Page d'archive 2

Amour et amnésie (50 First Dates) – Peter Segal – 2004

15. Amour et amnésie - 50 First Dates - Peter Segal - 2004Vices et vertus d’une mémoire qui flanche.

   6.1   Sur un canevas classique, quelque part entre Un jour sans fin et L’amour extra large, Peter Segal – Que je confonds avec Nicholas Stoller, je ne sais pas pourquoi, donc qui ne réalisera pas l’excellent Forgetting Sarah Marshall mais cette bouse de Max la menace – bâtit une comédie romantique légère et malicieuse, au capital sympathie élevé. A Hawaï, Drew Barrymore et Adam Sandler vont se croiser plusieurs fois – Cinquante, promet le titre original. Lui est vétérinaire et tombeur spécialiste des coups d’un soir. Elle est atteinte d’amnésie antérograde, suite à un choc cérébral provoqué par un accident de voiture. Dans le village, tous sauf lui connaissent la particularité de la jeune femme et la préservent de la cruelle vérité puisqu’elle se réveille chaque jour sans aucun souvenir de la veille. C’est donc une relation vaine sur le long terme qui s’amorce, pourtant tout le film va se charger de prouver le contraire, avant de s’en aller dans un final miracle pas loin d’être bouleversant. Evidemment il y a du gras dans ces comédies post Farelly pré Apatow, des trucs passe-partout, notamment avec des animaux (morse, manchot, dauphin) ou des personnages secondaires très freaks sur les bords. Entre ces lourdeurs et la douceur de cet amour impossible, le film trouve pourtant son équilibre. Beaucoup aimé.

La région sauvage (La región salvaje) – Amat Escalante – 2017

25. La région sauvage - La región salvaje - Amat Escalante - 2017     2.8   J’avais oublié de parler de ça, vu fin juillet dans la foulée de Dunkerque, j’aurais pas dû. J’étais un peu épuisé, j’avais faim et le rythme m’a complètement perturbé et la sidération recherché m’a semblé archi appuyé. L’ennui total, au point que je ne voie absolument rien d’intéressant là-dedans, limite je trouve ça un peu nul, faussement choc, dans la lignée d’Evolution, le dernier film de Lucile Hadzihalilovic.

Assassins’s Creed – Justin Kurzel – 2016

18. Assassins's Creed - Justin Kurzel - 2016L’image moche.

   1.3   Comme pour Warcraft, je ne connais pas du tout le jeu dont le film est inspiré. Mais contrairement à Warcraft, je ne connais pas du tout le cinéaste qui a hérité des manettes. On peut donc dire que je regardais ça par simple curiosité. Probablement aussi pour son imposant casting. Et comme Warcraft, j’ai trouvé ça à chier. Scènes d’action illisibles, photo dégueulasse, montage au hachoir, dialogues RIDICULES. Pourtant, il y a plein d’acteurs  connus là-dedans : Michael Fassbender, qui décidément file un mauvais coton. Cotillard, qui élargit son panel de rôles qui ne lui vont pas. Irons, qui a vieillit. Rampling, qui a sacrément vieillit. Michael K.Williams (Omar dans The Wire) qu’on voit de plus en plus. Brendan Gleeson, l’éternel second. Ariane Labed, qui monte. Denis Menochet qui fait les mêmes grands écarts que Cotillard. Oui, c’est éclectique. On se demande bien ce qui les a tous motivé à jouer dans cette galère. Il y a toutefois un élément qui attirait mon attention dans cette affaire : Les séquences dans le passé, en pleine inquisition espagnole. Elles sont malheureusement pires que celles se déroulant dans le présent, déjà atroces. Et puis à chaque combat, le montage insère des images de Fassbender en motion capture au présent dans sa capsule. Au secours ! Et puis c’est d’un sérieux permanent tout ça, c’est insupportable. Et le film dure 1h54 sauf qu’il comporte un générique final de 14 minutes. Véridique. Je comprends pas.

