Archives pour la catégorie Star Wars

Star Wars, Episode V, L’Empire contre-attaque (The Empire Strikes Back) – Irvin Kershner – 1980

16143466_10154351206907106_7357545166315471244_o« Plus rapide, plus facile, plus séduisant. »

   7.0   Ayant découvert l’univers Star Wars très tardivement à savoir au moment de la sortie de La revanche des Sith (2005), le facteur nostalgie prend moins effet sur moi. Mon souvenir est moins parcellaire aussi. Il est double, axé sur l’assemblage de trois volets qui composent les deux trilogies. Je fais donc très facilement la différence entre la trilogie et la prélogie, ça pas de problème. Mais moins entre les trois épisodes qui les constituent. Dans l’une, Le retour du jedi, plus foutraque, me parle moins, et puis les peluches c’était pas possible. Dans l’autre, que je n’ai même pas envie de revoir, il y a L’attaque des clones, il fallait se le farcir cet épisode, au moins autant qu’il fallait se farcir la présence de Hayden « Anakin » Christensen, endive catégorie 5.

     Mon faible se situe comme beaucoup, comme les fans (Cela voudrait donc dire que ? Non ?) dans les deux premiers épisodes sortis : La guerre des étoiles & L’empire contre-attaque. Et franchement y a pas photo. Y a tellement pas photo que celui qui n’est pas d’accord est forcément fan de Phil Collins, ou né dans les années 2000. Je n’avais donc pas revu un épisode de Star Wars sous LucasFilm depuis longtemps. A vrai dire, la dernière fois c’était pour regarder les six d’un coup. Le genre de truc qui te calme pour dix ans. C’est à peu près le temps qu’il m’a fallu pour les relancer, dix ans. Le réveil de la force (2015) et Rogue One (2016) ont bien aidé, cela va de soi. Sans eux j’aurais tenu dix ans de plus, sans problème.

     J’ai donc revu La guerre des étoiles aka The New hope il y a trois semaines. Immense plaisir. A part C-3PO, qui me les brise prodigieusement (Mais il est plus insupportable encore dans le suivant) je trouve ce volet brillant, passionnant et jubilatoire. Puis j’ai revu L’empire contre-attaque, j’en crevais d’envie. Il est de bon ton de dire que L’empire contre-attaque est le meilleur épisode, sans sommation. Et c’est vrai, c’est le meilleur. Mais ce n’est pas celui que je préfère. Le temps et mon diffus souvenir m’avaient persuadé que si mais en fait non. Et ça ne l’a jamais été puisque mes maigres souvenirs (de situations, rencontres, vannes, combats…) se condensaient majoritairement dans The New hope. J’aime beaucoup sa limpidité, son entrée en matière sur Tatooine, la rencontre Luke/Obi-Wan, la traversée d’Aldorande réduite en pluie de météorites, la bataille de Yavin et le jeu de séduction/répulsion entre Solo, Leia & Luke.

     L’empire contre-attaque est plus dispersé, plus riche, plus fou, plus sombre aussi, il a tout de mieux, moins l’humilité, la tendresse, la crédulité. On est déjà dans une ère nouvelle. Et puis c’est aussi un poil trop le vecteur d’une imagerie plus écrasante : La rencontre entre Luke & Yoda ; L’affrontement Luke/Vador avec la révélation paternelle, la main tranchée et la grimace de légende ; La congélation de Han Solo ; Leia & Luke qui se roulent une galoche, nomdedieudebordeldemerde mais c’est dégueulasse quand on y songe deux secondes ; Le jeu du chat et de la souris entre l’Alliance et le Faucon Millenium ; La neige de Hoth ; Le marais de Dagobah. Bref c’est assez imbattable. Mais il y a un peu trop de choses pour moi. Reste que j’aime beaucoup l’idée que la majorité de l’action est causée par un hyperpropulseur défectueux empêchant le vaisseau d’attendre la vitesse lumière. Ça devient un beau running-gag. Bref, c’était chouette de les revoir, ces deux épisodes. 

