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Le consentement – Vanessa Filho – 2023

27. Le consentement - Vanessa Filho - 2023Le film dans le livre.

   3.5   La dernière scène du film voit Vanessa Springora décidée à écrire sur l’emprise qu’a eu Matzneff sur elle, afin d’à son tour l’enfermer dans un livre. Quelle idée magnifique a-t-elle eu, de contre-attaquer en utilisant son arme de prédilection à lui.

     Or ça veut dire deux choses ici : d’une part que cinématographiquement ça n’a aucun sens, de finir là-dessus, de l’enfermer dans un film. D’autre part que l’idée même de l’existence du livre est repoussée dans cette pauvre scène finale dont l’effet (le besoin de témoigner) s’annule.

     Pour le reste, évidemment qu’il faut louer l’utilité du projet et peut-être même sa capacité de transmission : de mon côté ça m’a donné envie de lire le livre. Il semble que ce soit une illustration très littérale et je pense que c’est un souci, ça paraît inadaptable comme bouquin. J’ai eu la sensation de voir un truc un peu dépassé par son sujet.

     Enfin qu’importe, le film est ce qu’il est, d’une grande lourdeur d’une scène à l’autre : on sent que Vanessa Filho tente plusieurs moyens de filmer cette emprise intellectuelle et sexuelle, mais cette multiplicité formelle ne veut plus rien dire, ne reste plus qu’une enfilade de scènes chocs, parfois insoutenables.

     Une scène m’a semblé à l’image du projet, sans idée forte : celle de l’émission Apostrophes, regardée par la jeune adolescente. Le fait de ne montrer que Pivot et Denise Bombardier choquée (la seule qui semble faire le pont entre hier et aujourd’hui, c’est absolument terrifiant le constat cinglant de l’aveuglement de cette époque) mais jamais Matzneff car forcément ce n’est pas Rouve, ça crée un truc complètement artificiel, un besoin de coller au réel du film et non au réel même. Bref c’est très raté. Comme plein d’autres trucs, à commencer par la peinture du milieu ou le personnage de la mère. On ne croit à rien.

     Mais mon gros problème se joue sur Jean-Paul Rouve (que j’aime souvent, par ailleurs) sans doute très bon, mais je n’ai pas réussi à me faire à ce personnage, d’écrivain adoubé doublé d’un pédocriminel dégueulasse, campé par lui. C’est comme si Omar Sy avait joué Rudolf Hoess chez Glazer, quoi. J’exagère hein bien sûr, mais pour moi ça confirme l’idée que pour incarner ce genre de personnage il faut un modèle vierge, je pense, pas un acteur identifié d’autant plus en tant que comique.


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silencio


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