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True detective – Saison 2 – HBO – 2015

12118854_10153216402077106_4800106924534309099_nThe war was lost…

   7.0   Comment passer après une merveille pareille ? La saison une de True detective fut un tel raz de marée public et critique, tout le monde ou presque la gratifiant de louanges, remarquant qu’elle fera inévitablement date dans l’univers sériel, qu’on ne pouvait que craindre une suite, d’autant qu’anthologie oblige, ce n’en était pas vraiment une. On change le lieu, on change les personnages, les acteurs. Table rase absolue. Il fallait l’admettre et cela prend du temps.

     J’étais le premier à me plaindre. Tout simplement parce que ce temps de réadaptation est aussi celui que cette saison choisit pour balancer un récit confus, pas super stimulant et à priori pas forcément original. De menus soubresauts ci et là parviennent à nous tenir en haleine mais ça ne prend pas vraiment : On se fiche de chacun des personnages, on se fiche de l’intrigue et on se perd dans le soleil aride californien. Rust & Marty nous manquent, le mystère du Yellow king et la moiteur de la Louisiane aussi. Bref, c’est pas gagné. Le deuil se poursuit.

     Pourtant, un truc se passe. On oublie nos premières amours et on accepte de faire une nouvelle rencontre. Nic Pizzolato fait de même : nombreux indices montrent qu’il doit lui aussi se défaire d’une telle emprise, d’un bébé qu’on a d’emblée érigé en perfection, afin de raconter autre chose, autrement. C’est d’abord son Los Angeles qui fascine. Ses immenses routes qui se croisent, son industrialisation cauchemardesque, ses bars vides, les chansons de Lera Lynn et cette ambiance sordide, sans cohésion, aussi bien chez les flics que chez les truands.

     Il y a quelque chose de poisseux qui s’avère bientôt hypnotique, provenant autant du climat que de ce qui caractérise chaque personnage, qui transporte ses propres cadavres. On doute toujours mais on y est entré. Il faut Colin Farell, Rachel McAdams, Taylor Kitch et Vince Vaughn. Trois flics au rebus, aussi bien d’un point de vue intime que professionnel et un bad guy, bientôt trahi. Quatre beaux personnages s’enfonçant dans le néant, qui pourraient prendre la tangente mais préfèrent faire le ménage.

     J’ai lu des trucs peu reluisants à l’égard de cette deuxième saison, des choses complètement disproportionnées : Naufrage, ridicule, incohérent, vide. Je ne comprends pas trop. Si ce sont les mots de ceux qui ne sont pas allé jusqu’au bout des huit épisodes, j’imagine qu’ils sont le résultat de leur ennui et de leur frustration. Quelque part, je partage cela tant je trouve le début raté. Peu aimable. Mais si l’on s’accroche un peu, il me semble que son pouvoir de fascination, son magnétisme et son intensité dramatique finissent par l’emporter. Et puis parvenir à boucler cette storyline avec autant d’élégance, franchement chapeau. Et puis la mise en scène est top, quoi.

     Bref, les trois derniers épisodes effacent les déceptions offertes par les cinq premiers. En une scène, parfois seulement un dialogue ou ailleurs une fusillade. Ça a finalement vraiment de la gueule. Et même si on regrette un démarrage laborieux ou tout du moins peu accrocheur, on se souvient finalement, au sortir d’un épisode final (d’1h26) terrassant, que la série a simplement choisi de faire autrement, d’adopter une construction autre, des ellipses différentes, une respiration nouvelle. Si bien qu’elle a réussi le plus dur : Nous faire oublier qu’elle passait après la saison une.

True detective – Saison 1 – HBO – 2014

11737962_10153027482457106_112149606836020473_n     (Suite)    Je m’étais promis de me faire une rewatch blu ray quand les grandes chaleurs apparaîtraient, car oui je ne vois pas meilleures séries se mariant de façon aussi adéquate avec un climat bien moite et aride. La canicule d’il y a dix jours était parfaite. J’ai regardé ça en quatre jours, deux épisodes par soir. Plus rien ne comptait. Il y a des films que j’aime revoir tous les ans ou tous les deux ans, dont je ne me lasse pas. True detective, saison 1 (je me lance dans la saison 2 courant Septembre) sera la première série que je reverrais volontiers tous les ans à cette même époque. Je pense que je ne m’en lasserai jamais. Je la trouve parfaite, de la première à la dernière seconde.

