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Harvey Milk (Milk) – Gus Van Sant – 2009

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Gay rights now !    

   5.4   Gus Van Sant a su se débarrasser de tout ce qui encombre le Biopic de manière générale à savoir la caricature et le besoin de traiter de la vie personnelle du héros. Sean Penn ne surjoue pas, il joue juste. Et il est bien question de son engagement dans la politique à cet Harvey Milk. Jamais ou très rarement, mais toujours pour mettre au service cette cause, on nous présente les petits malheurs personnels du personnage. Le film va encore plus loin qu’on l’aurait imaginé, il pousse cette barrière qui bloquerait à un traitement unique. Il traite non pas seulement de la discrimination sexuelle mais bien aussi de toutes autres formes de discrimination. Ce sont les enjeux humains quel qu’ils soient qui sont de mises. Ce qui en fait un beau film politique actuel. Gus Van Sant peut donc passer d’un cinéma populaire, disons qui touchera à un plus grand public (Will Hunting, Milk) à d’autres films plus expérimentaux (Gerry, Elephant…) il n’en demeure pas moins excellent à tout les coups parce que la poésie existe à chaque fois. Il prouve une fois de plus qu’il fait toujours partie du paysage. Même si ça reste trop propre pour du Van Sant.

L’attente des femmes (Kvinnors väntan) – Ingmar Bergman – 1952

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     6.4   Quatre femmes attendent le retour de leurs hommes, dans une maison de campagne et vont se confier l’une après l’autre un secret de leur intimité. Le récit d’un accouchement, entrecoupé de souvenirs d’amour. Une histoire d’amour passionnelle dans le dos d’un mari. Un moment très drôle entre un couple qui se découvrent vraiment le temps d’une nuit passée dans un ascenseur.

     Bergman utilise un procédé qu’il affectionne : celui du « flashback géant » d’images de la mémoire. Et encore plus fort que d’habitude : il arrive même à montrer le souvenir d’une femme, qui durant un moment douloureux de sa vie se souvient de ses rencontres amoureuses. Le souvenir dans le souvenir. Passionnant!

Les Fraises sauvages (Smultronstället) – Ingmar Bergman – 1957

Les Fraises sauvages (Smultronstället) - Ingmar Bergman - 1957 dans Ingmar Bergman fraises_sauvages

     7.3   Les obsessions bergmaniennes sont plus que présentes ici : la mort, la jeunesse, la vitesse du temps, le fait d’être en accord avec soi même quand l’heure est venue. Isaac Borg (mêmes initiales que le réalisateur) est au crépuscule de sa vie. Comment le savoir ? Son âge évidemment avancé d’une part, et ce pourquoi il fait ce voyage d’autre part, à savoir qu’il s’apprête à faire son jubilé. Et ce n’est pas un road-movie quelconque. Non. C’est le voyage d’un homme, très souvent dans ses souvenirs, parfois dans son imagination, qui l’amène à un repentir personnel envers des actes qu’il n’a jamais digéré, qui l’ont hantés longtemps.

     Si le film avait été réalisé trente ans plus tard on aurait d’emblée compris son obsession, en se mettant directement dans la peau de cet homme. Or ici, et par extension, on peut penser qu’il s’agit de son père. Le père d’Ingmar Bergman. Et il lui offre les mêmes initiales que lui pour enfin comprendre la personnalité de son paternel. Il l’observe, l’admire et lui pardonne. Car c’est bien sur un film sur la mort, mais aussi sur le pardon, d’un fils à son père.

     Les Fraises sauvages ce sont ces souvenirs d’enfances, et cette relation – premier amour ? – qui n’aboutira jamais, contrasté par cette dure réalité : l’approche de la fin. Car le temps, lui, s’écoule.

