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Bodybuilder – Roschdy Zem – 2014

IV1A1592Sous les muscles.

   6.2   Meilleur film de Roschdy Zem, haut la main. On y suit les retrouvailles entre Antoine, un petit délinquant surendetté qui doit du fric à de plus grosses racailles que lui, de retour au foyer paternel pour se mettre à l’abri, et Vincent, son père, donc, qu’il n’a pas vu depuis cinq ans et qui entre temps, est devenu bodybuilder. Il y a un côté Toni Erdmann dans l’univers du culturisme, sauf que le père, qui n’arbore ni dentier ni coussin péteur, est au premier abord drôle malgré lui dans son obsession de respecter un régime stricte à base de 400 œufs semaine et de se passer en boucle Pumping Iron, un documentaire sur le milieu du culturisme et principalement sur Schwarzennegger. Et Bodybuilder devient passionnant et beau dès l’instant qu’il filme ce curieux univers, où on enquille entrainements douloureux et gavage protéiné pour ressembler à un tas de muscles et de veines gonflés à bloc : Discipline hors de prix, qui ne fait rien gagner d’autre que la fierté d’avoir exhibé tes formes sur un podium. Mais Zem n’est jamais moqueur, il aime ce qu’il voit, il croit en son potentiel fascinatoire, spirituel et rédempteur. Il fait de cette salle de musculation – Que tient le père d’Antoine – un véritable terrain de reconstruction, masochiste et halluciné. Et le film est émouvant dès l’instant qu’il se replie sur sa relation père/fils – Pour te dire, quand Vincent parle de sa passion avec Antoine, j’ai pensé à cette merveilleuse scène de Freaks & Geeks entre Bill et le coach Ben Fredricks. Et s’il lorgne parfois du côté du polar, il n’y sombre jamais, s’y refuse constamment au profit d’une vraie possibilité de reconstruction familiale. Si Rottiers est très bon, comme à son habitude, celui qui joue son père, Yolin François Gauvin, et qui n’est donc pas acteur puisque culturiste à la vie, est à mes yeux la vraie révélation du film. Il m’a rappelé le Mickey Rourke de The Wrestler, c’est dire.

Pocahontas – Mike Gabriel & Eric Goldberg – 1995

25     4.8   Hormis ces interludes inutiles des chamailleries entre le chien et le raton-laveur – Pour plaire aux enfants – je découvre un Disney qui me plait, beau visuellement, déjà, en jouant subtilement sur des notes sombres et mécaniques coté anglais et éclatantes/spirituelles chez les indiens. Aussi j’étais très agréablement surpris de voir un film aussi compact, limpide dans ses intentions, ça change de l’interminable et brouillon Vaiana. J’aurais toutefois aimé qu’on développe un peu certains caractères car à part Grand-mère Feuillage ça manque un peu de densité, de personnages secondaires forts comme Le roi lion en avaient offerts l’année précédente. Reste que découvrir Pocahontas aujourd’hui, alors que Le nouveau monde est l’un de mes films préférés, c’est très bizarre et forcément un peu déceptif.

La danseuse – Stéphanie Di Giusto – 2016

19     3.3   Les scènes de chorégraphies sont très réussies. Pour le reste, on repassera. Déjà, je me suis pas mal ennuyé. Et dès qu’il y a Ulliel je trouve ça ridicule. Et ça l’est encore davantage quand Lily Rose-Depp apparaît, pile vers la moitié. Au passage, je ne comprends pas comment on peut faire un premier film avec autant d’acteurs connus dedans, moi, ça me dépasse. D’autant qu’ils sont tous presque nuls, sauf Soko, toute seule, qui assure. On raconte que le film a été une galère à produire, mais bon, de l’argent sans sa masse d’acteurs le film n’en aurait probablement pas manqué. Et puis ça manque cruellement de personnalité tout ça. Bref, en gros c’est un Non, pour moi, cette danseuse.

Barcelone/PSG – 1/8e retour, Ldc 2017

img-le-psg-n-a-fait-que-quatre-passes-en-dix-minutes-1489063056_580_380_center_articles-43992414/02/17 : Le Paris St Germain entre dans l’Histoire.
08/03/17 : Le Paris St Germain entre dans l’Histoire. Autrement.
Chapeau les gars.
Honteux.

