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Urgences (ER) – Saison 6 – NBC – 2000

13041132_10153616752482106_2799686655865013231_oAll in the family.

   9.0   On en voit pourtant beaucoup des choses durant cette sixième saison (Romano chef du personnel, Le départ de Jeannie, La présence de Rebecca De Mornay, L’accouchement de Carol, Les arrivées de Kovac, Malucci, Abby et Cleo, Le cancer du père de Mark…) mais rien à faire, c’est à deux épisodes au centre auxquels on repense inéluctablement. Deux épisodes en pleine Saint-Valentin (Quelle cruauté n’empêche) qui se suivent puisque le premier se ferme sur une séquence terrible, un coup de massue, que l’on reprend dans le suivant, d’un autre point de vue. Dès lors on sait qu’on va morfler. Plus que les destins croisés des deux personnages concernés (le fameux vivront / vivront pas ?)  C’est probablement avec ceux qui gravitent autour que l’on tient là l’un des épisodes le plus marquants, éprouvants de toute la série. De toutes séries confondues. Kerri Weaver toujours très pro, toujours à fond (Avant sa découverte macabre, c’est elle qui vient briser la fête et baisser la musique) passe la main, défaite, après avoir découvert les corps inconscients de ses deux collègues, dans un vrai bain de sang. Romano, l’un des personnages les plus antipathiques à l’accoutumée, explose de fragilité – Cette manière qu’il a de tout balancer lorsque les palettes ne parviennent pas à ramener la jeune femme. Elizabeth, mon personnage féminin préféré (Depuis un moment maintenant) sera la dernière à parler à Lucy, dont on ne tirera qu’un ultime remerciement, et deux dernières lettres « EP » quand elle sait qu’elle fait une embolie pulmonaire, qui s’en va la foudroyer. Et dans la pièce d’à côté Benton qui s’occupe de sauver Carter, c’est aussi une belle façon de rendre hommage à leur relation qui existe depuis les tous débuts. C’est drôle car ce sont ces deux épisodes en un qui m’avaient donné envie de tenter l’aventure Urgences ; J’étais tombé sur une diffusion télé vraiment par hasard et ça m’avait happé. C’était il y a plusieurs années, donc j’ai eu le temps de tout oublier ; Enfin disons que c’est plus simple de tout oublier quand on ne connait pas les personnages qui traversent une telle épreuve. Je ne sais pas pourquoi mais je me souvenais de cette séquence de décompression au café, lorsque Kovac et Malucci (les nouveaux) écoutent les infirmières leur raconter une anecdote Lucy / John qu’ils n’ont pas vécu, avant qu’on ne vienne leur apprendre que la première ne s’en est pas sorti. Tous mes souvenirs me sont alors revenus de plein fouet durant l’épisode. Et j’ai souffert comme jamais. C’est intenable en permanence. Ça me file des frissons rien que d’en parler.

Urgences (ER) – Saison 5 – NBC – 1999

12794650_10153499352947106_7290917859973568133_oA good fight.

   9.0   J’avais oublié à quel point c’est une série qui me demande beaucoup d’énergie – L’effet Friends tranquilou bilou en parallèle a sans doute crée un gouffre supplémentaire. Surtout j’ai l’impression, plus qu’avec nulle autre, que c’est une série constante, toujours cohérente dans ses intentions, mais meilleure à mesure pour la simple et bonne raison que chaque personnage a désormais son vécu à nos yeux et non un banal background hors champ. On a vu se dilapider le mariage de Mark Green, se construire la relation Carol/Doug, apparaître la maladie de Jeannie, la récente paternité de Benton et bien entendu, depuis le tout premier épisode, l’histoire de John Carter avec le County Hospital. Carter est notre guide depuis toujours. Et c’est avec lui qu’une sorte de boucle se ferme ici puisqu’il doit à son tour former une étudiante externe comme Benton l’avait formé cinq saisons auparavant. On sait dès le premier plan de ce nouvel opus (un blessé qu’elle recueille avant les secouristes, sous le passage du métro) que la jeune Lucy aura sa place au sein de cette kyrielle de personnages que l’on a appris à connaître et découvrir, personnellement autant que dans le cadre du travail.

