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Le discours d’un roi (The king’s speech) – Tom Hooper – 2011

le-discours-d-un-roi-de-tom-hooper-10370320momswSur la voie.    

   5.0   Le titre ne ment pas sur la marchandise, c’est bien d’un discours qu’il est question, de la parole d’un monarque, juste de cela, d’un combat contre une voix. Ce n’est pas une reconstitution historique et bien qu’il y ait un soin apporté aux évènements (la mort d’un roi, l’échec d’un autre, la prise de pouvoir d’Hitler, la déclaration de guerre) les lieux sont très peu filmés, les personnages sont très théâtraux (la moue sympathique de Churchill, la marginalité de l’orthophoniste de génie fou de Shakespeare, la nonchalance d’Elizabeth…) on est propulsé, et on le sait assez vite, dans une machine à décrocher des oscars : Classicisme de la mise en scène, de la progression du récit, interprétation proche de la performance, musique d’accompagnement en permanence et un zeste de fantaisie bon enfant avec ces séances de diction singulière, entre insultes compulsives, gesticulations rigolotes et un retour difficile sur les traumatismes et souffrances d’une enfance que l’on cherche à oublier. Tout le gratin du film oscarisable oscarisé est là, ce pourrait être joliment atroce, et pourtant.

     La première partie du film, qui voit le futur roi affronter ce bégaiement (devant le stade de Wembley, face à son frère, en racontant une histoire à ses enfants, aux côtés des différents médecins) vécu comme un cauchemar, qui l’empêche de croire en son statut majestueux, alors qu’il cherche à tout prix une personne qui l’aidera à s’en sortir, n’a pas grand intérêt, enfin disons que c’est lourd de mièvrerie, c’est hyper musical et on s’en fiche pas mal d’ailleurs. C’est ensuite que le film prend un nouveau départ, dans cette rencontre avec cet orthophoniste aux méthodes particulières, n’hésitant pas à emmener son client vers des retranchements inconnus. Petit à petit le roi surmonte ce problème, mais au prix d’une bataille féroce qui l’oblige à libérer son esprit de souvenirs malencontreux lié à l’enfance, alors qu’il a d’abord refusé de parler de vie privée avec cet homme, qu’il juge en dessous de lui. Le portrait qu’en fait Hooper est plutôt intéressant parce qu’il est dans l’Histoire censé être l’un des rois les plus aimés d’Angleterre, mais pendant une bonne partie du film je l’ai trouvé carrément insupportable. C’est dans le processus de guérison que l’on commence à avoir de l’empathie pour cet homme, en guerre contre sa diction. Ce n’est que ça. Il n’est pas vraiment sympathique mais il est touchant. Et puis je trouve qu’Hooper ne s’est pas trop attardé sur le possible traumatisme de l’enfance, c’est évoqué mais jamais surligné, reste à l’imaginer.

     Le film restera ce qu’il est, rien de plus qu’un joli biopic tire-larmes classique, mais il met rarement les deux pieds dans le plat, il reste bizarrement sobre (certains diront chiant), il progresse timidement, sans que l’on perçoive l’évolution réelle de cette voix. Avoir choisi de laisser la durée du discours final dans son intégralité, même s’il est accompagné par Beethoven, et surtout qu’il s’amuse à rencontrer les visages de (pour ainsi dire) toute l’Angleterre, suspendue à sa radio, avec cette peur de basculer dans le ridicule à cause de ce roi bègue qui prononce un discours d’une importance phénoménale puisqu’il évoque l’entrée du pays en guerre contre l’Allemagne, est un parti pris très osé, surtout jusqu’à ce ouf final symbolisant la réussite du roi, lessivé mais comblé, et ces applaudissements qui supplantent cette tristesse solennelle, et achèvent de faire de ce film et de cet homme le tableau ironique (car minuscule) de l’Histoire en marche, justement parce qu’il ne parle pas vraiment de l’Histoire, mais d’un combat intérieur, du courage d’un homme, de la naissance d’une amitié. J’étais à la fois très gêné et très impressionné. Et en définitive j’ai trouvé ça plutôt émouvant.