     Qui aurait pu imaginer qu’on avait encore rien vu après cet incroyable match aller ? Car je ne vais pas te mentir, ce qui s’est passé mercredi a complètement fait oublier ce somptueux 4.0 et effacé l’euphorie qui régnait il y a trois semaines.

     Comment faire un match aussi indigent ? Comment faire une telle fin de match ? Comment se vautrer dans le ridicule après avoir frisé le génie quelques jours plus tôt ? Comment est-il possible d’aligner seulement quatre passes en dix minutes, dont trois lors des coups d’envoi qui ont suivi les buts ? Comment est-il possible de se saborder de la sorte ? Un scandale. J’ai d’ailleurs fait l’erreur de revoir les dix dernières minutes le lendemain.

     J’ai pu lire ceci chez SoFoot : « On retiendra la manière, le manque de culture de la gagne, la faiblesse de l’approche, l’incapacité de tuer au moment où il faut faire sauter une jugulaire. » Je suis d’accord en tout point.

     Pour chambouler tous les plans, il aurait sans doute fallu un changement majeur (Faut croire que 2.0 en 20min ça ne suffisait pas à Emery) comme un rouge par exemple, d’un côté ou de l’autre. Paris n’a jamais été aussi incisif que lorsqu’on leur a enlevé Ibra à la 20e minute contre Chelsea y a 2 ans.

     J’étais content en plus, Motta n’était pas sur la feuille de match. Après coup je me demande s’il n’aurait pas été plus utile qu’un Rabiot invisible. Il aurait apporté son expérience italienne et son côté connard qui aurait sans doute enlevé l’atmosphère timoré. Je sais pas. On ne pourra pas dire non plus que Verratti n’était pas là cette fois. Et puis il a manqué Pastore. Magicien Javier à la place de Transparent Lucas au retour des vestiaires, je suis persuadé que ça aurait eu une autre gueule. Beaucoup de classe et de caractère il a manqué en fait. Donc tu fais jouer Pastore et tu gicles Silva et c’est bon.

     Car il y avait Silva. Et il a été à chier. Tu remets Kimpembe, je suis certain qu’il donne davantage, évidemment c’est facile à dire il n’était pas là. Quand tu vois Silva là et Ramos la veille, il te reste plus que tes yeux pour pleurer. Silva c’est 58% de passes réussies et de duels gagnés. Ramos contre Naples: 85% de passes réussies, 100% de duels gagnés. Mais Ramos, quoi. La base. Dans ces matchs-là, y a pas photo. Alors que Silva les esquive d’habitude, comme contre l’Allemagne. J’ai beaucoup aimé Silva, je pensais qu’il avait apporté beaucoup de sérénité, mais en fait, le vrai patron aujourd’hui c’est Marquinhos et hormis son match pas terrible de mercredi il est assez irréprochable, lui. Et donc Silva plus ça va plus il me déçoit. Sur le terrain il est de plus en plus suffisant, persuadé qu’il est immunisé par son âge j’ai l’impression. Un capitaine en bois. Mercredi, dans le jeu, j’aurais voulu lui mettre des baffes. Alors quand il a parlé juste après… Il me semble avoir lâché un « Pauvre naze… »

     Ce qui me gêne aujourd’hui ce sont tous ces supporters qui crachent sur l’arbitrage. Arbitrage qui ne m’a pas semblé scandaleux à moi. Les pénos ils vont les chercher certes mais surtout les parisiens ne jouent pas bien le coup. Quant à Pique y a polémique c’est sur après ça relève du fait de jeu (il s’est d’ailleurs bien calmé ensuite) et en aucun cas du match dans son entièreté. Certes il doit dégager avant la pause. Et Suarez, c’est pas possible cette façon de tomber, faut vraiment qu’ils arrêtent les uruguayens. Maintenant ça ne suffit pas à mes yeux à faire oublier la catastrophique prestation du PSG. J’imagine que ça doit pas être facile à aborder un match retour contre le Barça après leur avoir mis une telle branlée au match aller, mais quand même quoi, c’est fou de refuser à ce point le jeu – ça m’a rappelé la déroute contre Chelsea il y a trois ans, à une échelle différente évidemment. Et puis au-delà de ça, le Barça a rendu les armes après la réduction du score d’Edi. Et c’est Paris qui les a remis en selle, d’abord avec des occasions ratées scandaleuses (Cavani mais surtout celle de Di Maria), des erreurs techniques hallucinantes et des fautes interdites – Dont celle qui provoque le but de Neymar qui relance TOUT. Alors ok, c’était pas la soirée de Paris (Le poteau, déjà) mais tout comme c’était pas la soirée du Barça y a trois semaines. Sauf qu’arbitrage litigieux ou pas, si tu mets tes tripes sur la table, la question se pose plus.