     Cette cinquième saison est une merveille de construction, complète et cohérente dans chacun de ses enchainements et rebondissements narratifs. Je me souviendrai longtemps de The storm, ce double épisode (Le seul double épisode que la série aura offert, d’ailleurs) magnifique, éprouvant, où logent les prémisses d’une tempête de neige, un accident de car scolaire bien creepy, l’histoire de Mobalage & Kobe et la présence d’un enfant en stade terminal d’une maladie dégénérative, qui conduit à la fin de George Clooney. Doug Ross s’en va donc brutalement, par la grande porte puisque démissionnaire, après une décision instinctive allant à l’encontre des règles hospitalières – En gros, il aide l’enfant à s’en aller en lui injectant une dose létale. Mais s’il n’y avait que ça. Si de nombreux personnages récurrents traversent maintes épreuves, que faut-il dire de ceux qui débarquent et disparaissent aussi vite, ces patients éphémères ? Un épisode hallucinant, A good fight, chevauche deux dynamiques : L’hôpital d’un côté qui s’affaire pour garder en vie une femme pendant que Lucy & John partent à la recherche de son mari, unique donneur. C’est un épisode extraordinaire, étouffant, qui un peu à la manière de celui de l’éclampsie, Saison une, se concentre sur un seul patient. Heureusement qu’il y en a peu des comme ça car ils sont émotionnellement ingérables. J’étais sur les rotules.

     Que dire de celui avec cet accident de voiture, cette adolescente qui s’en va vers une probable paralysie pendant que son frère, brulé intégralement, va mourir ? Au début, on attend la venue d’ados (allant à leur bal de fin d’année) accidentés, à la fin on accueille les parents, défaits, inconsolables. Un épisode terrassant de plus. Mais parfois, au détour d’un épisode parenthèse, on s’extirpe de ce climat irrespirable et anxiogène, quand Peter Benton s’en va faire un remplacement dans un trou perdu du Mississipi. L’épisode The miracle worker constitue encore une belle boucle comme Urgences aiment en concocter de belles, où d’un côté un garçon se meure pendant que de l’autre une fille a besoin d’une transplantation du même groupe sanguin (offrant une belle évolution dans la relation Lucy/John qui doivent tout faire pour faire signer le don d’organe à une mère bouleversée par l’Avc brutal de son enfant) le tout quand une vieille femme décède et qu’un bébé naît dans la pièce d’à côté. C’est quoiqu’il en soit une saison sombre pour plein de raisons – à moins que mon impression soit biaisée par le temps que j’ai mis à regarder cette cinquième saison après avoir dévorer les quatre premières l’an passé – quasi systématiquement compensée par un petit détail humoristique qui apaise sans guérir : Le singe en peluche qui danse la Macarena ici, les coupures de courant à répétition là.

     J’en avais déjà parlé mais qu’importe, quel plaisir de retrouver cette superbe mise en scène, à la fois homogène et tout en variations, préférant les entrées dans les lieux selon de longs plans séquences en mouvement qui n’hésitent parfois pas à tourner autour d’une dizaine de personnages récurrents, qui bougent dans tous le sens et déblatèrent leur jargon, avant de privilégier, une fois le cadre installé et admis (Salle de trauma, d’opé, d’attente, hall, vestiaires, on sait à tous les coups où l’on se trouve) par le spectateur, des champs contre champs plus classiques. Un filmage qui fait 80% de la réussite de la série à mon humble avis parce qu’il englobe tout : L’existence d’un tel lieu clos, l’urgence de la plupart des situations, la rapidité des chassés croisés et l’importance de la         présence de chaque élément du personnel hospitalier. Oui j’avais oublié à quel point j’aimais tant cette série. 22 épisodes ça peut pourtant paraître long mais il semble n’y avoir aucun gras. Cette série me fait tant souffrir mais fichtre que je l’adore.

Urgences (ER) – Saison 4

32 (4)A bloody mess.

   8.0   Je ne vais pas revenir en détail sur cette excellente saison, puisque j’ai l’impression de me répéter. Je voulais juste dire qu’il y a selon moi dans cette série télé tout ce que l’on peut espérer d’une pure série télé, classique, élégante et destinée à tous. Parvenir à cette alchimie-là me semblait inimaginable avant de me lancer dans le monde des séries. Urgences m’apprend autant qu’elle m’émeut et me divertit, elle comble toutes mes attentes. C’est un show capable de s’enfermer dans un établissement jusqu’à l’étouffement, voguant d’un service à l’autre, avant de s’aérer complètement l’épisode suivant, le temps par exemple d’un road movie simple et magnifique (Fathers & sons) où Mark accompagne Doug en Californie à l’annonce de la mort de son père. L’un des rares épisodes à se dérouler entièrement hors des urgences, avec un peu plus tard Family practice, où Mark se rend au chevet de sa mère. Et puis il y a tous ces petits rôles qui ne sont jamais vraiment des petits, je pense notamment à ce qu’ils font du Dr Anspaugh et de son fils atteint d’un cancer (là encore, Jeannie y tient une place majeure) ou du retour avortée du Dr Morgenstern. L’épisode de l’erreur chirurgicale sur un médecin réputé où il est assisté de Benton est monumental. La saison se clôt d’ailleurs dans l’effervescence d’une urgence terrifiante. Je ne sais pas si la saison 5 démarrera là où celle-ci se termine, peu importe en fait, mais j’adore l’idée de finir là-dessus, l’éternel recommencement.