La petite chambre – Stéphanie Chuat & Véronique Reymond – 2011

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     5.0   Encore un joli film bien écrit, bien interprété. Encore un joli film avec un beau sujet. Encore un de ces films sans grande prétention qui affiche sa simplicité et sa sensibilité dans chaque plan. Discret comme les montagnes sur son affiche. C’est un film que j’aime bien, qui me touche beaucoup, essentiellement l’histoire de la jeune femme d’ailleurs, dont on apprend plus tard le traumatisme récent. S’il ne manque pas d’élégance, La petite chambre manque de personnalité, de subtilité dans sa mise en scène. De mise en scène tout court. Rien ne ressort vraiment de ce beau sujet. C’était aussi le cas cette année dans Angèle et Tony. La douleur du passé, la rencontre des âmes tuméfiées, oui mais comment en parler pour que ça marque ? La petite chambre est selon moi un peu meilleur. Et surtout il contient une des scènes les plus fortes de ce début d’année, dans les aveux de Rose à Edmond, sur ce passé qu’elle ne peut oublier, qui l’empêche d’avancer. C’est que Rose est l’infirmière à domicile d’Edmond. Ce dernier, aigri, peu bavard, ne souhaite qu’une chose, qu’on le laisse tranquille au milieu de ses fleurs et de sa musique. Avec cette femme quelques minutes au quotidien et un père qui voudrait le déplacer en maison de retraite il n’est pas gâté le pauvre Edmond. Et il y a cette photo qu’il observe sans cesse, de cette femme qui l’a quitté il y a quarante ans dans ces montagnes alpines. Rose l’assiste mais Rose n’est pas pour autant heureuse – séquence classique d’une fausse discussion sur le bonheur entre l’infirmière et son patient, premier signe d’un manque évident d’inventivité, d’une construction bien trop écrite – dans sa vie de tous les jours. On a accompagné Edmond, on accompagne maintenant Rose. Que l’on découvre en couple avec un homme. Il y a comme quelque chose de pesant, pourtant on sent comme une jolie alchimie entre les deux, mais il y a un drame, le genre de drame vécu à deux, qui disloque autant qu’il resserre. La peur de faire l’amour. Une chambre cachée. Les cinéastes multiplient les séquences autour de ce mystère, cette attente, c’est parfois très beau, parfois gluant (l’ampoule cassée, le fait divers dans le journal). Un enfant est mort. Mort-né. Un garçon qui voudrait rebondir, une femme qui se cloître dans son malheur. Cette rencontre entre ce vieil homme au seuil de la mort et cette infirmière qui a vu un peu d’elle mourir n’a rien d’étonnant, c’est attendu mais encore une fois c’est juste, c’est touchant. Et le film sera ça tout le temps. La fin est sublime d’ailleurs. Mais tout ça manque de folie, de lumière. Tout est très scolaire. Il manque ce truc qui me chamboulera, m’emportera, encore une fois ce n’est pas une question de sujet, ce n’est que de la mise en scène. Sage et fade pour un récit si puissant. Autrement, Florence Loiret-Caille est, comme chaque fois, épatante.

The barber, l’homme qui n’était pas là (The man who wasn’t there) – Joel & Ethan Coen – 2001

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     6.0   Les frères Coen dans ce qu’ils font de mieux : le film noir. Pas celui, un peu lourd, qui risque de s’embourber dans son propre dispositif et se referme dans son austérité, au contraire, celui, détaché, qui pigmente le récit d’humour noir, de fulgurances et sait se renouveler toutes les cinq minutes. Devant The barber on pense énormément à Blood simple, leur meilleur film. Comme souvent ce n’est pas le début du film, sa présentation, la mise en place de ce monde un rien loufoque dans lequel j’entre facilement, il faut un certain temps. Et puis une fois que cette noirceur commence à pointer, en l’occurrence cette spirale infernale dans laquelle s’engage ce coiffeur, du chantage jusqu’au crime, je trouve alors tout passionnant. Il lui manque sans doute ce truc qui me fait revoir, ou tout simplement vouloir revoir d’autres de leurs films, comme Fargo, No country for old men ou Blood simple mais il entre indéniablement dans la bonne catégorie. Parce qu’avec ces zouaves c’est généralement tout ou rien, si ce n’est pire que rien. Là, j’aime la direction que prennent les évènements, le film ne cesse de surprendre. Le noir et blanc qui fait office d’hommage aux vieux films noirs, est très léché, très beau, il est aux antipodes de ce qui arrive au personnage, qui dérive en plein cauchemar, alors qu’il était simplement parti pour faire chanter l’amant de sa femme. C’est rien de dire qu’il ne devait pas s’attendre à ce destin là, que je me garde de raconter, bien entendu.

Music Box – Costa-Gavras – 1990

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Where the truth lies.    

