Archives pour la catégorie Yves Boisset

Canicule – Yves Boisset – 1984

01. Canicule - Yves Boisset - 1984La ferme de la terreur.

   5.0   Neuvième et dernier Boisset découvert cette année, Canicule est un Boisset mineur, probablement, mais qui brille au moins par son cachet hybride : C’est comme si Le grand chemin, de Paul Loup Hubert croisait À bout portant, de Don Siegel. Le film noir à l’américaine qui rencontre un tableau de la France profonde. C’est à peu près n’importe quoi tout le temps et c’est aussi ce qui en faisait un petit fantasme de cinéphile.

     Car réunir Lee Marvin et Victor Lanoux n’est pas la moindre des surprises de Canicule. Il y a aussi celle de les voir évoluer entre Orléans et une ferme de la Beauce. Avec une histoire de magot hérité d’un braquage, qu’on va planquer entre les champs de blé. Et une rafale de meurtres / suicides dans son dernier tiers.

     Après un casse dans une banque orléanaise qui se termine en carnage, un gangster en cavale trouve refuge dans une ferme, au milieu des champs. Pas la meilleure planque du monde, tant il débarque sans le savoir dans un monde de fous, peuplés de personnages tous plus barjots les uns que les autres.

     Ce drôle de mélange se joue partout. Dans son casting notamment puisqu’on y retrouve aussi Miou-Miou ou Jean-Claude Dreyfus (tous deux déjà croisés chez Boisset, dans La femme flic et Le prix du danger), Jean Carmet ou Bernadette Lafont mais aussi David Bennent, le gars qui jouait Oskar dans Le tambour.

     C’est aussi une mine de répliques impossibles (à l’image des « nom d’une bite » à répétition de Carmet) avec les dialogues signé Michel Audiard, pas piqués des hannetons. Ce n’est pas fin loin de là, mais assez original dans le paysage cinématographique français.

Coplan sauve sa peau – Yves Boisset – 1968

27. Coplan sauve sa peau - Yves Boisset - 1968Chasse à mort.

   4.0   Premier film d’Yves Boisset, Coplan sauve sa peau s’inspire du roman de Paul Kenny, Coplan paie son cercueil mais n’avait pas pour objet de faire partie de la saga des Coplan. Il devait même, au préalable s’intituler Les jardins du diable. Déconcerté par le film, le producteur Robert de Nesle – qui possède alors les droits d’adaptations cinématographiques – préfère in fine l’intégrer en film-Coplan précisant qu’il s’inspire du roman afin de le rendre plus commercial.

     Le film est bancal pour ne pas dire complètement pété, doublé à l’arrache (post-synchro immonde) et joué par des acteurs tous plus mauvais les uns que les autres – le héros en tête – mais accompagné par quelques stars improbables comme Bernard Blier et Klaus Kinski dans des petits rôles. C’est un gros nanar plutôt attachant tant Boisset déjà tente de faire un peu de mise en scène, de capter l’espace, notamment Istanbul, de donner du rythme, avec le peu de moyens dont il dispose.

     La fin en forme de chasse sur une île autour d’une citadelle fait office de climax parfait et parfaitement foiré, tant les lieux sont incroyables mais hormis au détour de quelques plans – de roches, de grottes, de rivière – tout est charcuté et irregardable. Si bien qu’on s’attend durant chaque baston à entendre « PHILIPPE ! Je sais où tu te caches ! Viens ici que je te butes, enculé ! » Or cette partie se révélera quasi muette. Mais bon, c’est raté. J’ai surtout eu très envie de revoir Les chasses du comte Zaroff, devant Coplan sauve sa peau.

La travestie – Yves Boisset – 1988

15. La travestie - Yves Boisset - 1988L’oiseau de paradis.

   5.0   C’est l’histoire d’une fêlure, précise le carton titre inaugural. Plutôt une dérive identitaire, un lent voyage vers la folie, je dirais. Le film s’ouvre d’ailleurs entre quatre murs d’un hôpital où une jeune femme vient de se faire avorter. Et il se ferme entre quatre murs d’un hôpital psychiatrique dans lequel cette même jeune femme s’est fait interner.

