Archives pour la catégorie Xavier Giannoli

Illusions perdues – Xavier Giannoli – 2021

20. Illusions perdues - Xavier Giannoli - 2021Quand j’étais critique.

   6.0   J’ai tellement développé une non-envie de voir ce film, que ce soit lors de sa sortie (cette bande annonce m’horripilait) ou après son succès (un peu trop foudroyant) aux Césars, qu’il était normal que je finisse par le mater au détour d’un passage télé… un dimanche soir.

     J’ai mis un peu de temps à y entrer. À la fois pour me faire à cette voix off (très présente) et aussi parce que le film décolle vraiment lorsque Lucien quitte Angoulême et Louise puis arrive à Paris, fait connaissance avec Lousteau, découvre le journal, puis Coralie et tous ces personnages qui gravitent, campés par des Stevenin, Depardieu, Dolan, Lenquesaing.

     Quel casting ! Et quelle ambition narrative, romanesque ! Le film trouve son équilibre, le souffle épique de l’ivresse parisienne, d’une efficacité redoutable au point que ces 2h30 passent d’un claquement de doigts. Enfin presque. Il y a quand même quelques baisses de régime. Et une tendance à l’académisme : c’est très scolaire, ça manque de fièvre, de grandes envolées – un peu à l’image de sa voix off trop narrative, qui fait souvent doublon avec ce que l’on voit, et qui frise l’indigestion.

     J’aurais préféré que le film plonge dans un truc plus virtuose voire grandiloquent encore, j’ai la sensation qu’il n’ose pas trop, qu’il se fait plus sage que le milieu qu’il brosse, plus sage que ces love story, plus sage que son personnage. C’est pas Barry Lyndon, quoi.

     Enfin c’est pas grave, je m’attendais à détester – car j’avais détesté le voir coiffer de la sorte aux Césars deux films chouchous que sont Onoda (Arthur Harari) & Annette (Leos Carax) – mais finalement c’est plutôt une bonne surprise. Et ça donne envie de se plonger dans une lecture balzacienne.

L’apparition – Xavier Giannoli – 2018

27. L'apparition - Xavier Giannoli - 2018En quête de croyance.

   6.5   Le point de départ est sensiblement le même que celui de Maya, le dernier film de Mia Hansen-Løve. Soit le retour d’un photographe de guerre (D’un côté Roman Kolinka, de l’autre Vincent Lindon) dont on comprend, car tout est relativement flou, qu’il a perdu son coéquipier de mission / voisin de prison lors d’un reportage en Syrie. La suite n’a en revanche strictement rien à voir, aussi bien dans le traitement formel que dans le récit déployé, ce bien que tous deux, Gabriel et Jacques, iront vers une forme d’abstraction, originelle pour l’un, mystique pour l’autre, une préservation du mystère que le film respecte lui aussi, des personnages, de leurs secrets, de la foi qui les anime.

     Si Giannoli compte beaucoup moins pour moi que la réalisatrice de Tout est pardonné, ça ne m’a guère empêché de trouver son nouveau film assez réussi dans son genre, à la fois parce qu’il est ambitieux mais aussi parce qu’il déploie cette ambition avec une certaine humilité, ensuite parce que le film place ses pions de façon si brillante qu’il en devient fascinant au moins une heure durant. Il se délite par la suite parce qu’il garde la même tonalité tandis qu’il devrait naviguer un cran au-dessus. Et ça lui amoindri du même coup son très beau final, radical, qui préfère ouvrir plein de brèches plutôt que de tout refermer d’un revers de main. C’est tout à son honneur.

     Si le film y va un peu fort dans son utilisation musicale – Je veux dire par « fort » qu’elle est pour ainsi dire omniprésente – ses choix de morceaux sont en revanche aussi somptueux qu’adaptés à ce qu’il raconte. Traiter de la foi avec une telle insistance en accompagnant le tout par le génie divin d’Arvo Part ou Jóhann Jóhannsson, jusqu’à même utiliser le chef d’œuvre absolu de Georges Delerue « Stellaire », c’est un peu comme si le film affirmait sa foi, orientait vers la croyance en cette apparition plutôt que dans le doute quant à son éventuel mensonge. Ça rend le film souvent très beau, je trouve. Je suis ravi d’avoir retrouvé le Giannoli que j’aimais tant dans À l’origine.

Marguerite – Xavier Giannoli – 2015

14379655_10153987813857106_5440144859520306123_o     4.5   Globalement je m’en tape mais j’ai trouvé ça plutôt pas mal, calibré césars (Et Frot le mérite, tout ou presque repose sur elle) certes mais bien narré, sobre, soigné. J’aime bien ces récurrents bruits de paon comme des échos aux éternelles fausses notes de « la cantatrice ».


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silencio


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