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Tapie – Netflix – 2023

13. Tapie - Netflix - 2023Tapi dans la lumière.

   8.0   Lors d’un télé crochet qu’il partage avec Polnareff, Tapie, alors aspirant chanteur, est Tapy car ça fait plus américain. Tout le personnage se résume à ce changement de nom, de lettre. Avec Tapie, tout fonctionne sur de l’esbrouffe. C’est un magouilleur de génie. Mais aussi un personnage en contresens, un capitaliste de gauche, un patron qui se revendique prolo. Rien ne sera montré de son enfance. Rien non plus d’après son incarcération. Tout ce qu’on aura se situera dans cet entre-deux fou et passionnant.

     Tristan Séguéla, qui était à la barre de comédies somme toute sympathiques, Docteur ? (avec Michel Blanc) et Un homme heureux (avec Fabrice Luchini) n’était à priori pas le choix le plus évident pour être aux manettes d’une mini-série centrée sur la figure Bernard Tapie. Lui qui est aussi le fils de Jacques, le publicitaire et ami de Tapie, disons que tous les voyants étaient au rouge. Il faut ceci dit mentionner qu’Olivier Demangel co-écrit le projet, lui qui contribua par exemple à Baron noir). En résulte un produit inattendu, hybride, absolument passionnant.

     Quelle superbe surprise ! J’ai trouvé ça formidable de A à Z, sept épisodes durant, et peut-être même davantage au fil des épisodes, la série culminant dans cette demi-heure d’entretien / confrontation entre Tapie & le juge de Montgolfier, d’une puissance inédite. Mais le reste est tout aussi génial et bien que très linéaire dans sa construction, chaque épisode semble raconter une autre facette de Tapie, le jeune arriviste, le délire autour de Cœur assistance, la reprise de Wonder, le ministre, l’OM. La série se concentre là-dessus, rien avant, ni après. Elle fait le choix de ce créneau-là qui est à l’image du reste, un geste fort, incarné évidemment par un Lafitte incroyable, le rôle de sa vie.

La course à la mort de l’an 2000 (Death race 2000) – Paul Bartel – 1976

19. La course à la mort de l'an 2000 - Death race 2000 - Paul Bartel - 1976Road warriors.

   5.5   Dans un futur dystopique, des concurrents participent à une grande course automobile intercontinentale ultramédiatisée à travers les États-Unis au cours de laquelle ils gagnent des points en écrasant des gens : les femmes valent plus de points que les hommes, mais moins que les enfants ou les seniors, pour faire vite. Heureusement, une opération résistante lutte en parallèle contre cette organisation et tente d’éliminer les pilotes.

     C’est une sorte de Rollerball du Z (le film a sa fiche complète sur Nanarland) soit un film d’action produit par Roger Corman, très inégal, barré, mais très malin et subversif aussi, dans sa critique politique et médiatique, à renfort de commentateurs hystériques, blasés ou glamour à gerber. Ici aussi un événement sportif ultra violent sert d’exutoire aux masses, à l’instar des combats de gladiateurs dans la Rome antique.

     Les pilotes sont de parfaits psychopathes : Il y a Frankenstein, le héros national accidenté, aux multiples greffes (qui a semble-t-il survécu au grand carambolage de 1995), incarné par un David Carradine assez emblématique, tout de noir vêtu. Il y a aussi Machine Gun Joe Viterbo, avec mitraillette et cravate rose, incarné par un Stallone ridicule, la gueule continuellement en biais. Il y a aussi Néron, Calamity Jane et bien entendu Mathilda, une néo nazie criant « Blitzkrieg!!! » à chacun de ses forfaits.

     La séquence où des infirmières disposent sur la route des vieux de l’hospice en chaises roulantes, pour « la journée de l’euthanasie », représente assez bien la tonalité satirique du film. On apprend aussi que la France est responsable d’un krach boursier de 1979. Les Français seront donc forcément liés, pour le peuple américain, aux terroristes tentant de saboter la course.