     Au Puy, Nicole Armingault vient d’avorter et reçoit chez elle, successivement, ses trois amants mariés du moment. Elle leur fait croire qu’elle est enceinte et obtient de chacun l’argent de l’intervention. Puis, elle vide le coffre de l’avocat pour qui elle travaille, en le menaçant de balancer ses combines au fisc s’il la recherche. Elle se fait couper les cheveux à la garçonne, achète des vêtements qui achèvent de lui donner l’apparence d’un homme. Puis elle monte à Paris.

     C’est une rupture avec un quotidien ici celui d’une jeune avocate qui ne supporte plus ni son boulot ni les hommes qui gravitent professionnellement ou sexuellement autour d’elle. Du jour au lendemain, elle décide de tout quitter, son apparence comprise et sa région pour s’installer à Paris et se lier bientôt d’amitié avec une jeune prostituée.

     Zabou Breitman est superbe dans ce rôle à multiples facettes et identités, qui change d’une séquence à l’autre, de vie, de look, d’humeur. On ne sait plus très bien si elle aime encore un peu ou si elle hait tout, si elle dévore ou s’entre-dévore. C’est un problème : Difficile de s’attacher pleinement à ce personnage malade et à ce parcours improbable, notamment quand cette ancienne avocate semble parfaitement s’improviser proxénète ou bien qu’elle tombe amoureuse de l’une ou de l’autre.

     Tout est bien plus écrit qu’incarné donc tout ne fonctionne pas très bien, mais il y a malgré tout de belles scènes, des lieux forts, une ambiance. Yves Afonso, qui débarque dans le dernier quart, apporte probablement, par son jeu en roue libre, une touche de folie supplémentaire permettant au film et à notre personnage de dérailler définitivement. Un Boisset mineur mais je m’attendais à bien pire.

Allons z’enfants – Yves Boisset – 1981

02. Allons z'enfants - Yves Boisset - 1981« Quand je pense qu’il aurait pu être officier, le bougre »

   7.0   Un fils d’adjudant de carrière est forcé par son père d’entrer à l’école des enfants de troupe des Andelys. Clairement antimilitariste (il écrira un lapidaire « je déteste la guerre » en guise de dissertation post visionnage des Croix de bois, de Raymond Bernard) mais excellent élève, il subit des brimades de ses camarades et supérieurs. Attiré par la littérature et fasciné par le cinéma, il sera rattrapé par les débuts de la Seconde Guerre mondiale et sa mobilisation sur la ligne Maginot.

     Yves Boisset arpente cette fois les terres de la guerre ou plutôt celle de l’embrigadement des gamins à l’école militaire à l’aube de la seconde guerre mondiale. Il se fait ainsi moins actuel (La femme flic) et visionnaire (Le prix du danger) en revanche sa force de frappe est intacte, tant le corps militaire en prend pour son grade. Il est bien aidé par des seconds rôles tranchants, incarnés entre autres par Jean François Stevenin (le fourbe, brutal et psychopathe sergent Billotin) et Jean-Claude Dreyfuss (officier Maryla, le sadique qui couvre chaque mauvais faits et gestes de ses hommes), de pures machines à fabriquer de la chaire à canons, à broyer la jeunesse.

     Mais ceux qui entourent le jeune Simon Chalumot ne sont guère mieux. De l’apathie d’une mère effacée à la nostalgie militariste du père (Jean Carmet impressionnant, notamment durant la scène du bistro) qui envoie son fils à la fois par déférence militaire (il est lui-même un héroïque sous-officier de Verdun) mais aussi car ça ne coûte rien.

     Yves Boisset est peut-être un peu plus impersonnel dans la forme, respectant probablement (trop ?) le texte d’Yves Gibeau. Encore que certains de ses choix, très tranchants, sont de belles idées de cinéma : cette longue ouverture dans la caserne, sous la neige à laquelle viendra faire écho, bien plus tard, ce long plan de campagne édénique lors du séjour de Chalumot chez un oncle.

