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Psychokinesis (Yeomlyeok) – Yeon Sang-Ho – 2018

21. Psychokinesis - Yeomlyeok - Yeon Sang-Ho - 2018Vole pas bien haut.

   3.5   Après avoir donné un généreux coup de polish au cinéma de zombie dans Dernier train pour Busan, Yeong Sang-Ho s’attaque au film de super-héros. Projet ô combien exaltant, qui plus est dans la foulée de ma découverte curieusement enthousiasmante des films produits par le MCU. L’installation reste de bonne facture, intrigue autant qu’elle laisse circonspecte : Une jeune gérante d’un restaurant de poulet frit, abandonnée jadis par son père, voit sa maman mourir accidentellement lors d’émeutes provoquées par des manifestants appuyant violemment la volonté de fermeture de sa guinguette par une infâme entreprise immobilière (liée au gouvernement ? à la mafia ? Qu’importe) qui voudrait en faire un centre commercial. En parallèle, une météorite s’échoue et un homme – le père de la jeune femme – boit une eau de source contaminée et se voit dotés de pouvoirs psychokinésiques. C’est la mort qui les relie, mais c’est le soulèvement et les supers-pouvoirs qui vont les nouer difficilement d’abord, envers et contre-tout ensuite. Enième film familial, sur l’abandon et la quête de rédemption, Psychokinesis là-dessus ne se distingue en rien, sinon qu’il y a cette idée de super-héros anti-héros un peu insolite puisque c’est un papa paumé, qui veut seulement rétablir le lien avec sa fille. Mais ce n’est pas très bien exploité. Il faudra donc aller sur le terrain de l’action ? A peine davantage, malheureusement. Ici, contrairement au précédent film, le mariage des genres ne prend pas. Bien trop occupé à délivrer ses petits éclats visuels agrémentés d’une mécanique comique d’une lourdeur terrible – qui va même jusqu’à évoquer Hancock ou Deadpool – le film ennuie, s’enlise jusque dans un final absolument grotesque, en forme de petite réconciliation neuneu qui sort du chapeau. C’est sûr, j’attendrais beaucoup moins du prochain Yeong Sang-Ho, maintenant.

Dernier train pour Busan (Bu-san-haeng) – Yeong Sang-Ho – 2016

15723400_10154280436772106_5330276771279627405_oEn quatrième vitesse.

   6.5   Voilà qui dépote. On est certes loin de la perfection orgiaque des élaborations de violences d’un Na Hong-Jin, pourtant, il ressort de Train to Busan une efficacité plutôt réjouissante qui plus est venant d’un auteur, Yeon Sang-Ho donc, cantonné jusqu’ici aux métrages d’animation. Et qui plus est dans un projet qui s’aventure sur le genre usé du film de zombies. Et du film de train.

     Le film ne brille clairement pas dans la caractérisation de ses personnages. On a même rarement fait aussi stéréotypé. On ne va pas énumérer chacun des ingrédients, simplement on aura le droit à la femme enceinte, au jeune couple d’amoureux, au connard de businessman, au fonctionnaire lâche et bien entendu, au centre, à un père divorcé voulant faire plaisir à sa fille, pour son anniversaire (Il avait commencé par lui offrir une Wii qu’elle avait déjà) en réalisant son souhait de retourner chez sa mère, à Busan.

     C’est gênant, je vais pas te dire le contraire. L’aspect fable sociopolitique n’est pas ce que le coréen maîtrise le mieux. Mais ça s’efface dès l’instant qu’on est dans l’action pure. Et la bonne nouvelle, c’est qu’on y est souvent. Là-dessus, le film réussit tout ce qu’il tente – Ce même si les zombies sont parfois trop rapides pour que les survivants, l’instant suivant, parviennent à leur échapper et/ou les retenir. Néanmoins, ils sont très réussis, ne serait-ce que dans leurs apparitions en hordes, à l’affût du moindre bruit, parés à bondir comme des chiens enragés.

     La plus belle séquence du film voit trois survivants téméraires tentant de traverser trois rames pour rejoindre leur groupe et se servant des tunnels pour leur échapper silencieusement puisque les zombies semblent perdre tous leurs repères dans l’obscurité. On n’échappe cependant pas au travelling baston à la Old Boy même si l’auteur ne s’assoit pas sur la performance du plan-séquence. Mais graphiquement le film est très beau. Ni scolaire, ni déraisonnable. Un beau juste milieu, en somme.

     A l’instar du Snowpiercer de Bong Joon-Ho, la quasi-totalité du film se déroule dans un train et Yeon Sang-Ho manie avec brio l’exiguïté offert par ses wagons, multiplie les idées de mise en scène sans l’affubler de moments de bravoure parasites. Sa virtuosité dans les séquences d’action n’a d’égal que leur limpidité. En tant que pure série B (à budget modeste) on caresse par moments la perfection. Après, que cela s’opère dans une ribambelle de sacrifices, exécutions brutales et effusions de larmes, pourquoi pas, on va dire que ça fait son charme, suranné mais attachant.


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