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The Leftovers – Saison 3 – HBO – 2017

26-the-leftovers_w710_h473_2xToday’s special.

   9.0   Après avoir concentré la majorité de son récit dans la petite ville de Mapleton (Saison 1) puis dans celle de Jarden devenue Miracle, terre de pèlerinages (Saison 2) The Leftovers effectue un énième virage et se délocalise en Australie. Cette série est indiscernable jusque dans ses grandes lignes.

     On se souvient aussi de cette étrange introduction, l’an passé, qui nous plongeait en pleine préhistoire. Cet ultime opus – Car oui, The Leftovers c’est fini – s’ouvre au XIXe siècle. Ce pourrait être un geste un peu lourd et gratuit mais c’est un pont, comme un autre. Et une manière de rappeler que le temps dans The Leftovers est un peu détraqué. Surprise/Etrangeté parmi d’autres tant cette saison sera coutumière du fait, ne nous dépaysant pas trop de ce qu’elle avait insufflé durant ses vingt premiers épisodes.

     Aussi bien du point de vue de sa construction que dans le mouvement de ses principaux personnages, la série continue de creuser son propre sillon. Une fois encore, c’est sur une imposante ellipse (Trois ans) que s’ouvrent les hostilités : Le monde va accueillir une nouvelle ère – On se souvient de la pesante première bougie du Sudden Departure, qui brisait le peu d’équilibre régnant sur la planète, à laquelle on avait ôté brutalement cent millions d’êtres humains – puisqu’il s’agit bientôt du septième anniversaire depuis le ravissement.

     Sept ans, ce n’est rien pour personne, forcément, mais ça l’est encore moins pris sous le joug religieux puisque sept ans c’est un peu comme les sept jours avant le déluge dans la Genèse. Matt aura une fois encore une place prépondérante au sein du récit. Beaucoup s’attendent/espèrent/redoutent l’apocalypse qui scelleraient donc les retrouvailles entre les disparus et les leftovers.

     Mais entre-temps, pendant que les guilty remnants furent pulvérisés dans une mystérieuse attaque nucléaire commanditée par l’armée, Kevin est érigé en demi-dieu. Ses allées et retours dans « l’autre monde » ont forgé sa réputation messianique : On lui a même écrit un livre évangélique en son nom – la premier épisode s’intitule d’ailleurs sobrement The book of Kevin. S’il a continué à exercer son métier de policier, certains pensent qu’il est la clé du déluge à venir, qu’il est le seul capable d’éradiquer l’apocalypse. Pouvoir qu’il ne s’attribue pas, bien au contraire : On le découvre en début de saison, en pleine thérapie masochiste, tentant quotidiennement de s’étouffer sous un sac plastique.

     Quant à Nora, le cœur de la série à n’en pas douter, c’est elle qui va ouvrir la voie / la brèche de cette ultime opus, guidée dans un premier temps par un ancien acteur, seul survivant de sa sitcom : Il lui fait part de l’existence d’une organisation secrète, détenant une machine capable de renvoyer un leftover dans le monde des 2%, afin de retrouver ses proches – On sait que Nora est un cas spécial puisque ses enfants et son mari se sont envolés sans elle ce jour-là. C’est en Australie que ça va se jouer.

     Un voyage que Nora effectuera accompagnée de Kevin, qui trouvera lui aussi sa voie, loin de ses « fidèles », d’abord en croisant Evie, censée avoir disparu dans l’attentat envers les guilty remnants, puis en suivant les traces de son père, reclus dans le bush australiens. Kevin Garvey Sr. (Campé par le devenu trop rare Scott Glenn) aura même un épisode rien qu’à lui, où il s’en va sauver le monde du jugement dernier dans une sorte de chemin de croix qui se mue en quête miraculeuse – Dans un trip formel proche des expérimentations de Nicolas Roeg pour Walkabout – au sein duquel il fera la rencontre de Grace, qui aurait perdu ses cinq enfants ce 15 d’octobre – suivant le fuseau horaire australien. Fin d’épisode bouleversant, avec ce monologue terrible qui entrera bientôt en écho avec celui de Nora, lors du series final.

