Archives pour la catégorie Vittorio De Sica

Mademoiselle Vendredi (Teresa Venerdi) – Vittorio De Sica – 1943

08. Mademoiselle Vendredi - Teresa Venerdi - Vittorio De Sica - 1943L’orphelinat providentiel.

   5.0   Pas certain que la comédie romantique soit le terrain qui sied le mieux à Vittorio de Sica. Alors certes, le film est un peu plus qu’une simple comédie romantique dans la mesure où il y a une gravité qui le replace dans un contexte social : Ce n’est pas Le voleur de bicyclette mais il est aussi largement question d’argent. Ici c’est un pédiatre criblé de dettes qui se voit contraint d’accepter ce qu’on lui propose, en l’occurrence un poste d’inspecteur sanitaire dans un orphelinat afin de rembourser ses créanciers. Vittorio de Sica, qui s’est offert d’incarner le personnage central, n’a pas vraiment l’envergure pour ce rôle, il est trop pudique, je pense. En revanche, la belle Adriana Benetti (qui incarne Teresa Venerdi, une jeune dispensaire, aide infirmière dont il va tomber amoureux) l’illumine littéralement. Très dispensable, néanmoins. Il faut attendre un peu avant de voir l’auteur entrer dans le monde du néoréalisme.

Miracle à Milan (Miracolo a Milano) – Vittorio De Sica – 1951

miracle-in-milanToto le héros.

   6.0   Si tout le film était du niveau de sa première sublimissime partie, ce serait un chef d’oeuvre, au moins aussi grand que Le voleur de bicyclette. Malheureusement, toute la suite, sans être catastrophique pour autant, est plutôt ratée, indigeste et cul béni – Toto et sa colombe, au secours. C’est dommage car tout ce que parvient à faire De Sica avant, autant dans son étonnante construction elliptique de départ (Il n’est pas interdit de penser qu’on s’en soit inspiré chez Pixar pour Up) que dans son approche du bidonville vaut largement les plus grands classiques des années 50, qu’on le prenne dans sa ligne dramaturgique ou dans sa finesse de caractérisation de ses personnages. Jusqu’à la découverte du pétrole, en gros, c’est un pur manifeste. Un beau conte. Je retiendrai au moins cela. Mais j’en garderai aussi l’amer souvenir d’un gâchis, d’être passé d’une extase absolue à une dissolution progressive jusqu’à l’ennui. Ça je vais avoir du mal à le digérer.

Le Voleur de bicyclette (Ladri di biciclette) – Vittorio De Sica – 1949

f_31Le pain et la rue.

   9.0   Vittorio De Sica est ici très proche de Buñuel ou serait-ce l’inverse ? La mise en scène, le propos, le climat, le milieu social rappellent inévitablement Los Olvidados, au détail près que le cinéaste italien n’utilise pas les codes oniriques comme son confrère espagnol. Son film n’en est pas moins somptueux pour autant.

     Les Ricci sont issus d’un milieu social très modeste. Et le jour où le mari dégote un travail, poseur d’affiches, il doit se procurer une bicyclette au plus vite pour ne pas se faire substituer son poste. Sa femme lui dira qu’ils n’ont pas besoin de draps pour dormir et hop ils vendent leurs draps afin de s’acheter cette bicyclette. C’est chose faite, le père Ricci peut travailler. Ce deux-roues prend donc une place très importante dans la vie de cet homme et dans le film tout court. Elle est son gagne-pain, ce qui lui permet aussi de nourrir les siens. Et le spectateur a les yeux rivés dessus autant que son propriétaire.

     Evidemment arrive l’instant tant redouté, sans cela le titre n’existerait pas. Et voilà notre ami accroché à cet objet comme à la prunelle de ses yeux, le voilà lancé aux trousses du voleur, comme si c’était son enfant qui avait été kidnappé… Plus qu’un film social sur la difficulté de s’en sortir, Vittorio De Sica parle de désespoir, d’anéantissement moral en n’omettant pas de rappeler que dans les pires situations, le vol n’est plus vraiment un crime mais la démonstration qu’une âme en perdition peut y recourir en guise de profond désespoir. En somme, on ne vole pas pour voler, comme on ne tue pas pour tuer, mais pour manger.


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silencio


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