Archives pour la catégorie William A. Wellman

Convoi de femmes (Westward the Women) – William A. Wellman – 1953

15. Convoi de femmes - Westward the Women - William A. Wellman - 1953Survivantes de l’absurde.

   7.5   Depuis La dernière piste, je rêvais de voir ce film de Wellman, je ne sais plus vraiment pourquoi (L’ai-je lu ? Imaginé ? Associé inconsciemment ?) j’étais persuadé que Kelly Reichardt s’était inspiré de Convoi de femmes. Pas vraiment en fin de compte. Enfin, ce n’est pas évident. Il est certes question dans chaque cas de rejoindre une terre de l’Ouest via un convoi de chariots bâchés, avec un long périple à parcourir : Ici un éleveur de bétail recrute une centaine de femmes et lève les voiles à Chicago en vue d’atteindre son ranch californien. C’est un voyage de plus en plus précaire, au ralenti (les chargements sont conséquents) entre plaines arides et lacs salés brulants, froide humidité des nuits et ambiance poussiéreuse le jour, jusqu’à essuyer un moment donné une forte tempête. Et quand il s’agit moins d’obstacles météorologiques, le convoi est freiné par les attaques indiennes. On fatigue, on meurt, les chevaux se blessent, les covered-wagons les plus fragiles se disloquent. Et comme chez Kelly Reichardt il est principalement affaire de femmes traversant cette violente immensité dans leur robe à corsage virant guenille, les unes maniant les armes, les autres les mules. Contrairement à Reichardt, Wellman ne filme pas vraiment le quotidien cérémonial (Préparer à manger, laver le linge, prier, lire, boire) ni les traversées silencieuses. On ressent peu l’ennui et l’épuisement. Ce qui l’anime ce sont les joutes entre les uns, les admirations muettes entre les autres, les affrontements, aussi bref fussent-ils et surtout l’hécatombe progressive, le délitement physique du convoi. Il y a une séquence très forte un moment donné, lorsque le convoi a essuyé une attaque (qu’on ne verra pas, puisqu’on suit l’embryon de romance entre l’actrice française et l’éclaireur) : Ce dernier demande à ce qu’on compte les victimes, c’est alors qu’à la manière d’une classe d’école, les vivant(e)s énumèrent les mort(e)s dans un coin désert encerclé par des montagnes rocheuses ce qui a pour conséquence de faire résonner en écho chaque nom de victime. On ressent ça dans Convoi de femmes et peut-être davantage que dans n’importe quel autre western, n’importe quelle autre conquête de l’Ouest, parce que ce sont des femmes : Parmi les potentielles pionnières il y avait celles qui ont donné leur vie (Si le convoi va jusqu’au bout c’est aussi collectivement) pour que l’Amérique ait ses mères. C’est donc un beau western féministe, réalisé par un Wellman qui soigne chacune des compositions de plans, notamment quand il s’agit de saisir le déplacement de cet infime convoi au milieu de l’immense étendue désertique, marquée par cet horizon invisible, tant le noir et blanc très blanc fait fusionner ciel et terre.


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