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Mystery Train – Jim Jarmusch – 1989

Mystery Train - Jim Jarmusch - 1989 dans Jim Jarmusch mystery-train-1989-01-g

     6.3   C’est totalement ce genre de film qu’il faut pour me détendre, que je regarde une bière à la main. J’aime beaucoup cette ambiance « rock’n'roll au ralenti » et ces grands espaces citadins désertiques filmés par Jim Jarmusch sont magnifiques. Mystery Train c’est trois histoires. A Memphis, Tennessee. Un couple japonais qui vient voir Graceland et les traces laissés par le King. Une jeune femme qui ère dans la ville après avoir récupéré les restes de son mari. Et quelques amis ayant un peu trop abusés de la bouteille, dont un qui fou la merde dans une épicerie. Ces trois histoires, se déroulant sur à peine vingt-quatre heures, vont se « chevaucher » dans un petit hôtel… Ce n’est pas fait avec les gros sabots, il y a de l’humour à la Jarmusch mais c’est très soft, surtout beaucoup d’errance, c’est très agréable et plutôt bien cadré. Tous les passages avec les deux gardiens de l’hôtel sont extraordinaires…

Ces messieurs dames (Signore & Signori) – Pietro Germi – 1966

Ces_messieurs_dames_photo_1The party.

     6.0   Agréable surprise que ce film italien palmé en 1966, que j’allais voir sans envie ni même curiosité. D’une part car casting et cinéaste me sont tous inconnus, et surtout parce que la comédie à l’italienne n’est, pour le peu que j’ai pu voir jusqu’ici, pas trop mon fort. Signore & Signori a une qualité assez importante c’est son rythme. Il est tenu pendant au moins une bonne heure de film. Après il retombe légitimement puisque ce qu’il a à montrer – la dégénérescence d’un couple, la construction laborieuse d’un autre – l’en oblige. Mais quelle première heure! A faire palir Fellini, auquel j’ai beaucoup pensé.

     Dans une grande villa, un riche homme d’affaire invite ses amis, les amis de son fils, tous plus hypocrites, égoïstes et déplorables les uns que les autres. Soirée de débauche avec cassures au sein des couples, moqueries en tout genre, hurlements à nous en donner mal au crâne. Il y a une sensation de grande liberté dans ce film, surtout dans la construction des personnages, tous sortis de nulle part. J’ai beaucoup, beaucoup ri. Et il y a des passages musicaux, dansants, dont je suis particulièrement friands… Dommage que le film ne tienne pas la distance, mais sur 1h58 c’est assez difficile. Néanmoins j’en garderai un excellent souvenir, en partie grâce à cette sublime actrice qu’est Verna Lisi, curieuse fusion entre Anna Karina et Monica Vitti !

Dérive mortelle (Adrift) – Hans Horn – 2007

18771107.jpg-r_1280_720-f_jpg-q_x-xxyxxDérive, tout court.

     2.8   Ce film, un peu partout, est présenté comme un Open Water 2. Il en est évidemment très en dessous, n’arrivant jamais à atteindre l’angoisse de son illustre prédécesseur, ni même le réalisme de ce genre de situation. Il est emcombré d’une histoire de passé super bidon quand Open Water était totalement pur dans ses intentions (Un homme et une femme partaient faire de la plongée, le bâteau les oubliait au retour, ils restent en plein océan au beau milieu des requins. Point. Comment survivre ? Comment vaincre la panique ?). Ici on a le droit à un passé lourd déjà. Quatre amis se retrouvent cinq ans après s’être vu pour la dernière fois, entre temps certains ont changé de petites copines etc… du coup ils vont être six, sept si l’on compte la petite Sara, fille de l’un des couples. On fête des retrouvailles, on fête un anniversaire. Pour l’occas’ l’un d’eux les invite sur son yacht (qui plus tard avouera que ce n’était pas le sien) et les voilà parti en plein océan. Premier clou du spectacle : La jeune maman qui embarque a une peur panique de l’eau depuis qu’elle a vu son papa se noyer étant gosse. Vous l’avez deviné, tout ça sera bien appuyé par flashbacks incessants. Second clou du spectacle : Seuls dans l’océan, chacun décide d’aller piquer une tête. Tu te demandes à ce moment comment ils vont se retrouver tous à l’eau étant donné que l’une ne voudra pas y aller. C’était sans compter sur cet ami génial qui l’y pousse, qui dit qu’en gros il faut guérir le mal par le mal! Et Le clou du spectacle, ce pourquoi ils ne remonteront pas de sitôt sur le bâteau, ce pourquoi la mère entendra les cris de sa fille un peu plus tard, abandonnée sur le pont du yacht… c’est qu’ils ont oublié de mettre l’échelle ces cons-là!Alors ce n’est pas le naufrage total. Certaines séquences fonctionnent un peu. Il y a comme une petite tension. La fin est un monument de ridicule dont on n’est pas certain qu’elle ne soit pas débarassé d’une quelconque symbolique religieuse. Bref, autant revoir le réussi Open Water.