     Il suffit de prendre ces deux séquences tentaculaires pour comprendre le cheminement de cette ultime saison : Si la solitude et l’injustice sont toujours présents, c’est bien la croyance qui sera au centre du récit. La croyance en une réalité, qu’elle soit issue ou non d’un mensonge. Grace était persuadé que ses enfants avaient été enlevés avec leur père. La souffrance qu’un tel bouleversement imposait s’estompait dès l’instant qu’elle imaginait sa famille dans un autre monde. La terrible vérité lui parviendra des années plus tard. C’est cette terrible vérité que Nora pourrait avoir caché à Kevin dans leur dernière entrevue. Dans cette sublime entrevue de remariage. Qu’elle lui dise ou non la vérité (A-t-elle été de l’autre côté avant d’en revenir ?) importe moins que la foi qu’on lui accorde. Kevin bien entendu mais nous aussi, spectateur, évidemment. Tout The Leftovers se résume là-dessus. Comme c’était le cas de Lost il y a presque dix ans. Faire le pari d’y croire. Si cette saison joue la question du mensonge, cet ultime épisode est un véritable acte de foi mutuel.

     Nora a-t-elle voyagé dans la capsule ou crié STOP – comme ça semble être le cas – avant que le liquide l’engloutisse ? Quid du sac plastique de Kevin : La peur le paralyse-t-il au point de le retirer avant de ne plus respirer ou ressuscite-t-il systématiquement ? Et allons plus loin dans les hypothèses : Et si Laurie aussi était immortelle ? Après tout, son bébé s’est évaporé alors qu’il se trouvait dans son corps. A-t-elle vraiment plongé pour mourir lors de ce septième anniversaire ? Toujours est-il qu’elle est vivante, vingt-cinq années plus tard, devenue la psy clandestine de Nora. Les réponses sont floues mais on peut les décoder.

     La plus belle réplique de la série c’est probablement Nora qui nous l’offre durant ce dernier épisode : « They were all smiling. They were happy. And I understood that here in this place, they were the lucky ones. In a world full of orphans, they still had each other » Extrait d’un monologue absolument déchirant. Huit minutes qui te prennent aux tripes. Sans aucune greffe d’images pour l’alourdir ou lever des ambiguïtés. Il y a Nora / Carrie Coon et Kevin / Justin Theroux. C’est tout. Une vérité qui n’est pas forcément La vérité. Et il suffit d’y croire.

     La série se permet de se diversifier sans se fourvoyer, presque sans jamais s’éparpiller. Un centric magnifique sur le père de Kevin ici, un étrange périple en montage parallèle sur un paquebot là (Peut-être le léger point faible de la saison à mes yeux) ou un nouveau voyage dans l’autre monde, et même un épisode très musical, centré sur Nora & Kevin, qui parvient à répéter Take on me ad nauseam jusqu’à en faire une chanson vertigineuse. Et puis finir ainsi, dans un élan intimiste, sans prendre le temps de « dire au revoir » aux autres personnages comme le veut la coutume dans le paysage sériel.

     Si cette saison m’a semblé moins sidérante que la précédente c’est probablement parce que la précédente était douée d’un pouvoir de sidération beaucoup trop élevé. Quand bien même, il suffit de voir The Most Powerful Man in the World soit l’épisode 7 de cette saison 3 pour le rattacher à celui de la saison 2 qui s’intitulait International Assassin, pour constater que sa puissance s’est un peu réduite, pour constater aussi qu’on ne peut pas voyager dans l’autre monde deux fois et surprendre deux fois. Peut-être que cet épisode et le précédent freinent la dynamique en ce sens qu’ils existent pour catapulter Matt puis Kevin Sr face à l’échec de leurs certitudes. Néanmoins, l’épisode est là, il fonctionne, il offre l’un des plus beaux plans de la série (Le tout dernier) et surtout, il prépare le choc tellurique qu’on va encaisser dans le suivant, dans l’épisode final.

     Alors, que reste-t-il après le visionnage de ces vingt-huit épisodes ? Beaucoup d’interrogations, c’est une évidence. Mais l’impression, surtout, d’avoir vu l’une des séries les plus importantes, intelligentes, passionnantes, déchirantes de ces dernières années. Il reste le souvenir d’éprouvants périples, de bouleversantes plongées. Et des visages. Des regards qu’on n’est pas prêt d’oublier.

