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Une journée à Roland Garros, 29/05/2023.

346071568_1249097312407404_7438721929721026975_nLundi de Pentecôte.

     La première et dernière fois que j’avais causé tennis ici, c’était il y a six ans, pour le sacre surprise de la jeune lettonne, Jelena Ostapenko. Il y a un lien avec ce nouveau billet « spécial Roland Garros » vous verrez.

     Une arrivée très matinale (8h50) Porte d’Auteuil qui nous permet de moins attendre devant les grilles (elles ouvrent par vagues) et d’assister à quelques entraînements de joueuses et joueurs (Madison Keys puis Stanislas Wawrinka, notamment) tout en buvant un petit café.

     10h30, direction le court n°14 (on sait que ce sera très dur d’y entrer par la suite) où nous verrons l’intégralité de la très belle rencontre (en trois sets) entre Madison Keys & Kaia Kanepi. Deux heures durant, nous entendrons (au loin) le public du Lenglen se manifester gaiement devant les tribulations de Benoît Paire. Nous déciderons d’aller assister à la fin de ce match, qui confirmera autant l’irrégularité du français que l’incroyable ambiance d’un court habitué aux grandes effusions. J’ai beau peu porter Paire dans mon cœur, quel bonheur ce fut d’assister à ces deux dernières manches et demi, de vibrer avec la foule.

     Une petite pause glace – et le temps de tomber sur Guy Forget, qui foule les allées tranquilou – avant d’enchaîner : La suite sera un peu plus calme avec le match Bencic / Avanesyan, qui permit d’abord d’entendre en vrai la plus belle voix de l’arbitrage tennistique (celle de Kader Nouni) et ensuite de découvrir la jeune et étincelante russe de 20 ans, 134e joueuse mondiale, qui sort donc la tête de série n°12 et qui sera magnifique, toute émue au micro de Marion Bartoli.

     On grignote un peu, on check les envies de pipi (un enfer, les toilettes des femmes, des attentes de 20min partout, mieux vaut être prévenu et donc y aller avant d’avoir envie) et on reste donc sur le court (qui s’est brutalement rempli) en attendant l’arrivée du nouveau numéro un mondial, l’espagnol Carlos Alcaraz.

     Les deux premières manches seront d’une violence extrême. Un jeune italien talentueux, puissant et téméraire, qui court sur chaque balle, face à une véritable machine. Le gamin joue bien et se fait éventré 6.0 6.2. Ensuite il jouera pareil mais marquera des jeux, ce qui mentalement fait beaucoup de bien. Et nous permettra d’assister à un troisième set d’un niveau incroyable. Cobolli régale, Alcaraz est obligé de sortir des coups d’extraterrestre. Et pendant ce temps, pas très loin, ça semble bien se passer pour Caroline Garcia sur le Chatrier, si l’on se fie à l’applaudimètre. L’italien s’incline logiquement, avec une énergie et un sourire qui lui ont permis de se mettre le public dans la poche pour dix ans. Un bonheur.

      On essaie d’aller voir Thiem sur le court 6, mais impossible, l’attente est trop longue. Même tarif pour Wawrinka (embarqué dans un marathon contre Ramos-Vinolas, sur le court 14, qu’on avait quitté cinq heures plus tôt). On va chercher quelques frites puis on s’installe à nouveau sur le Lenglen, au ras du court car il s’est vidé, afin d’assister au match entre Kvitova & Cocciaretto. Les « Allez Petra » fusent de toute part quand le type installé devant nous, ne cesse de scander des « Forza Elisabetta » tout seul, à chaque point. C’était épique. Et relou.

     La jeune italienne offrira l’une des surprises du jour, en éliminant la tête de série n°10 en deux petits sets. Même rayon de soleil qu’un peu plus tôt avec la jeune Avanesyan. Ce sourire, cette énergie, cette abnégation : Hâte de les retrouver au prochain tour. C’est aussi cela la magie d’aller voir des matchs sur place : On crée une proximité très particulière avec les joueuses et joueurs, on a le sentiment d’avoir partagé une aventure à leurs côtés, on a envie de suivre leur parcours.