Urgences (ER) – Saison 3

36 (3)Random acts.

   9.0   Si Mark Green était clairement le personnage le plus intéressant de la première saison à mes yeux, la suivante rendait essentiellement grâce à Susan, qui passe par toutes les émotions inimaginables avant son départ (définitif ?) que cette saison 3 exploite à merveille. Ici je suis partagé. Entre Jeannie Boulet et Peter Benton. La première pour l’enfer qu’elle traverse de part sa maladie, ce qui permet du même coup de creuser ce personnage magnifique, le second pour sa transformation, machine huilée désormais enraillée ce qui le rend extrêmement touchant tandis qu’il était l’un des plus insupportables jusqu’ici. Bon, je m’enflamme un peu, tant Mark restera je pense mon personnage fétiche forever mais ça permet surtout de constater que Urgences plus qu’une série sur les urgences est entièrement dévouée aux personnages qu’elle a créé. Pas plus tard qu’hier soir j’ai d’ailleurs vu un épisode (l’un des seuls je pense, si ce n’est le seul) qui se déroule entièrement hors de l’hôpital (Fathers & sons, le 4.07). C’est dire si les personnages ont pris le dessus et tant mieux. Exemple : Carol et Doug dont je n’ai pas encore parlé (et qui sont au cœur du début de la saison 4) sont vraiment les potes qu’on aimerait avoir, l’amour impossible ultime. Et puis j’avoue avoir un faible pour Kerry Weaver, fascinante dans sa sécheresse et sa lucidité. Les moments entre elle et Jeannie font partie des hauts faits de la saison. Je pense que c’est la plus belle des trois premières saisons, d’ailleurs, c’est en tout cas celle qui me laissera les plus forts et nombreux souvenirs. Avec le suicide d’un interne (archi violente cette fin d’épisode), un double aveu amoureux bouleversant lors d’un adieu sur un quai de gare, l’accident de voiture (l’épisode est un chef d’œuvre), le braquage, l’agression subie par Mark et son enfermement dans la peur, l’erreur de Benton (transfiguration 1), le bébé de Benton (transfiguration 2) et bien entendu tout ce que vivent Jeannie et Al, le rapprochement que leur confère la maladie, c’est ce que j’ai vu de plus subtil et émouvant jusqu’ici. A la fin de la saison, après le 22e épisode, j’ai tout de suite enchainé avec le premier de la saison suivante car je connaissais sa renommée particulière, le fait qu’il ait été tourné et diffusé en direct. On est bien entendu plus dans la prouesse que dans l’émotion, n’empêche que c’est très fort.

Urgences (ER) – Saison 2

32 (2)What life ?

   8.0   Très belle deuxième saison, dans la lignée de la précédente. Je n’ai pas grand-chose à en dire, en même temps j’ai déjà fini la suivante, sur laquelle je reviendrai davantage, tant elle me parait absolument sublime, démente, la plus belle des trois jusqu’ici. Je voulais juste rebondir sur un épisode, pas forcément le meilleur, mais qui représente assez bien ce que j’aime dans la série. Il s’agit de celui où Clooney sauve un petit garçon coincé dans un canal. On a souffert avec lui. Bon, moi on peut me la faire à l’envers cent fois quand y a des gosses. Mais surtout, pour revenir un peu dessus c’est marrant de voir combien c’est du pur Urgences dans sa finalité. Car on sait rapidement que le petit va s’en sortir, puisqu’il est le prétexte pour permettre à Doug de rester aux Urgences (il venait de se faire virer). L’épisode pourrait donc se contenter de ça et nous faire un happy end super niais. Mais en parallèle une petite fille s’est fait renverser par une voiture. On pense qu’elle va s’en tirer mais c’est en fait elle qui succombe, après clampage d’aorte et tout le toutim. C’est cet équilibre cruel là que j’aime beaucoup. C’est un tout. Il y a des choses très dures mais on ne prend pas le temps de s’appesantir trop dessus ni de s’en servir comme déclencheur purement mélodramatique.

Urgences (ER) – Saison 1

32 (1)The Cook county.

   9.0   J’ai un rapport particulier avec Urgences. Ça rejoint mon hypocondrie en fait. Jeune, j’étais tombé dessus à la télévision, comme tout le monde. J’avais passé un sale quart d’heure. Je n’ai pas de souvenir exact de ce que j’avais vu mais ça m’avait traumatisé au point de rayer l’existence de cette série dans ma conscience. Jusqu’à disons il y a deux ans où en plus d’entendre généralement beaucoup de bien à son sujet j’étais tombé par hasard sur deux épisodes de je ne sais quelle saison rediffusés sur une chaine de la TNT et j’avais trouvé ça absolument génial. Une vraie claque, d’autant plus inexplicable et surprenante que je ne pouvais aucunement rattacher cette fascination à la narration puisque je ne connaissais aucun personnage. C’était juste une affaire de mise en scène. Du mouvement, de la vitesse, un pur tourbillon sans chichi, sans enrobage ostentatoire. Ça m’avait scotché. Il fallait à tout prix que j’en découvre davantage, c’était devenu une priorité. Puis ça m’est passé, inévitablement, tant j’avais conscience de la longueur imposante du show et de tout ce qui m’attendait à côté.