The leftovers – Saison 2 – HBO – 2015

The leftovers - Saison 2 - HBO - 2015 dans + 2015/2016 : Top10 Séries the-fight-the-leftoversWhere is my mind ?

   9.5   En effet, je ne sais pas bien où je suis.

     Dire que The Leftovers m’a chamboulé au-delà du chamboulement est bien en dessous de la réalité. Il va de soi que cela vaut pour les deux saisons, mais le niveau de ces dix derniers épisodes est si étourdissant. Ce n’est définitivement pas une série comme les autres. C’est un tremblement de terre.

     Je suis sorti terrassé de ce dernier épisode. Terrassé mais serein, tant je ressens ce que ça représente, la trace que ça va laisser, je m’y sens chez moi, je me laisse aller. Atteindre un tel pouvoir de fascination, un tel crescendo émotionnel, sans jamais forcer des entrées ni des sentiers attendus c’est assez inédit il me semble.

     The Leftovers a donc troqué sa petite bourgade de Mappleton (Celle du livre de Perotta) touchée comme le reste du monde par le suddent departure, pour Jarden, au Texas, ville curieusement entièrement épargnée. Une fois de plus, il ne s’agit pas de focaliser sur l’événement mais de vivre avec l’héritage qu’il laisse derrière lui. Prendre un lieu qui n’a pas bougé, rebaptisé dorénavant Miracle, que l’on vient visiter, que l’on souhaite habiter est une idée incroyable. Une de plus.

     What’s happened ? La série ne cesse, par l’intermédiaire de ses personnages de se poser cette question insoluble, de nous mettre en situation de se la poser. Qu’importe les questions et surtout les réponses sitôt qu’y demeure mystère et fascination – Incroyable séquence introductive, échappée de nulle part, dont on entrevoit des bribes réflectives dix épisodes plus loin. Qu’importe les miracles, les tremblements, les disparitions, les grillons récalcitrants, pourvu qu’on soit invité à s’y lover intimement, à ne plus vouloir en sortir.

     On pourrait grossièrement dire que The Leftovers est un Lost plus adulte. Rien de péjoratif dans ce constat bateau, simplement la sensation que les nombreux rebondissements qui faisaient le sel de l’une sont distillés et condensés dans l’autre de manière à créer une sidération sur la durée, en n’hésitant donc jamais à étirer les mystères (Un épisode sideway, dores et déjà dans la légende), poser un long dialogue, attiser nos incompréhensions. C’est faire le pari que le spectateur a déjà prévu de faire cet effort-là, d’assister et de vivre sa propre cour des miracles.

     On voudrait que ça ne termine jamais. Seul le voyage compte, à l’image de Kevin et plutôt deux fois qu’une ou comme Mary et plutôt deux retours qu’un. The Leftovers n’est que traversées hallucinantes, dérives déconcertantes. L’importance musicale, aussi, en tant que ritournelle ou trouée bouleversante sur Homeward Bound. Comment peut-on à ce point être aussi inspiré ?

     Holy shit. Ce sont les mots prononcés par Michael à l’issue de l’épisode 8 lorsqu’il assiste à quelque chose qui mérite largement cette exclamation. Oui, holy shit. On ne cesse de le dire aussi. C’est le ressenti global de cette deuxième saison qui te clou systématiquement par sa densité, sa puissance, sa profondeur.

     Il faut certes accepter de se séparer d’un certain bagage sériel commun, The Leftovers a davantage qu’un programme à offrir. C’est la vie dans ce qu’elle a de plus complexe, belle, indomptable, cruelle, incroyable.

     Je le disais, c’est un choc tellurique. Merci, Damon Lindelof. Et si cette fin me convient à merveille, please HBO, faites que ça continue.

The Leftovers – Saison 1 – HBO – 2014

The Leftovers - Saison 1 - HBO - 2014 dans + 2014/2015 : Top10 Séries LeftoversThe sound of silence.

