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¡ Vivan las antipodas ! – Victor Kossakovsky – 2013

1479506_10151828690432106_1795514489_nSans reflet.

    3.3   Voici l’une des grosses arnaques/boursouflures de l’année bien plus proche d’un Yann-Arthus Bertrand que d’un Godfrey Reggio – Et moi qui m’attendait à trouver un contemporain de Koyaanisqatsi. L’idée, bien que lumineuse, sentait déjà le souffre : filmer huit endroits sur terre deux par deux, l’un se trouvant chaque fois diamétralement opposé à l’autre sur le globe. Exemple : Entre los rios, Argentine et Shanghai, Chine. Le film s’avère rapidement creux et complètement ridicule dans son procédé d’opposition, accompagnant quasiment chaque image d’une musique ringarde sans parler de tous ces plans retournés avec caméra qui virevolte parce que tu vois ça fait cosmique… Hormis quelques beaux instants péchés ci et là, comme cette baleine échouée sur une plage de Nouvelle-Zélande, le film ne raconte absolument rien et déroule deux heures durant ses bonnes petites poses de pacotille.

     Le film paraît surtout très programmatique. Ce n’est pas un mal de s’organiser, loin de là, on sait combien les durées des plans dans les films de Benning, généralement répartis équitablement, participe à créer cette ambiance et à se poser la question de l’importance ou de la préférence d’un lac plutôt qu’un autre, d’un gisement gigantesque plutôt que d’un enchevêtrement d’arbres, d’un tunnel autoroutier plutôt que d’une cérémonie religieuse. Kossakovsky répète ses dispositifs en ne libérant que rarement ses plans de la carte postale, en nous permettant ni d’en saisir la force et le mystère. Ni envoutement, ni passion, le film ne procure rien sinon l’ennui, tant il est mécanique et verrouillé dans sa suffisance.

     Le film s’ouvre sur ces quelques mots « Et si je traversais la terre, ce serait rudement drôle de se retrouver au milieu des gens qui marchent la tête en bas » empruntés à ceux d’Alice dans l’oeuvre de Lewis Carroll. Ici c’est un balai de parapluies d’une foule turbulente dans la brume de Shanghai, là un berger solitaire en Patagonie, un village du Botswana, le rocher de Miraflores en Espagne et chaque fois la musique semble vouloir illustrer un certain cliché culturel local. En fait, ce que je craignais le plus, à savoir ces superpositions de lieux antipodaux dans la même image (suggéré par l’affiche du film et la silhouette démesurée de Shanghai reflétée dans une rivière argentine) n’est pas du tout ce qui m’a dérangé, tant c’est chaque fois finement amené et rapidement évincé. Un comble de ne pas poser sur ce genre de prouesse de montage quand on le fait sur un mouvement de caméra hyper cheap. Cela dit, la séquence sur la route renversée est assez démente, on se croirait soudainement dans un film de science-fiction, où les véhicules auraient défié la gravitation. Ça ne suffit cependant pas pour rattraper le naufrage.


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Auteur:

silencio


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