Page d'archive 284

Milestones – Robert Kramer & John Douglas – 1975

Milestones 7Sur la route.

   8.5   Film fleuve, fresque monumentale, Milestones dresse le portrait de multiples personnes dispersés dans une Amérique post guerre du Vietnam, des militants qui s’interrogent sur leur identité, sur le pourquoi historique.

     Milestones est sorti sur les écrans cannois en 1975 où il fut projeté à la quinzaine des réalisateurs. C’est en toute logique que le film est ressorti cette année à cette même quinzaine, et passe de façon inédite sur les écrans de l’hexagone durant l’automne. Enfin, sur les écrans de l’hexagone. Disons plutôt trois salles. Trois malheureuses salles en France.

     Milestones est un film difficile. Un film qui dure 3h15. Un film morcelé. Un film loin d’être fluide, qui oscille entre différentes vies, communautés, à tel point que l’on s’y perd, ce qui atténue certains moments qui auraient pu être très forts. Milestones c’est la lente agonie des communautés hippies, des révolutionnaires, des marginaux d’Amérique, qui considèrent leur triste passé commun et envisagent comme ils peuvent ce qui pourrait ressembler à un futur.

     Les réalisateurs Kramer et Douglas jouent énormément avec le procédé documentaire/fiction puisqu’il est vraiment délicat de ne pas les confondre. En ajoutant à tout cela certaines images d’archives sur le génocide des indiens et l’esclavage. Et en ce sens c’est un film unique. Un film qui ne ressemble à aucun autre. Un film muni d’une fin assez sensationnelle, presque déstabilisante par son trop plein de réalisme. Mais Milestones laisse cependant sur le carreau. Il est interminable. Mais il est légitimement interminable.

A Swedish Love Story (En Kärlekshistoria) – Roy Andersson – 1970

A Swedish Love Story (En Kärlekshistoria) - Roy Andersson - 1970 dans Roy Andersson

Un amour de jeunesse.     

   8.0   Il était grand temps que ce film suédois, jusqu’alors inconnu dans l’hexagone, sorte sur nos écrans. Non que l’on ne soit pas gâté par le cinéma suédois, Ingmar Bergman érigeant sur ses seules épaules déjà le cinéma de son pays au rang de sublime, mais parce qu’il est unique en son genre et qu’il traite comme d’aucuns n’avaient su le faire aussi bien, avec un travail très intéressant au niveau de la mise en scène, de l’amour adolescent, débarrassé des débâcles adultes, au point de nous faire regretter nos quinze ans. On y croit tout le temps. C’est sans cesse magnifique et très joliment filmé. Roy Andersson fait passer les sentiments par les regards (qui plus est d’une intensité rare de la part de ces deux jeunes acteurs), par les silences, leur relation étant pour ainsi dire dénuée de mots. Comme c’est le cas à quinze ans ! On n’ose s’approcher. On se parle très peu. Qu’en est-il de la sexualité ? Quelle démarche adopter pour séduire l’autre ? Les visages sont cinglants de beauté pure, candeur et spontanéité. Les yeux scrutent l’horizon en espérant y trouver un regard réciproque. Et pas question pour Andersson de s’affranchir du reste en ne montrant qu’un flirt. Il enrobe son histoire d’amour socialement en montrant un quotidien parental déprimant, soucieux de tout, dans un environnement coincé financièrement. Il évoque aussi certaines mœurs suédoises de la classe profonde. Sans pour autant laisser l’humour de côté, qui se révèle très froid, très spécial !Peut-être Andersson est-il nostalgique de ses quinze ans ? L’âge de l’insouciance. Le plus bel amour que l’on puisse vivre, le plus percutant, marquant car le plus naïf qui puisse exister.

Le Septième Continent (Der Siebente Kontinent) – Michael Haneke – 1993

Le Septième Continent (Der Siebente Kontinent) - Michael Haneke - 1993 dans * 100 der-siebente-kontinent09979318-35-19

De l’évaporation.

   10.0   C’est l’histoire d’une aliénation familiale, d’une autodestruction sociale dans sa forme la plus individualiste, la plus égoïste qui soit. Le Septième Continent, premier long métrage de Michaël Haneke, suit le destin tragique d’une famille bourgeoise à travers trois étapes – trois ans – de leur vie : Le combat pour appartenir à la société, pour en accepter ses règles, son fonctionnement ; La réussite professionnelle, qui n’exclut pas la solitude ; La destruction de soi et de ce qui gravite autour de soi.

     Pour le spectateur, l’évolution du récit se présente de deux manières : c’est d’une part l’observation d’un quotidien, les gestes et regards des personnages, leurs mouvements et interactions sur les objets, leurs habitudes, leur recherche permanente d’une vie sans passion qui suit malgré tout le chemin tout tracé des conventions morales. Ou d’autre part ce sont les lettres de la famille envoyées, elles aussi en trois étapes, aux parents de Georg, le mari, afin de les rassurer, de leur raconter brièvement leur fade quotidien.

     La mise en scène clinique accentue cet état d’emprisonnement, cet isolement familial. La tension s’accroît au fil du récit pour accoucher sur un climat d’horreur, sans pathos, déluge d’hémoglobine ou jubilation, simplement en montrant des corps, voués à l’abandon. Le Septième Continent (le couple dira l’Australie à leur entourage) se fait de plus en plus proche. Le matérialisme de la vie poussé à son paroxysme est en train de s’éteindre. Pas de trace d’un éventuel et éphémère passage sur Terre. Et ce brin de lucidité suicidaire dans ce carcan monstrueux des conventions quotidiennes est d’autant plus cruel que lorsque l’on regarde les rouages de la société moderne on se dit que dans un élan de triste lucidité il pourrait très bien s’emparer de nous.

Présentation

Bonjour à tous.

Je tiens à signaler que ce blog est, sauf à de rares exceptions, entièrement destiné à l’art cinématographique. Je me consacre principalement à un cinéma qui me tient à coeur, si possible de tout horizon. Un cinéma de réflexion qui me touche dans l’intime. Bien entendu j’essaierai de ne pas négliger les grands classiques, le divertissement, le cinéma de genre, principalement les films d’horreur, mon péché mignon. Et parfois seulement, pause détente, je pousse quelques coups de gueule.

On ne peut pas dire que ma plume soit des plus aiguisées  donc mes commentaires peuvent être succincts et/ou bordéliques, mais mon but est de retranscrire à l’écrit ce qu’il y a dans mon esprit, dans ma tête, mon sentiment personnel, donc une vision totalement subjective apparaîtra dans chacune de mes tentatives d’analyses.

Si certaines choses vous échappent, si d’autres vous mettent en colère, si vous vous retrouvez dans certaines de ces lignes je vous invite avec plaisir à annoter un commentaire, afin de pouvoir rebondir, voir d’engager un débat.

Je signale aussi, à toute fin utile, que chaque film est accompagné d’une notation, complètement inutile, sur 10 – dans un but uniquement ludique - qui peut d’ailleurs évoluer suivant mes humeurs ou lorsqu’il m’arrive de revoir les films concernés.

Bonne lecture.

Grégory.

Présentation dans # Moi salle-cinema-metz

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silencio


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