True detective – Saison 1 – HBO – 2014

07.-true-detective-saison-1-1024x576To live and die in Louisiane.  

   9.5   Etant donné que je peine, ces temps-ci, à respecter mes principes  (jusque-là quasi incontournables) de blog exclusivement centré sur le cinéma et bien je vais continuer à m’éparpiller davantage en ouvrant une page série. La première. Probablement pas la dernière tant le média m’offre beaucoup en ce moment.

    En regardant True detective, je n’osais y croire. A peine bouclé je ne m’en remettais pas. Quelques semaines ont passé et je ne m’en remets toujours pas. C’est bien simple : Il s’agit du plus beau polar vu depuis longtemps (toujours ?). Depuis Zodiac, de Fincher, au moins. Mais en série, c’est à dire sur une durée de huit heures, le format parfait pour le genre. Ce dont je rêvais, en somme. Alors ça n’aurait pu être qu’un polar bien troussé, une longue traque mystérieuse, une enquête sur 17 ans, la Louisiane, un seul réalisateur (bon dieu ce que ça fait du bien) et une façon singulière de mettre tout cela en scène, comme s’il y avait deux présents, avec ce que l’on voit et ce que l’on raconte, tout en voyant parfois que ce qui est raconté n’est pas ce que l’on voit – La fusillade chez Reggie Ledoux, par exemple.

     Mais True Detective c’est avant tout deux personnages : Rust & Marty. Matthew McConaughey et Woody Harrelson. Le plus beau duo vu depuis longtemps. Deux flics en constante opposition idéologique. Au nihilisme latent de Rust qui fonctionne par tirades spirituelles et désespérées répond le rationalisme suffisant de Marty. Du coup, si le récit de cette traque paraît relativement conventionnel, la relation entre les deux policiers prend une telle ampleur narrative qu’elle finit par être plus intéressante que la traque en elle-même. C’est un climat gonflé à la testostérone en permanence. On retarde le conflit ultime mais la bagarre attendue finira par éclater. Moment jubilatoire qui plus est. Rust marque une date à mes yeux. Rarement un personnage n’avait été aussi passionnant, torturé, magnifique. Et puis bordel, c’est la classe absolue. Mais McConaughey c’est la classe absolue, de toute façon. Le mec, depuis trois ans, il revient vraiment de nulle part.

     True Detective se paie même le luxe d’être un formidable polar en mouvement, variant les lieux, s’engouffrant peu à peu dans les paysages arides de la Louisiane et la folie de Rust (des visions, notamment). Tu sens que tout peut s’essouffler après une hallucinante séquence (quasi inutile, d’ailleurs, c’est ce que j’aime) qui met à l’amende n’importe quelle scène d’action, mais l’épisode suivant rebondit autrement, la série trouve toujours le bon tempo et s’en sort miraculeusement. Le fait que la série affiche une construction étonnante via un montage astucieux qui convoque les dires du présent et les images du passé, une sorte de double enquête, sur un tueur puis sur nos deux policiers, crée un décalage passionnant qui selle l’alliance entre les deux personnages, alors qu’elle avait, vingt ans plus tard, plus moyen d’exister. C’est un mensonge qui les lie définitivement.

     Il faut préciser que ce n’est pas une série déprimante, loin de là. C’est sombre, désespéré, mais jamais déprimant. C’est même parfois très drôle, décalé. A ce titre, je crois n’avoir pas vu de plus belles battles de doigts d’honneur dans une fiction. Il n’y en a que deux mais elles sont tellement magnifiques. La dernière, notamment, à cinq minutes de la fin, dans la chambre d’hôpital, est un pur chef d’œuvre. Au passage, j’adore la fin. Toutes les strates qui la composent. On évite les twists en tout genre, les révélations abracadabrantesques, c’est même hyper déceptif comme final, bref tout ce que j’aime. Reste un polar d’une simplicité déconcertante en terme d’enquête mais archi complexe du point de vue de ses personnages, à la fois paumés et lucides, bref, contradictoires, comme la vie. Je pourrais à l’aise tout revoir dès maintenant. Mais je vais plutôt attendre la sortie du Blu ray.


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silencio


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