   8.0   Excellent film de procès. Mais en fin de compte ce n’est pas vraiment ce qui intéresse le cinéaste, l’issue de l’affaire, savoir si cet homme est ou non coupable de ces crimes de guerre dont on l’accuse. Mais c’est bien le drame familial qui se noue autour de cette affaire. Le film commence sur une séquence de danse, d’un homme avec sa fille, sous les yeux de son fils et de son petit-fils. Y’a t-il une séquence de cinéma plus fédératrice qu’une scène de danse ? La situation familiale est installée, les liens sont forts, c’est une famille américaine soudée, modèle. Quand cet homme subit les accusations c’est sa fille, avocate, qui s‘apprête à la défendre. Tous sont alors certains qu’il s’agit d’une erreur, mais très vite les preuves s’accumulent, de plus en plus évidentes, pour le spectateur dans un premier temps, de plus en plus porteuses de doute en ce qui concerne la jeune femme. Costa Gavras joue sur la répétition, laissant se succéder les interventions les unes aux autres, de survivants de l’holocauste qui ont eu affaire à cet homme il y a plus de trente ans. Le cinéaste joue intelligemment. Il place le spectateur en avance, en lui donnant d’emblée trois indices importants, que la jeune avocate ne connaît pas, que l’on retrouvera par la suite, à savoir un mouvement, une appellation, une phrase. Il n’y a plus de doutes finalement en ce qui nous concerne. Le doute nous est installé par cette femme, si déterminée à innocenter son père. C’est sans doute ce qu’il y a de plus beau dans ce film. Cette façon qu’elle a de se jeter à corps perdu dans ce procès, parce qu’il s’agit de son père, sans vraiment ouvrir les yeux sur ce qu’elle remet en cause. Costa Gavras ne remet jamais en cause les crimes de l’holocauste. Pourtant il y un instant où je me suis demandé où il s’embarquait. Si tout cela n’allait pas se terminer joliment, sur un acquittement, remettant ainsi en question les preuves de la partie adverse. Music box aurait alors été un film atroce. Mais non car une fois de plus c’est un film sur le combat d’une femme, pas sur les évènements tragiques de la Shoah. Ce n’est pas non plus qu’une toile de fond, jamais chez Gavras, mais c’est tablé comme une certitude, comme quelque chose d’intouchable. Quand l’affaire touche à sa fin, la jeune femme découvrira la vérité, d’un seul coup, il lui aura fallu se déplacer jusqu’au bord du Danube. Une vérité qu’elle n’attendait plus. Et c’est une simple boite à musique qui la lui offre. Ou comment passer au travers d’une affaire, quand on y défend son propre père, dont on aperçoit que l’on ne connaissait rien de lui, rien de son passé. Un père qui s’était construit une famille comme alibi pour l’innocenter, un statut bidon et comptait sur sa propre fille pour le sortir de cette terrible affaire. C’est à la fois terrifiant et bouleversant. Les dernières minutes du film sont d’une puissance incroyable.

Black swan – Darren Aronofsky – 2011

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Let’s dance !    

   7.0   The wrestler n’était donc pas un simple accident. Aronofsky y retrouve ici la même puissance, plus exacerbée encore, moins grandiloquente que ses trois premiers films. Les trips hallucinatoires, films mentaux ou fables kitchissimes ont laissé place à quelque chose de flamboyant, moins reposé sur des partis pris de mise en scène dégueulasses mais sur une certaine idée de la performance, du personnage corps, qu’Aronofsky scrute davantage, observe, accompagne, des personnages qui ne sont plus antipathiques, des personnages bouleversants. C’était Mickey Rourke il y a deux ans, en ancien champion de catch sur le retour qui devait se battre contre son cœur. C’est cette fois Natalie Portman, qui incarne une jeune danseuse de ballet, candide, douce (une voix encore pré-pubère, voix de la danseuse qui utilise parcimonieusement ses muscles linguaux), fille à maman qui se lance vers l’inconnu, un horizon nouveau pour elle, cherchant à convoiter une noirceur qui lui permettrait d’atteindre cette perfection qu’elle recherche tant.

     Depuis toujours, Nina Sayers vit au crochet de sa mère, dans la danse à tout prix. Une mère qui voit en elle l’occasion d’obtenir ce qui lui a échappé avant la naissance de sa fille, héroïne déchue qui projète ses fantasmes. Nina a gardé sa chambre d’enfant, la couleur vive, les peluches entassées et maman l’accompagne au coucher, la borde et laisse à ses côtés une boite à musique qui laisse échapper une berceuse. Aronofsky n’a jamais été le cinéaste de la subtilité, tout est surligné, tout est là, puissance dix. Pas de commentaires sur ses trois premiers navets, mais l’on se souvient que déjà dans The wrestler il abusait de certaines scènes, il montrait, cherchait à choquer, que ce soient les plans d’agrafes lors d’un combat sur le ring ou le plan zoomé du pontage dans le miroir. Mais ça passait, parce qu’on enchaînait très vite sur autre chose, et puis ça entrait dans le schéma du film personnage. C’est la même chose ici. Ça ne me dérange pour ainsi dire jamais. J’ai rapidement de l’empathie pour cette danseuse, non pas que tout lui tombe dessus comme chez Loach ou Vinterberg, mais parce qu’il y a une impossibilité pour elle d’être une autre. Tout vient de cette mère. Son personnage avance, consciente de ses agissements, mais inconséquente. Elle ne s’épargne rien. La réussite comme premier ordre.

