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The bear – FX Productions – 2022

02. The bear - FX Productions - 2022Let it rip.

   8.5   Pour moi, Chicago à l’écran, ce sera toujours Urgences. Dorénavant, Chicago ce sera aussi The bear, formidable série composée de huit épisodes (d’une durée oscillant entre vingt et quarante-cinq minutes) créée par Christopher Storer & Joanna Calo. On y suit Carmen, un jeune cuisinier ayant travaillé dans les meilleurs restaurants gastronomiques, obligé de reprendre la sandwicherie que son frangin lui a légué avant de se suicider.

     La série ne s’embarrasse ni de préambule ni d’explication de la situation : on entre dans The bear en même temps que Carmen dit Carmy dit Chef récupère The original Beef of Chicagoland, dit Beef, le fast-food en question, retrouve son cousin (qui s’occupe de la caisse) et fait connaissance avec chaque membre de la brigade abandonnée.

     Le montage, saccadé, effréné, s’adaptera à la situation autant que les personnages, qui ne cessent d’être en mouvement et de se crier les uns sur les autres, suivant son ancienneté, son grade, son poste etc. Il faudra être solide pour accepter cette folie saturée et claustrophobe. Et c’est pourtant là-dessus que la série, très vite, va s’avérer impressionnante, car si on ne sortira que très peu de cette cuisine, on y verra aussi beaucoup de Chicago, ses rues, ses trottoirs, son métro aérien. En ce sens, la comparaison initiale avec Urgences n’est pas si incongrue. Il y a The Beef comme il y avait The County, mais il y a aussi et surtout Chicago. A tel point que les musiques utilisées sont systématiquement reliées à Chicago.

     C’est assez évident dans l’avant dernier épisode, qui est à la fois le plus court, le plus impressionnant, le plus épuisant, le plus racoleur (Admire mon beau plan-séquence) et donc le plus casse-gueule. Disons que la série est déjà suffisamment nerveuse et bruyante pour qu’en plus il faille supporter l’action en temps réel, dans un plan en mouvement permanent, complètement fou, qui navigue entre cuisine et salle, d’un personnage à l’autre, dans un climat au bord de l’explosion.  

     L’épisode en question s’ouvre sur des images de Chicago, des images actuelles ou des images d’archives, accompagnées par le Chicago, de Sufjan Stevens. Or, dès qu’on entre dans le Beef, on apprend que le resto ouvre dans vingt minutes, autant dire que c’est le feu dans les cuisines. Ça l’est d’autant plus que ces vingt minutes seront hyper chargées, en cris, insultes et bruits variés (impossible, une fois l’épisode terminé, de se séparer du bip des tickets de caisse, provoqué par la tablette de pré-commande). Il s’y passe sans doute trop de choses : Un retard, un pétage de plomb, une histoire de couteau, une démission, mais l’intensité provoquée par ces vingt minutes en ébullition, est hors norme. Une montée en tension par ailleurs accompagnée par le Spiders, de Wilco, afin de rendre le tout, absolument cacophonique. Ce soir-là j’avais prévu d’enchainer les deux derniers mais impossible, cet épisode m’a rincé.

     On est bien entendu loin d’une série faisant rêver de travailler dans un resto (On pense beaucoup au film The Chef, qui pourrait être le prequel de The Bear) mais la nourriture y aura néanmoins une place essentielle dans l’image : on y verra se confectionner des donuts, se préparer des bouillons de légumes, des risottos au bœuf braisé.

     Mais il est surtout question de catastrophe annoncée, dans un bouiboui surendetté, qui doit affronter inspection sanitaire et critique gastronomique, conflits familiaux (Carmy & Richier, son cousin) ou entre les autres membres de la brigade. C’est plein, sans doute trop-plein. Mais c’est aussi ce qui fait la force de la série, qui tient sur les deux registres, la comédie et le drame. Dès qu’elle se recentre sur cette histoire familiale, développée d’épisode en épisode, elle devient même carrément bouleversante : le dernier épisode est un véritable tsunami émotionnel. Mais pas uniquement : tout ce qui concerne Sydney est passionnant. Evidemment Jeremy Allen White est génial, mais que dire d’Ayo Edebiri. C’est aussi une grande qualité de la série, son interprétation.


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silencio


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