Rogue One, A Star Wars Story – Gareth Edwards – 2016

20Un plan nébuleux.

   6.1   Deux épisodes de Star Wars en à peine un an d’intervalle, c’était un peu trop pour moi et ce même si j’avais été plus qu’agréablement surpris par l’opus de J.J.Abrams que j’ai d’ailleurs revu quelques mois plus tard, avec plaisir, mais sans passion. C’était l’épisode pour le geek nostalgique, ça marche une fois puis ça s’effrite. Mais j’aime toutefois beaucoup ce qu’ils ont fait du personnage de Kylo Ren. Et puis ça fonctionnait bien au niveau de l’action, Abrams étant loin d’être un manche.

     Dès sa sortie, il était évoqué la sortie quasi imminente d’un autre volet, qui existerait moins pour lancer une nouvelle trilogie que pour combler un trou, s’immiscer entre deux anciens épisodes. Gareth Edwards aux commandes, pourquoi pas ? Son Monsters était vraiment original, son Godzilla moins, mais regorgeait de moments de bravoure parfois efficaces. Mais franchement, ce « spin-off » j’en n’avais pas grand-chose à faire. Je n’avais même pas prévu d’y aller. Le relatif enthousiasme général m’a fait changer d’avis.

     Et c’est un bel épisode intermédiaire. Qui se situe entre La revanche des Sith et Le nouvel espoir, mais plus proche du second, donc de La guerre des étoiles, donc du tout premier de la série, chronologiquement parlant. Mieux, les trois paragraphes qui ouvraient The New Hope il y a 40 ans content ce que l’on verra dans Rogue One : La première victoire rebelles face à l’empire qui parvint à lui subtiliser les plans de L’étoile de la mort.

     Si le film va beaucoup s’amuser à officier en tant que passerelle, au moyen notamment d’apparitions aussi idéales qu’attendues (Celle de Vador apportant des frissons similaires à celle de Han Solo et Chewie dans Le réveil de la force) et de procédés numériques étonnants (Tarkin revient, le même que dans le film de Lucas, en motion capture puisque l’acteur est mort il y a vingt ans…) il n’y a plus cette nostalgie un peu écrasante qui irriguait l’opus d’Abrams, sans parler de son aspect « construit pareil » avec ses rebondissements organisés, son traditionnel buddy-movie et ses références/clins d’œil disséminés partout – Bien que le droide K2 assure le show, niveau humour. Rogue One semble faire sa propre sauce. Avec le soin de relier les choses comme La revanche des Sith avait pu le faire, mais moins en jouant sur l’aspect roller-coaster que le film de guerre pur.

     Et à ce petit jeu-là, Rogue One est bien fichu. Un peu sceptique dans la première partie du film, qui multiplie les lieux donc les planètes, ainsi que les personnages, et franchement n’étant pas un adèpte de la franchise j’étais complètement perdu, le film finit par devenir archi limpide sitôt qu’il se resserre sur l’histoire familial de Jyn Erso, l’équipée rebelle qu’elle constitue (La séquence sur cette planète ocre, qui pourrait être une version syrienne de Tatoine, est le beau tournant du film à mes yeux) puis l’affrontement final aux relents de Mission :impossible dans un Dubaï-like qui change complètement de l’esthétique habituelle de Star Wars.

     Et puis j’aime beaucoup l’idée du One-shot, de la mission suicide. Edwards peut se lâcher, cumuler les exécutions/sacrifices, puisque l’issue on la connait, le seul objectif c’était que les plans traversent le bouclier et atterrissent entre les mains de Leia. La fin est géniale. Ça ne s’éternise pas, ça te tombe dessus sans que tu n’aies le temps de la sentir venir. Autant on sentait largement la patte Disney dans Le réveil de la force, autant là plus du tout. Le revers de la médaille : ça manque un poil d’émotion, quand même, outre le plaisir du raccord.

