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Noces – Stephan Streker – 2017

46. Noces - Stephan Streker - 2017Zahira.

   7.5   A la croisée des chemins entre un portrait dardennien, Just a kiss (Ken Loach), Samia (Philippe Faucon), Mustang (Deniz Gamze Ergüven) et Keeper (Guillaume Senez) – que de très beaux films, donc – il y a Noces, film dont je n’attendais strictement rien, qui m’a beaucoup ému. J’ai adoré ce portrait d’une jeune belge d’origine pakistanaise éprise de liberté tandis que sa famille la promet à un mariage arrangé. Collé à son personnage en permanence, le film prend pourtant le temps d’esquisser son entourage avec complexité, qu’il s’agisse de ses parents, son frère ou sa meilleure amie (campée par la toujours géniale Alice de Lencquesaing). Le tout avec de forts parti pris : Pas de musique, déjà, nada, si ce n’est diégétique, lors d’une fête. Et une utilisation pas si habituel du hors champ lors des échanges, à l’image du tout premier lorsque Zahira vient prendre rendez-vous pour se faire avorter : On ne verra pas le visage du médecin – Comme on ne verra aucun des autres visages sitôt les personnages anonymes dans la construction de Zaihara. Le film s’ouvre là-dessus, sur cet entretien dans lequel la jeune demoiselle est tiraillée entre son respect du code familial et son appétit de liberté. Vraiment puissant. La jeune Lina El Arabi est absolument étincelante, d’un bout à l’autre du film. Là où le film va véritablement surprendre c’est dans sa façon de brosser le portrait de cette famille – dont on va forcément rejeter les coutumes puisqu’elles n’arrangent pas notre personnage – certes respectueuses des valeurs traditionnelles, mais plutôt dans une sauvegarde des apparences : Le drame ce n’est finalement pas tant l’interruption de grossesse de leur fille (de toute façon on va lui recoudre l’hymen) que celui d’affronter son refus de se marier avec son promis – Qu’on lui a pourtant laissé choisir parmi trois. Humiliation impossible à colmatée autant pour les parents que pour les frères et sœurs. Le garçon promis n’est par ailleurs jamais perçu comme le méchant lui arrachant ses dernières libertés, au contraire, il semble tout aussi paumé qu’elle, il est bienveillant, doux, et ses parents (puisqu’il les lui présente lors de leur union Skype) sont heureux, accueillants. Il n’est jamais question de faire un film à charge mais plutôt de constater que malgré toutes les ouvertures d’esprit du monde, la vie reste injuste, en l’occurrence pour les femmes, comme lui soulignera sa grande sœur (mariée et de retour d’Islamabad) pour la convaincre d’accepter son destin. En l’état, difficile d’imaginer le film se clore autrement, mais c’est dur. Ça calme vraiment.


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