     Nina est donc une grande danseuse, pourtant elle aimerait être davantage. Obtenir un premier rôle. Croiser son propre visage sur les affiches de ballets dans son quartier. Il y a une quête sacrificielle de la perfection en permanence, comme ce catcheur qui voulait tant retrouver le meilleur niveau et se confrontait en même temps à la douleur de l’âge. Nina a toujours tout bien fait. Elle a toujours cherché à être parfaite, elle le dira au début du film et dans le dernier plan. Quand elle apprend par son chorégraphe que la perfection n’est pas la promesse de la réussite constructive, anticipée, qu’elle englobe aussi le pouvoir qu’à le corps de se laisser aller, transporter, d’abandonner tout contrôle, Nina ne le sait pas mais son esprit déraille déjà. La machine si bien huilée s’apprête à prendre feu. Cette nouvelle quête de la perfection est sans doute trop intense pour ses seules épaules. Black Swan ne parle que d’émancipation et du prix qu’il faut payer pour l’obtenir. C’est l’épreuve que traverse Nina. Elle ne s’en sortira pas. Et ce ne sont pas les évènements qui la conduisent jusqu’à cette représentation du Lac des cygnes comme elle en rêvait ni la méchanceté des personnes qui l’entourent qui participent à l’échec de sa quête, c’est son esprit, son seul esprit, pas prêt à assumer cette transformation, qui va l’emmener aux confins de la folie. J’aime la nuance qu’apporte le cinéaste à la lecture des personnages. Car sans trop y réfléchir, on ne peut y voir que des monstres. Pourtant, ne serait-ce que le chorégraphe est magnifiquement travaillé, même si ce cœur reste dans l’ombre, dans un premier temps cerné comme un mégalo sans âme, avant qu’on le découvre sous un jour plus fragile. Ses yeux ne sont plus dirigés vers le sol, sa voix ne force plus, il regarde un corps qui le transporte et se tait. Il l’appelle sa petite princesse, pas la black Swan qu’il fantasme en elle, justement l’autre, le corps fragile. Quant à cette Lily, elle n’a rien d’une concurrente à abattre, elle admire, félicite, admet sa place de doublure, ce n’est que parce qu’on la voit comme la voit Nina qu’elle nous apparaît black swan. Elle n’a rien d’une black Swan en fin de compte. Peut-être que ses ailes tatouées entre les omoplates sont uniquement le fruit de l’imagination de Nina. Mais c’est aussi peut-être la projection d’un désir homosexuel refoulé, symbolisé par une scène troublante. Nina a toujours tout refoulé ce qui ne concernait pas la danse, porté des oeillères. C’est en allant à l’encontre de ces symboles gros sabots qu’Aronofsky me surprend.

     Ce nouvel esprit oublie l’essentiel, qui lui permettrait de vivre pleinement et consciemment ce rêve d’enfant  : la quête pure de l’absolu. Rien n’est pur dans son cheminement vers sa perfection tant rêvée. Il y a cette mère qui la couve et la pousse. Il y a ce chorégraphe en pleine crise mégalomane qui souhaite construire un nouveau lac des cygnes sans précédent. Cette star déchue à qui elle voudrait tant ressembler. Cette adversaire si talentueuse, si nonchalante. Une fille qui nous apparaît comme pile son contraire. Le Lac des cygnes a toujours eu sa white swan, Nina est là-dessus imbattable. Mais c’est de la black swan que dépend ce premier rôle qui échouera donc dans les pas de danse d’une fille qui jouera aussi bien le cygne blanc que le noir. Aronofsky réussit quelque chose de génial dans la progression de son récit, jusqu’à sa folie de son personnage. Tout apparaît petit à petit, rien n’est effectué par étapes, ou si c’est le cas je ne l’ai pas ressenti. Tout est imperceptible. Ce qui n’empêche pas que tout soit très vite inquiétant. Cette rougeur sur l’épaule qui prend rapidement la forme d’une griffure, avant que des ailes noires y poussent façon The fly de Cronenberg. De toute façon Black Swan m’a fait penser à Cronenberg, pas seulement à La mouche, mais aussi à Crash, dans une version plus soft, moins mystérieuse. Il y a ici aussi une plongée organique, curiosité de la plaie (Beth à l’hôpital), crainte de la dégénérescence physique mêlée à une sorte d’excitation, puisque c’est lorsque ce corps semble se métamorphoser que Nina se découvre aussi sexuellement. Passé le stade de la simple inquiétude de ces transformations que l’on apparente à un simple stress, Nina commence à voir son double, le croiser dans la rue, le confondre avec Lily sa concurrente, bientôt ce double viendra a bout du miroir, ou alors il sera clairement présent, menaçant ou brièvement entre ses cuisses. La petite fille à sa maman pourrait bien être en train d’acquérir des pouvoirs façon Carrie. Mais finalement tout se passe dans sa tête, c’est la réussite flagrante du film d’avoir opter pour l’idée de suivre quoiqu’il arrive le point de vue de Nina, dont la réalité est de plus en plus obstruée. Un couteau dans la main, du sang sur les doigts. Bientôt cette pièce avec ses photos, des dessins que la mère entasse les uns à côté des autres, prennent soudainement vie, un simple clin d’œil d’une part puis tout une horde de cris, rires insupportables dans un vacarme assourdissant, on croirait retrouver la jeune Catherine Deneuve dans Répulsion de Polanski.