Warcraft – Duncan Jones – 2016

13. Warcraft - Duncan Jones - 2016Mixture immangeable.

   1.7   Houla. Vu uniquement car Duncan Jones est aussi le réalisateur des excellents Source code et Moon. Là j’ai pas compris. Ça tend vers les derniers blockbusters de Jackson, type Le Hobbit, mais sans la cible familiale. Du coup, niveau rythme et construction c’est plutôt original, mais c’est terriblement chiant à regarder. Même pas pu finir. Je découvrais totalement l’univers car je ne connais pas le matériau original et il semblerait que ce soit vraiment pas pour moi. Concernant cette sortie de route de Duncan Jones je ne m’en fais pas, ça sent la commande, il faut bien qu’il mange et je suis persuadé qu’il me séduira autrement la prochaine fois.

Brice 3 – James Huth – 2016

16. Brice 3 - James Huth - 2016Casse pénible.

   2.9   Soit typiquement le genre de truc pour lequel je peux être hyper indulgent. Je l’avais déjà été avec le premier volet qui m’avait bien fait marrer parce que Jean Dujardin, mais aussi parce qu’il tombait pile (2005) quand je découvrais en retard ses petites pastilles web. Evidemment l’année suivante, Dujardin tourne dans OSS117 et là c’est autre chose. Mais j’ai beaucoup ri devant le premier Brice de Nice, autant quand il fait le pélican en imitant la gueule d’un type au bec de lièvre (Il refait la même vanne ici, autant te le dire) que lorsqu’il débarquait dans les vagues d’Hossegor avec sa planche de niçois sous le bras. Et puis y avait les éclairs au café de Marius/Cornillac « Comment tu fais pour mettre des tongs ? » ou le KassContreKass avec l’inénarrable « On voit tes couilles ».

     Ce qui était assez beau et qui l’est toujours dans ce deuxième volet devenu troisième car le 2 il l’a cassé, c’est qu’on n’a jamais l’impression que le truc surfe sur une vague (désolé) branchouille type Qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu. C’est au contraire hyper archaïque et régressif avec un humour pas toujours déjà vu tant on a rarement fait aussi débile. J’aimais bien que le premier film ne cesse de dire qu’avec des pieds-pouces, des oreilles impossibles ou tout simplement en étant con comme la lune, on pouvait faire des trucs ensemble, s’aimer, se marrer. Et cette suite dépasse l’entendement à ce niveau de bêtise. Plus con tu meurs. D’autant que ça dérive volontiers vers le cartoon tendance combat façon DBZ avec Gregor d’Hossegor (Alban Lenoir, nouveau venu), le Brice Paradise ou encore l’autocollant de nombril d’Igor car son vrai est caché sous son autocollant de téton. Oui, high level.

     On sent surtout que la troupe s’amuse (Peut-être plus encore que dans le premier film) à retrouver l’esprit de ses petites vidéos ainsi qu’à recréer le délire Nous C Nous. C’est pas toujours drôle (même franchement très rarement) mais c’est attachant et plutôt conscient de sa médiocrité. Car tout le film est l’histoire contée par le vieux Brice à une assemblée de gamins et ces moments sont d’ailleurs assez drôles mais surtout le film se ferme là-dessus : Le Brice croulant demande aux gosses ce qu’ils voient comme moralité dans cette histoire, ce sur quoi chacun y va de sa petite remarque gnangnan, avant que Brice ne leur lâche un truc du style « Pourtant je vous ai raconté que de la merde ». Film lucide je te dis.

Débarquement immédiat ! – Philippe de Chauveron – 2016

21. Débarquement immédiat ! - Philippe de Chauveron - 2016Burlesque low cost.

   3.4   C’est (presque) une bonne surprise. En d’autres termes disons que je préfère dix fois ce film très con et apparemment convaincu qu’il l’est que cet autre film très con (Qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu ?) persuadé qu’il est rassembleur, pertinent et moderne. Là au moins le film ne traine pas cet insupportable esprit populiste, au pire il est une version cinéma des stand up d’Ary Abitan, au mieux il est un buddy-movie volontaire et déglingué, qui bascule forcément vers le mauvais goût. Il y a du rythme, les acteurs s’amusent, les vannes font parfois sourire. Bon, je dis ça mais j’ai déjà tout oublié, hein.