     Pareil sur la tentative de Di Maria, j’ai du mal à en vouloir à Masherano (qui fait peut-être faute, pas revu les images) car j’en veux d’abord à Di Maria qui joue TRES mal le coup, il est affreusement lent dans son choix déjà et il peut passer la balle. Après, forcément c’est trop tard. Et je suis sûr que c’est un raté qui existe uniquement parce que Paris se croit qualifié à cet instant-là. Tu leur donnes la même dans un moment charnière, il ne tricote pas et la mets au fond. Enfin on ne va pas refaire le match, mais à mon sens c’est un peu facile de déplacer le problème sur les arbitres et/ou l’expérience barcelonaise. D’autant que Barcelone n’a même pas été bon (Un Messi plus que moyen) c’est ça le plus scandaleux. Les vingt minutes avant les trois buts ils ne sont nulle part c’est dingue. 20 minutes durant lesquelles Paris doit revenir au score par deux fois sans cet incroyable péché de suffisance.

     Quant à Lucas, il doit sortir à la pause si c’est pas avant. Je n’ai jamais été très Lucas pour les débuts de match. J’aime bien ce qu’il peut offrir dans un dernier quart d’heure mais en début je ne vois pas l’intérêt. C’est un joueur rapide mais pas très lucide. Et efficace il ne l’est pas vraiment non plus. Alors j’imagine qu’Emery le met parce que Di maria revient de blessure mais aussi parce que voyant les trois défenseurs alignés en face, on peut avancer qu’un Lucas peut mettre le feu là-dedans. Si ça avait été le cas on aurait dit Bien Vu. En l’état mon scepticisme ne s’est pas atténué. Et puis il a été NUL, je serais curieux de voir le nombre de ballons qu’il a perdu tiens.

     Bref, on ne va pas épiloguer. C’est l’uppercut le plus désagréable enquillé devant un  match depuis très, très longtemps. Dès la troisième minute de jeu j’ai senti que ce serait un calvaire. Le pire c’est que ça s’est arrangé lors de la réduction du score de Cavani – Alors que pendant la pause je n’y croyais déjà plus vraiment. On s’est dit que Paris avait été nul, mais que le Barça avait aussi très vite rendu les armes. Puis il y a eu ce coup franc de Neymar. Et une équipe invisible, tétanisée. Bref, c’est inadmissible. Et historique, d’en prendre trois en sept minutes dans un match d’une telle importance.

Cérémonie des Oscar 2017

89th Academy Awards - Oscars Awards Show     Je reviens aussi sur la 89e cérémonie des Oscar qui sera entré dans l’Histoire pour nous avoir offert un étrange/savoureux/embarrassant (au choix) twist final.

     Il faut déjà dire une chose importante : Pour que cette soirée se déroule sous les meilleurs auspices à mes yeux, il fallait que le film de Damien Chazelle rafle tout. C’est dit. En gros, j’aimais l’idée de voir l’Oscar de la meilleure actrice échoir à Isabelle Huppert, évidemment, mais mon cœur battait pour Emma Stone. Je voulais tellement voir gagner Premier contact, puis j’ai vu La La Land.

     De cette nuit blanche (Oui, j’emmenais mon fils à l’école à 8h30) je retiens de bien beaux moments, comme la présence de Shirley McLaine (D’autant que j’ai découvert The Appartment très récemment), Leslie Mann et sa yellow dress, la séquence des mean tweets, le magnéto de Kimmel sur We bought à zoo donc sur Matt Damon, à mourir de rire. Et surtout la séquence avec un lot de touristes qui fait irruption dans le Dolby Theatre en pensant visiter un musée de cire. La classe américaine.