     Malgré tout, le pamphlet est habité aussi par des figures plus pacifistes, qui certes n’y peuvent pas grand-chose mais permettent d’entrevoir la lumière d’une possible résistance ou d’un mince espoir en l’humanité : un professeur de français sensible et érudit, un jeune capitaine lucide et idéaliste ou un tenancier de bistro indigné qu’on envoie encore des gamins à l’abattoir.

     Mais la figure de rébellion la plus pure, c’est bien entendu celle de Simon, incarné par un excellent jeune Lucas Belvaux, qui ne déviera jamais de son abnégation. Il n’aime pas la guerre, il aime le cinéma. On pourra le mettre de force dans les rangs, l’obliger à se battre, lui sucrer ses permanences, rien n’y fera. Il préfère toujours lire Madame Bovary et rêve d’être le nouveau Jean Renoir. Souffrir plutôt que se ranger.

     C’est un beau film, terrible, sur la bêtise et l’enfance brisée. L’absurdité de la guerre, de la discipline armée. Rien de nouveau, évidemment, mais la charge est si incisive et multiple (perversité, sadisme, harcèlement, mensonge, mépris, chantage au suicide, tout y passe) qu’on ne pourra pas reprocher à Boisset d’y être allé avec le dos de la cuillère.

Le prix du danger – Yves Boisset – 1983

29. Le prix du danger - Yves Boisset - 1983La mort en direct.

   7.5   C’était probablement le Boisset qui me faisait le plus de l’œil, depuis très longtemps. Une sorte de film-fantasmé pour lequel j’étais toujours passé au travers.

     C’est un film d’anticipation qui se déroule dans une ville européenne indéterminée (tourné entre Paris et Belgrade, cela crée un mélange franco-yougoslave des plus étonnants) à une époque tout aussi indéterminée.

     S’y déroule un jeu télévisé très populaire aux règles simples : il permet à son participant d’empocher un million de dollars s’il parvient à échapper à ses cinq poursuivants qui ont pour mission de le tuer durant ce temps imparti.

     Le film s’ouvre sur le dernier épisode diffusé en direct par l’émission phare devant lequel un type est traqué et se fait abattre froidement dans la baie, à coup de rames et de chaînes. Nous n’avons pas encore le contrechamp de ce spectacle et avons momentanément l’impression d’assister à une séquence d’action lambda au préalable – avec des gens qui applaudissent ici et là, créant d’emblée une anomalie – avant qu’elle ne dérive vers le pur lynchage. Quelque chose cloche.

     Le type (le héros du programme ?) est mort. Comme les précédents, apprendra-t-on plus tard. On apprendra aussi que les traqueurs sont des gens volontaires, un casting savamment embauché sur leur envie, leur besoin, d’en découdre jusqu’à ce que mort du traqué s’ensuive. Une sorte de défouloir exceptionnellement autorisé leur permettant d’évacuer leur colère quotidienne, assouvir leurs pulsions criminelles refoulées.

     Le film navigue de l’émission aux coulisses, les producteurs implacables et cyniques (discutant part de marché) supplantant un présentateur charmeur et exubérant, tous plus ignobles les uns que les autres (Cremer & Piccoli, du pain béni), manipulateurs et populistes, jusque dans leur fausse ambiguïté : le personnage incarné par Marie-France Pisier, absolument mémorable. Ajoutez à cela des publicités ciblées et œuvres humanitaires pour se donner bonne conscience afin de parfaire un tableau immonde de télévision poubelle.

     Le média télévisuel fait alors office de toute puissance ultraviolente au diapason d’une société qui peut enfin libérer son désespoir et sa colère : les pauvres ont un moyen de s’en sortir, les riches (et pauvres jaloux) un moyen de leur faire payer cet opportunisme.

      Gérard Lanvin incarne l’un de ces personnages traqués, chômeur désespéré persuadé que ses aptitudes lui permettront d’empocher le pactole. Mais le jeu est évidemment truqué : on retarde l’échéance en créant de faux personnages de bons samaritains afin de faire durer le spectacle et les producteurs peuvent sur un coup de fil faire en sorte que le héros s’en sorte ou pas.