   9.0   Et une série supplémentaire sur le thème de la disparition ! Dans les plus estimées, citons Lost – du même showrunner – qui s’était aventuré dans des contrées folles, hallucinogènes, sur six saisons, en se contentant de s’intéresser à ses disparus, naufragés d’un crash échoués sur une île plus que mystérieuse. Evoquons la superbe série française Les revenants (que l’on trépigne de retrouver) qui faisait elle réapparaître des morts d’antan tragiquement partis dans un accident de car, au sein d’une petite ville montagneuse et patibulaire. Il faudra dorénavant compter sur The Leftovers. Nouveau produit HBO, tout beau, tout neuf, qui n’a pas fini de faire couler de l’encre.

     Dès le premier épisode on est saisit. La série contourne d’emblée les attentes et la linéarité en présentant le fléau en une scène, avant de suivre une journée banale mais agitée à Mapleton, journée de commémoration du troisième anniversaire du drame comme n’importe quel patelin commémorerait le 11 septembre. L’atmosphère est anxiogène. L’ambiance musicale forte. On y entend du Max Richter, du James Blake mais surtout, surtout Sweet love for planet earth de Fuck Buttons. Caviar. Gros frissons me concernant. Autant dire que c’était déjà gagné. A part ça je ne comprenais pas grand-chose encore mais l’ambiance globale suffisait à me rendre attentif, fasciné, impatient. En un épisode pilot d’1h11 tu sens le truc ultra puissant qui couve déjà.

     La magie de The Leftovers et ce pourquoi il en vient à constituer un terreau d’attente prochaine absolument hors norme se joue dans sa propension à brouiller le tissu commun, la norme qu’impose les différents registres, fantastiques ou dramatiques. C’était la narration alambiquée de l’île monde créée dans Lost. C’était le schéma traditionnel de l’enquête pervertie dans Twin Peaks. Pour ne citer que ces deux-là. En se plaçant trois ans après les événements, la série refuse d’enquêter sur le fléau lui-même mais fait le pari de suivre les survivants de ce fléau, ce que ces leftovers, ces restes, sont devenus dans une trivialité quotidienne redistribuée. Un monde nouveau qui abrite un chaos imminent, entre ceux qui souhaitent chaque jour se souvenir et se murer peu à peu dans le silence jusqu’à mourir et ceux qui tentent d’oublier et de survivre dans une nouvelle réalité. On peut le voir comme un Lost inversé. Voire même comme un contrechamp de Lost.

     Les épisodes défilent et il est bluffant de constater le rythme émotionnel que la série impose. Ce qu’elle distille d’émotions, d’ambiguïtés, de métaphores, de tragique sous-jacent tout en restant constamment indomptable, éloignée de toute standardisation, de l’emprise sensationnelle. Il se joue ici quelque chose d’autre que son simple pitch, des événements qui semblent dépasser la série elle-même, tout respire un désespoir inéluctable, l’impression d’un château de cartes avant la tourmente. Il y a pourtant d’abord une frustration à ne pas être beaucoup plus éclairé sur le phénomène, les origines autant que sa dimension, mais la série choisit de nous tenir à l’écart de tout arrangement explicatif, nous laissant dans le même flou que celui dans lequel se trouvent les personnages. En un sens elle semble dire que la folie provient ce qui est inexpliqué et/ou inexplicable. L’évocation majeure de la religion, notamment dans l’épisode 3 centré sur le pasteur puis le suivant avec le bébé de la crèche qui disparaît accentue ce trouble et ce désordre général glissant progressivement vers le chaos. C’est un cataclysme qui ébranle tout, jusqu’à la notion même de foi : ici un homme en vient à venir lyncher un révérend en plein sermon. Rappelons que la série en s’ouvrant sur les disparitions intégrait celle du pape. Si les créateurs ont appuyé sur l’Eglise c’est qu’ils savent l’Amérique camouflée, si désastre, derrière cette institution à priori inébranlable. L’être humain semble aux portes de sa propre décomposition, dans son confort autant que ses croyances.