La verte moisson – François Villiers – 1959

17. La verte moisson - François Villiers - 1959Les rebelles derrière les remparts.

   5.6   Dans une ville de province sous l’Occupation, des lycéens décident d’agir contre l’armée allemande. Après un premier attentat contre un bâtiment, le professeur de chimie est arrêté. Le groupe se prépare dès lors à le libérer en s’attaquant à la Kommandantur de la ville ; mais il doit d’abord se procurer des armes. Dommage que le film soit si (mal) dialogué car dès qu’il s’intéresse aux gestes, aux déplacements on retrouve parfois ce que réussissait magistralement Becker dans son chef d’oeuvre, Le trou. A part ça il s’agissait des quasi-premières apparitions à l’écran de Claude Brasseur et Jacques Perrin : de vrais gamins là-dedans. A noter que j’ai passé l’intégralité du film à me dire qu’il avait dû pas mal être tourné à Pontoise. Le film a 70 ans, il est en noir et blanc, les vieux commerces ont disparus mais on distingue très clairement la place de la mairie, le parvis de l’Eglise Notre-dame entre autre. Et en effet, Wikipedia mentionne que le film a été tourné intégralement à Pontoise.

Juillet-Août – Diastème – 2016

10. Juillet-Août - Diastème - 2016Diabolo grenadine.

   5.3   Si ce troisième essai n’a pas la force d’Un français, le second film « coup de poing » de Diastème, il est aussi plus homogène, bienveillant et finalement hyper attachant. Sous ses airs de vaudeville intergénérationnel un peu anecdotique, le film raconte assez justement ce double rapport qui cohabite : Celui entre deux sœurs, proche et houleux et celui entre leurs parents, divorcés, qui refont ou tentent de refaire leur vie chacun de leur côté. Le film raconte en deux parties distinctes les vacances des deux filles, passées d’abord en compagnie de leur mère dans le Sud en juillet puis aux côtés de leur père, en Bretagne en août. L’occasion des premiers émois de la plus grande, avec un garçon (pas si) dangereux (intrigue qui sort un peu du chapeau, mais bon) et de la métamorphose de la petite, qui affronte ses premières règles et sa colère de devoir filer en pension l’année scolaire à venir. Les deux ados sont plutôt bien castées. Et les deux parents sont campés par deux acteurs que j’aime beaucoup : Pascale Arbillot et Thierry Godard. Le film tombe parfois dans la facilité au détour de quelques situations mais globalement j’aime bien son ambiance, quelque part entre À ma sœur, de Breillat et Diabolo menthe, de Diane Kurys. Et puis Diastème aime chacun de ses personnages, ça se sent et dans ce genre de film, c’est important.

Split – M. Night Shyamalan – 2017

11. Split - M. Night Shyamalan - 2017Boring beast.

   3.3   S’il semble constamment s’éloigner de ses premières amours et d’une certaine zone de confort en cherchant à exploiter tous les genres, il y a dans le cinéma de Shyamalan quelque chose qui systématiquement fait qu’on reconnaît ses films entre mille. C’est aussi le cas de Split. Pourtant, il en évoque surtout d’autres mais en nettement moins bien : Les flashbacks de Signes, la bête du Village, le huis clos de La jeune fille de l’eau. Ça me désole car je l’attendais vraiment – Après le très beau, très surprenant, très flippant The Visit – mais je suis pas loin de trouver ce dernier cru mauvais. Raté, pour rester poli. Je n’y vois qu’un truc chic et choc un peu lourd un peu chiant qui recycle les motifs qui ont fait la renommée de l’auteur couplé aux attentes formelles que le genre génère. Reste ce récit qu’ailleurs on aurait probablement traité grossièrement et que Shyamalan va dessiner à sa manière, un peu à contre-courant des modes hollywoodiennes. Je suis là aussi resté à quai. Rien compris à ce qu’il tentait de me raconter (Montage affreux) sinon l’impression qu’il l’avait déjà cent fois mieux raconté dans Incassable. Quand à la toute fin, c’est le morceau phare de son chef d’œuvre qui résonne j’ai d’abord été un peu gêné par cette facilité auto citationnelle pour ne pas dire auto parodique, avant que le dernier plan cameo ne légitimise son utilisation. Sorte de petit cadeau pour aficionado qui remplace ses twists d’antan mais qui m’apparaît avec le recul plus lourdingue qu’autre chose. Je sauve tout de même le dernier tiers du film, plus audacieux dans sa mise en scène (les couloirs, sublimes) et plus angoissant aussi. Mais globalement c’est une grosse déception.

