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American gangster – Ridley Scott – 2007

American gangster - Ridley Scott - 2007 dans Ridley Scott American_Gangster

Only the strong survive.

   5.1   On va dire que globalement je suis assez surpris. Par la tournure des choses en fait. Si au début je trouve la démarche presque ratée, d’une part trop pompée sur Scorsese, sans en atteindre sa magie, mais aussi des tics de réalisation très Scottiens avec de temps à autres des petits clips de transitions entre les séquences, entre les villes surtout, et l’impression aussi de voir une géante bande-annonce… il faut dire que par la suite, déjà je suis entré dans le film, dans sa logique (même si le travail sur les personnages reste très succins) mais aussi j’y ai vu un peu de cinéma. Certaines séquences sont chouettes.

     Mais le problème avec ce cinéaste c’est que ça ne dure jamais bien longtemps une scène. La course-poursuite est bâclée (j’aurai rêvé la maîtrise d’un French connection). Les scènes de dopes dans le labo je ne m’en souviens même plus (Gray n’a pas de soucis à se faire). Et la scène – quasi – finale où chacun se fait arrêter au même instant sous ce chant de messe en off manque clairement d’émotion (Coppola et son Godfather son pénards). Voilà, en gros rien de bien transcendant, ça je m’y attendais, mais en fin de compte quelque chose, peut-être dans le rythme assez étrange du film, me permet d’y voir un film moyen + on va dire.

Rachel se marie (Rachel getting married) – Jonathan Demme – 2009

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Breaking party.

     6.7   Le temps d’un week-end et le mariage de Rachel, pour découvrir tous les secrets, tous les problèmes, les souvenirs qui surgissent – ont surgis - au sein de cette famille bourgeoise typique. Une famille accompagnée d’une autre. Celle du futur mari de Rachel. L’essentiel tourne autour de la petite soeur, ex-junkie sur le repentir qui souffre d’un passé néfaste et s’est forgée la réputation de boulet de la famille. Pas de lourds secrets incestueux à la Festen – même si on l’évoque un instant - mais plutôt un drame ancien, qui semble avoir délié le quotidien de la petite famille provinciale.

     Un week-end festif. Un week-end pour s’évader, pour oublier. Les engueulades ressurgiront mais c’est bien ce climat de liesse qui laisse ds traces après la vision du film. Des séquences absolument magnifiques comme ce face to face père/gendre au lave-vaiselles ; la scène classique du repas où chacun lèvera son verre à tour de rôle et proposera un discours ; et l’instant de la danse, illustration parfaite d’une ambiance plus tendre que houleuse même si l’on est constamment sur le fil.

     On pense parfois à Cassavetes, tant l’image du groupe, des mimiques dans le groupe, des colères dans le groupe, des cris de joies dans le groupe semblent authentiques. La fin rappelle même A woman under the influence. Le rideau que Peter Falk ferme a disparu mais c’est bien dans un style identique que l’on quitte ce groupe que l’on a appris à apprivoiser, à connaître, chaque personnage étant distillé à merveille, chaque comédien jouant à la perfection.

     La mise en scène digne d’un Von Trier ou d’un Vinterberg fait un peu mal au crâne par moment mais si tant est que l’on soit rentré dans le film on n’en sort tout de même pas de sitôt.

OSS 117 : Rio ne répond plus – Michel Hazanavicius – 2009

OSS 117 : Rio ne répond plus - Michel Hazanavicius - 2009 dans Michel Hazanavicius oss-117-rio-ne-repond-plus-15-04-2009-2-g

     6.9   La différence avec le premier c’est que je me suis marré non-stop, sans retenue. j’avais apprécié celui du Caire au cinéma sans pour autant être super convaincu, ce n’est que par la suite, après moult visionnages, que je l’ai considéré comme l’une des meilleures comédies depuis un bail. OSS au Caire est un film qui se bonifie au fil des visions, car on y découvre chaque fois de nouvelles choses. ici j’ai le vois plus comme un film immédiat. L’impression d’avoir tout vu, qu’il ne me restera rien pour le prochain coup. Certes tout a été décuplé, le ridicule, le potache, les vannes démodées, le jeu de l’acteur, la durée dans l’absurde… En fin de compte je l’aime autant que l’autre, mais pas pour les mêmes raisons. reste à savoir si avec le temps Rio sera aussi fort que Le Caire

Villa Amalia – Benoit Jacquot – 2009

villa-amalia_421467_16851Duras, intouchable.