      Ce qui me permet d’enchaîner sur le match suivant, auquel j’espérais pouvoir assister un peu : Ostapenko/Martincova sur le court 7. Pourquoi celui-là ? Tout simplement parce que la lettonne est la lauréate l’édition 2017. À l’époque j’avais comparé son parcours à celui de Guga, c’est dire. Elle qui est par ailleurs née le jour du premier sacre surprise du brésilien. Bref je voulais voir quelques balles. J’aurais vu les cinq derniers jeux. Elle les as tous gagnés. J’ai retrouvé son jeu « ça passe ou ça casse » qui m’avait tant marqué il y a six ans. J’ai même pu faire une photo avec elle.

     Il est 22h. Sur le court d’à côté se termine la rencontre entre l’américaine Mandlik et la suissesse Waltert. Il n’y a plus grand monde. Les allées se vident. C’est très beau. On est sans doute moins épuisés que Cobolli, mais on est rincé quand même.

     Vingt-trois ans que je n’avais pas foulé ces belles allées de Roland Garros. La dernière fois, déjà, j’étais sur le Lenglen, j’avais pu voir Agassi, tenant du titre, perdre contre Kucera, mais aussi Kournikova perdre contre Plischke. Entre autres. Une chose est sûre, je n’attendrai pas vingt-trois ans pour y retourner à nouveau.

Jelena Ostapenko – RG 10/06/2017

18951483_10154787161972106_4390797460367141733_nL’effrontée.

     Première fois que je parle de tennis sur ce blog. Première fois, aussi, que je voie une finale en différé. Habituellement j’aurais seulement pensé à le faire car voir un match (de tennis comme de foot) en connaissant le résultat disons que j’y crois moyen, disons que ça détruit clairement quelque chose. Mais là il le fallait.

     Parce que Ostapenko, déjà, coup de cœur / découverte / rayon de soleil absolu. Et parce que le tournoi féminin était passionnant cette année, imprévisible et vivant. Contrairement à la compétition masculine, un peu chiante, stéréotypée, bourrine – Sampras puis Nadal ont fait beaucoup de mal au tennis moderne. C’est dit. Ça ne m’a cela dit pas empêché de vibrer devant cette merveille d’affrontement Wawrinka/Murray en demi-finale.

Bref.

     J’étais persuadé que Simona Halep allait survoler la rencontre puisqu’elle avait déjà joué une finale à Roland. J’étais certain, aussi, que Jelena Ostapenko allait, samedi, quitté brutalement le nuage sur lequel elle roucoulait depuis quinze jours. Rattrapée par l’enjeu et ce qu’il représente.

Et pourtant.

     20 après l’épopée magnifique d’un quasi inconnu sur le circuit, Gustavo Kuerten, le tennis prouve qu’il peut toujours être surprenant. Il n’y a pas de coïncidence, Jelena Ostapenko (qui aura donc dominé Stosur, Wozniacki, Bacsincsky et Halep, rien que ça) est née pile poil le jour du sacre du brésilien. Il était alors 66e joueur mondial, il avait 20 ans, elle était 47e avant l’entame de ce RG 2017. Un tel alignement de planètes est rare.

     La lettone a été incroyable. Limitée par son jeu « ça passe ou ça casse » (Autant de coups gagnants que de fautes directes : 54/54) elle a su rebondir, tout en insouciance et abnégation. A bloc sur chaque frappe, c’est elle qui faisait le match. Elle aurait pu l’offrir (A 6.4 3.0 balle de 4.0 ça sentait le roussi, lorsque la roumaine servait pour mener 4.1 dans le set décisif, aussi) mais elle l’a gagné.

     Je suis ravi de revoir une telle énergie sur le circuit, cette fougue, cette insolence, cette désinhibition – Façon Michael Chang – ce vent de fraîcheur et ce magnifique sourire, qui manquent souvent au tennis moderne. Et puis cette natte. Ce revers. Et quelle puissance de feu dans chaque coup !


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