     Aronofsky n’y va pas de main morte, une fois encore. Chaque plan est pensé. Chaque plan a sa symbolique. Si le film gagne en épure dans le mélodrame, moins choc qu’un Requiem for a dream, plus émouvant qu’un Pi, peut-être aussi moins personnel qu’un The Fountain, c’est dans ce qu’il tire de la folie qu’il peine à creuser une transcendance, tout est assez creux dans la première partie du film, quoique pas creux, pas vraiment, disons plutôt mécanique. Ce sont les nouveaux aiguillages que prend le film qui deviennent passionnants, se risquant alors à jouer sur tous les niveaux, tous les genres. Film réaliste ou vérité avant tout, empruntant le sillon creusé par The wrestler (Aronofsky cite partout que sa découverte du cinéma des frères Dardenne a changé un truc en lui) le film prend ensuite la route de l’american dream, puis le thriller paranoïaque avant de déboucher dans un climat d’horreur. Finalement, il fonctionne à la manière du film horrifique. Du cinéma de genre. On en prend plein la face durant deux heures, c’est immédiat, c’est éprouvant. Puis Black Swan se délite peu à peu, avec le temps. De cette riche idée d’accompagner le seul point de vue de cette fille dans sa quête de son côté sombre, il ne reste plus grand chose. Le film se vivrait, uniquement. Cinéma de l’instant, cinéma physique. Et bien plus ça va plus je me rends compte que ça me convient amplement.

Incendies – Denis Villeneuve – 2011

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Twins story.    

   7.5   Il y a mille choses que je n’aime pas dans ce film, mais reçu dans son ensemble, et sa spirale émotionnelle infernale, Incendies m’a bouleversé. Si le matériau de base est une pièce, Denis Villeneuve a su largement se débarrasser des dangers de l’adaptation, du changement de format. Hormis quelques défauts, de dialogues notamment, que l’on peine à croire, sans doute trop écrits ou les plans en intérieurs parfois maladroits, la mise en scène est à la fois très lumineuse, elle saisit l’espace, varie les distances autour de ses personnages. Un poil trop démonstrative par moment elle sait aussi se faire oublier, se laisser gagner par l’émotion pure. Il n’y a vraiment que les instants musicaux, accompagnés par Radiohead, que je trouve horripilants, carrément obscènes. C’est la première séquence, une horreur. Et une autre un peu plus loin. Heureusement, le tourbillon reprend aussitôt, j’arrive à m’en débarrasser, à oublier. Et même si j’aime beaucoup le film en l’état, je me suis aussi imaginé le recevoir sur une seule unité de temps, à savoir la simple recherche du passé de la mère, sans aucune image la concernant. Le film aurait gagné en fluidité, en mystère. Car, dans sa construction actuelle, réelle, il est par moments confus, un peu ‘trop fait pour impressionner’, ça a tendance à me gêner. Je pourrais tout aussi bien citer plein d’autres choses qui m’ont dérangé, principalement au niveau de l’histoire, dans ses coïncidences quelque peu invraisemblables, mais comme il y a une volonté démesurée d’envoyer la totale façon tragédie grecque ça ne me gêne plus du tout. C’était le cas l’an dernier pour Tétro de Coppola, auquel le film m’a fait penser, dans ce contexte familial si mélodramatique. Vraiment, j’ai pris cher. C’est le souffle du film qui m’impressionne en fin de compte. Ça commence avec rien, puis on a envie d’y croire, de jouer le jeu. Il s’agit quand même d’une mère qui vient de mourir, et dans son testament demande à ses deux enfants, frère et sœur jumeaux, à l’une de rechercher son père toujours en vie, à l’autre son frère dont il ignore l’existence, en échange d’une sépulture décente. On se sent dans un premier temps proche de la réaction de Simon, qui ne voit là qu’un énième caprice d’une mère devenue dingue. Alors que Jeanne se fascine d’emblée pour cette mission, qui est sans doute, pense t-elle, la seule issue qui lui permettrait d’éclaircir l’histoire de sa mère – et par la même occasion sa propre histoire – toujours restée mystérieuse quant aux origines familiales. C’est un récit douloureux, qui progresse sur deux niveaux. La recherche au présent des uns, le chemin de croix dans un Liban en guerre de l’autre. C’est éprouvant, chaque seconde. Certaines séquences sont hors norme, qu’il s’agisse d’angoisse pure en quasi-temps réel, comme c’est le cas dans une attaque de bus, ou d’une rencontre à l’ambiance si pesante de la fille dans l’ancien village de sa mère. Et je ne parle même pas des dernières minutes du film, qui, s’il a tendance à appuyer, vouloir trop en dire, ne gâche pourtant rien de sa puissance. J’en suis sorti épave. Il m’a vraiment, vraiment fait mal. Double réussite donc, puisque si le film semble avant tout chercher la claque scénaristique abracadabrante, c’est dans le tourbillon rythmique et son intense mouvement géographique qu’il se révèle mémorable.