     Boisset aura toujours été un cinéaste de la satire, livrant pamphlets sur pamphlets de notre société contemporaine, capitaliste et totalitaire. Le prix du danger est probablement l’un de ses plus incisifs brûlots politiques. Pas le plus subtil, évidemment mais d’une efficacité redoutable, quelque part dans la roue du Rollerball, de Norman Jewison et de Squid game avec quarante ans d’avance.

     Il paraît que Dewaere devait incarner le rôle tenu par Lanvin. Lanvin est bon, hein, le rôle lui va à merveille, mais bordel j’aurais adoré voir ce que pouvait donner Dewaere là-dedans.

La tribu – Yves Boisset – 1991

27. La tribu - Yves Boisset - 1991Médecin malgré lui.

   5.0   Dernier film d’Yves Boisset (il se consacre ensuite qu’à des programmes télévisés) qui continue son travail de dénonciation sans concessions. Mais le film s’avère plutôt décevant ne serait-ce que dans sa forme sans aspérité et son interprétation hasardeuse. Boisset souhaite à la fois filmer le quotidien de l’hôpital (jusqu’au fêtes des internes) et cette sordide histoire de politicards d’extrême droite pédophiles couverts par des médecins véreux. Boisset n’a pas la subtilité d’un Lilti (Hippocrate) pour capter ce monde médical et il n’a plus sa verve d’époque qui lui permettait de naviguer dans cet océan de merde, comme il le faisait si bien dans La femme flic. Regardable néanmoins car le brûlot reste incisif. En outre, le film fit un four ceci explique sans doute pourquoi Boisset n’a plus tourné pour le cinéma après ce film : 35.000 entrées, lui qui était coutumier de franchir la barre du million…

La femme flic – Yves Boisset – 1980

18. La femme flic - Yves Boisset - 1980Seule contre tous.

   8.5   Le cinéma militant d’Yves Boisset atteint des sommets d’engagement et de noirceur avec La femme flic, grand film brûlot qui tire à boulets rouges sur tout ce qui bouge, en priorité la gent masculine – Miou-Miou incarnant une jeune inspectrice, à la fois déterminée et toute en retenue, dans un monde foncièrement misogyne et paternaliste – et une police frileuse, toujours encline à fermer les yeux si les enquêtes empiètent sur les hautes sphères institutionnelles.

     C’est l’histoire de Corinne Levasseur, une flic parisienne que l’on mute de force dans le Nord Pas-de-Calais car elle devient un peu trop gênante, un peu trop idéaliste, un peu trop investie. Elle est d’abord missionnée pour délivrer des cartes d’identité, des passeports, rédiger des rapports. Un jour, elle se voit néanmoins chargé d’enquêter sur un suicide avec possible histoire incestueuse. Mais à la suite de la découverte du corps d’une fillette dans les corons, sur un terril, elle découvre un vaste réseau de prostitution enfantine au sein duquel les plus véreux politicards et riches industriels de la région semblent agir en toute impunité depuis la nuit des temps.

     Il est à noter qu’Yves Boisset s’inspire, pour La femme flic, de plusieurs affaires liées à la prostitution, mais surtout d’un fait divers ayant eu lieu l’année précédente, le (supposé) suicide d’une fonctionnaire de police ayant démissionné après avoir enquêté sur une affaire de pédo-criminalité impliquant des notables de Lille. Le récit du film est sordide. La réalité peut-être encore davantage, puisque le film laisse la possibilité d’une issue, d’un éventuel espoir.

     Bref, ce n’est pas un Boisset des plus subtils, encore moins nuancé, quand bien même les personnages du syndicaliste au chômage et du prêtre ouvrier prêtant mains fortes à Levasseur servent de seconde boussole dans ce monde pourri. Boisset n’hésite pas à mettre les pieds dedans, à l’image des revues pédopornographiques ou de cette scène atroce, sourde, qui voit notre femme flic en filature observer un vieil homme qui accompagne une gamine de l’école vers un hôtel de passe.