Alpha Dog – Nick Cassavetes – 2007

Alpha Dog - Nick Cassavetes - 2007 dans Nick Cassavetes h_9_ill_888292_alphadog

     3.4   C’est pas terrible. Disons que le film se base uniquement sur une démonstration de force qui consiste à montrer une jeunesse en décadence, qui n’a plus de repers, qui fume, qui piccole, qui parle mal parce que les parents derrière ne suivent pas. Ce thème c’est souvent Larry Clark qui le met en scène. Sauf que lui s’en sort bien mieux parce qu’il arrive à atteindre une certaine émotion, qui n’est jamais présente ici, sa critique sociale est amer, le rythme est trépidant, et ses films ne ressemblent à aucun autre. Ici on ne sait jamais où Nick Cassavetes veut en venir. Ses personnages sont horripilants. Timberlake ne joue pas, il est Justin Timberlake. Emile Hirsh est une véritable endive. Et les filles sont toutes sans exception des sal.opes écervelées.

      Le film explique tout aussi. A chaque séquence dans le film où un nouveau perso apparaît, il y a écrit ce qu’il advient dans l’histoire au final (exemple : suspect n°3… témoin n°22…) par conséquent il n’y a pas beaucoup de surprise, on sait où le film nous emmène. Une fois qu’il nous y a emmené Nick Cassavetes fait son Clark en puissance, en copiant quasi ouvertement Bully. La différence de talent s’en ressent. Là où dans celui de Clark la séquence finale est une véritable claque dans la tronche rythmée par Fatboy Slim, dans Alpha Dog l’espèce de clip final ne fonctionne que pour nous dire combien de prison écope machin, s’il est condamné à perpette ou à mort.

     Mais en fin de compte, il y a au moins l’idée que c’est pas bien le kidnapping, le meurtre etc… pas parce qu’une telle expérience peut nous faire devenir parano et taré (ça c’est Bully) mais surtout parce que la justice aux States est intransigeante et efficace (ça c’est Alpha Dog)! Grâce à « Interpol » impossible de fuir! Mais on s’en tape, mince à la fin…

Vers la joie (Till Glädje) – Ingmar Bergman – 1950

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     7.1   C’est toujours un plaisir de découvrir un film du grand cinéaste suédois. Même si certains sont moins forts, moins bons que d’autres, ils n’en demeurent pas moins intéressants, à chaque fois.

     Sur le papier, Vers la joie est un de ses films mineurs. Evidemment si on le place aux côtés de Monika, les fraises sauvages, scènes de la vie conjugale, trois films auquels il se rapproche un peu, on serait tenté d’y voir un petit film. Sauf que c’est un film bien unique. D’une part il est réalisé avant les films suscités, puis il a son atmosphère. C’est déjà un énorme flashback qui dure tout le film, sa musique puisque le thème ici c’est la musique étant donné qu’il s’agit d’un couple de violonistes, leur rencontre au conservatoire, et la mort accidentelle de la dernière pendant que le mari est en représentation de la 9e de Beethoven.

     Le film commence comme cela. On apprend la mort de cette femme. L’homme est effondré, il s’interrompt, on imagine qu’il ne rejouera pas. Et c’est sans doute dans sa tête, dans ses pensées que l’on va découvrir la vie de ces deux personnes. Bergman aurait pu tirer vers le gros mélo en présentant un couple très soudé séparé par un destin injuste, c’eut été très hollywoodien en fin de compte dans ce cas là. Mais bien entendu, cette vie conjugale, bientôt parentale n’est pas dénué de péripéties douloureuses. C’est une peinture du couple magnifique, avec deux grands acteurs, qui nous offre l’un des plus beaux finals bergmanien, musical et émouvant. J’en avais des frissons…

Blow Up – Michelangelo Antonioni – 1967

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Ready-made.     

   9.7   Blow Up est un film cinématographique, voire photographique par excellence, sans doute la plus belle déclaration d’amour que l’on puisse faire au métier, puisqu’il évoque les (mes)aventures d’un photographe, son regard à travers les clichés qu’il a shooté sur un homicide dans un parc. Qu’est-ce que l’on voit ? Qu’est-ce que l’on ne voit pas ? Et comment doit-on interpréter ces choses, réalités que l’on a vu ou pas ?

