La ferme de la terreur.
5.0 Neuvième et dernier Boisset découvert cette année, Canicule est un Boisset mineur, probablement, mais qui brille au moins par son cachet hybride : C’est comme si Le grand chemin, de Paul Loup Hubert croisait À bout portant, de Don Siegel. Le film noir à l’américaine qui rencontre un tableau de la France profonde. C’est à peu près n’importe quoi tout le temps et c’est aussi ce qui en faisait un petit fantasme de cinéphile.
Car réunir Lee Marvin et Victor Lanoux n’est pas la moindre des surprises de Canicule. Il y a aussi celle de les voir évoluer entre Orléans et une ferme de la Beauce. Avec une histoire de magot hérité d’un braquage, qu’on va planquer entre les champs de blé. Et une rafale de meurtres / suicides dans son dernier tiers.
Après un casse dans une banque orléanaise qui se termine en carnage, un gangster en cavale trouve refuge dans une ferme, au milieu des champs. Pas la meilleure planque du monde, tant il débarque sans le savoir dans un monde de fous, peuplés de personnages tous plus barjots les uns que les autres.
Ce drôle de mélange se joue partout. Dans son casting notamment puisqu’on y retrouve aussi Miou-Miou ou Jean-Claude Dreyfus (tous deux déjà croisés chez Boisset, dans La femme flic et Le prix du danger), Jean Carmet ou Bernadette Lafont mais aussi David Bennent, le gars qui jouait Oskar dans Le tambour.
C’est aussi une mine de répliques impossibles (à l’image des « nom d’une bite » à répétition de Carmet) avec les dialogues signé Michel Audiard, pas piqués des hannetons. Ce n’est pas fin loin de là, mais assez original dans le paysage cinématographique français.