I wish I knew, histoires de Shanghai (Hai shang chuan qi) – Jia Zhang-Ke – 2011

I wish I knew, histoires de Shanghai (Hai shang chuan qi) - Jia Zhang-Ke - 2011 dans Jia Zhang-Ke I-Wish-I-Knew-Zhao-Tao-1

     4.5   Je ne vois pas où Jia Zhang-Ke veut en venir. Il évoque Shanghai, cite Shanghai, et les œuvres qui ont évoqué Shanghai, fait parler les gens qui ont fait et traversé l’histoire de Shanghai. Mais dans un kaleidoscope peu passionnant. On y parle un peu de la guerre. Du communisme. Les intervenants racontent leur vécu ou bien les dires de leurs ancêtres. Des personnes mortes pendant des fusillades. Ou encore ceux qui ont décidé de mettre fin à leur vie. Ceux qui sont restés. Ceux qui se sont exilés. On y voit Shanghai. On y voit aussi Hong Kong. Une femme qui ère sous la pluie. Des gens qui travaillent. D’autres qui se promènent. L’effervescence d’une ville est toujours excellemment filmée par le cinéaste chinois. Entre ces moments silencieux suspendus, uniquement accompagnés par des sons aussi détachés que mélodieux, une dizaine d’intervenants, qui racontent un peu de leur histoire. Un peu de l’Histoire. Essentiellement les bouleversements de la révolution communiste. Et puis un rapport intéressant au cinéma avec les interventions des actrices Wei Wei et Rebecca Pan, et du réalisateur Hou Hsiao Hsien ou encore d’un ancien collaborateur d’Antonioni. Film maelström qui en devient déroutant à force de d’éparpiller. Car à côté de ces écoutes simples qui évoquaient en moins fort son précédent film 24 city, Jia tente une approche beaucoup plus cynique avec deux intervenants arrivistes qui ont profité des montées du capitalisme pour s’enrichir, l’un en bourse, par hasard, l’autre dans les bagnoles en y ayant réinvestit ses droits d’auteur d’écrivain. Ce n’est pas un mauvais film, c’est juste que c’est pour moi un film qui n’a plus la poésie ni la subtilité d’un Still Life. 24 city avait, malgré un parti pris de l’interview exigeante, parfois trop empathique, de belles idées de mise en scène. Il n’y en a plus vraiment ici. A persister dans cette voie, Jia pourrait devenir un vieux con. Ou dans le meilleur des cas se reconvertir dans le pédagogique.

Où est la maison de mon ami ? (Khaneh-ye doost kojast?) – Abbas Kiarostami – 1990

Où Est La Maison De Mon AmiDevoirs du soir.  

   10.0   Le réalisme du film ne se situe par forcément dans le déroulement de l’histoire, sorte de calvaire initiatique salutaire d’un enfant en école primaire, mais dans l’unité de lieu offert systématiquement par le cinéaste iranien. Une salle de classe ouvre et clôt le film. Entre ces deux séquences, un après-midi et une soirée en compagnie de Ahmad. L’extérieur de sa maison, puis ses va-et-vient incessants entre son village et celui vers lequel il doit trouver son ami afin de lui rapporter son cahier de devoirs, qu’il a embarqué par mégarde. C’est que Mohamad Reza, Ahmad et leurs camarades ont un professeur à cheval sur la discipline. S’ils doivent rester silencieux pendant toute la durée du cours, ils doivent aussi avoir fait leurs devoirs de la veille, que le professeur vérifie chaque jour en y apposant une note, mais surtout ils doivent faire ce devoir dans leur cahier, pas sur une feuille volante. Ce matin-là, Mohamad a dû une nouvelle fois rendre ce devoir sur une feuille puisqu’un élève lui avait embarqué son cahier. Aucune excuse ne lui est accordée, son devoir est déchiré – c’est déjà la troisième fois, lui répète le professeur – et Mohamad s’effondre en larmes, sous les yeux compatissant de son voisin de table Ahmad. Tout est déjà vécu à hauteur d’enfant, leur incompréhension, leur tristesse. L’adulte restera durant tout le film comme celui qui ne comprend ni ne cherche à comprendre l’enfant, d’une manière générale. Cette première séquence, qui rappelle quelque peu une scène de La maison des bois de Maurice Pialat, est très touchante, justement car l’on sait, en tant que spectateur que tous ont quelque part raison, Kiarostami ne fait pas non plus de ce professeur un monstre. Il est sévère mais semble juste. Ne pas stigmatiser le rôle de l’adulte, qui intervient malgré tout comme le grand méchant, puisqu’il fait pleurer le pauvre Mohamad, Kiarostami l’a très bien réussi. Mais ce qu’il réussit de mieux c’est l’impact qu’à cet événement et la menace qui s’ensuit – le renvoi de l’école à la prochaine erreur de l’élève – sur les comportements de ces élèves. Car un enfant prend ce genre de considérations au premier degré, et on n’imagine pas le cauchemar intérieur qu’a dû vivre Mohamad jusqu’au lendemain…