     Blow Up semble nous aventurer sur le terrain glissant de l’illusion, de l’interprétation du regard, sur la problématique de vivre sans voir… A ce titre le film s’ouvre sur ce qui ressemble à une fête, ou une manifestation interprétée par des pantomimes. Et ces derniers font la boucle à savoir qu’ils improvisent une partie de tennis imaginaire où tout leur semble vrai, à tel point que les autres, devenus spectateurs, de même que notre personnage principal, vivent le moment comme s’il existait réellement, matériellement.

     Que vient de faire le cinéaste italien pendant plus d’une heure et demie ? Tout simplement de jouer avec son personnage, avec son spectateur, devenu lui aussi personnage. Puisqu’il s’agit ni plus ni moins que de nous faire vivre, découvrir en même temps que le personnage cette histoire presque rocambolesque, l’histoire d’une simple prise de photos d’un couple dans un parc anglais qui dérive vite en meurtre… Et tout cela à travers ces photos prises justement. Le personnage n’a rien vu de la scène, c’est seulement en rentrant chez lui qu’il découvrira la face cachée de cette journée d’apparence anodine.

     Et Antonioni fait ça à sa manière, plein de finesse, pleine de finesse, avec un sens du cadre hors du commun, non sans en oublier ce qu’il approfondira dans Zabriskie Point à savoir la mise en abyme d’une jeunesse paumée, d’une société malade qui trouve refuge dans des activités libertines, décadentes (sexe, drogue, marginalisme en tout sens (la pantomimie)). En ce sens, Blow Up comme tout ce que fait Antonioni est une œuvre excessivement moderne. Antonioni est selon moi le plus grand des modernes.

     Brian De Palma en reprendra la trame dans son film Blow Out en délivrant cela dit quelque chose d’entièrement différent, plus noir, dramatiquement plus chargé, axé sur le son et non l’image, mais tout aussi bien réussi dans son genre.

Zabriskie Point – Michelangelo Antonioni – 1970

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L’an 01.    

   9.4   Zabriskie Point est un carrefour, sorte d’aiguillage où deux êtres apparemment dépassés par toute réalité, vont se rencontrer, vivre dans l’intensité quelque chose qui dépasse toute banale relation : la jouissance physique, imaginative, hors du temps, effrénée, décuplée, rêvée. Deux êtres humains, deux vies, que rien si ce n’est le plus pur des hasards, tel un écho au mystère de la création, ne pouvait faire se chevaucher.

     Comme souvent chez le cinéaste italien, et ici encore davantage, les personnages ne sont pas véritablement identifiables, comme s’ils étaient les cobayes d’une expérience intime, salvatrice, universelle. Le seul nom qui nous est offert c’est Karl Marx lorsque la police interroge le personnage principal et lui de répondre de son identité sous humour. Elle c’est Dania comme ça aurait pu être Anna le personnage féminin disparue dans l’Avventura, ou la jeune femme errante dans Profession : reporter.

     D’abord centré politiquement en pleine révolution étudiante, Zabriskie Point se veut ensuite plus expérimental, road-movie abstrait, fuite sans but suivant cet homme que les théories gonflent ; lui c’est l’action qu’il cherche. En répondant à une AG en début de film il dira « moi aussi je suis prêt à mourir. Mais pas d’ennui ! »

     Cette escale désertique en pleine vallée de la mort est le point d’orgue du film. Il apparaît alors comme le cadre de la libération sexuelle poussée à son paroxysme, lieu d’orgie planante où vibrent les corps dans le sable et le vent. Auparavant, nos deux tourtereaux se rencontrent dans une scène façon La Mort aux trousses, pas banale, présentant l’avion sous trois angles différents lorsqu’il survole cette voiture ! Puis il y a cette fameuse scène finale, dopée par Pink Floyd, une scène de destruction de ce qui chaque jour nous détruit encore un peu plus.

Sans toit ni loi – Agnès Varda – 1985

35.13Au gré des vents.