     On y verra souvent brièvement des gros plans de crânes écrabouillés. On y verra des voitures monstrueuses. Et des scènes de course en accéléré. C’est parfois très cartoon. C’est de la bricole. A l’image de cette peinture sur verre représentant le design futuriste de la ville en arrière-plan. C’est aussi ce qu’on apprécie chez Corman (Bartel filme, Corman monte) et ce qu’on attend de lui : un pur film d’exploitation, avec ses plans gores et ses plans nichons. C’est drôle, bourrin, amoral. Je regarderai bientôt la suite, aussi.

Sur la branche – Marie Garel-Weiss – 2023

22. Sur la branche - Marie Garel-Weiss - 2023« L’impression de tricoter un pull avec des pâtes »

   4.0   Mimi, une jeune avocate ayant une maladie psychiatrique tente de reprendre confiance en elle auprès d’un avocat radié du barreau en s’investissant dans la défense de Christophe, un petit arnaqueur qui clame son innocence. C’est une toute petite chose, loufoque, barrée, absurde, complètement terne dans sa mise en scène vue et revue. C’est un peu le problème de ces comédies franco-belge qui revendiquent leur folie par chacun de leurs personnages mais qui ne brillent pas par leur singularité formelle, tant la réalisation ici n’a elle aucun petit grain de folie ou d’originalité. Ce n’est certes jamais désagréable en grande partie grâce à son casting : c’est toujours chouette de voir Agnès Jaoui et Benoît Poelvoorde et surtout, surtout de voir les deux comédiens montants, à savoir Daphnée Patakia (qu’on a vu dans Benedetta mais aussi dans la série Ovnis où elle y campe un rôle un peu trop similaire) et Raphaël Quenard, en retrait mais déjà fidèle à lui-même.

Une année difficile – Eric Toledano & Olivier Nakache – 2023

06. Une année difficile - Eric Toledano & Olivier Nakache - 2023La crise à mille temps.

   4.0   Au petit programme Nakache & Toledano cette fois : le surendettement et l’écologie. On y suit Albert et Bruno, surendettés, qui s’engagent par hasard dans l’association Objectif Terre (inspiré d’Extinction Rébellion) qui organise des actions contre la surconsommation et le désencombrement. Même s’ils sont plus attirés par les chips et bières gratos, Poussin & Lexo participeront activement au mouvement, aussi pour les beaux yeux de Cactus. Le film commence fort : L’ouverture sur les vœux des présidents de la cinquième république. S’ensuit une géniale séquence de Black Friday, on dirait quasiment du Moullet. La première demi-heure est très chouette, rythmée, drôle puis le film s’éteint peu à peu. S’il ne sombre pas c’est en grande partie grâce à son trio de comédiens. L’association Cohen / Marmaï fonctionne et malgré un rôle limité (le fait qu’elle reste dupe de leur malhonnêteté c’est vraiment un problème) la lumineuse Noémie Merlant apporte sa fraîcheur habituelle. La romcom épouvantable qui se crée brise l’élan ambigu qui s’installait. La fin en plein confinement covid est franchement embarrassante. On est loin de Hors norme qui était bien plus engagé, passionnant et fort. Là c’est la lignée de Samba : Ça m’a semblé tout aussi laborieux.