Open Water – Chris Kentis – 2004

311098Cast away. 

     6.9   Deux personnes en pleine mer. Un homme et une femme. Un couple, abandonnés par le bateau qui les emmenait faire un peu de plongée en groupe. Moment d’inattention, l’équipage s’en va sans eux. Les heures défilent. Le froid, la fatigue, la faim, la présence de méduses, de requins sont autant de facteurs qui perturbent leurs états d’âmes, qui perturbent l’être humain d’une manière générale, lorsqu’il se retrouve paumé dans un milieu hostile qui n’est pas le sien.

     Avant tout, Chris Kentis, le réalisateur, a su installer son récit. Certains trouveront ça inutile et long, les autres le verront comme un prologue intéressant à une escapade naturelle cauchemardesque. Un couple aisé veut prendre du bon temps dans les îles afin d’échapper à ce quotidien qui les détruit, principalement celui de la jeune femme qui empiète vraiment sur leur vie de couple. Si la veille de leur excursion sous-marine, quelque chose de fugace semble troublé la jeune femme, ce n’est pas tant à comprendre comme événement prémonitoire du lendemain (ce que j’avais pu ressentir lors de mon premier visionnage il y a longtemps) mais comme des relents de stress des habitudes quotidiennes professionnelles, tout simplement. Le cinéaste a voulu montrer que même aux Bahamas, loin de tout, ce couple est envahi par les obligations. Pourtant c’est les vacances, c’est ce qu’ils doivent se dire. Elle décide de prendre sur elle ce moment de blues. Il décide de ne plus y penser. Ce n’est que dans l’eau, le lendemain donc, après quelques heures d’attente, de barbotage inquiétant, que les vieux démons ressurgissent. Comme si l’être humain, lorsqu’il se retrouve dans un environnement où il ne peut jouer de son autorité, de son statut de mammifère fort, se rabattait sur ce qu’il avait, tentant de déjouer la peur, l’angoisse par le souvenir, la mémoire, là où l’hypocrisie est un sentiment voué à disparaître et laissant éclater des fractures jusque là d’apparences inexistantes. Evidemment, théorie qui ne fonctionne uniquement quand il y a au moins deux personnes.

     Chris Kentis en dit donc autant sur le couple que sur le désir de survie en milieu hostile. Dans sa façon d’appréhender le réel en le distanciant, de faire semblant de l’occulter dans l’unique but de rassurer l’autre, qui semble davantage en difficulté. Défier l’état périodique de l’autre donc, chose qui aurait été impossible avec une personne seule. En cela il réussit quelque chose de remarquable, pas de sexismes en tout genre ce sont les situations qui font apparaître des différences, pas le contraire. A l’image c’est un couple uni ça se sent. Il y a une proximité assez forte. Cette situation peut détruire comme renforcer le couple, qui vit sur une corde raide qu’ils se sont refusés à admettre.

     Chris Kentis fait dans l’économie de moyen, l’économie de tout. De musique. De péripéties extravagantes. De dialogues vides à n’en plus finir. De montage saccadé. Il a seulement voulu montrer 24h de la vie de ce couple, dans un endroit où il leur est mentalement et physiquement impossible de survivre. Il y a donc des situations anodines. D’autres très drôles. D’autres encore terrifiantes. Mais jamais de gras. De l’inutile (oui comme en vrai il y en aurait) mais pas de gras. Car il reste dans cette optique géniale de climat réel, mouvementé comme dans la réalité, banal comme dans la réalité. Il filme beaucoup le ciel, on le voit changer. Il filme l’eau aussi qu’on en aurait presque le mal de mer à la fin. Et il nous donne des indications temporelles, en mentionnant l’heure du jour de temps en temps.

