Page d'archive 359

Une famille brésilienne (Linha de passe) – Walter Salles – 2009

Une famille brésilienne (Linha de passe) - Walter Salles - 2009 dans Walter Salles linha-de-passe

   4.5   La petite famille que Walter Salles nous présente a en commun que chacun caresse un rêve intime. Quatre garçons, quatre frères. L’un voudrait être le nouveau Ronaldinho et se présente à chaque test de recrutement de footballeurs espoirs mais voit malheureusement ses 18ans – âge limite pour y participer – approchés à grand pas. Un autre vit une relation intime avec dieu, participe aux groupes d’évangélistes mais caresse le plaisir de se taper la nana de son frère. Cet autre frère justement, vit pour faire vivre sa copine et son fils, de larcins en tout genre au volant de sa moto. Et le plus jeune, n’a d’autres ambitions que de conduire un bus, dans lequel il se retrouve chaque matin pour aller à l’école. Au centre : la maman, enceinte jusqu’aux dents, fervente supportrice des Corrintians, qui peine à joindre les bouts…

     Le sujet est maintes fois rebattu. La forme quant à elle est très stylisée, presque clippesque parfois, surfant avant tout sur l’effet du surlignage, passant d’un personnage à l’autre de manière très rapide, ne prenant jamais le temps de se poser, ne prenant jamais le temps d’étudier chacun en profondeur. En ce sens le film est très proche, techniquement parlant, du dernier film de Boyle, Slumdog Millionnaire. Et d’un autre côté, à l’instar de ce dernier cité, Linha de passe est doté d’une dynamique très forte. Si l’émotion donc peine à transparaître il y a tout de même quelque chose qui attrape, qui saisit le spectateur, un peu à la manière d’un film d’action social. Il est donc plutôt attachant, très prévisible certes, mais doté de personnages qui sont loin d’être mauvais acteurs en plus.

Les Parapluies de Cherbourg – Jacques Demy – 1964

les-parapluies-de-cherbourgCritique de la séparation.

   10.0   En fin de compte très peu de cinéastes français, durant les années 60, évoquaient la guerre d’Algérie dans leurs films (si, Godard, Rozier bien entendu). Frontalement ou non d’ailleurs. C’est bien entendu la toile de fond de celui de Demy, même si le véritable thème abordé est l’absence, la dégénérescence du couple par le temps.

     Geneviève et Guy sont jeunes mais ils s’aiment et rien ne semble pourvoir se mettre en travers de leur amour. Elle travaille au magasin de sa mère ‘les parapluies de Cherbourg’. Il travaille comme garagiste pas si loin. Le soir ils se retrouvent, feignent les sorties théâtres et se baladent le long des quais cherbourgeois pour vivre leur passion, imaginer la vie à deux, s’en aller. Finalement, vient le temps où tout déraille. De son côté il est appelé pour deux ans de régiment. Tandis que la mère de la jeune femme lui fait savoir que les comptes sont au plus mal, et le jour où elle va pour vendre une bague qui lui est cher, elle fait la rencontre d’un type très riche, tombé sous le charme de Geneviève qui serait sans doute une parfaite porte de sortie à toute cette galère financière.

     Le départ, l’absence, le retour. Trois titres de parties funestes, qui apparaissent tels des coups de massue. Et cette dernière séquence où le décor est planté : Décembre 1963, on sait dès lors que cinq ans sont passés. Il neige, annonciateur d’une fin brumeuse, délicate, sensible. Une station service, celle que Geneviève et Guy avaient pour dessein dans leurs discussions amoureuses sans fin. Chacun est marié, chacun a son enfant. Elle lui demandera s’il veut voir Françoise, sa fille tout de même. Il refusera. Rien ne sera plus échangé. Elle repartira. Il restera là, sous la neige et accueillera sa petite famille. Dans le premier plan du film on apercevait six parapluies, quatre grands, deux petits. Un début de film qui annonce l’une des fins les plus fortes, tristes du cinéma, sans pour autant qu’elle soit funeste. Juste que le couple qui faisait un ne fera plus jamais que deux.