     Je note des trucs à ne surtout pas retenir, comme Viola Davis qui choure (Thanks god) l’Oscar promis à Naomie Harris et qui joue sur scène comme sa copine dans Moonlight. Tears inside. Ainsi que la robe de Scarlett Johansson. Pas grand-chose en fait. La cérémonie quasi parfaite, quoi. Jusqu’à l’impensable. J’y viens.

     Concernant La La Land. Dans un premier temps j’ai beaucoup souffert. L’impression que la cérémonie avait pris le parti de bouder cet immense chef d’œuvre absolu – Quand j’aime, il n’y a plus de demi-mesure ; Ceux qui savent, savent. Puis ça s’est un peu arrangé, à 4h15 du matin (Mes yeux commençaient à piquer) avec l’Oscar des meilleurs décors puis avec celui de la meilleure photo quelques instants plus tard. Puis ça s’est emballé vers 5h15 avec la double récompense pour la musique et la meilleure chanson : City of stars, forever. 5h45 : Damien Chazelle oscarisé pour la meilleure réalisation, alléluia. 6h00 : Emma Stone, fuck yeah ! Mais en fait c’est absolument parfait cette affaire. Allez meilleur film et je peux faire une sieste. Voilà. C’est fait. Non ? C’est quoi ce délire ? Bah non, c’est Moonlight. Bad trip. J’aime bien le film de Barry Jenkins mais bon sang, y avait pas photo quoi. On sent vraiment la récompense pour faire bonne figure « anti-Trump » et rebondir sur l’affaire « Oscars so white ».

     Evidemment, le plus dingue dans cette ultime remise d’Oscar, le plus prestigieux dois-je le rappeler, c’est le couac dores et déjà légendaire qui l’a accompagné. Racontons les faits. Warren Beatty et Faye Dunaway se pointent sur scène. Ils sont toujours beaux nos Bonnie & Clyde. Warren ouvre l’enveloppe, lance le traditionnel « The academy award goes to » puis fronce les sourcils, mate l’enveloppe, regarde Faye, remate l’enveloppe, jette une œil furtif en coulisse (Le public commence à se marrer) puis regarde à nouveau l’enveloppe, puis file l’enveloppe à Faye qui s’exclame avec le cœur : « La La Land ». C’est beau. On n’a pas compris le pourquoi de cette interminable hésitation, mais c’est beau. Toute l’équipe du film grimpe sur scène, se lance dans les discours de remerciement (ça dure bien deux minutes, franchement) puis soudain, on s’affaire bizarrement sur scène, des types viennent checker l’enveloppe, une autre fait son apparition et le producteur (de La La Land !) s’empare du micro « There is a mistake, Moonlight won best picture ». Un sentiment de « C’est quoi cette grosse blague » plane dans la salle. Puis il répète « This is not a joke » en montrant la véritable enveloppe qui arbore « Moonlight, best picture » et non La La Land. Stupeur absolue. J’étais défait. Inconsolable. Kimmel, lui-même, ne savait plus où se mettre. Il tente deux/trois blagues pour sauver les meubles, avant de crier un « Warren, what did you do ? ». Bref, on ne va pas trop accabler nos Bonnie & Clyde, bien que ce soit un peu de leur faute puisque statuer sur un truc aussi « important » quand t’as un papier où est mentionné best actress alors que tu vas récompenser le meilleur film, c’est assez impardonnable. Y a vraiment un truc qui m’échappe.  Mais bon, c’est absolument inédit cette inversion d’enveloppe, qui plus est pour un cérémonial aussi précis que les Oscar. Avec le recul, ça rend la chose attachante, humaine. Ça me fait chier pour La La Land et pour Damien Chazelle – Qui n’est pas à plaindre puisque sacré meilleur réalisateur – mais je suis ravi d’avoir vécu ça en direct, ravi de ne pas avoir éteint ma télé trop vite.