     Je ne parle même pas du film techniquement, pourtant il y a à dire. C’est angoissant au possible. Ce huis-clos à la surface de l’eau, renforcé par le fait qu’on ne sait pour ainsi dire jamais (tout comme eux) ce qu’il y a en dessous de leurs pieds. La scène de l’orage, finalement beaucoup trop courte, est un moment d’angoisse pure, savamment distillée. Bref, c’est super !

Comment je me suis disputé… (ma vie sexuelle) – Arnaud Desplechin – 1996

Comment-je-me-suis-©-Why-Not-Productions   7.3   Les films de Desplechin, en tout cas ceux que j’ai vu, ont en commun leur longueur importante et leur richesse d’écriture. Et je crois bien que Comment je me suis disputé… (ma vie sexuelle) est encore plus riche que les autres. C’est surtout celui dans lequel on se retrouve le plus en un sens. Car il aborde toutes les relations possibles, et que l’on ne vienne pas du même milieu que Paul Dédalus (Mathieu Amalric décidément immense), que l’on n’ait pas les problèmes de coeur que ceux dont il doit faire face, ni même un destin professionnel similaire, ce film me touche, m’émeut souvent, me fait rire très souvent, il touche à une intimité qu’apparemment aujourd’hui Desplechin est le seul à rendre vraiment compte dans le cinéma français. J’ai vu quatre films de Desplechin donc à ce jour, on va dire que je garde une préférence pour son dernier en date, parce qu’il parlait de la famille d’une façon que ça me parlait comme jamais un film familial m’avait parlé, qu’il suivait un schéma narratif plus convenu et donc forcément offrait une émotion plus immédiate. Mais Comment je me suis disputé… est sans nul doute celui que je veux le plus vite revoir, parce que j’ai ce sentiment d’avoir laissé passer un nombre incalculable de choses. Oui, je le sais en en parlant, c’est une évidence (et c’est pour ça qu’il m’était impossible de voir un autre film dans la journée) il faut absolument que je le revois. Enfin comme toujours ce n’est pas un film anodin, ce n’est pas un film que l’on est prêt d’oublier, et Desplechin est fort pour ça. Dans les premiers moments du film j’ai même eu ce sentiment que le cinéaste, donc le personnage, me parlait à moi, parlait de moi, au moins un peu, c’était très gênant, et à la fois très excitant.

John John – Brillante Mendoza – 2008

John John - Brillante Mendoza - 2008 dans Brillante Mendoza h_9_ill_1015691_johnjohn

Manille, labyrinthe.     

   7.6   Je me suis pris une claque. le genre de claque innatendue. Car même si l’an dernier j’avais beaucoup aimé Serbis, il m’avait aussi pas mal désarçoné, surtout l’abus de caméra épaule. Là j’adhère entièrement. Une journée dans un bidonville de Manille où une famille d’acceuil va être contrainte de rendre l’enfant qu’ils gardent (qu’ils ont adoptés provisoirement) depuis trois ans à une riche famille américaine. Mendoza filme les quartiers comme personne. Il filme un quotidien comme personne. sa fin est magnifique. Bref, Serbis et John John montrent que Brillante Mendoza est sur la voie pour devenir un très grand cinéaste, cru et atypique.

Model Shop – Jacques Demy – 1969

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Now or anywhere.

   8.2   Il y a dans ce Model Shop, suite sublime et mélancolique de Lola, tout ce que j’aime dans le cinéma.

     Le film raconte en gros vingt-quatre heures de la vie de George, un type paumé, sans le sou, qui désire faire dans l’architecture mais n’obtient pas sa place, et s’achète une voiture qu’il n’a pas les moyens de se payer. Avant tout on voit George et sa petite amie Gloria, un couple pas loin de la crise, entre lui coincé dans son système qui l’empêche d’avancer, et elle, plus naïve quant à sa possible réussite professionnelle. Puis il y a cette longue scène d’errance, et cette rencontre avec Lola, celle du Cabaret de Nantes qui à Los Angeles est devenue l’une de ces femmes « modèles » qui se font photographier en sous-vêtements pour de l’argent.

