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Les recrues (La commare secca) – Bernardo Bertolucci – 1962

13. Les recrues - La commare secca - Bernardo Bertolucci - 1962     6.0   Beau film, sur ce que j’en ai vu puisque j’ai un peu somnolé devant. Mais beau film, surtout pour du Bertolucci, avec qui j’ai généralement peu d’atomes crochus. Là j’ai tour à tour pensé à Rashomon, Accatone ou Rocco et ses frères. Pas dégueulasse, quoi. Faudra donc que je le revoie dans un moment plus adéquat.

Anna Oz – Eric Rochant – 1996

29. Anna Oz - Eric Rochant - 1996« Nous vivons ses rêves »

   5.7   Chouette film. Tantôt léger et ludique, tantôt déroutant et distingué. Comique et thriller s’immiscent élégamment dans ce curieux labyrinthe onirique, mais sans pleinement s’offrir, au point qu’on ne sait parfois pas ce qui tient du rêve ou du réel, si Paris rêve de Venise ou l’inverse. Le rêve parfois semble plus réel que le réel. Les dimensions se chevauchent mais sans épate, twist ou climax particulier. C’est très étrange. Et Venise (terre de l’insondable, au cinéma) y tient une place majeure, quasi aussi énigmatique que dans Don’t look now, de Nicolas Roeg. Anna de Paris rêve donc chaque nuit d’Anna de Venise. Et bientôt ce double va tenter de la tuer. Ramifications, convergences, échos en tout genre, le film joue constamment avec toutes les possibilités que lui offre le récit. Un œil en convoque un autre, puis une tâche de sang, un doigt, un couteau, une tarte aux quetsches, un personnage, une situation. Délire stimulant mais ça manque un peu d’émotion en ce qui me concerne.

Les rois du patin (Blades of Glory) – Josh Gordon & Will Speck – 2007

22. Les rois du patin - Blades of Glory - Josh Gordon & Will Speck - 2007Jimmy : « I see you got fat!»
Chazz : « I see you still look like a fifteen year old girl, but not hot!»

     6.9   A moins d’être allergique aux pitreries de Will Ferrell je vois mal comment ne pas adhérer à cette comédie bouffonne qui multiplie les gags, punchlines et situations improbables, généralement sur la glace puisque nos personnages sont des professionnels du patinage artistique. Les meilleurs. Mais chacun dans son style puisque si Jimmy est gracieux, efféminé, aérien, Chazz est plus animal, spontané, véritable bête de sexe qui ne s’embarrasse pas du mauvais goût. Je fais une parenthèse : Quand j’étais gosse, j’avais une fascination pour le patinage artistique, certes ça n’a pas duré bien longtemps, mais j’ai un souvenir précis de certains sets des JO de 1994. Et notamment de la rivalité entre Alexei Urmanov et Elvis Stojko, la grâce russe et l’irrévérence canadienne. Il y avait quelque chose de sale et martial dans la « danse » de Stojko, j’adorais. Tu me vois donc venir. J’ai l’impression d’avoir retrouvé Stojko dans la prestation de Ferrell – Où l’irrévérence s’est évidemment transformée en obscénité. L’impression d’avoir retrouvé cette rivalité dans Les rois du patin, comme si on l’adaptait, quelque part, à la manière des comédies produites par Apatow c’est-à-dire via des partis pris parfois lourds mais souvent hilarants. La plus belle chose des Rois du patin c’est bien entendu ce qui rapproche la plupart des films du courant : L’esprit bromance. Si la rivalité sert de fondation, elle permet de rapprocher les deux antipodes. Après une sortie de route un peu grossière (Ils se foutent sur la gueule sur le podium, étant donné qu’ils ont fini premiers ex-aequo et sont donc bannis des compétitions) le seul moyen pour Jimmy et Chazz de continuer à patiner est de s’inscrire dans la catégorie couple. Si une rivalité s’efface, une autre émerge, avec dans les rôles des méchants Will Arnett et la toujours parfaite Amy Poehler, mariés à la vie. Le film mérite qu’on le regarde ne serait-ce que pour sa course poursuite en patins. Je ne m’éternise pas, c’est tout simplement merveilleux. Souvent à mourir de rire. Du génie pur.

Baywatch – Seth Gordon – 2017

28. Baywatch - Seth Gordon - 2017Hey, how's your dick?

   3.6   J’ai traversé une période chelou (Quel âge j’avais ? 11, 12 ans, je sais pas) où je ne loupais pas un épisode d’Alerte à Malibu. Tu vois Joey, dans Friends ? Bah pareil. « It’s time for… Baywatch ! ». ça a dû duré un été ou une chaine rediffusait les saisons 3 et 4 : ça j’en suis certain, car j’étais dingue de Summer aka Nicole Eggert. Bref, c’était pas suffisant pour aller voir ce machin au cinéma mais je t’avoue qu’avec ce casting, j’espérais le gros délire bien gras. J’étais donc très curieux.