     La suite du film est entièrement centrée sur le petit Ahmad. On le voit rentrer chez lui, s’apprêter à faire ses devoirs avant que sa mère ne lui demande tout un tas de tâches quotidiennes l’empêchant de travailler. Quand il sort enfin les affaires de son sac, pressé par son ami qui lui montre clairement qu’il peut aller jouer parce qu’il a fini ses devoirs – ce que la mère d’Ahmad ne manquera pas de lui faire remarquer – le garçon découvre qu’il a embarqué, en plus de son propre cahier, celui de son voisin de classe, à savoir le petit Mohamad Reza, qui souffre de cet ultimatum lancé par le professeur quelques heures plus tôt. Ahmad est complètement perdu, il ne sait comment faire. D’autant que lorsqu’il en parle à sa mère, elle est d’abord indifférente avant de lui faire comprendre que l’endroit où habite son camarade, est beaucoup trop loin, que le mieux c’est de lui rendre son cahier demain. En attendant, il ferait mieux d’aller chercher une baguette. Ce n’est pas encore cette fois-ci que Ahmad fera ses devoirs donc. Mais dans l’obligation d’aller acheter du pain, il va saisir l’occasion d’aller à Poshteh, emmenant le cahier de son camarade sous son aile. Et le voilà en train de courir de toutes ses forces, quittant son village Koker, sous les yeux de son grand-père dubitatif, sillonnant un chemin désert en forme de Z, des champs, une forêt, puis le voilà arrivé dans un village mais on lui dit que Poshteh est un poil plus loin. Puis à Poshteh on lui dit alors que le village comporte plusieurs quartiers. Ahmad court toujours, demande son chemin, questionne les habitants sur l’éventuelle connaissance d’un Mohamad Reza Nematsadeh. En vain.

     Kiarostami multiplie alors les péripéties tout en conservant son unité de lieu. Koker ou Poshteh. On sent que Ahmad tourne en rond. Mais il progresse. Il sait alors que la maison de son camarade a une porte bleue et se trouve juste à côté d’une fontaine. Mais il n’y est pas. Un cousin lui dit alors qu’il est peut-être à Koker. Ahmad refait le chemin en sens inverse. En vain, une nouvelle fois. A Koker, en pleine discussion avec son grand-père qui lui fait la morale, Ahmad surprend une conversation à côté et croit entendre que l’homme sur sa mule s’appelle Nematsadeh. Quand il part pour Posheth, Ahmad décide de le suivre. Troisième fois qu’il traverse ce chemin en Z, ces champs, ces forêts. Mais arrivé à Poshteh, Ahmad découvre qu’il y a sans doute plusieurs Nematsadeh. Désespéré, il ère dans les ruelles, chemins, la nuit commence à tomber. C’est une rencontre avec un vieil homme qui aurait pu tout changer, mais c’est cette fois-ci la peur, la nuit poussent le jeune Ahmad à renter au gallot chez lui, effectuer rapidement ses devoirs avant d’aller se coucher.

     Kiarostami choisit de nous cacher deux éléments importants dans son récit. Le premier au tout début du film. On apprend en même temps que le personnage qu’il a malencontreusement pris le cahier de son camarade. La seconde à la fin. On découvre en même temps que Mohamad, le lendemain donc, ses devoirs accomplis par son camarade la veille. La fin de ce film est bouleversante. Il y a toute une angoisse qui se crée lorsque l’on est à nouveau dans ce lieu dans lequel nous avions souffert autant que le personnage. Mais Ahmad n’est pas là. On se dit qu’il peut-être honteux, qu’il est lâche. Le professeur passe entre les rangs. Mohamad est inquiet, prêt à éclater une nouvelle fois en sanglots. Puis Ahmad arrive. Ce n’est pas un messie. C’est un camarade qui aura tout essayer. Dont les cernes peuvent trahir une soirée surréaliste. Il sort les deux cahiers de son sac. Il a fait les devoirs de son camarade. Le professeur passe et assigne un ‘très bien mon garçon’ sur le cahier de Mohamad. Il n’y avait pas besoin d’un plan supplémentaire. Il n’y en aura pas. C’est magnifique. Et nous aussi, on peut souffler !