     Il y a quelque chose au départ qui pourra en gêner certains, quelque chose comme un détachement. Entre la légèreté du traitement, et la gravité de la situation. Tout est chanté. La vie semble même être chantée après. Comme si le parlé était dépourvu de tout rythme, de toute poésie, de toute vérité. Chaque musique est un thème. On semble y percevoir celui de la tristesse ou de la fatalité, celui de l’amour, celui de la colère. Selon moi c’est une grande force. Car c’est lui aussi qui guide nos émotions, mais je suis intimement persuadé que l’on peut ne pas être touché par les parapluies de Cherbourg. Et c’est très certainement d’une grande prétention, mais je pense aussi sincèrement qu’il est impossible de recevoir une émotion aussi pleine si l’on n’a pas vécu l’absence, d’une manière générale. Si l’on n’a pas vécu l’absence sous n’importe quelle forme. Si l’on n’a pas ressenti cette impression de crever d’amour. Jacques Demy disait : Les Parapluies de Cherbourg est un film contre la guerre, contre l’absence, contre tout ce que l’on déteste et qui brise un bonheur… Oui, les Parapluies de Cherbourg est un film sur l’absence, mais aussi sur le cruel pouvoir du temps, qui efface, qui invite à l’oubli.

     C’est simple, je suis sorti complètement terrassé, anéanti et aussi bouleversé. Jamais je n’avais eu autant le cafard après un film, longtemps après le film. Mais c’est une trace indélébile qui restera, une trace optimiste même. D’une part parce qu’il me fait prendre davantage conscience de la valeur du présent, d’autre part parce qu’il m’invite à aimer, à aimer davantage, à profiter de cet amour. Le cafard oui. Mais l’espoir aussi… Je le voyais pour la seconde fois. Ce fut comme une redécouverte. Et c’est devenu ‘notre film’ avec ma très chère, tant il a éveillé en nous des sentiments intenses.

Les damnés (The Damned) – Joseph Losey – 1963

Les damnés (The Damned) - Joseph Losey - 1963 dans Joseph Losey losey_thesearethedamned

Deux en un.

   6.0   Ce qui s’apparente dans un premier temps à un film d’anticipation, sur la jeunesse, la violence, proche dans ce qu’il montre, d’un Mad Max, d’un Class 84, d’un Orange Mécanique même, vire de bord d’un seul coup pour nous plonger dans un pur film de SF, tendance Village des damnés, avec des enfants toujours, des enfants étranges, que certains considèrent même comme des zombies, des enfants qui sont la conséquence de radiations. Je ne préfère pas en dire davantage, j’en ai déjà trop dit. Je ne pense pas que ce soit un très bon film dans le fond. Niveau mise en scène il n’y a rien de très emballant et le film ne pousse peut-être pas assez loin la question. Mais quoi qu’il en soit un film qui se divise en deux parties si distinctes c’est la première fois que je vois ça. Du coup ça lui offre un cachet particulier, quelque chose d’unique en son genre qui n’est pas négligeable.

24 City – Jia Zhang-Ke – 2009

24 City - Jia Zhang-Ke - 2009 dans Jia Zhang-Ke article_9---24city

   5.5   Sentiment mitigé puisque d’un côté je m’y ennuie un peu, pas au sens où ce n’est pas intéressant, mais au sens où sa richesse me bloque parfois, ses citations, ses monologues de souvenirs, je ne capte pas tout. Je vois de nombreuses histoires – toutes ayant comme point commun cette usine – dont certaines me touchent et m’emportent, d’autres moins. Je reste même, quelquefois, complètement sur la touche.

     Mais lorsque l’attachement au personnage a pris fin momentanément, Jia Zhang-Ke fait du cinéma – au sens « plan » – absolument fabuleux. Les vues générales de la ville, des ruines, de l’intérieur de l’usine sont magnifiques. Parfois même, le temps de deux séquences, dont celle final, la musique choisie rappelle Millennium Mambo. Comme quoi on peut aussi faire un film sensitif et bavard en même temps. Quoiqu’il en soit, ce fut très intéressant, mais ça ne m’a pas vraiment secoué.