     Bref, bien que je fasse partie de ceux qui aiment les deux films, pour des raisons radicalement différentes par ailleurs (une nouvelle trilogie à venir d’un côté, un épisode indépendant de l’autre), je pense que ceux qui n’avaient pas accroché au film d’Abrams sont tout à fait susceptibles d’aimer Rogue One

Star Wars, épisode VII, Le réveil de la force (Star Wars, Episode VII, The Force Awakens) – J.J. Abrams – 2015

Star Wars, épisode VII, Le réveil de la force (Star Wars, Episode VII, The Force Awakens) - J.J. Abrams - 2015 dans J.J. Abrams Star-Wars-photo-5Le miroir à deux faces.

   6.  On m’aurait dit il y a dix ans que je serais déçu par un film de Malick et enthousiaste pour un Star Wars je ne l’aurais pas cru. Merci J.J. Abrams. Je n’ai envie de dire que ça ce soir. Je ne suis pas un fan de la franchise, je l’ai découvert bien tardivement, mais j’aime bien. Je pense que ce qui m’a fait du mal c’est de voir un jour les six à la suite, j’en ai beaucoup souffert. L’overdose. Mais j’y suis suffisamment attaché – enfin uniquement à la première trilogie – pour me délecter de la sortie d’un nouveau chapitre.

     Et Abrams réalise sans aucun doute le meilleur épisode depuis L’empire contre-attaque. Un monstre d’action et d’humour doublé d’un regard résolument moderne. Mais plus qu’un film d’action, c’est surtout un grand film d’aventures, une vraie chasse au trésor, patte Disney à la sauce Abrams et ses relents de Lucas. Ça donne un mélange assez savoureux. Un trésor qu’il faut à la fois dissimuler et protéger (de la dictature qui ne souhaite que sa destruction) mais qu’il faut avant tout chercher. Le voyage d’une carte incomplète et codée, relayée entre personnages. Une carte qui indiquerait où se terre Luke Skywalker, le dernier Jedi, qui a déserté depuis bien longtemps. C’est tout l’enjeu de The Force Awakens, maigre dirait-on s’il n’offrait pas le spectacle et l’émotion inhérente escomptée.

     La modernité intervient essentiellement au sein des entités importantes du récit. Les grands espoirs de la résistance sont bientôt placés dans Rey, une jeune pilleuse d’épaves solitaire ; Son alliance improvisée (pour sauver le droïde convoité) opère avec Finn, un Stormstrooper rebelle (la première séquence Destruction du camp/Casque blanc maculé de sang pose de bonnes bases) qui se prétend résistant. Leur évasion commune, jusque dans un vaisseau de contrebandiers puis vers la planète Takodana offre de savoureux instants de duo tendance buddy movie comme on pouvait l’apprécier entre Hamill et Ford jadis.

     Puis il y a Kylo Ren, un garçon hésitant, torturé, arborant le vestige de Vador, son grand père, en portant un masque inutile, il est coincé entre deux forces, deux mondes, extériorise sa colère par des accès de rage, il souhaite tellement exister quelque part, espère devenir une figure emblématique du Mal mais ne l’est pas vraiment, lui conférant une impulsivité probablement plus dangereuse encore (Quand Vador sauvait son fils, Kylo tue son père). Deux séquences importantes : Son erreur de prendre Rey tout en laissant BB-8 puis plus tard la rencontre sur la passerelle (Tout le cérémonial mis en place à cet instant ne laisse aucun doute quant à son issue même si bordel, c’est douloureux) sont des comportements bruts, des combats irréfléchis qu’il croit faire contre la résignation.