     Dommage de ne pas avoir profité du changement de medium pour faire disparaître ce qui était déjà nullissime dans la série : L’intrigue parallèle renouvelée d’un épisode à l’autre. Quitte à faire renaître Alerte à Malibu sur deux heures, autant centrer ces deux heures sur le quotidien des sauveteurs et jouer sur le comique de situation, le groupe, les personnages, comme on le ferait dans un film de campus, de flics, de médecins. Montrer le quotidien dans la multitude d’interventions et non au travers de cette affaire de trafic de drogue sans intérêt.

     21 jump street avait nettement mieux saisi l’idée et fonctionnait quand celui-ci se plante quasi en permanence car il est avant tout beaucoup moins drôle, beaucoup moins généreux et beaucoup trop centré sur l’hommage de bas étage : faire qu’on retrouve les mêmes personnages, les ralentis sur les nichons, la bouée rouge. Et faire le clin d’œil, avec les apparitions de David Hasselhoff et Pamela Anderson, mais gratuitement dans la mesure où ils ne servent strictement à rien, pas même à créer un gag correct.

     Quelques situations surnagent, malgré tout : Il y a le background sur Matt (Zac Efron prend la place de David Charvet) dont on apprend qu’il était un grand nageur olympique mais qu’il a vomi dans la piscine un jour de relais 4x100m d’où sa reconversion. Plus tard, une bite en érection se coince dans un transat ; on a droit à une scène de morgue particulièrement cocasse, avec là encore, une bite récalcitrante. On joue beaucoup avec la puissance d’évocation de la poitrine d’Alexandra Daddario (qui reprend donc le rôle de Summer, fonctionne bien ce prénom) ; On s’amuse d’une ambiance crypto gay mais pas trop. Mais ça manque clairement de folie, dans l’ensemble.

Je sais rien, mais je dirai tout – Pierre Richard – 1973

10. Je sais rien, mais je dirai tout - Pierre Richard - 1973      2.1   J’aime bien Pierre Richard mais je connais mal ses réalisations je me rends compte. Je ne vais pas m’étendre sur ce film, qui m’a semblé très prometteur sur les cinq premières minutes, nullissime sur les suivantes. On va simplement dire que ce n’est pas pour moi, c’est tellement hystérique que j’en pouvais plus au bout d’un quart d’heure. Il y a tout de même quelques gags qui m’ont fat sourire, à l’image de celui à l’anpe.

Moderato cantabile – Peter Brook – 1960

25. Moderato cantabile - Peter Brook - 1960Triste sonatine.

   4.4   Pas le film qui me réconciliera avec le fait d’adapter l’œuvre de Marguerite Duras au cinéma. Pourtant j’y croyais. Déjà parce que Moderato cantabile fait partie de ses écrits que je n’ai pas lu donc totale découverte en plus de ne pas avoir la mauvaise (mais inévitable) idée de les comparer. Ensuite parce que voir une association Jeanne Moreau / Jean-Paul Belmondo sur un texte de Duras, je ne sais pas pourquoi, j’étais très confiant. Très vite on comprend que ça ne va pas l’effectuer, la faute à un respect trop imposant pour le texte de Duras, la faute aussi à une mise en scène volontiers ralentie, comme si elle cherchait à se marier avec le rythme des mots de l’écrivaine, comme si elle convoitait la neurasthénie de son personnage féminin central. Moreau et Belmondo ne se dévoilent pas comme elle le fera chez Bunuel dans Journal d’une femme de chambre, comme il le faisait dans A bout de souffle, de Godard. Ils ne parviennent pas à se frayer une place. Ils sont dans une énergie trop fabriquée et amorphe pour nous convier dans leur histoire, d’amour impossible, de drames mystérieux, d’errance mystique. Une affaire de sonatine perturbée par un cri tétanisant ; De solitude dérangée par l’arrivée d’un désir insolite. Il y a tout pour déchirer mais le film ne froisse même pas. A part ça, Moderato cantabile est intégralement tourné à Blaye et c’est un choc esthétique, vraiment. C’est pas loin de sauver tout le reste tellement c’est beau. Et c’est aussi là-dessus qu’il dérange et prouve qu’Antonioni – auquel on pense souvent ici – ne pourrait fusionner avec Duras. 

