que ça puisque Luke le dit lui-même) et montrer l’échec de révolutionner la franchise ne fasse un bon film pour autant. Sous l’égide Disney c’est quasi impossible en fait. Il faudrait donner la liberté totale au réa, peut-être, afin qu’il puisse développer son univers dans l’univers, comme Miller l’avait fait en ayant carte blanche pour son dernier Mad Max. En l’état on a donc un film archi méta mais pas assez incarné pour intéresser autrement que par sa dimension théorique.

     Du coup, voici mon top mis à jour : 5 > 4 > 7 > RO > 6 > 3 > 8 > 1 > 2.

Star Wars, Episode V, L’Empire contre-attaque (The Empire Strikes Back) – Irvin Kershner – 1980

16143466_10154351206907106_7357545166315471244_o« Plus rapide, plus facile, plus séduisant. »

   7.0   Ayant découvert l’univers Star Wars très tardivement à savoir au moment de la sortie de La revanche des Sith (2005), le facteur nostalgie prend moins effet sur moi. Mon souvenir est moins parcellaire aussi. Il est double, axé sur l’assemblage de trois volets qui composent les deux trilogies. Je fais donc très facilement la différence entre la trilogie et la prélogie, ça pas de problème. Mais moins entre les trois épisodes qui les constituent. Dans l’une, Le retour du jedi, plus foutraque, me parle moins, et puis les peluches c’était pas possible. Dans l’autre, que je n’ai même pas envie de revoir, il y a L’attaque des clones, il fallait se le farcir cet épisode, au moins autant qu’il fallait se farcir la présence de Hayden « Anakin » Christensen, endive catégorie 5.

     Mon faible se situe comme beaucoup, comme les fans (Cela voudrait donc dire que ? Non ?) dans les deux premiers épisodes sortis : La guerre des étoiles & L’empire contre-attaque. Et franchement y a pas photo. Y a tellement pas photo que celui qui n’est pas d’accord est forcément fan de Phil Collins, ou né dans les années 2000. Je n’avais donc pas revu un épisode de Star Wars sous LucasFilm depuis longtemps. A vrai dire, la dernière fois c’était pour regarder les six d’un coup. Le genre de truc qui te calme pour dix ans. C’est à peu près le temps qu’il m’a fallu pour les relancer, dix ans. Le réveil de la force (2015) et Rogue One (2016) ont bien aidé, cela va de soi. Sans eux j’aurais tenu dix ans de plus, sans problème.

     J’ai donc revu La guerre des étoiles aka The New hope il y a trois semaines. Immense plaisir. A part C-3PO, qui me les brise prodigieusement (Mais il est plus insupportable encore dans le suivant) je trouve ce volet brillant, passionnant et jubilatoire. Puis j’ai revu L’empire contre-attaque, j’en crevais d’envie. Il est de bon ton de dire que L’empire contre-attaque est le meilleur épisode, sans sommation. Et c’est vrai, c’est le meilleur. Mais ce n’est pas celui que je préfère. Le temps et mon diffus souvenir m’avaient persuadé que si mais en fait non. Et ça ne l’a jamais été puisque mes maigres souvenirs (de situations, rencontres, vannes, combats…) se condensaient majoritairement dans The New hope. J’aime beaucoup sa limpidité, son entrée en matière sur Tatooine, la rencontre Luke/Obi-Wan, la traversée d’Aldorande réduite en pluie de météorites, la bataille de Yavin et le jeu de séduction/répulsion entre Solo, Leia & Luke.