     Le lendemain, on ne parlait que de ça, partout. C’était génial. On pouvait entre autre voir un gif sublime montrant Emma Stone qui s’efface, Chazelle anéanti, le producteur s’écriant « This is not a joke » et Beatty rematant à nouveau l’enveloppe au cas-où. Ou cet autre gif magique voyant Justin Timberlake faisant une grimace improbable derrière Emma Stone. Et quelques jours plus tard, les humoristes américains se sont amusés à détourner le cafouillage. J’en ai pleuré tellement je riais. Bref, La La Land grand vainqueur (6 statuettes) coiffé sur la plus importante par le tout petit Moonlight. On verra lequel des deux traversera le mieux les années. J’ai ma petite idée.

Cérémonie des César 2017

XVM0bd52c72-faed-11e6-a915-9c70b2c29c59     Je reviens rapidement sur 42e cérémonie des César, en quelques points :
 
Mon Top 5 discours, déjà :
François Ruffin, meilleur documentaire. Ça ne blaguait pas. Gros coup de gueule qui fait du bien.
Céline Sciamma, meilleure adaptation. César du plus beau discours de la soirée.
Gaspard Ulliel (par Xavier Dolan), meilleur acteur. Très beau message.
Déborah Lukumuena, meilleur espoir féminin. J’avais peur qu’elles nous refassent le coup cannois mais que ce soit elle, Oulaya Amamra ou Houda Benyamina, elles ont chacune été très sobre, très touchantes dans leurs discours.
Niels Schneider, meilleur espoir masculin. J’aime l’élégance de ce mec, la richesse de ses mots. Il en a fait un poil trop, mais ça m’a beaucoup ému.
 
Moment hommage : Superbe Dujardin pour Bebel. Classe, sérieux, précis. Rien à dire.
Moment nostalgique : Le très beau montage sur la carrière de l’acteur. Un peu long, quand même.
Moment déprime (mais beau moment) : Belmondo sur scène. Là ça m’a fait mal, très mal.
 
4 gros frissons de la honte lors de Sketchs Remettants :
Gérard Jugnot. Qui m’a vraiment fait de la peine.
Klapisch & Girardot « Parler d’une seule bouche »
Julie Ferrier et son « application »
La parodie La La Land par Villalonga & Commandeur.
 
La classe :
Paul Verhoeven : « Isabelle, je t’aime »
Isabelle Huppert : « Le rôle prime sur l’interprète »
 
J’ai ri :
Dubosc : « Je repense à ce gamin qui s’est dit un jour : « Ce César, un jour, je le remettrais ». »
Commandeur : « En faisant un film sur des nonnes abusées et engrossées par des soldats russes, Anne Fontaine a mis toutes les chances de son côté pour les Césars »
Lemercier : « J’ai sept de nos plus beaux comédiens pendus à mes lèvres. Du haut. »
 
Niveau récompenses, je n’ai qu’un vrai coup de gueule :
Film étranger : Moi, Daniel Blake c’est bien (mais déjà récompensé ailleurs) mais Aquarius c’était mieux, bordel ! Ça ne se discute même pas.
 
Globalement, Cérémonie pas super inspirée mais résultats pas si décevants. Pas aimé le Dolan mais ça me plait qu’on lui donne le César du meilleur réalisateur (car il a vraiment une identité de cinéaste) et l’acteur pour Ulliel qui est le seul à surnager dans ce bourbier surjoué qu’est Juste la fin du monde. Mais surtout : Elle / Huppert / Ma vie de courgette / James Thierrée. Top.

Dead Snow 2 (Død Snø 2) – Tommy Wirkola – 2014

A054_C003_0822YY.0002195FZombies squad.