     Voilà, c’est parti. Une saison, 24 épisodes. Et c’est au-delà de mes attentes. C’est immense. Je ne veux voir que ça. Etant donné qu’on la regarde à deux ça limite le nombre d’épisodes journaliers et c’est tant mieux, on savoure. Et dans le même temps j’ai rarement envie d’enchainer plus de deux épisodes à la suite tant ça m’éprouve. J’aime beaucoup l’idée de nous plonger dans un monde. Les premiers épisodes ne sortent pas trop de l’établissement, comme si la série voulait apprivoiser le lieu avant de choisir de se focaliser sur certains personnages, plus que d’autres, d’opter pour des arcs narratifs et de nous y convier progressivement. Et puis l’avantage de ce type de chronique penchée sur un quotidien singulier c’est que c’est inépuisable.

     Mimi Leder (réalisatrice majeure de la saison) et ses acolytes font un sacré boulot. L’établissement est fouillé dans ses moindres recoins, ses couloirs infinis, l’accueil, les salles de trauma, celles de chirurgie, l’espace de pause, la lunch room, le toit pour les arrivées hélico, les ascenseurs. Une vraie mise en espace, fascinante, foisonnante, de laquelle on s’extirpe parfois, rapidement, vers les alentours, notamment le troquet du coin, le métro aérien ou l’arrière-cour et son panier de basket. On voit aussi un peu Chicago, un peu les intérieurs des cinq personnages principaux (Carol, Susan, Doug, Mark et Peter) mais on en revient toujours systématiquement dans l’hôpital. Le jour, la nuit. Il n’y a pas d’arrêt. Sauf lorsque la série se permet des trouées festives (les anniversaires, notamment) et burlesques. A ce titre, les toilettes sont bien employées. On se souvient de Green et sa femme surpris dans une drôle de situation ou encore de cette partie de cache-cache pour récupérer un chariot volé par le service du dessus. J’adore les tensions entre services aussi. La série brasse énormément là-dessus ainsi que dans les réunions, les diverses formations d’internes, les relations avec la hiérarchie. C’est d’une richesse phénoménale.

     Et puis il y a les urgences pures. Ce qui fait tout le sel du show, sa violence, sa démesure. C’est parfois insoutenable. Il faudrait par exemple revenir sur un épisode d’une dureté hallucinante, celui de l’éclampsie (Love Labor Lost). J’en suis sorti vidé, tétanisé. Le fameux J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps s’impose haut la main. Un épisode qui te rappelle que parfois aussi ça ne se passe pas bien du tout. Celui-ci est extrême c’est vrai, disons que si tous les épisodes étaient comme ça je n’aurais pas tenu longtemps. Pourtant, la série contourne admirablement le côté drama que ça convoque en répétant ce qu’elle fait de mieux, à savoir créer du vertige. La mise en scène sur ce point est incroyable. Les plans sont régulièrement très longs, mobiles au point de parfois tournoyer à l’infini. Les ambiances sont lourdes, bruyantes, saturées. Sans parler de ce qui se passe souvent au deuxième, au troisième plan, du mouvement non-stop, des entrées et/ou sorties de champ à n’en plus finir. C’est bluffant. Ce procédé est d’ailleurs utilisé aussi dans les couloirs lors de ces coutumiers travellings arrières. Bref, on ne s’ennuie pas. Pire, ça file parfois le tournis. A déconseiller en mangeant, définitivement.

     Le pilot va un peu vite en besogne avec la tentative de suicide de Carol, on sent qu’il fallait marquer le coup. Son retour est par ailleurs trop rapide, ça pourrait être fort mais c’est un peu tôt. J’avais peur que la série se complaise dans une sorte de sensationnalisme bon teint pour contrer le réel, forcément répétitif. On comprend très vite que ce ne sera pas le cas. Enfin, ça pourrait être le cas jusqu’à cet épisode merveilleux qu’est Blizzard. 45 minutes d’une intensité folle et d’une crédibilité dérangeante, de glissement sublime (les urgences vides d’abord puis le plan catastrophe déclenché à la suite d’un gigantesque carambolage) la veille de noël. Probablement mon épisode préféré de la saison. A part ça j’ai une grosse préférence pour Mark Green pour le moment. Sans doute dû aussi à ce qu’il traverse. Je reviendrai probablement parler des saisons suivantes. Je n’ai pas attendu pour enchainer.


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Auteur:

silencio


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