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La tisseuse (Fang zhi gu niang) – Wang Quan An – 2010

La tisseuse (Fang zhi gu niang) - Wang Quan An - 2010 dans Wang Quan An la-tisseuse-9-4146330rtnly_1798-300x201 Nouveau départ.    

   5.7   Rien de bien neuf et pourtant un film qui m’a beaucoup touché. En fin de compte je crois que c’est un film sur la dernière fois. Lily, tisseuse trentenaire et mère de famille apprend qu’elle est touchée par une leucémie aiguë. Cloîtrée depuis dix ans dans une vie qu’elle déteste – elle ne supporte pas son travail et n’éprouve pour son mari que de l’indifférence – c’est son occasion de tout changer. La première partie du film – situation, découverte de la maladie, pensées suicidaires – n’est pas la plus passionnante. Néanmoins elle permet une valorisation du personnage, le cinéaste ne concentrant sa caméra pour ainsi dire que sur elle. Il y a du cinéma Dardenien quelque part. La première séquence rappelle beaucoup Le fils. Le bois ayant été remplacé par le tissu. C’est un beau portrait de femme au bord de la rupture, ça ne demande qu’à exploser. Il est question de voyage ensuite. Pour voir la mer, sa priorité. Et puis une volonté plus secrète : celle de revoir l’homme qu’elle aimait autrefois. Cette rencontre est absolument magnifique. A partir de là le cinéaste filme beaucoup mieux le milieu industriel d’ailleurs. On n’est pas non plus chez Jia Zhang-Ke mais par moment on s’en rapproche. Il y a une beauté infinie, une profondeur dans le regard de cette femme dans lequel on arrive à y ressentir ses émotions. C’est la force du regard dans le vide, de la pensée mélancolique. Très peu de larmes dans ce film. Il y a bien quelques défauts par ci par là mais il a su m’emporter. Dans cette immense usine vidée, probablement délocalisée, où l’on n’en saura pas plus. Sur ces voies de chemins de fer. Sur cette plage, où un couple coréen demandera à la jeune femme de les prendre en photo. Ils feront de même avec elle et sa retrouvaille. Elle poussera une de ses mèches de cheveux comme l’on cacherait une cicatrice. Le front dégagé elle se sent sûrement rajeunir. C’est la dernière fois qu’elle voyait la mer, elle s’en doute, et nous le savons depuis le départ. C’est aussi la dernière fois qu’elle traversera la cité ouvrière à vélo, derrière le dos de son homme. La neige a tout enseveli. Le paysage macabre, spectacle de ruines, est devenu paysage immaculé. La jeune femme peut s’en aller. Dommage que le cinéaste ajoute dix minutes inutiles à son film, il avait les moyens de le terminer de façon plus personnelle, plus marquante. C’est tout de même une belle surprise.


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silencio


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