   5.8   D’emblée, ça commence mal : Une introduction récapitule tout ce qu’on a vu dans le premier opus. Etant donné que j’ai regardé les deux volets le même soir, j’avais un peu l’impression d’être pris pour un demeuré. En fait il s’agit surtout de nous dire que cette suite va démarrer exactement là où s’était arrêté le film original – Cinq ans plus tôt, donc, puisque entre-temps Tommy Wirkola est allé tourner Hansel & Gretel aux USA ; ça a son importance, tu verras. Sauf que tout ce qui était plutôt rigolo dans la deuxième partie de Dead Snow tombe provisoirement à plat dans le début de Dead Snow 2. Je dis bien provisoirement. Wirkola est un diesel, cette fois il nous distille tout autre chose. Les zombies vont descendre de la montagne. On va donc se retrouver dans un banal survival urbain, sans neige, ou presque. Soit. Pourtant, un seul élément suffit à déclencher la mécanique du grand n’importe quoi : Un humain va échanger son bras avec celui d’un nazi. Oui, le survivant du premier opus se retrouve avec le bras du colonel Herzog et vice versa. Je n’explique pas comment, ça vaut son pesant. Et comme le bras nazi est surpuissant (Sieg Heil, tout ça) le pauvre mec se retrouve avec un bras incontrôlable. Exemple désopilant quand il se retrouve à faire un massage cardiaque à un gosse et qu’il lui transperce la cage thoracique. Bon, c’est bien beau mais ça ne va pas tenir sur une heure et demie cette affaire. C’est alors qu’on va rebooster un scénar bien pourave en faisant débarquer une escouade antinazis, constituée, tenez-vous bien de Martin Starr – Bill dans Freaks & Geeks. Il est accompagné de deux nénettes assez géniales dont on se demande si on ne les a pas croisées chez Apatow. L’une d’elles ne jure d’ailleurs que par Star Wars, c’est déjà lourd au début mais c’est tellement plus lourd ensuite que ça devient du génie. On a l’impression d’être dans un Shaun of the dead mais en mieux, plus cheap, plus gore, plus généreux en fin de compte, surtout moins prédisposé à révolutionner quoi que ce soit dans le genre. On pense aussi à Tucker & Dale fightent le mal, avec un soupçon de jusqu’au-boutisme crescendo et multiple. Car il y a trois films en un : D’un côté la horde de zombies nazis veulent donc terminer la mission que leur avait commandité Hitler, à savoir de zigouiller tout un village, Tavlik. De l’autre, Martin, le survivant au bras hulkien devient le héros poursuivant sa Némésis et va pour s’aider, réveiller la bataillon soviétique qui était, à l’époque, censé éliminer du nazi. Et en parallèle, l’escouade américaine fait son job, à coup de grenades dans les marécages. Normal. Le film s’achemine vers un affrontement final grandiose, à se rouler parterre et bien fichu techniquement, l’aubaine. Encore et toujours des références ciné à gogo – on sent que Tommy Wirkola est un amoureux du cinéma – dont une savoureuse à Gangs of NY. L’épilogue aurait pu faire entrer ce diptyque délirant dans un truc plus conventionnel, de retour à la normal réunificateur et romantique. Il va en jouer. Et le faire si bien qu’on a envie de l’applaudir. Super suite, qui surpasse un premier opus bancal, qui prend du galon sitôt qu’on appréhende le projet dans son intégralité.