Falbalas – Jacques Becker – 1945

1982946 Falbalas - Sein letztes ModellLe tourbillon du désir.

   6.1   Jacques Becker plonge dans le milieu de la mode pour raconter cette histoire d’amour fou entre un couturier et la future femme du fils de son plus important fournisseur. En s’ouvrant sur la fin (la découverte du corps d’un homme sur le pavé dans les bras d’un mannequin vêtu d’une robe de mariée) le film se prive de l’éventuel suspense inhérent à ce traditionnel jeu de « suis-moi je te fuis » : L’intérêt ne sera donc aucunement de deviner si les amants finiront ensemble ou non. Ça finira mal, c’est une certitude. Et c’est ce plan de bascule, virant du corps inerte aux multiples branches d’un arbre décharné, qui nous explique que seul un flashback pourra retracer le drame.

     Becker va décrire ce monde avec richesse et déploiement, autant qu’il le fera du couple (Antoine et Antoinette) ou d’un groupe de prisonniers (Le trou). Notamment les règles de pouvoir d’un poste sur un autre, d’une personne haut placé (elle-même surveillée par le couturier dictatorial) sur celles qui travaillent d’arrache pied dans l’ombre. Cette minutie quotidienne de la maison de couture se dissout très vite au profit de cette histoire d’amour déséquilibrée, où chacun semble prêt à abandonner sa vie, tour à tour, avant de retourner sa veste. Le film était précis, cadré, il devient désordonné, spirale. Le couturier qui règle sa vie et sa réussite sur ses créations saisonnières veut tout abandonner, il a signé son arrêt de mort. Je ne connaissais pas Raymond Rouleau, il est excellent en plus de ressembler outrageusement à Michel Piccoli. Outre la finesse des dialogues, il faut préciser que la mise en scène de Becker est aussi très inventive : Suffit d’évoquer cette fabuleuse partie de ping-pong.

Detroit – Kathryn Bigelow – 2017

14. Detroit - Kathryn Bigelow - 2017Carnage.

   7.9   Voilà bien longtemps que je n’avais pas été à ce point malmené, excité, terrifié, violenté par une « séquence » au cinéma. Ça fait du bien. Si je mets les guillemets c’est uniquement parce que la séquence en question concentre les deux/tiers du film ou quelque chose comme ça, je n’en sais fichtre rien en fait tant ça m’a semblé aussi puissant et magistral qu’assommant et interminable.

     Ce qui est très beau et plutôt rare dans ce genre de film gravitant autour d’un unique bloc séquentiel précis, en l’occurrence l’arrestation de l’Algiers motel (le 25 juillet 1967) c’est qu’on ne reçoit aucunement le geste en tant que performance, le parti pris comme raison au film d’exister. L’instant arrive quand il doit arriver, sans qu’on l’ait attendu ou imaginé ne serait-ce qu’une seconde. Le film existe déjà brillamment avant cette longue séquence. On croit d’abord qu’il va s’étirer ici plus que d’ordinaire avant de passer à autre chose. Mais non, il s’installe-là jusqu’à l’écœurement.

     La première partie du film est en effet très documentée et disparate, s’intéresse à la ville de Détroit en état d’urgence suite aux émeutes de 1967, offert en carnet de route hyperréaliste, avec les dates des émeutes, les noms des différents lieux. Plus étrange dans cette introduction, il n’y a pas de personnage principal clairement identifié mais plutôt des groupes dans le groupe : Trois flics d’intervention, deux agents de sécurité, des émeutiers, les membres d’un groupe de soul music. On passe des uns aux autres sans pour autant croire qu’ils vont converger ensemble vers une séquence centrale en huis clos. C’est ce que j’appelle réussir sa dimension chorale, déjà.

     D’autant que Detroit se permet aussi de s’ouvrir sur un générique animé, plus introductif que didactique et très beau justement parce qu’il est en animation et non en images/vidéos d’archives. Et d’autre part de s’en aller en film de procès. Pas la partie la plus réussie du film d’autant que tout est surligné à nouveau sur les cartons du générique final mais cela permet au film de sortir élégamment et non sur ce coup de poing virtuose qui aurait probablement laissé un amer goût de complaisance.

     Ce qui me plait dans cet épilogue appendice c’est qu’on y voit dès lors que des visages tandis que la première partie s’évertuait à ne montrer que l’action et engloutir l’émergence de vrais personnages. Les personnages sont nés grâce à cette ahurissante partie centrale. Ne reste donc que des visages. Fatigués, tuméfiés, honteux, anéantis. Ainsi que les souvenir de ces trois visages qui ont péri dans ce motel. On voyait une masse – Peut-être moins chez les flics où les deux acteurs connus étaient identifiés d’emblée – on distingue désormais tout le monde, on sait ce que chacun a vécu ou fait cette nuit-là. Celui qui a tué puisqu’il n’a pas compris que ce n’était qu’un jeu. Celui qui est mort pour avoir tiré avec un jouet. Le chanteur de soul qui finira dans un chœur d’église. C’est aussi une affaire de trajectoires.