Dunkerque (Dunkirk) – Christopher Nolan – 2017

24. Dunkerque - Dunkirk - Christopher Nolan - 2017Trois temps, trois mouvements.

   7.0   J’ai beaucoup pensé à Inception. D’abord dans sa façon d’aborder la triple temporalité, mais aussi plastiquement puisque je n’ai cessé de repenser aux brèves images des limbes, sur cette plage de la Mer du Nord. Que le film s’ouvre dans une ville canardée pour en extraire violemment un homme et le rejeter sur le sable évoque beaucoup ces buildings dévorés par l’océan. Plus loin il y a aura aussi l’omniprésence de l’écume – On croit parfois les soldats s’enfoncer dans une poudreuse – qui convoque ces arrivées dans les rêves quand DiCaprio se retrouvait plongé la tête dans le sable mouillé. L’idée de la marée permet de relier les deux obsessions de Nolan : L’engloutissement et le temps. Ce qu’il traitait déjà pertinemment dans Insomnia avec ce brouillard qui faisait naître un crime et ce ballet de journées sans nuit qui ouvraient droit sur la folie.

     Dunkerque suit l’Opération Dynamo sur trois espace-temps différents et un montage parallèle qu’affectionne tant Nolan : Une semaine sur une plage, une journée en mer, une heure dans les airs – On se souvient que dans Inception, quelques secondes dans une camionnette se dilatent sur une heure dans une forteresse en montagne ; Que Dans Interstellar, une heure sur la planète Miller équivaut à sept années terrestres. Trois chapitres balancés d’emblée pour mieux les oublier : Nolan choisit de faire converger astucieusement ces trois temporalités pendant une grande partie du film, notamment lors de séquences étouffantes (cockpit, épave, jetée) et de chevaucher curieusement la linéarité, au point que la seule temporalité qui finit par exister à nos yeux c’est celle du film. C’est très beau. La fin est plus convenue, plus didactique mais il fallait bien finir.

     Pour le reste j’aime que le film soit quasi sans parole, qu’il se concentre avant tout sur les gestes, les regards, les déplacements. S’il n’est pas bavard il n’est pas sans musique : M’est avis que ça doit être l’enfer pour les anti-Zimmer. Intense partition, une fois de plus, dont le film ne peut se détacher (Il ne s’en détache pas, dans mes souvenirs) autant dans ses roulements post-Glass, ses points d’orgue habituels que ses tentatives bruitistes plus subtiles. Pour moi le bémol du film c’est qu’il joue son va-tout sur l’immersion – Il refait l’ouverture de Saving Private Ryan sur 1h45 en gros. Ça marche hein, c’est vraiment sensoriel, suffocant, on a l’impression d’y être, mais c’est un genre (Le film de guerre) dans lequel ça m’a toujours un peu gêné – Je préfère voir ça dans Gravity par exemple, dans l’espace plutôt que sous les bombes.

     On est donc sur le pur terrain du survival, mais pour que ça fonctionne vraiment il faut des personnages et je n’en vois pas, plutôt je ne les distingue pas – C’est le revers de la médaille du film sans parole j’imagine, Nolan ne parvient pas à les incarner autrement qu’en minuscules concepts. Cette année j’ai découvert La 317e section de Pierre Schoendoerffer, qui est aussi l’histoire d’une fuite, d’un repli (l’anti-héroïsme de guerre en somme) mais il y avait de vrais beaux personnages dedans. Et le film était pourtant très immersif alors qu’il est dépourvu de musique et de grands bavardages. Grosse réserve donc, même si je le répète j’aime beaucoup comment Nolan transcende son matériau historique (Le fameux miracle de Dunkerque) en trois temps qui se collisionnent. Ça suffit à en faire un beau film, à mes yeux.

12345...195

Catégories

septembre 2017
L Ma Me J V S D
« août    
 123
45678910
11121314151617
18192021222324
252627282930  

Auteur:

silencio


shaolin13 |
Silyvor Movie |
PHILIPPE PINSON - ... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Playboy Communiste
| STREAMINGRATOX
| lemysteredelamaisonblanche