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Stranger Things – Saison 1 – Netflix – 2016

15128938_10154162217732106_65614552398095762_oL’esprit d’équipe.

   8.0   C’est typiquement le genre de projet excitant autant qu’il rend sceptique. A dire vrai je la sentais moyen cette affaire. J’aurais entendu de tout à son égard, un enthousiasme absolu et des déceptions pures et simples. J’ai donc fait confiance à mon instinct, attendu le moment propice sans me jeter dans la gueule du loup. J’ai bien fait. Toutes mes premières réticences se sont vite envolées. Tous mes doutes (du premier épisode) se sont transformés en jubilation. Cette peur de la compilation de gimmicks et citations pour flatter le chaland en quête de l’hommage ultime a trouvé son écho hypnotique : le plaisir de la reconquête 80’s, assumée.

     Il faut pourtant un certain temps à Stranger things pour se trouver une véritable identité. Trop obsédée par ses références qu’elle assène dans chacun de ses plans, elle en oublie ce qui faisait la marque de ces nombreuses productions Amblin et dérivés : Nous faire croire en ses personnages avant tout, accepter leur aventure comme si c’était la nôtre, puis naturellement nous faire entrer dans son univers ordinaire chamboulé brutalement par l’extraordinaire.

     Le temps d’un épisode pilot aussi agaçant que prometteur, un garçon disparaît et une étrange fillette apparait. L’agacement provient de cette réactivation forcée, non pas des codes du film fantastique familial mais de cette obsession à lui rendre hommage partout, via des affiches de films (Evil Dead, Jaws, The Thing) ou quelques séquences, situations, personnages identiques à celle de nos films chouchou : Mike chauffant le thermomètre sous sa lampe comme Eliott le faisait dans E.T. ; L’édenté Dustin, projection geek du gros Choco des Goonies ; Les BMX, les talkies-walkies. La panoplie complète. La promesse vient d’une idée forte : Ce voile de l’ombre, mystérieux, qui crée une passerelle avec le réel via une présence monstrueuse d’abord hors champ.

     La série va véritablement décoller dans l’épisode suivant avec l’arrivée d’Eleven, merveilleuse Milly Bobby Brown (L’actrice et Le personnage du show, indiscutablement) qui va agrémenter l’univers et lui offrir un visage et un pouvoir de fascination. Dès lors, moi aussi j’allais être upside down, progressivement. Il faudra tout de même passer outre le jeu cocaïné de Winona Ryder (Très gênant au début puis on s’y fait), le dessin grossier des ados et le manque de substance dans l’écriture des dialogues. Pourtant oui, on les oublie ces défauts, on les accepte, surtout parce que le rythme lui, ne faiblit jamais et le double monde prend des tournures horrifiques (C’est parfois hyper flippant pour un produit à la Amblin) et tragiques (notamment grâce au shérif, l’autre personnage fort). Et puis il y a Jonathan Buyers, le grand frère du garçon disparu, amoureux d’une fille amoureuse d’un beau gosse, que la quête commune (lui son frère, elle sa meilleure amie, qui disparaît à son tour au cours du deuxième épisode) va rapprocher. Ce côté revanche du looser me plait bien. Et c’est finalement ce qu’on va retenir de cette aventure : Tous ensemble contre le monstre, qui à l’instar d’E.T. se révèle surtout être une secte scientifique. Ce qui occasionne de nombreux bouleversements chez les personnages : les petits (Plongés dans un Donjons et Dragons géant à ciel ouvert), les moyens (Les clans finissent par disparaître) comme les grands (l’équipée sauvage du shérif et de la mère Buyers) évoluent en fonction de leur croyance en cet extraordinaire envoûtant et terrifiant. Comme le spectateur, en somme.

     Au final, aussi décalque soit-elle, la série ne vise jamais le sensationnel ni ne tombe dans la démonstration de force. Le monde de l’ombre en est l’exemple parfait tant il est dépeint comme espace abstrait, dont on n’explique d’ailleurs jamais le véritable fonctionnement, ni même le pourquoi de sa texture cotonneuse. Et puis niveau réalisation, c’est vraiment très beau. On sent qu’il y a du boulot, dans les intérieurs notamment, mais aussi la forêt, l’autre monde. On ressent beaucoup les influences d’Alien (dans l’autre monde) et Rencontres du 3e type (dans les maisons) mais elles sont parfaitement digérées.

     A l’heure où l’on est abreuvé de suites / reboots / remakes de nos madeleines (Faits : Halloween, Poltergeist, The Thing. A venir : Gremlins, Les Goonies) il est plutôt agréable de voir un produit de réactivation avec sa personnalité, comme avaient pu l’être pour le meilleur Super 8 au cinéma il y a cinq ans et pour le pire Midnight special cette année. Bref, je comprends tous les griefs, je les partage même à certains instants, mais j’ai marché. Comme un dingue. Je ne sais pas trop à partir de quel moment je ne pouvais plus m’en passer. Je pourrais m’y replonger illico volontiers.


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silencio


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