     Il y a une beauté et une cruauté à voir ce que ce phénomène crée de multitudes recomposées, à constater que les idéaux d’antan sont soit bouleversés (Certains tentent encore de fermer les yeux) soit anéantis par cette nouvelle donne. Le chaos provient au fond d’un profond sentiment d’injustice, puisque chaque famille ne le vit pas selon la même intensité. C’est le cas pour cette femme qui s’est vu privée, en ce jour de 14 octobre, de son mari et de ses deux enfants – Une probabilité aussi faible que de gagner au loto. A l’opposé, certaines familles ont été entièrement épargnées. Une personne qui disparait sur cinquante ce n’est finalement pas suffisant pour ne pas tenter d’y survivre. Cette impression d’injustice ne cesse de planer jusque dans cette disparition du pape qui ira côtoyer un dangereux condamné à mort ravi de sa cellule de transit. L’ébranlement provient de là : Si encore on pouvait réfugier ce ravissement derrière une solution cartésienne ou la possibilité d’absolution, mais pas du tout. C’est une injustice cruelle, d’autant plus cruelle et injuste qu’elle est inexplicable. Pour tout le monde. Ainsi, comment ne pas concevoir de se laisser dériver vers la folie ou de croire en cet ésotérisme (les fameuses blouses blanches qui refusent de gaspiller leur salive et tentent de guider les hérétiques vers ce que l’on croit d’une part être une sorte de rupture émotionnelle – se séparer de son passé – mais dont on apprendra vite un tout autre dessein) quand on se trouve face à l’impensable, qui semble apparemment uniquement guidé par les lois du hasard ? Comprendre alors pourquoi cette femme et mère de famille quitte tout alors qu’elle a, par chance, semble-t-il encore tout – On verra aussi plus tard que ce n’est pas si prosaïque. La série est puissante sur ce qu’elle dit de la non acceptation de ce statut de privilégie qui peut échoir à certain au milieu du malheur indomptable des autres.

     C’est tout le programme d’un récit fou qui entremêle les destins, les triturent, les chevauchent, déjoue les attentes, use de faux-semblants. Ces guilty remnants n’acceptent pas l’oubli et c’est parce qu’ils ne l’acceptent pas qu’ils vivent dans ce silence, ne choisissant aucune compensation affective. A contrario, le personnage de Nora Durst, touché par le départ de toute sa famille, donne un sens à sa vie en sondant les victimes pour que le gouvernement puisse éventuellement éclaircir les origines. Eux choisissent la souffrance. La souffrance muette, sans échappatoire.

     Quand la série, dans l’ultime épisode de sa première saison, cumule les idées si hallucinantes qu’elle te procure un frisson tenace et continu, tu te dis que ça se pose là, que le show dont tu rêvais secrètement est arrivé. Assister à ce contrechamp vertigineux où Nora se trouve face aux répliques cirées de sa famille disparue, assis comme leur de leur disparition fait dores et déjà partie des plans les plus terrifiants ever. Ecouter Kevin raconter qu’avant ce jour il aurait voulu fuir le noyau familial et qu’il fut pétri de honte lorsqu’il a senti ses enfants heureux de voir qu’il n’avait pas disparu. Et que dire de ce cri de Laurie lors du chaos incendiaire, qui renvoi au cri sourd de son fils dans la piscine durant l’un des tous premiers épisodes ?

     Depuis Lost, quelle série jouait à ce point de cette sidération permanente ? The Leftovers parait pourtant plus ramassé, plus concentrée et concise que son modèle – Deux fois moins d’épisodes, déjà – ce qui du coup provoque cette impression de dévastation constante, dans chaque épisode, chaque séquence où l’on ne sait jamais où l’on va finir – entre réalité parallèle, personnages mystérieux, rêves indéchiffrables. Il faut aimer jouir de l’imprévisible. Et cette quête de la sidération parfaite – que l’on pourrait définitivement associée aux cinq dernières minutes de la saison 3 de Lost / Au « We have to go back » de Jack dans Lost, The Leftovers y répond via la plume de Mégan : « We made than remember » – semble être une constante en germe dans ce nouveau produit HBO.

     2014 aura vu naître deux bombes sérielles. Si True Detective semble marquer la quintessence du polar hypnotique, la perfection anthologique de l’année, huit épisodes qui se suffisent à eux-mêmes, The Leftovers est incontestablement – jusque dans son emphase et ses imperfections – la série (en devenir) la plus excitante, éprouvante, sidérante vue depuis longtemps. 


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Auteur:

silencio


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