     Model Shop prend un détour encore plus intense lorsque l’on apprend – mais ça ne reste finalement qu’une toile de fond (mais une toile de fond importante, une date butoire en quelques sortes, un peu comme dans les Parapluies…) – que George est appellé pour le Vietnam. Le film qui n’avait ni repère temporel (excepté la récupération de la voiture à un temps donné) ni repère géographique (on ne dit pas qu’il s’agit de Los Angeles, on le devine) change de cap. George doit être lundi à San Francisco. Lola va repartir pour Paris. Tout est précipité.

     Model Shop est un film magnifique, sur le temps, sur les coups durs de la vie, sur les belles rencontres. Il me touche davantage que Lola, et surtout, cette séquence où l’on découvre le vieil album photo avec le fils de Lola, son ex-mari Michel est un moment somptueux. Chez Demy il y a quelque chose qui me frappe tout particulièrement, ce sont les regards, la direction de ces regards et donc les visages. J’y vois de la noirceur, de l’abandon, de l’espoir et beaucoup de mélancolie. C’est sublime.

Le mystère de la chambre jaune – Bruno Podalydès – 2003

Le mystère de la chambre jaune - Bruno Podalydès - 2003 dans Bruno Podalydès p5

True detective.    

   6.2   Il y a deux parties bien distinctes c’est une évidence. La première installe toute l’intrigue pour la faire éclater au grand jour dans la seconde. Ici, le titre ne ment pas, ou alors qu’à moitié. Oui le mystère se situe dans cette chambre jaune, où Sabine a failli être assassinée, où cet assassin semble s’être volatilisé, puisque l’idée de la sortie par la porte est évincée d’emblée, le père se trouvant derrière au moment des faits et chagriné par les cris de sa fille, et celle de la fenêtre impossible, étant doté de barreaux « infranchissables et infranchis » dira le détective Rouletabille.

     Denis Podalydès joue donc Rouletabille, méthodique et dynamique, inventif et scrupuleux, fier et compétiteur, un pantalon beige trop petit, un béret délicatement posé sur le crâne. Un beau Tintin en somme. Et comme Milou pour Tintin, Rouletabille n’est pas seul, il est accompagné de Sainclair, son plus fidèle admirateur, qui l’obéit au doigt et à l’œil. En face, Frédéric Larsan, un inspecteur connu pour ses méthodes précises et efficaces, il semble au moins aussi bien résonner que Rouletabille, le seul à le trouver ridicule, sans doute par fierté dans la rivalité.

     Sauf que tous les ressorts de l’intrigue ne se situent pas seulement dans cette chambre. Pendant toutes ces recherches scrupuleuses, on a droit à des courses-poursuites en tout genre, un tueur qui semble revenir sur les lieux du presque crime, muni pour la discrétion d’un masque de soudeur, afin de se débarrasser définitivement de Mathilde Stangerson. Ce film c’est un peu un cluedo sans progression (dans le sens où jusqu’au bout il nous est impossible de ne pas envisager tel personnage, telle situation) dans une version désopilante et ludique, savoureux mélange entre un Ozon réussi et un Jeunet réussi, côtoyant l’esprit récréatif de Huit femmes et les voix off du second cinéaste cité, s’éloignant de tout ça ensuite fort heureusement.

     Un mot sur la fin : Rouletabille a compris. Il lui manque les preuves. Il s’exile en Amérique, en revient apparemment grandi, en ayant autant appris sur l’identité du criminel et ses motivations, ainsi que sur une bien curieuse filiation…

Jusqu’en enfer (Drag me to hell) – Sam Raimi – 2009

Jusqu'en enfer (Drag me to hell) - Sam Raimi - 2009 dans Sam Raimi 20080717_dragmetohell

     5.5   Retour à son genre de prédilection pour Sam Raimi, auteur de la franchise Evil Dead, et entre-temps des Spiderman. Et à défaut d’innover, le cinéaste propose du gore bien gras, un agencement excellent dans les scènes d’angoisse (j’ai dû facilement sursauter 627 fois !) sans oublier de dénoncer cette société dont les enjeux ne s’appuient désormais que sur la compétition. Passons le début, totalement inutile et raté, bazardé à l’image de synthèse qui bave, la séquence suivante voit cette jeune femme qui travaille dans une société d’assurances. Très introvertie, la place de directrice adjointe ne lui est pour le moment pas promise étant donné l’arrivée d’un petit nouveau, suppôt du boss.