     L’interprétation parlons-en, elle culmine à un tel degré d’implication, ça file le vertige. Tous sont exceptionnels. Mention spéciale à Will Poulter, acteur au physique ingrat mais qu’il n’utilise pas à des fins grandiloquentes. Il campe magistralement ce flic raciste monstrueux et ce d’autant plus qu’il donne l’impression qu’il est persuadé d’être un bon flic. Tous les acteurs sont toujours géniaux chez Bigelow c’est vrai, mais là c’est vraiment très fort.

Le dernier maître de l’air (The last airbender) – M. Night Shyamalan – 2010

20. Le dernier maître de l'air - The last airbender - M. Night Shyamalan - 2010Le cinquième élément.

   2.2   Kylian MBappé était donc, en 2010, déjà pressenti comme étant celui capable de manipuler tous les éléments. Franchement y a quelque chose, tu trouves pas ? Même l’âge colle. Même le synopsis wikipedia, si on l’adapte un chouia : « MBappé est un jeune garçon de cent douze ans, maître de l’animation offensive et réincarnation de Zidane, seul être capable d’apprendre à maîtriser tous les gestes du football. Il a la responsabilité d’empêcher l’antijeu de détruire la qualité technique et l’exaltation collective afin de rétablir l’équilibre dans le football. » Franchement. Non ? Bref, plus sérieusement, il s’agit donc de l’adaptation ciné d’une série d’animation. On raconte que Shyamalan a voulu faire ce film parce que sa fille était fan de l’univers en question. Ouai. Bon. Curieuse méthode. En résulte un truc foutraque, laid, ennuyeux, ni fait ni à faire. Et si les obsessions du cinéaste (les tourments de l’enfance, la poétisation de la mort, la convergence des éléments, la place dans l’univers) semblent émerger ci et là, elles sont trop souvent noyées sous un flot d’images disgracieuses, des dialogues ridicules et une construction hermétique. Même avec la bonne volonté du monde, difficile d’aller au bout.

Réparer les vivants – Katell Quillévéré – 2016

19. Réparer les vivants - Katell Quillévéré - 2016Cœur.

   5.3   Je trouve le film très beau sitôt qu’il montre le quotidien, sitôt qu’il s’affranchit de son sur-symbolisme et ses violons franchement omniprésents. J’aime par exemple ce qu’il montre de la douleur de parents affrontant la mort en marche de leur fils. C’est très difficile à regarder mais Emmanuelle Seigner et surtout Kool Shen (vraiment puissant, avec si peu d’apparition et de parole) sont bouleversants. J’aime cet aspect ingrat consistant à montrer tout le processus entre les médecins, la difficulté de trouver les mots et la façon d’aborder un sujet comme le don d’organe qui est sans doute le dernier truc auquel tu as envie de causer quand on t’annonce la mort cérébrale de ton enfant. Je n’avais jamais vu Tahar Rahim aussi bon (il joue le médecin) il m’a bluffé. J’aime le basculement du film dans une deuxième partie attendue (Le film est globalement super prévisible dans ses enchainements) mais bien amenée, notamment dans sa façon d’aborder les retrouvailles de deux adolescents et leur mère malade : Ils vont regarder E.T. sans doute comme ils le faisaient fut un temps. Quelque part Quillévéré ouvre la boite magique en insérant là le film de Spielberg. Et enfin, je trouve la partie transfert du cœur plus belle encore dans la mesure où l’on va suivre ce cœur, les deux opérations sur ces deux corps opposés qu’on va relier : la femme et le garçon, la mère et l’enfant, celle qui peut vivre et celui qui doit mourir. Il y a quelque chose de terrible dans cette façon de « débrancher » le plus jeune pour « rallumer » la moins jeune, quelque chose de cruel car pas très naturel mais que la caméra de Katell Quillévéré vient capter sensuellement au point de nous le faire accepter, au point de ne pas rendre la chose méga glauque, au point surtout de nous faire oublier le côté moral et publicitaire du récit. J’aime moins que le film tente ici un flashback de l’adolescent pour faire joli. Qu’il s’ouvre là sur un prologue mortifère un peu neuneu dans son alliage fenêtre ouverte / océan / éoliennes. Après il me semble que Réparer les vivants joue admirablement avec sa construction chorale, car sur le papier c’est on ne peut plus casse-gueule. Et puis surtout, je crois que je retiendrais l’investissement des acteurs. Evidemment, la cinéaste s’est minutieusement entouré (Pas moins de dix d’entre eux font partie de ceux sur qui on peut compter ces temps-ci) mais je trouve que chacun, dans la partition qu’on lui prête, parvient à trouver le ton juste. Plus juste que la mise en scène et les petites choses qui forcent un peu trop sur la corde émotionnelle.

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silencio


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