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Bye bye Blondie – Virginie Despentes – 2012

Bye bye Blondie - Virginie Despentes - 2012 dans Virginie Despentes 20000384

   3.2   Le premier constat va dans le bon sens : le cinéma de Virginie Despentes semble s’être assagi, je ne sais guère ce qu’il en est de ses écrits. Je ne dis pas que Bye bye Blondie est meilleur que Baise-moi ! (sorti il y a dix ans déjà) mais qu’il adopte une énergie plus canalisée, calée sur Virginie Despentes elle-même, la quarantaine, la colère estompée. J’aime l’idée que la cinéaste/écrivain n’ait à la fois pas surfée sur le scandale de son premier film, au point d’en faire un cinéma coincé dans le concept du new porn féministe ultra violent, ni sur la vague du roman en tant que simple réécriture transposée. Paraît-il que ce livre, sorti en 2004 ne ressemble finalement en rien à ce film qui est sensé l’adapter. L’explication à tout ça est simple, Virginie Despentes le dit elle-même : « J’ai changé ». L’histoire n’est plus centrée hétéro comme dans le bouquin pour la simple et bonne raison que Virginie Despentes a elle-même changé d’orientation sexuelle depuis. C’est très intéressant de recevoir ce cinéma comme reflet d’une personne, son histoire, ses attirances, davantage qu’en simple film calqué sur un matériau, qui n’aurait dans ce cas plus la saveur du présent, se retrouverait coincé dans l’adaptation d’un temps qui n’est plus le sien. Baise-moi ! est beaucoup trop loin dans ma tête pour effectuer une éventuelle comparaison, j’ai simplement le souvenir d’un film dans la profusion, affranchit de tout, un film assez mauvais cinématographiquement mais avec une personnalité, une énergie foutraque qui avait pour lui son paroxysme. Bye bye Blondie m’intéresse moins dans la mesure où si je vois un auteur changé je ne le vois pas retrouvé, au sens d’une personnalité nouvelle, différente mais tout aussi forte. Bye bye Blondie est loin d’être l’ovni que Virginie Despentes voudrait qu’il soit, c’est un film qui finalement ressemble à des tas d’autres, limite gentillet (pour ne pas dire puritain) en fin de compte. La faute à une mise en scène d’une platitude désarmante qui ne sait ni filmer le groupe, le monde et encore moins la relation, pas même lesbienne. Preuve irréfutable : les meilleures scènes sont celles entre Gloria et Frances adolescentes, spectres du film précédent, en somme. Cette colère, cette nonchalance là je la trouve assez bien rendue. Dès que Virginie Despentes veut filmer Emmanuelle Béart et Béatrice Dalle ça se gâte, je n’y crois pas une seconde, à croire que d’une part elle devrait ne mettre en scène que des filles moins connues et surtout s’affranchir de cette nostalgie un peu lourde. Alors d’accord, le film est volontairement un tournant par rapport au précédent, mais quel raison à faire un film pauvre ? Le punk a disparu ou s’il est là il est bien fade, musicalement peut-être et encore ; la violence déstabilisante a disparu aussi, les seules pointes sont désamorcées par l’ambiance générale, presque bon enfant ; et plus de sexe, ou si peu, si mal représenté, disparition du nu. Paradoxalement à cette volonté de se libérer des étiquettes, l’idée que Virginie Despentes centre son film sur le sexe sans même nous accorder une scène de nu, relève finalement presque à nouveau d’un simple concept.


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silencio


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