     L’empire contre-attaque est plus dispersé, plus riche, plus fou, plus sombre aussi, il a tout de mieux, moins l’humilité, la tendresse, la crédulité. On est déjà dans une ère nouvelle. Et puis c’est aussi un poil trop le vecteur d’une imagerie plus écrasante : La rencontre entre Luke & Yoda ; L’affrontement Luke/Vador avec la révélation paternelle, la main tranchée et la grimace de légende ; La congélation de Han Solo ; Leia & Luke qui se roulent une galoche, nomdedieudebordeldemerde mais c’est dégueulasse quand on y songe deux secondes ; Le jeu du chat et de la souris entre l’Alliance et le Faucon Millenium ; La neige de Hoth ; Le marais de Dagobah. Bref c’est assez imbattable. Mais il y a un peu trop de choses pour moi. Reste que j’aime beaucoup l’idée que la majorité de l’action est causée par un hyperpropulseur défectueux empêchant le vaisseau d’attendre la vitesse lumière. Ça devient un beau running-gag. Bref, c’était chouette de les revoir, ces deux épisodes. 

Rogue One, A Star Wars Story – Gareth Edwards – 2016

20Un plan nébuleux.

   6.5   Deux épisodes de Star Wars en à peine un an d’intervalle, c’était un peu trop pour moi et ce même si j’avais été plus qu’agréablement surpris par l’opus de J.J.Abrams que j’ai d’ailleurs revu quelques mois plus tard, avec plaisir, mais sans passion. C’était l’épisode pour le geek nostalgique, ça marche une fois puis ça s’effrite. Mais j’aime toutefois beaucoup ce qu’ils ont fait du personnage de Kylo Ren. Et puis ça fonctionnait bien au niveau de l’action, Abrams étant loin d’être un manche.

     Dès sa sortie, il était évoqué la sortie quasi imminente d’un autre volet, qui existerait moins pour lancer une nouvelle trilogie que pour combler un trou, s’immiscer entre deux anciens épisodes. Gareth Edwards aux commandes, pourquoi pas ? Son Monsters était vraiment original, son Godzilla moins, mais regorgeait de moments de bravoure parfois efficaces. Mais franchement, ce « spin-off » j’en n’avais pas grand-chose à faire. Je n’avais même pas prévu d’y aller. Le relatif enthousiasme général m’a fait changer d’avis.

     Et c’est un bel épisode intermédiaire. Qui se situe entre La revanche des Sith et Le nouvel espoir, mais plus proche du second, donc de La guerre des étoiles, donc du tout premier de la série, chronologiquement parlant. Mieux, les trois paragraphes qui ouvraient The New Hope il y a 40 ans content ce que l’on verra dans Rogue One : La première victoire rebelles face à l’empire qui parvint à lui subtiliser les plans de L’étoile de la mort.

     Si le film va beaucoup s’amuser à officier en tant que passerelle, au moyen notamment d’apparitions aussi idéales qu’attendues (Celle de Vador apportant des frissons similaires à celle de Han Solo et Chewie dans Le réveil de la force) et de procédés numériques étonnants (Tarkin revient, le même que dans le film de Lucas, en motion capture puisque l’acteur est mort il y a vingt ans…) il n’y a plus cette nostalgie un peu écrasante qui irriguait l’opus d’Abrams, sans parler de son aspect « construit pareil » avec ses rebondissements organisés, son traditionnel buddy-movie et ses références/clins d’œil disséminés partout – Bien que le droide K2 assure le show, niveau humour. Rogue One semble faire sa propre sauce. Avec le soin de relier les choses comme La revanche des Sith avait pu le faire, mais moins en jouant sur l’aspect roller-coaster que le film de guerre pur.

     Et à ce petit jeu-là, Rogue One est bien fichu. Un peu sceptique dans la première partie du film, qui multiplie les lieux donc les planètes, ainsi que les personnages, et franchement n’étant pas un adèpte de la franchise j’étais complètement perdu, le film finit par devenir archi limpide sitôt qu’il se resserre sur l’histoire familial de Jyn Erso, l’équipée rebelle qu’elle constitue (La séquence sur cette planète ocre, qui pourrait être une version syrienne de Tatoine, est le beau tournant du film à mes yeux) puis l’affrontement final aux relents de Mission :impossible dans un Dubaï-like qui change complètement de l’esthétique habituelle de Star Wars.