   4.4   J’aime la spontanéité de ce film. Celle de la mise en scène, loin d’être avare en élipses, celle de son personnage principal, une Isabelle Hupert trompée, dont cette découverte dans un jardin de St Cloud va permettre à celle-ci de vouloir totalement changé sa vie. J’aime le côté hédoniste, dans la mise en place du dispositif comme dans la dernière partie. Hupert est plutôt convaincante, moins agaçante qu’à l’accoutumée. Après je ressens un peu de frustration aussi, l’impression d’avoir un cinéaste trop sage, j’aurai sans doute voulu qu’il fasse davantage son Bonello. Ou Duras, mais on en est loin.

Séraphine – Martin Provost – 2008

Séraphine - Martin Provost - 2008 dans Cesar du meilleur filmScolaire.

   5.0   Il y a comme un gros souci de cohérence. C’est un film qui parle d’art, au sens le plus fort du terme, qui évoque une partie de la vie d’une artiste, pas comme les autres, très singulière dans son comportement, ses peintures, son rapport avec la nature, la religion, les couleurs… et le cinéaste aux commandes ne propose rien de personnel, s’évertuant à bien filmer d’accord, à faire du travail de bon élève, parfois même à proposer des plans sympas mais sans aucune véritable originalité, cloitrant définitivement l’héroïne dans un espace ou personne n’est amené à la comprendre, à partager ses sentiments. N’est pas Malick qui veut bien entendu, mais quelque chose de moins impersonnel aurait été bienvenu, quelque chose qui se aurait utilisé la nature aussi bien que Yolande Moreau. Au lieu de cela on a un film moyen, qui tire en longueur, parce que pas assez intéressant. Il l’est parfois pourtant. Le temps de deux ou trois séquences. Où l’on découvre l’art de la dame, sa proximité avec les couleurs, son goût pour un climat sombre, ici un truc fort se passe. Mais trop bref est cet instant. Ou aussi cette dernière scène (la meilleur du film et de loin), ce dernier plan, Séraphine, une chaise, un immense arbre, magnifique de simplicité et d’évidence.

Pionniers à Ingolstadt (Pioniere a Ingolstadt) – Rainer Werner Fassbinder – 1970

Pionniers à Ingolstadt (Pioniere a Ingolstadt) - Rainer Werner Fassbinder - 1970 dans Rainer Werner Fassbinder 1

   5.1   Plutôt un bon film. Sur l’amour. En quête de plaisir deux femmes se voient draguer des pionniers spécialement déplacé dans la ville pour y construire un pont de bois. L’une ne conçoit que la baise, le plaisir au sens futile du terme, et n’hésite pas à soudoyer les soldats d’un peu d’argent. L’autre tombe amoureuse du premier type venu. Deux idéaux qui s’affrontent. Toujours dans un climat propre à Fassbinder, un climat qui, comme d’habitude, ne me plait pas beaucoup. Je dois avoir un un vrai problème avec ce cinéaste. Ce film est l’un de ceux que je préfère de lui mais toujours quelque chose me bloque. Y a t-il un syndrome Fassbinder ?