     La complexité du récit ne le rend pas imbuvable pour autant, c’est au contraire très limpide et idéalement orchestré. Alors c’est vrai que tout est hyper mécanique, trop bien orchestré justement. Qu’une fois qu’on a compris comment le film respire on voit tout venir, mais bon sang ce que c’est réjouissant en tant que pur divertissement, ça ne faiblit jamais, ça passe en un claquement de doigts. C’est aussi parfois inégal dans la caractérisation des personnages – Il y a ceux qui plaisent instantanément comme Maz Kanata, ceux qui laissent indifférent comme Snoke (Au moins on ne doit pas se coltiner un pénible Jar Jar Binks) – mais il ne faut pas oublier que c’est le film de lancement, donc qu’on est amené à les connaitre davantage.

     En fait c’est surtout un film miroir de A new hope, en un poil plus dark (l’anéantissement de la République en trois pauvres secondes, purée…) et c’est assez fascinant sans que la citation dévore tout. Chaque plan de cet opus Abrams réenclenche le mythe. C’est fait par un amoureux de la franchise et cela se voit. Jakku ressemble beaucoup à Tattoine. Des images restent comme le masque détruit de Vador, la première réapparition du Millenium Falcon, du sabre Jedi bleu. Bref, autant d’instantanés précieux, jamais trop sages ou trop grossiers. Une affaire de dosage. De sublime dosage.

     Abrams parvient à dénicher ce que Lucas avait oublié dans sa prélogie : Proposer un nouvel élan, lumineux et nostalgique, tout en offrant généreusement sa dose au fan club dont il a fait partie. On ne compte donc plus le nombre de clins d’œil (discrets ou non, difficile de tout relever) et de références, à des objets, des personnages, des lieux, des situations croisées jadis. Et pourtant donc, il me semble qu’on peut tout à fait aimer ce septième volet sans aimer ou sans avoir connaissance des six premiers. Ce qui n’était guère possible avec la deuxième trilogie. La réussite est là à mon sens.

     La deuxième trilogie, elle, ne réactivait que les origines, pensait qu’en terme de raccord, tandis que celle-ci, s’inscrivant dans la continuité de la première, trente ans plus tard comme en vrai pour être précis, active une douce nostalgie et des correspondances étonnantes, sur l’enfance, le vieillissement, le deuil (thématiques éminemment Abramsiennes) qui en font un objet nettement plus émouvant. Acteurs/personnages/spectateurs habitent la même sphère temporelle. Rey est comme nous, plutôt nous sommes comme elle (je me place en fan, allez) : Elle a été bercé par les soulèvements résistants et les aventures Jedi. Elle vibre en prononçant le nom de Han Solo, rêve en imaginant sa rencontre avec Luke.

     L’humour aussi a toujours fait partie intégrante de la Saga. Avec les retrouvailles de Han Solo et Chewie on aurait pu craindre que l’humour leur soit entièrement dédié, qu’ils soient les seuls à faire rire. Que nenni. Ce septième épisode est souvent drôle ailleurs, sans doute aussi parce qu’en tant que remake de A new hope il fusionne l’ancien et le nouveau. Ainsi il y a beaucoup de Han Solo dans Finn, comme il y a du Luke dans Rey, un mix de R2D2 et C3PO dans BB-8. On s’y retrouve.

     Encore une fois, le déplacement pouvait être grossier mais il s’avère très beau, tout simplement parce que les premiers personnages existent toujours. L’émotion qui sourde lors de la première entrevue entre Han Solo et Leia est bien réelle. Celle de la passerelle je n’en parle même pas.  

     Evidemment, Abrams n’est pas libre comme il peut l’être dans Super 8 mais je trouve qu’il apporte sa patte, qu’il se crée sa propre trilogie, qu’il n’a plus besoin de jouer sur le fantasme du raccord, qu’il peut inventer d’autres personnages. Tout n’est pas parfait mais le geste me plait. A chaud c’est donc un grand Oui. Car l’essentiel dans tout ça : J’ai super envie de voir les suivants. Bon et puis ce générique et texte déroulant coutumier, pour ne citer que ça, fou sa dose de frissons. Entre autre.


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silencio


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