Dead Snow (Død snø) – Tommy Wirkola – 2009

17. Dead Snow - Død snø - Tommy Wirkola - 2009Weekend of error.

   5.0   Soit un film d’horreur norvégien, en montagne, où une bande de jeunes branleurs affrontent des zombies, dont la particularité est d’être des anciens nazis. Ouverture classique, à peine lisible, durant laquelle une femme est poursuivie dans la neige par ce qui semble être une horde de morts vivants. Puis, présentation de personnages, six jeunes loups, trois femmes, trois hommes dans des bagnoles séparées, qui se demandent avec quel(le) mec/nana ils vont bien pouvoir coucher durant le weekend. Aucun intérêt. En guise de petit délire avant massacre, un montage clipesque nous les montre en train de faire de la moto neige, une bataille de boule de neige puis un twister – Tu sais le jeu avec les couleurs où forcément, un moment donné, tu finis dans la tête dans le cul d’un adversaire. Un type pas commode débarque alors pour leur raconter une légende selon laquelle ce coin de montagne – où se situe leur chalet paumé – était un ancien port pour cuirassés nazis. On est dans la lignée de Cold Prey et de ces films de genre nordistes qui imitent constamment les amerloques. Celui-ci semble à première vue être celui de trop. Pourtant, un truc hyper important va faire que ça va finalement presque le faire : L’humour. On croit d’abord que le film cherche à faire rire tout en le dissimulant, faire rire mais surtout faire peur. Faire rire tout en faisant son Evil Dead. Il y a cette petite réplique cinéma au début (L’un d’eux est un geeko-cinéphile, forcément) pour faire croire qu’on a digéré les classiques, ensuite le même mec ou un autre, je sais plus, arbore un t-shirt à l’effigie du Braindead de Peter Jackson. Ensuite, il faut se coltiner une pauvre scène de cul (et la fille allumeuse qui sera la première à être punie dans la foulée, évidemment) et une trouvaille ridicule : un trésor enfoui dans un coffre au sous-sol. Pas une situation n’est vraisemblable. Après, quand on mate un film sur des zombies-nazis, logique me direz-vous. Et c’est justement quand ils pointent véritablement le bout de leur nez que le film devient jouissif. D’une part il ne lésine pas sur le gore : Un moment, un type est suspendu dans le vide, en haut d’une falaise, aux viscères d’un zombie. Quand plus tôt, le premier mec se fait arracher le visage, en deux morceaux, comme on coupe un avocat, son pote s’exclame : « On aurait dû partir à Sunny beach » Je crois bien qu’à partir de là j’ai vraiment pris mon pied, je me suis aligné sur ce que le film avait à m’offrir. Et le film est très bizarre car il essaie d’injecter du wtf dans du réalisme. Exemple, le lendemain du massacre du chalet – Après ils se dispersent dans la montagne – ils ont tous les visages maculés de sang séché, façon Carrie, après une nuit de sommeil. Plus ça va, plus le film assume clairement son penchant pour la farce – A l’image de la première exécution nazie puis de l’apparition tonitruante du machiavélique Colonel Herzog. C’est vraiment le film à voir en soirée, entre potes, en sirotant des cervoises.

Saint Amour – Benoît Delépine & Gustave Kervern – 2016

14. Saint Amour - Benoît Delépine & Gustave Kervern - 2016Les vins bouchonnés.

   4.9   Ce fut le cas avec le pourtant très replié sur lui-même Near death experience, dans lequel Michel Houellebecq libérait le film de sa seule présence, je peux retrouver une certaine tendresse pour un film des deux anciens de Groland. S’il n’est pas dénué de qualités, Saint Amour lorgne malheureusement davantage du côté de Mammuth que de Louise Michel. Comme ils n’ont plus rien à raconter ils se reposent sur leurs comédiens – Au moins dans le précédent ils faisaient le pari de filmer une montagne – et une pseudo-ballade narcissico-allégorique. Il y a sensiblement la même problématique que dans certains films de Blier, sauf que dans Calmos ou Les Valseuses (pour citer les deux films qui pourraient, vite fait, ressembler à Saint Amour) il y a un vrai univers, une volonté de surprendre et de voyager, moins de satisfaire le petit œnologue et lecteur Télérama. Car au final, d’un terreau ouvertement anar (Vin + sexe on the road) le film emprunte plutôt les voies du luxe empesé (Son système de rencontres féminines est bien loin de celles envisagées par Jarmusch ou Guiraudie par exemple, nettement plus programmatiques et pas finauds : La dépressive Solène Rigot crache sa désolation dans une chambre où le seul tableau est un portrait du Petit Grégory, la jalouse Ovidie ne demande qu’à baiser, la mélancolique Céline Sallette vogue sur son cheval façon clip de Mylène Farmer) ou du bourgeois de gauche bien dans ses pantoufles. Toutefois, la relation entre Depardieu & Poelvoorde, père et fils, est plutôt bien agencée et choisie, même si le road-movie pour se retrouver dévoile trop bien son minutieux assemblage.

Casual – Saison 1 – Hulu – 2015

15     4.0   C’est une création Hulu réalisée entre autre par Jason Reitman (qui en est aussi le producteur exécutif) et c’est tout à fait dans la lignée de ses films (Thank you for smoking, Juno, In the air – Après j’ai arrêté) que je n’aime déjà pas beaucoup, pour rester poli. La série se suit sans déplaisir mais à trop vouloir afficher la marginalité de ses personnages en pleine crise existentielle au cube (La mère psy en plein divorce, le frère célibataire paumé, l’adolescente trop mûre) il perd de vue leur véritables obsessions et plonge régulièrement dans un cynisme embarrassant ou des folies de scénariste un peu fabriquées, couplé à des dialogues souvent trop écrits. J’étais parti pour enquiller sur la deuxième saison mais finalement je passe mon tour.

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