Klimt – Raoul Ruiz – 2006

Klimt - Raoul Ruiz - 2006 dans Raoul Ruiz 17klim600

   2.1   Une fois encore je ne marche pas aux fantaisies de Raoul Ruiz. J’aime bien le début, où l’on découvre ce personnage sur son lit de mort qui par flash se remémore quelques instants de sa vie. J’aime bien ce personnage aussi. Enfin la manière dont le cinéaste nous le présente. Et par moment on se croirait presque dans un truc ambient à la Hou Hsiao Hsien, coloré et aérien. Sauf qu’un film il faut le remplir, enfin disons que s’il ne me touche pas et que je n’y rentre pas corps et âme c’est que ça ne fonctionne pas du tout, du tout. Ce fut le cas. Je ne prends aucun plaisir. J’y vois de la mise en scène certes, mais je n’ai aucune empathie pour personne ni même pour l’histoire. Ça marche donc cinq minutes puis je m’ennui royalement.

Belle toujours – Manoel de Oliveira – 2007

Belle toujours - Manoel de Oliveira - 2007 dans Manoel de Oliveira belle_toujours

   5.0   Si l’on excepte quelques dialogues savoureux dont celui entre Piccoli et le barman, l’hommage évident rendu à Luis Buñuel et l’envie immédiate qu’il donne de revoir Belle de jour, le film de Manoel de Oliveira n’est pas génial, il se regarde, il y a de jolis plans mais je le perçois davantage comme un film hommage et non comme un film unique à proprement parler, un film qui n’a en soit pas grand intérêt, si ce n’est encore de nous prouver par ses mimiques que Piccoli est bien le plus grand.

Traqué (The Hunted) – William Friedkin – 2003

Traqué (The Hunted) - William Friedkin - 2003 dans William Friedkin p3

En forêt.

   6.7   Rarement un film d’action ne m’avait paru aussi radical. Pourtant, excepté la première séquence, où l’on est plongé en plein Kosovo dévasté, les gun-shot sont utilisés avec parcimonie. Là où Traqué devient l’étalon du genre c’est dans son approche naturelle de l’angoisse, de l’attente, de l’observation. La musique est parfois utilisée pour faire monter la pression mais souvent ce sera le bruit de l’action qui la guidera, qui nous guidera, dans cet univers violent où les sens sont convoqués, trop pour le simple humain. La séquence finale devant la cascade est un monument d’action « face to face » sublime. Donc déjà en terme de film d’action, Traqué est largement réussi puisqu’il est sans temps morts, il s’affranchit entièrement de ce qui fait foirer un film de ce genre 99 fois sur 100, comme les sentiments, la vie personnelle, l’humour décalé (ce n’est pas toujours un mal, Die Hard en est la preuve, mais ici ce n’aurait pas été judicieux), l’abondance d’effets et de coups improbables. Et il y a quelque chose à laquelle je ne m’attendais pas. Le film de Friedkin, outre le fait d’être dotée d’une mise en scène habile, comme c’est souvent le cas chez le bonhomme, parle aussi de la guerre, des méfaits du conditionnement, et replace l’homme à un état animal où l’homme civilisé (représenté ici par les agents, qui tombent comme des mouches) n’est plus rien, où alors simplement réduits à l’état de spectateur. L’histoire se jouera donc entre ces deux hommes, une sorte de combat père/fils (l’un ayant entraîné l’autre à traquer, à tuer), en milieu ouvert, un combat aux poings et au couteau bien entendu. On ne peut même pas qualifier ce retour à l’état animal de réducteur puisqu’il montre l’humain faible, doté d’aucun pouvoir quand il est en jungle. Il y a un retournement des valeurs, ou plutôt de la puissance. L’animal/Le loup/Bénicio del Toro semble intouchable, guidé par ses instincts, commandés par la nature, et dans son milieu, seule une personne pourra l’affronter, l’homme/l’animal qui l’a crée. Tommy Lee Jones, cheveux grisonnants, barbe à la Abraham, a rajeunit de dix ans, il est épatant. Bénicio del Toro, méconnaissable, « louifié » est hallucinant en Rambo meet Colonel Kurtz.