     Et puis j’aime beaucoup l’idée du One-shot, de la mission suicide. Edwards peut se lâcher, cumuler les exécutions/sacrifices, puisque l’issue on la connait, le seul objectif c’était que les plans traversent le bouclier et atterrissent entre les mains de Leia. La fin est géniale. Ça ne s’éternise pas, ça te tombe dessus sans que tu n’aies le temps de la sentir venir. Autant on sentait largement la patte Disney dans Le réveil de la force, autant là plus du tout. Le revers de la médaille : ça manque un poil d’émotion, quand même, outre le plaisir du raccord.

     Bref, bien que je fasse partie de ceux qui aiment les deux films, pour des raisons radicalement différentes par ailleurs (une nouvelle trilogie à venir d’un côté, un épisode indépendant de l’autre), je pense que ceux qui n’avaient pas accroché au film d’Abrams sont tout à fait susceptibles d’aimer Rogue One

Star Wars, épisode VII, Le réveil de la force (The Force Awakens) – J.J. Abrams – 2015

star-wars-7-character-guide-finn-reyLe miroir à deux faces.

   7.  On m’aurait dit il y a dix ans que je serais déçu par un film de Malick et enthousiaste pour un Star Wars je ne l’aurais pas cru. Merci J.J. Abrams. Je n’ai envie de dire que ça ce soir. Je ne suis pas un fan de la franchise, je l’ai découvert bien tardivement, mais j’aime bien. Je pense que ce qui m’a fait du mal c’est de voir un jour les six à la suite, j’en ai beaucoup souffert. L’overdose. Mais j’y suis suffisamment attaché – enfin uniquement à la première trilogie – pour me délecter de la sortie d’un nouveau chapitre.

     Et Abrams réalise sans aucun doute le meilleur épisode depuis L’empire contre-attaque. Un monstre d’action et d’humour doublé d’un regard résolument moderne. Mais plus qu’un film d’action, c’est surtout un grand film d’aventures, une vraie chasse au trésor, patte Disney à la sauce Abrams et ses relents de Lucas. Ça donne un mélange assez savoureux. Un trésor qu’il faut à la fois dissimuler et protéger (de la dictature qui ne souhaite que sa destruction) mais qu’il faut avant tout chercher. Le voyage d’une carte incomplète et codée, relayée entre personnages. Une carte qui indiquerait où se terre Luke Skywalker, le dernier Jedi, qui a déserté depuis bien longtemps. C’est tout l’enjeu de The Force Awakens, maigre dirait-on s’il n’offrait pas le spectacle et l’émotion inhérente escomptée.

     La modernité intervient essentiellement au sein des entités importantes du récit. Les grands espoirs de la résistance sont bientôt placés dans Rey, une jeune pilleuse d’épaves solitaire ; Son alliance improvisée (pour sauver le droïde convoité) opère avec Finn, un Stormstrooper rebelle (la première séquence Destruction du camp/Casque blanc maculé de sang pose de bonnes bases) qui se prétend résistant. Leur évasion commune, jusque dans un vaisseau de contrebandiers puis vers la planète Takodana offre de savoureux instants de duo tendance buddy movie comme on pouvait l’apprécier entre Hamill et Ford jadis.

     Puis il y a Kylo Ren, un garçon hésitant, torturé, arborant le vestige de Vador, son grand père, en portant un masque inutile, il est coincé entre deux forces, deux mondes, extériorise sa colère par des accès de rage, il souhaite tellement exister quelque part, espère devenir une figure emblématique du Mal mais ne l’est pas vraiment, lui conférant une impulsivité probablement plus dangereuse encore (Quand Vador sauvait son fils, Kylo tue son père). Deux séquences importantes : Son erreur de prendre Rey tout en laissant BB-8 puis plus tard la rencontre sur la passerelle (Tout le cérémonial mis en place à cet instant ne laisse aucun doute quant à son issue même si bordel, c’est douloureux) sont des comportements bruts, des combats irréfléchis qu’il croit faire contre la résignation.