     6.3   Un beau portrait de femme. Celui d’une jeune érante, qui comme le dit Agnès Varda en guise d’intro, a sans doute marqué davantage les gens qui l’ont croisé récemment que ceux qu’elle a connu toute petite. La rencontre avec cette femme « experte en platane » est le moment le plus fort du film. Ou comment une fille sans le sou s’en sort provisoirement grâce à une bonté venue d’ailleurs, et comment cette rencontre va t-elle faire grandir cette femme, dont l’acte de bonté soudain lui permit de se surprendre elle-même. D’autres rencontres sont très belles aussi. Celle avec Hassoun par exemple. Globalement ce qui marque c’est ce choix de faux documentaire, on nage en pleine fiction c’est évident, mais Varda filme tellement de choses, et pas forcément des choses utiles au récit, et ça c’est formidable.

Of time and a city – Terence Davies – 2009

Of time and a city - Terence Davies - 2009 dans Terence Davies 6752

   2.7   A vouloir capturer le temps, l’image dans le temps, à vouloir en quelque sorte faire du Chris Marker, à vouloir se croire émouvant, beau et riche, à vouloir se sentir ovni dans le cinéma d’aujourd’hui, on peut dire que Of time and a city est raté, Terence Davies passant complètement à côté de quelque chose qui aurait pu justement être quelque chose.

     La forme est repoussante. Sorte de grande mosaïque ayant pour but de conter l’histoire de Liverpool. Aucune scène ne se savoure. C’est du bric à brac et c’est lassant. D’autant que c’est en permanence accompagné par une voix off horrible.

     Un moment le silence opère, on souffle un peu, la musique est même absente (parce qu’autrement elle est omniprésente aussi). Davies filme le vide. Des rues désertes. Des gens qui se croisent. Des usines qui fument. L’espace d’un moment j’ai même pensé aux derniers plans de L’Eclipse d’Antonioni. Jusqu’à ce que cette hideuse voix reprenne le pouvoir.

     On n’a pas le temps de vivre, de ressentir. On est assailli par du Verbe. On nous guide tout le temps. Là il faut réfléchir (des citations à outrance). Là il faut admirer. Là il faut avoir des frissons (avec un peu de Brahms derrière ça le fait bien forcément). Là il faut être nostalgique.

     Car oui, Terence Davies croit faire un film sur la mémoire – déjà c’est très limité puisque celle-ci se limite à sa ville natale – mais il fait un film d’une terrible nostalgie, comme un chant d’amour à une ville qui meurt. Car pour lui elle meurt. Il regrette le bon vieux temps le bonhomme… Et ça c’est assez agaçant. Bref, pas bon. Mais pas bon du tout.

La Fille des marais (Däs Madchen vom moorhof) – Douglas Sirk – 1935

La Fille des marais (Däs Madchen vom moorhof) - Douglas Sirk - 1935 dans Douglas Sirk madchenvommoorhof    6.0   C’est l’histoire d’une femme qui cherche un travail comme gouvernante dans un village, qui suite à une plainte déposé à l’encontre du supposé père de son enfant (il refuse d’accepter cette paternité) qu’elle retirera finalement pour lui éviter la parjure, se mettra dans une position délicate pour obtenir une embauche dans l’une des fermes des alentours… Mais il y a un personnage qui s’éprend d’une fascination (coup de foudre ?) pour elle et l’invite donc à travailler dans sa demeure qu’il partage avec sa femme, laquelle essaiera par la suite de la faire partir. Arrive alors le véritable rebondissement Sirkien… Une histoire de meurtre, dans lequel cet homme se retrouve lié… Peut-être est-ce le prix à payer pour avouer son amour à cette femme ?… Personnellement j’ai trouvé ça déjà très bon, très touchant, et surtout très beau. Sirk, dans sa période allemande, apparaissant au générique sous le nom de Detlef Sierck, s’en tire avec les honneurs. Les séquences près de la rive, avec la profondeur des prés et la clarté du soleil, nous offrent des images sublimes.

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silencio


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