Playtime – Jacques Tati – 1967

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     8.0   Heureusement j’ai attendu avant d’en dire quelques mots. Hier au soir, c’était presque un sentiment mitigé que j’éprouvais, l’impression d’être passé à côté tout en ayant été bluffé par la prouesse technique et l’envergure du projet. Lors de mon dépucelage Tati, avec Les vacances de monsieur Hulot, il y a de cela peut-être trois ans, je m’étais profondément ennuyé. Quelques gags surnageaient mais contrairement à Charlot je n’y voyais pas grand intérêt. Avec Playtime dans la tête je pense qu’il serait bon de redécouvrir ce film.
     Donc Playtime. Whaou quel film ! Quelle inventivité, quelle richesse ! C’est simple, je crois n’avoir jamais eu l’occasion de voir un film avec tant d’horizons, de choses à regarder dans un plan. Pas loin d’être déconcerté, par moment je me disais « mince c’est dommage on n’a presque pas le temps d’apprécier toute la saveur de ce petit bonheur ». Je pensais « Le film paraît anodin comme ça, avec ses comiques de situations, de répétition, ses lourds silences, ses dialogues parfois inaudibles, que j’en oubliais presque que l’on était face à un bijou satirique et visionnaire, une sorte de musée de l’imagination de notre Tati national ».
Et Playtime progresse sans cesse, s’attaque à toutes les conventions, le quotidien du monde moderne. Ou comment être incisif, mordant, évoquer une déshumanisation progressive de notre société occidentale (américains, français même combat) et une uniformisation de son architecture, de son cadre général, tout en restant sur le terrain de la comédie, de l’absurde, en proposant un paquet cadeau, plein de rythme et de poésie, de couleurs et d’illuminations.

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     Au premier abord, Playtime m’a paru donc inaccessible, parce que trop riche, doué d’une profondeur dans chaque plan, où il nous faut regarder ici et là, à droite à gauche, il faut même y déceler les modifications, les innovations qui apparaissent partout, tout le temps, et en oublier le dialogue. Je pense que Tati a fait un film sur l’image et non sur le Verbe, un peu comme Chantal Akerman à sa manière dans News from home où l’on entend les lettres que ses parents lui écrivent mais dont nous n’en comprenons pas la moitié.

     Au départ on a l’impression d’être dans un aéroport, enfin ce qui pourrait ressembler à un aéroport, tout semble robotisé, même certains personnages, comme cet homme de ménage qui se balade presque en automate, ramasse les déchets en automate. Un groupe de touristes américaines débarque sur Paris, enfin le Paris de Tati, futuriste ou non, meublé de gratte-ciel, sans vies, avec des glaces partout, des voitures identiques, une sorte de Sims géant. Au milieu de tout ce brouhaha, Hulot semble errer, cherchant quelqu’un, puis finalement quelqu’un d’autre, puis finalement personne. Il voyage, il se retrouve embringué dans des situations cocasses et cauchemardesques sans gravité tout de même. La gravité elle est à l’extérieure. Puis viendra à mi-film La soirée festive au ‘Royal Garden’ ou Hulot semble là-aussi arrivé par hasard. Une séquence avec un mouvement incroyable, des gags impossibles, de l’évolution constamment. J’ai beaucoup pensé à La règle du jeu durant cette séquence, celle du bal évidemment. Et aussi, même si le film est postérieur à Playtime, beaucoup à La Party, où la dérive finale de la fête peut s’y apparenter aussi. Le même genre de rythme, de drôlerie, et une négation du dialogue quoi qu’il arrive.

     Bref, il est évident que Playtime recèle de nombreuses pistes de réflexions, et d’horizons sans fin, convoquant la multiplicité des regards, la question de la modernité, de ses automatismes et de sa froideur, mais il faudrait une multitude de visionnages pour l’apprécier à sa juste valeur. Car même si je suis impressionné, n’ayant pas peur des mots, si je pense qu’objectivement c’est l’un des plus grands films du monde, il manque tout de même cette porte qui me conduira à l’émotion, et produira un effet d’addiction, une sorte de drogue, car je pense que c’est que Playtime peut très vite produire en moi. Donc je sais ce qu’il me reste à faire… Et, la preuve, j’ai déjà grandement envie de la revoir…

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Auteur:

silencio


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