     La complexité du récit ne le rend pas imbuvable pour autant, c’est au contraire très limpide et idéalement orchestré. Alors c’est vrai que tout est hyper mécanique, trop bien orchestré justement. Qu’une fois qu’on a compris comment le film respire on voit tout venir, mais bon sang ce que c’est réjouissant en tant que pur divertissement, ça ne faiblit jamais, ça passe en un claquement de doigts. C’est aussi parfois inégal dans la caractérisation des personnages – Il y a ceux qui plaisent instantanément comme Maz Kanata, ceux qui laissent indifférent comme Snoke (Au moins on ne doit pas se coltiner un pénible Jar Jar Binks) – mais il ne faut pas oublier que c’est le film de lancement, donc qu’on est amené à les connaitre davantage.

     En fait c’est surtout un film miroir de A new hope, en un poil plus dark (l’anéantissement de la République en trois pauvres secondes, purée…) et c’est assez fascinant sans que la citation dévore tout. Chaque plan de cet opus Abrams réenclenche le mythe. C’est fait par un amoureux de la franchise et cela se voit. Jakku ressemble beaucoup à Tattoine. Des images restent comme le masque détruit de Vador, la première réapparition du Millenium Falcon, du sabre Jedi bleu. Bref, autant d’instantanés précieux, jamais trop sages ou trop grossiers. Une affaire de dosage. De sublime dosage.

     Abrams parvient à dénicher ce que Lucas avait oublié dans sa prélogie : Proposer un nouvel élan, lumineux et nostalgique, tout en offrant généreusement sa dose au fan club dont il a fait partie. On ne compte donc plus le nombre de clins d’œil (discrets ou non, difficile de tout relever) et de références, à des objets, des personnages, des lieux, des situations croisées jadis. Et pourtant donc, il me semble qu’on peut tout à fait aimer ce septième volet sans aimer ou sans avoir connaissance des six premiers. Ce qui n’était guère possible avec la deuxième trilogie. La réussite est là à mon sens.

     La deuxième trilogie, elle, ne réactivait que les origines, pensait qu’en terme de raccord, tandis que celle-ci, s’inscrivant dans la continuité de la première, trente ans plus tard comme en vrai pour être précis, active une douce nostalgie et des correspondances étonnantes, sur l’enfance, le vieillissement, le deuil (thématiques éminemment Abramsiennes) qui en font un objet nettement plus émouvant. Acteurs/personnages/spectateurs habitent la même sphère temporelle. Rey est comme nous, plutôt nous sommes comme elle (je me place en fan, allez) : Elle a été bercé par les soulèvements résistants et les aventures Jedi. Elle vibre en prononçant le nom de Han Solo, rêve en imaginant sa rencontre avec Luke.

     L’humour aussi a toujours fait partie intégrante de la Saga. Avec les retrouvailles de Han Solo et Chewie on aurait pu craindre que l’humour leur soit entièrement dédié, qu’ils soient les seuls à faire rire. Que nenni. Ce septième épisode est souvent drôle ailleurs, sans doute aussi parce qu’en tant que remake de A new hope il fusionne l’ancien et le nouveau. Ainsi il y a beaucoup de Han Solo dans Finn, comme il y a du Luke dans Rey, un mix de R2D2 et C3PO dans BB-8. On s’y retrouve.

     Encore une fois, le déplacement pouvait être grossier mais il s’avère très beau, tout simplement parce que les premiers personnages existent toujours. L’émotion qui sourde lors de la première entrevue entre Han Solo et Leia est bien réelle. Celle de la passerelle je n’en parle même pas.  

     Evidemment, Abrams n’est pas libre comme il peut l’être dans Super 8 mais je trouve qu’il apporte sa patte, qu’il se crée sa propre trilogie, qu’il n’a plus besoin de jouer sur le fantasme du raccord, qu’il peut inventer d’autres personnages. Tout n’est pas parfait mais le geste me plait. A chaud c’est donc un grand Oui. Car l’essentiel dans tout ça : J’ai super envie de voir les suivants. Bon et puis ce générique et texte déroulant coutumier, pour ne citer que ça, fou sa dose de frissons. Entre autre.


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