     Certains diront que le sujet et l’engagement de ce film-dossier dévorent un peu la mise en scène de Boisset, qui se fait plus fonctionnelle que dans Espion, lève-toi, par exemple. Au contraire, il me semble qu’il fait une description juste de l’époque et la vie morose dans les villes minières, l’ambiance d’un commissariat, le fonctionnement d’une enquête, qu’il capte la vie des gens, les visages. Sa mise en scène est discrète, oui, mais au diapason de son personnage central. C’est un magnifique portrait de femme doublé d’une radiographie sociologique terrible. Un film d’hier qui résonne malheureusement encore bien aujourd’hui.

Folle à tuer – Yves Boisset – 1975

11. Folle à tuer - Yves Boisset - 1975Une histoire de fou(s).

   6.0   Entre Dupont Lajoie et Le juge Fayard, Yves Boisset adapte un roman de Manchette qui devait au préalable échoir à Mocky. En résulte un petit film noir avec au centre Marlene Jobert, campant Julie, tout juste sortie d’un hôpital psychiatrique, recueillie comme gouvernante chez un riche industriel afin qu’elle s’occupe de l’éducation de son neveu. L’homme en question, incarné par Michael Lonsdale – magnifique en aristocrate crapuleux, faussement débonnaire – est ciblé par des tueurs à gages qui s’en prennent au petit garçon, l’enlèvent lui et Julie, afin de se servir de la folie de la jeune femme et demander une rançon. Si le film s’ouvre plutôt sur les terres de la Défense (en train de s’ériger), il s’expatrie vite sur les routes et chemins de campagne, sinistrées et hostiles, jusque dans les Alpes. C’est un polar très bizarre, un peu bancal mais non dénué de charme, avec d’impressionnants méchants (notamment Tomás Milián) mais qui le sont nettement moins que les faux gentils. Lonsdale n’a pas grand-chose à jouer, mais il est absolument génial dans cette dernière scène, terrifiant.

Espion, lève-toi – Yves Boisset – 1982

29. Espion, lève-toi - Yves Boisset - 1982La valse des espions.

   7.0   Belle approche de film d’espionnage à tendance paranoïaque quelque part entre Les trois jours du Condor, de Sidney Pollack et Un papillon sur l’épaule, de Jacques Deray, aussi avec Lino Ventura.

     Espion lève-toi c’est l’histoire de Sébastien Grenier, expert financier et ancien espion, un agent dormant qui assiste à des attentats sur plusieurs de ses collègues et doit faire face à un nouvel agent mystérieux, incarné par un Michel Piccoli charmant et machiavélique, qui le menace plus qu’il ne le rassure.

     Le film est découpé en une suite d’actions présentées par une voix off annonçant la date, le lieu et l’heure précise. Le film se déroule principalement à Zurich, qui devient le carrefour d’un règlement de comptes tortueux.

     Michel Audiard signe les dialogues, mais ils ne viennent jamais entacher une écriture si tranchée et épurée, toujours au diapason d’un récit nébuleux, qui vire à l’abstraction.

     C’est en sus un beau film politique où cohabitent les forces gouvernementales, les services de contre-espionnage et les brigades d’action populaire. Ils sont réduits à des rouages chaotiques, interchangeables et désincarnés. On se traque, on s’entretue, mais on ne sait pas vraiment qui est au service de qui ni pourquoi.

     N’oublions pas les magnifiques présences de Bernard Fresson et Bruno Cremer. Le tout accompagné par Morricone, qu’Yves Boisset retrouve dix ans après L’attentat. Vraiment un super film. D’une douce noirceur implacable.

L’attentat – Yves Boisset – 1972

08. L'attentat - Yves Boisset - 1972Casting quatre étoiles.

   5.0   Trintignant, Volonte, Seberg, Noiret, Bouquet, Scheider, Bouise, Cremer, Piccoli, Blanche, Périer, François : C’est probablement l’un des castings les plus dingues du cinéma français. Tous au service de ce film d’espionnage implacable, inspiré de l’affaire Ben Barka. C’est vraiment pas un film facile (à aimer). Hyper cadré et dialogué, trop, trop écrit, mais tellement bien incarné, pour compenser sa froideur d’ensemble. À l’image de la musique d’Ennio Morricone, faite de stridences lointaines, minimale, angoissante. Un film impressionnant autant qu’hermétique.

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