     Un jour, elle prend son courage à deux mains, et cette petite vieille répugnante sans le sou, qui peine à payer ses loyers, va en payer les frais. Cette dernière lui jette un sort maléfique et tout commence alors pour la belle Alison Lohman. La scène qui suit dans le souterrain de l’établissement est dores et déjà culte. Quant aux autres nombreuses scènes bien cracra, on est heureux de voir ça au cinéma, dans une salle ugc (une fois n’est pas coutume) pleine à craquer, où les gens éclatent de rire, poussent des cris, se lèvent, applaudissent pendant la projection… C’est La Récréation ! Il faut donc y aller en attendant rien, en ne cherchant rien, ou juste un pur moment de détente qui fou bien les jetons autant qu’il est hilarant.

 

Terminator, renaissance (Terminator, salvation) – McG – 2009

Terminator, renaissance (Terminator, salvation) - McG - 2009 dans McG

     3.4   La seule grande idée ici est de situer l’action dans le futur, entièrement. Si les trois premiers montraient des voyages dans le temps, en 1984 d’abord, en 1994 ensuite puis pour terminer en 2004, toutes ces périodes pré guerre nucléaire, nous sommes ici bien après, 2018, the war against the machines rugit depuis un bon bout de temps déjà.

     On appréhende donc le tout nouveau Connor (pas l’acteur hein, le personnage, celui du futur) plus fidèle à cette image de héros que nous l’avions vu précédemment, qui dirige ses troupes, se comporte et est perçu tel un messie, et essaie de trouver la faille dans le système de Skynet grâce aux cassettes instructives que sa mère lui a laissées. Sarah Connor est morte d’une leucémie avant la guerre, ça on le savait dans l’opus précédent, mais elle semble avoir une importance capitale, vivante ou non. Elle trace – a tracé – des lignes à suivre, c’est le chemin à suivre depuis sa rencontre avec Kyle Reese, et sa foi quasi immédiate concernant ce destin humain tragique.

     L’histoire : Marcus Wright apparaît en 2018, dans une ambiance d’apocalypse, il dit ne se souvenir que d’une chose, être passé par le couloir des condamnés à mort. Connor doit donc découvrir d’où vient le bonhomme tout en préparant l’assaut contre Skynet qui a décidé d’annihiler la race humaine toute entière. Terminator, Renaissance est un pur film d’action. McG s’en sort d’ailleurs très bien dans cette partie là du jeu. Mais pour le reste pas du tout. C’est comme si on n’y croyait plus. Ce qu’avait fondé Cameron s’était émietté dans le 3 et ici a complètement disparu. Terminé les personnages charismatiques (Christian Balle, l’endive, seul aux commandes), plus de grandes réflexions sur cette opposition entre destin et prise en main du présent, plus de grands moments exploitant le paradoxe temporel (faut-il rappeler que si Kyle Reese meurt dans cet opus, situé en 2018, il ne pourra pas sauver Connor dix ans plus tard, dans le passé ? Thème sous-exploité ici, complètement).

     Ce nouveau terminator est fade, pas ennuyant non, mais sans intérêt (à l’image de son I’ll will be back qui n’a jamais paru aussi kitch !), il déballe ses saynètes, souvent impressionnantes techniquement mais ne passe jamais au-delà de ce stade l’action pour l’action. Et la fin est une horreur avec ça. On se croirait revenu dans un film de Michaël Bay. Entre ça et l’apparition de notre bon vieux Schwarzie, modélisé numériquement, le terminator qui bientôt voyagera dans le temps, on n’est pas bien convaincu. Et il y a un autre souci : McG se prend beaucoup trop au sérieux. Il dit être admirateur de Cameron, et rejeter en bloc l’opus de Jonathan Mostow, personnellement, même s’il est vrai que le troisième est en dessous, il est tout de même nettement mieux que ce dernier, haut la main boulet de la franchise. Cela dit il y a quand même la satisfaction d’avoir respecté le cahier des charges (c’est le fan qui parle), d’avoir respecté l’histoire globalement, et surtout de l’avoir situé en 2018, avant que le T800 ne soit envoyé dans le passé. On verra ce que la suite nous offrira. Normalement, Connor ne devrait pas tarder à mourir, si mon souvenir est exact, c’est prévu pour 2032…

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silencio


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