Dix jours encore sans maman – Ludovic Bernard – 2023

17. Dix jours encore sans maman - Ludovic Bernard - 2023Maman j’ai raté la station.

   2.0   Ludovic Bernard (qui rappelons-le est un ancien assistant du gros Besson et coupable aussi de certains épisodes de Lupin) retrouve la neige de L’ascension mais le niveau de cinéma du premier volet, Dix jours sans maman, qui avait été couronné d’un petit succès peu avant la pandémie. Mais il n’y a même plus le charme de la comédie de remariage. Il n’y a plus rien, zéro crédibilité, à tel point que la famille (sans maman) hérite, par l’intermédiaire d’un beau-frère, de la plus belle suite de la station. C’est vrai que ça doit être vachement dur. Alors c’est affreux, d’une part car il y a dedans les enfants les plus insupportables de l’univers, d’autre part car tout y est exagéré et hystérique en permanence. On y retrouve les tares habituelles : La traditionnelle scène clipesque en musique, des stock-shot transitionnels toutes les cinq minutes et des gags vus et revus sur le ski (La blague du chocolat chaud à 17 euros, le forfait qui passe pas, la chute à l’arrivée du télésiège… et j’en passe) ou des gags de bébés avec pipi, caca et vomi. C’est une comédie familiale (où tout est bien qui finit bien) certes mais avec parfois des scènes soit sans intérêt pour les mômes soit qui reposent sur des vannes sous la ceinture. Alors on s’amuse à lister ses petites références que le film se gargarise de placarder : Des personnages qui citent Cary Grant ou Liaisons secrètes. Un film qui reprend des scènes de Maman j’ai raté l’avion (son modèle absolu) ou Terminator ou Camping ou une double référence à Shining, c’est éclectique. Sans oublier la citation de Grospiron (qui passera même une tête à la fin) puis Jean Claude Dusse, avec des gens qui connaissent pas en face, symbolisant parfaitement ce que pense le film de son propre public. À noter que c’est tourné à Courchevel mais je n’ai rien reconnu tellement c’est filmé avec le cul.

Bad boys – Michael Bay – 1995

16. Bad boys - Michael Bay - 1995Boom boom boom.

   4.0   Réhabilitant Michael Bay de film en film (Six underground puis Ambulance) – j’ai une fascination, j’avoue, pour la savante fabrication de ses plans qui ne dure pourtant pas plus d’une seconde, à l’heure où tous les plans des blockbusters s’annulent les uns les autres, c’est vivifiant – j’ai aussi envie de revoir ceux que j’avais jadis subis. Bad boys faisait partie de ceux-là. Bad boys, le tout premier film de Michael Bay. Alors c’est moins nul que dans mon souvenir, mais c’est quand même mal fichu et désuet : un actionner construit sur une rafale de micro-saynètes, avec déjà des idées de plans impossibles mais sans rythme ni découpage pensé. On songe à du Tony Scott, punchlines comprises, moins la virtuosité narrative (franchement c’est quasi le néant, du pur remplissage sans intérêt). C’est même très sage, d’un point de vue pyrotechnique : j’espère que la suite (jamais vue) me vengera sur ce point-là. Mais surtout ce n’est jamais drôle. Ou ça ne l’est plus : je pense que le film a globalement autant (mal) vieilli que sa bande originale Rap/RNB. Reste cet étrange duo de post stand-up qui évoque par instant celui de L’arme fatale mais Lowrey & Burnett n’arrivent pas une seconde à la cheville de Ricks & Murtaugh, en grande partie car le sous-jeu de Will Smith couplé au cabotinage de Martin Lawrence ne se nourrissent pas très bien.

La passagère – Héloïse Pelloquet – 2022

15. La passagère - Héloïse Pelloquet - 2022La fille de l’eau.

   5.0   J’ai trouvé ça vraiment pas mal, pour un premier long métrage. Mais La passagère a quand même le cul entre trois chaises – son personnage aussi, du coup. C’est à la fois un récit d’émancipation, une liaison may-december et l’histoire d’un couple de son bonheur à sa séparation. Mais ces « trois films » semblent ici brouillons et/ou incomplets. En priorité, le film ne creuse malheureusement pas la relation conjugale. C’est dommage car ce à quoi je crois le plus concerne cette relation, très belle aux extrémités du film : les dix premières minutes (le quotidien du couple, au travail et dans l’intimité) et les cinq dernières. Le reste j’y crois moins. Cette attirance / liaison / passion avec l’apprenti (Felix Lefebvre croisé dans Été 85) est beaucoup trop artificielle, trop écrite. Au même titre que le brutal rejet de la communauté noirmoutrine. Mais le film se déroule sur l’île de Noirmoutier, donc (ou sur une île environnante) dans le milieu des marins pêcheurs. C’est assez original et suffisant pour m’intéresser du seul point de vue ethnographique. A part ça, Cécile de France y est très bien, comme d’habitude.

