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Destination finale 5 (Final destination 5) – Steven Quale – 2011

04. Destination finale 5 - Final destination 5 - Steven Quale - 2011Un pont trop loin.

   6.0   Le meilleur de la franchise. Je ne change rien à mon papier d’époque de sortie du film :

     Destination finale ne s’était jamais aussi bien portée. Pourtant, l’interrogation quant au plaisir relatif éprouvé devant la découverte de chacun des volets subsiste. L’idée première c’est le recyclage. A aucun moment le dispositif enclenché par le premier opus n’a connu de réel bouleversement.

     Il y a d’abord une séquence d’accident en guise d’entrée (l’explosion d’un avion, un carambolage sur une autoroute, la chute d’un wagon dans une montagne russe, une collision de stock-cars terminant leur course dans les gradins et maintenant la chute d’un pont suspendu) vécue à chaque fois comme une prémonition. Donc, ce que l’on voit durant un quart du film ou presque à tous les coups c’est ce qu’il aurait dû se passer sans la prémonition de quelqu’un de concerné dans l’accident qui évite à lui/elle et ses amis de périr dans la catastrophe. Un petit groupe s’en tire indemne systématiquement, les autres y passent comme prévu.

     Puis, ce petit groupe de rescapés, que l’on va suivre pendant le reste du film, va se retrouver confronté à la mort, qui cherche à finir le travail. Et chaque fois (ou presque) dans l’ordre dans lequel il mourrait durant la prémonition. C’est le maigre indice que celle-ci leur laisse. Puis, le film se termine systématiquement sur une séquence au cours de laquelle une partie du groupe croit s’en être tiré (en évitant ou déjouant la mort) avant qu’il ne soit rattrapé dans un final généralement expéditif qui contraste avec le temps accordé à la première scène du film.

     Sur cette trame peu inventive et redondante on est en droit de se demander quelles sont les raisons pour lesquelles nous retournons voir l’épisode suivant. C’est certainement parce que l’inventivité est ailleurs. Et que contrairement à Saw et d’autres conneries du genre, l’atmosphère reste légère, drôle, volontairement. Plus drôle que sadique et moraliste en tout cas. Cette « inventivité » déplace les enjeux qui se situent dans le déroulement orchestré par ces différentes façons de mourir. On se souvient de certaines séquences des opus précédents qui valaient leur pesant d’or, comme la machine à biceps de la salle de gym, les barbelés, la salle d’UV, un enchaînement improbable dans une baignoire, au drive d’un fast-food, une histoire de clous, l’airbag d’une bagnole.

     Nous n’allons pas voir un Destination finale pour une quelconque dramaturgie, ni même pour une atmosphère pesante à nous empêcher de dormir, ni même pour voir des personnages qui existent à l’écran. Aucune expérience éprouvante simplement du divertissement popcorn. Reste que l’intérêt premier de la série, ce qui fait qu’il est attrayant, supportable, c’est le minimalisme de ses effets et la non-incarnation de la mort, qui agit selon des mouvements irréguliers, suivant divers dysfonctionnements, souvent des accidents quotidiens, des enchaînements improbables mais pas impossibles, en tout cas rarement de manière ostentatoire.

     La saga reste depuis toujours vide de sens, elle se construit sur du vide, il est donc légitime que ses personnages soient vides eux aussi. Ce cinquième volet tente bien quelque chose un moment donné, pour dépareiller des précédents mais ça ne marche pas bien. Il avance une théorie (par l’intermédiaire d’un croque-mort) selon laquelle il serait possible de déjouer le programme de la mort en se faisant remplacer donc en tuant quelqu’un, dans le but de prendre le restant de ses jours à lui. Le film débouche alors vers un truc un peu vain de règlement de compte entre amis pour ne pas y passer qui n’a aucun intérêt et fait perdre le charme de l’impossibilité de s’en sortir quoiqu’il arrive qui régnait depuis le premier volet.

     Néanmoins, il y a quatre bonnes nouvelles dans ce Destination finale, cinquième du nom. Avant tout, sa mise en scène, plus sobre, plus limpide, dans sa photo, son montage, sa lumière. Puis, l’orchestration des morts. La saga connaît désormais son top one à mon sens avec un enchaînement complètement fou (et dieu que ça dure c’est un régal) dans un gymnase. Les autres sont très bien aussi, je retiens essentiellement celle de l’opération des yeux au laser, sans doute une de celles qui sont les plus difficiles à regarder, c’est absolument immonde. Une autre bonne nouvelle se situe aux extrémités, à savoir les génériques : Magnifique entrée fort bien utilisée par la 3D. Et très beau clip final de quasiment toutes les morts de la saga. Ça lui confère un côté nanar assumé en forme d’ultime volet, cerise sur le gâteau, d’autant plus agréable que c’est le plus réussi des cinq. Et la dernière concerne la sortie du film, sa dernière scène, fort sympathique, assez inattendue pour le coup et l’on se dit qu’il vaut mieux avoir vu le tout premier film pour que cela fonctionne mais je n’en dis pas plus. Bon cru.


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silencio


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