Cold prey 2 (Fritt vilt 2) – Mats Stenberg – 2010

Cold prey 2 (Fritt vilt 2) - Mats Stenberg - 2010 dans Mats Stenberg G7cGaUYETfN_mJ7WkBHoZoczAVk   4.0   Rien de neuf dans la pénombre. Cette suite surfe timidement sur la relative réussite du premier, s’inspirant alors très clairement des suites offertes au premier Halloween. Tout est surligné à tel point qu’il faut se coltiner en parallèle les recherches de ce policier qui découvre l’identité et ce don si particulier du tueur au piolet. Comme Michael Myers, le monstre humain des neiges semble increvable, on apprendra par la suite qu’il était mort-né puis revenu à la vie au bout de quatre heures. Un monstre. C’est sans doute pourquoi les parents ont voulu s’en débarrasser (voir la fin du premier opus). Problème est qu’on a de l’avance sur tout le monde dans ce film. On sent chaque rebondissement venir. Et ceux que l’on n’attend pas sont improbables, généralement meublés par l’effet old school du sursaut impossible, utilisé ici jusqu’à plus soif. Pourtant, le film n’est pas un échec total. Il y a déjà la bonne idée de commencer cette suite là où s’est achevé la première. Et ça fonctionne à mon sens mieux que dans la suite de The descent. Mais il y a aussi l’idée d’avoir transformé un lieu, de l’avoir fait ressembler comme deux gouttes d’eau à l’ambiance du premier. C’était un hôtel. C’est un hôpital. Le genre ne s’est jamais aussi bien porté qu’en lieu clos. Tout est prétexte à flipper. Une porte qui s’ouvre. Une autre qui claque. L’extinction d’une lumière. Un bruit de pas dans un couloir. Mais là où Cold prey réussissait mieux son coup c’était dans l’économie de l’apparition. On angoissait parce que le tueur pouvait être partout. La majorité du temps on angoissait donc pour rien. Dans Cold prey 2, le tueur est partout. On n’angoisse donc presque plus. Et puis cette mauvaise idée d’avoir fait intervenir deux personnages inutiles, principalement l’enfant, pour qui étrangement tout se termine bien. Cette suite n’a plus vraiment d’imagination. Elle recycle. Elle recycle bien dans un sens mais la vitesse avec laquelle tout s’enchaîne fait perdre le fil tenant de l’angoisse. Pas mauvais donc mais pas bon non plus.

Deuxième sous-sol (P2) – Frank Khalfoun – 2008

Deuxième sous-sol (P2) - Frank Khalfoun - 2008 dans Frank Khalfoun rachel-nichols-300x198Sous toi, la ville.     

     4.5   C’est toujours agaçant de voir combien une situation de peur extrême – à savoir les parkings souterrains d’un immeuble – est si mal exploitée dans un film. Force est de constater que le cinéaste s’est endormi sur ses lauriers pensant que l’angoisse dans ce lieu clos, qu’il soit filmé d’une manière ou d’une autre, fonctionnerait inévitablement. Frank Khalfoun ne filme rien de ce parking, ou très mal. Il va dors et déjà à l’encontre de ces survivals classiques en dévoilant le visage du tueur psychopathe rapidement. En même temps, pourquoi pas ? Mais il n’en tire rien non plus. Il ne fait exister ni les lieux ni les personnages. On se fiche autant de cette sympathique nana, cadre d’une grosse boite, qui s’apprête à fêter Noël en famille, que de ce gardien un peu dérangé bien décidé à passer la soirée aux côtés de la belle blonde, qu’il affuble d’une jolie robe blanche, après l’avoir assommée, dévoilant donc pendant tout le reste du film un décolleté plongeant. Contra rempli, on est content nous aussi. Dès l’instant qu’elle monte dans sa voiture la jeune femme découvre que celle-ci ne démarre plus. Ensuite, elle souhaite prendre un taxi, mais les issues des souterrains sont fermées. Elle s’adresse alors au gardien, type seul d’apparence sympathique – on sent venir le coup à des kilomètres – qui lui ouvre gentiment les portes de l’ascenseur. A l’étage, taxi appelée, reposée, elle s’apprête à sortir, mais les issues sont là aussi bloquées. Elle descend à nouveau pour demander de l’aide à son serviteur. Elle ne sortira plus de ce parking. La bonne nouvelle c’est que le film ne multiplie pas les instants de bravoure et péripéties en tout genre peu probables. Mais il y en a tout de même quelques-unes unes. Dont une assez inattendue, mais qui ne débouche sur rien. Le gardien est juste cinglé, un cinglé sympathique, peut-être même amoureux, lui qui voit cette femme chaque jour dans les couloirs et ascenseurs à travers ses vidéos de surveillance. Dans sa partie survie le film s’améliore un peu. On n’échappe pas aux poncifs comme la débilité du méchant, la transfiguration animale de la victime, une mise à mort impressionnante, une intervention de la police inutile et une fin sous forme de happy end sans imagination. Finalement, les meilleurs instants ce sont ceux où nous sommes en compagnie de la jeune femme, condamnée à se cacher sous les bagnoles, derrière des piliers, mains liées par des menottes, poursuivie par cet homme, accompagné d’un Rottweiler et d’une lampe torche. Rien à signaler. On ne s’ennuie pas, mais ce n’est pas non plus l’épreuve physique tant espérée. Le film en sous-sol reste donc à faire.

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silencio


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