Morbius – Daniel Espinosa – 2022

13. Morbius - Daniel Espinosa - 2022Fin du game.

    1.0   C’est quoi cette horreur ? Alors je reconnais que la simple curiosité de voir ces films (DCEU, MCU, SV… AU SECOURS) m’est complètement passé depuis quelques temps. Je n’allais déjà pas les voir en salle (à l’exception d’Avengers, Endgame) mais j’étais toujours curieux de les regarder chez moi malgré tout. Plus maintenant. Et quand je tombe sur ce bouzin de Morbius je comprends. J’ai juste cru comprendre que c’était donc la naissance de l’ennemi de Spiderman. Super. Le reste, aucun intérêt. Pas une idée de cinéma. Pas un plan à retenir. Pas un personnage intéressant. Pas une ligne d’écriture stimulante. C’est le néant complet. Mais un tel néant qui force le respect. C’est même pas catastrophique. C’est vide, c’est plat. Ça ressemble à mille merdes déjà vu. Une copie de copie de copie. Horrible.

Maison de retraite – Thomas Gilou – 2022

07. Maison de retraite - Thomas Gilou - 2022Bande de vieux.

   4.0   Bien qu’on ait du mal à accepter la prise de conscience du personnage incarné par Kev Adams (par ailleurs moins nul que d’habitude) qui était un petit voyou, feignant, profiteur et détestant les vieux, qui deviendra courageux, sera leur sauveur, le chef de révolte contre la maltraitance / abus de faiblesse d’un ehpad hors-la-loi, le film est moins désagréable que ce à quoi je m’attendais. Rien ne fonctionne avec Kev Adams, de toute façon, mais il est ici bien entouré par une bande de vieux (Lilian Rovère, Firmine Richard, Mylène Demongeot, Daniel Prévost, Marthe Vilalonga, Jean-Luc Bideau, Gérard Depardieu) formant un septuor attachant. C’est évidemment plus familial que satirique mais le film soulève tout de même le problème des maisons de retraite. Après, ça reste lourd. Aussi bien ses nombreux running gags que le moindre de ses dialogues. Le film se clôt d’ailleurs sur une citation de Groucho Marx « Dans chaque vieux il y a un jeune qui se demande ce qui s’est passé » (sic) qui a déjà été placé dans une réplique un peu plus tôt. Bref, c’est un téléfilm, très banal, pas honteux, avec une réalisation transparente, tournée dans des décors de feuilletons TF1.

L’Au-delà (E tu vivrai nel terrore, l’aldilà) – Lucio Fulci – 1981

04. L'Au-delà - E tu vivrai nel terrore, l'aldilà - Lucio Fulci - 1981Le secret derrière la porte 36.

   6.0   Des visions magnifiques, d’autres grotesques. Plus je découvre Lucio Fulci plus je vois un cinéma sur la corde, qui ne me convainc pas complètement (à l’exception de L’enfer des zombies) mais qui génère du plan, des idées, des ambiances tranchées à l’image de cette ouverture en sépia dans le bayou de la Nouvelle Orléans où l’on y lynche un homme accusé de sorcellerie, avant de le crucifier et de le défigurer à la chaux vive.

     Le lieu en question, un hôtel en ruines, sera le théâtre d’événements inexpliqués soixante ans plus tard, faisant ressurgir un tableau représentant les sept portes de l’enfer, à renfort de monstres et de zombies dans un rythme volontiers somnambulique. Les enchaînements sont comme l’interprétation globale ou la gestion de l’intrigue, pas très fins ni heureux, mais d’une telle vitalité et générosité dans son esthétique de la putréfaction que le film s’avère aussi impressionnant que son film précédent, Frayeurs.

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