Faces – John Cassavetes – 1968

Faces - John Cassavetes - 1968 dans * 730 Faces01

     9.0   Shadows avait bousculé l’avenir du cinéma américain. En 1958 Cassavetes avait pondu ce qui peut se rapprocher de la nouvelle vague française, un truc super réaliste, très musical, en décors naturels, en grande partie improvisée. Avec Faces, dix ans plus tard, il persévère. Cette fois tout semble joué, mais l’on imagine qu’il doit y avoir une grande liberté dans l’interprétation. Quelque part j’ai beaucoup pensé à La Dolce Vita de Fellini, et cette fameuse séquence de soirée festive décadente, avec streep tease et alcool à la clé. On se croirait rendu dans un faux docu tant la caméra saisie toutes les émotions et les acteurs sont épatants de vérité. Cassavetes innove dans chaque plan et propose un truc complètement fou, plein de fous rires, de cris, de fureur, de blagues, de dialogues cousus, de dialogues décousus, de grimaces, de bagarres… sa caméra bouge sans cesse, il suit les personnages, il fait des plans en amorces remarquables, de gros plans visages, très peu de plans lointains puisque son film est entièrement en intérieur. Seul le dernier plan, apparaissant comme le constat d’une fin, d’une fatigue (Le mari et la femme dans un dos à dos décalé dans les escaliers), d’un éternel recommencement, est une vue globale qui nous permet de respirer.

     Chez Cassavetes, devant comme derrière l’écran, si tant est que l’on y soit happé, on transpire beaucoup. Davantage que chez Scorsese, qui d’ailleurs on le remarque très vite, lui a tout piqué. Le cinéaste n’hésite pas à faire durer la séquence, pas le plan, mais ce qui se passe dans les plans. Un dialogue peut donc durer un quart d’heure, à l’image de celui où la jeune femme invite chez elle des amis rencontrés dans le bar, on est dans l’instant avec eux, le temps semble se dérouler dans la réalité. Faces est d’ailleurs incroyable dans sa durée. Probablement que le film s’achemine sur une ou deux journées, où l’on voit la distension d’un couple, le mari d’abord et la femme ensuite. Des virées nocturnes, entrecoupés de deux scènes sublimes, de musique dans un pub, tout simplement hallucinantes.

     Cassavetes comme Bergman, utilise l’ellipse. Elle est bien plus longue chez le cinéaste suédois bien entendu. Mais tous deux s’attachent davantage à la puissance d’une séquence plutôt qu’à la puissance du temps. Dans Scènes de la vie conjugale, on voit ce couple se désagréger de la même manière, par bribes, par moments, même si chez Bergman on est dans l’intimité du couple constamment. Chez Cassavetes c’est l’extérieur qui semble menaçant. Gena Rowlands (sublime vraiment, j’en avais des frissons) pour John Marley, Seymour Cassel pour Lynn Marlin. Quoiqu’il en soit c’est la scission d’un couple. Un couple en crise, qui malgré tout, et on peut le voir dans les deux films, passe aussi de très bons moments entre eux.

 

     Faces est l’un des films les plus modernes, les plus visionnaires que j’ai pu voir. Tout y est vrai dedans et les interprètes qui n’en font jamais trop sont justes et touchants. Et je ne parle pas de la musique. Contrairement à Shadows elle est ici très peu présente, mais pour le peu, elle est sublime. Et les images dans le bar sont les plus belles du film. Chef-d’œuvre instantané !

Harvey Milk (Milk) – Gus Van Sant – 2009

Harvey Milk (Milk) - Gus Van Sant - 2009 dans Gus Van Sant harvey-milk-scene_44

Gay rights now !    

   6.0   Gus Van Sant a su se débarrasser de tout ce qui encombre le Biopic de manière générale à savoir la caricature et le besoin de traiter de la vie personnelle du héros. Sean Penn ne surjoue pas, il joue juste. Et il est bien question de son engagement dans la politique à cet Harvey Milk. Jamais ou très rarement, mais toujours pour mettre au service cette cause, on nous présente les petits malheurs personnels du personnage. Le film va encore plus loin qu’on l’aurait imaginé, il pousse cette barrière qui bloquerait à un traitement unique. Il traite non pas seulement de la discrimination sexuelle mais bien aussi de toutes autres formes de discrimination. Ce sont les enjeux humains quel qu’ils soient qui sont de mises. Ce qui en fait un beau film politique actuel. Gus Van Sant peut donc passer d’un cinéma populaire, disons qui touchera à un plus grand public (Will Hunting, Milk) à d’autres films plus expérimentaux (Gerry, Elephant…) il n’en demeure pas moins excellent à tout les coups parce que la poésie existe à chaque fois. Il prouve une fois de plus qu’il fait toujours partie du paysage. Même si ça reste trop propre pour du Van Sant.

L’attente des femmes (Kvinnors väntan) – Ingmar Bergman – 1952

L'attente des femmes (Kvinnors väntan) - Ingmar Bergman - 1952 dans Ingmar Bergman 1485141

     6.4   Quatre femmes attendent le retour de leurs hommes, dans une maison de campagne et vont se confier l’une après l’autre un secret de leur intimité. Le récit d’un accouchement, entrecoupé de souvenirs d’amour. Une histoire d’amour passionnelle dans le dos d’un mari. Un moment très drôle entre un couple qui se découvrent vraiment le temps d’une nuit passée dans un ascenseur.

     Bergman utilise un procédé qu’il affectionne : celui du « flashback géant » d’images de la mémoire. Et encore plus fort que d’habitude : il arrive même à montrer le souvenir d’une femme, qui durant un moment douloureux de sa vie se souvient de ses rencontres amoureuses. Le souvenir dans le souvenir. Passionnant!

Les Fraises sauvages (Smultronstället) – Ingmar Bergman – 1959

18918533.jpg-r_1280_720-f_jpg-q_x-xxyxx     8.0   Les obsessions bergmaniennes sont plus que présentes ici : la mort, la jeunesse, la vitesse du temps, le fait d’être en accord avec soi même quand l’heure est venue. Isaac Borg (mêmes initiales que le réalisateur) est au crépuscule de sa vie. Comment le savoir ? Son âge évidemment avancé d’une part, et ce pourquoi il fait ce voyage d’autre part, à savoir qu’il s’apprête à faire son jubilé. Et ce n’est pas un road-movie quelconque. Non. C’est le voyage d’un homme, très souvent dans ses souvenirs, parfois dans son imagination, qui l’amène à un repentir personnel envers des actes qu’il n’a jamais digéré, qui l’ont hantés longtemps.

     Si le film avait été réalisé trente ans plus tard on aurait d’emblée compris son obsession, en se mettant directement dans la peau de cet homme. Or ici, et par extension, on peut penser qu’il s’agit de son père. Le père d’Ingmar Bergman. Et il lui offre les mêmes initiales que lui pour enfin comprendre la personnalité de son paternel. Il l’observe, l’admire et lui pardonne. Car c’est bien sur un film sur la mort, mais aussi sur le pardon, d’un fils à son père.

     Les Fraises sauvages ce sont ces souvenirs d’enfances, et cette relation – premier amour ? – qui n’aboutira jamais, contrasté par cette dure réalité : l’approche de la fin. Car le temps, lui, s’écoule.

Alpha Dog – Nick Cassavetes – 2007

Alpha Dog - Nick Cassavetes - 2007 dans Nick Cassavetes h_9_ill_888292_alphadog

     3.5   C’est pas terrible. Disons que le film se base uniquement sur une démonstration de force qui consiste à montrer une jeunesse en décadence, qui n’a plus de repers, qui fume, qui piccole, qui parle mal parce que les parents derrière ne suivent pas. Ce thème c’est souvent Larry Clark qui le met en scène. Sauf que lui s’en sort bien mieux parce qu’il arrive à atteindre une certaine émotion, qui n’est jamais présente ici, sa critique sociale est amer, le rythme est trépidant, et ses films ne ressemblent à aucun autre. Ici on ne sait jamais où Nick Cassavetes veut en venir. Ses personnages sont horripilants. Timberlake ne joue pas, il est Justin Timberlake. Emile Hirsh est une véritable endive. Et les filles sont toutes sans exception des sal.opes écervelées.

      Le film explique tout aussi. A chaque séquence dans le film où un nouveau perso apparaît, il y a écrit ce qu’il advient dans l’histoire au final (exemple : suspect n°3… témoin n°22…) par conséquent il n’y a pas beaucoup de surprise, on sait où le film nous emmène. Une fois qu’il nous y a emmené Nick Cassavetes fait son Clark en puissance, en copiant quasi ouvertement Bully. La différence de talent s’en ressent. Là où dans celui de Clark la séquence finale est une véritable claque dans la tronche rythmée par Fatboy Slim, dans Alpha Dog l’espèce de clip final ne fonctionne que pour nous dire combien de prison écope machin, s’il est condamné à perpette ou à mort.

     Mais en fin de compte, il y a au moins l’idée que c’est pas bien le kidnapping, le meurtre etc… pas parce qu’une telle expérience peut nous faire devenir parano et taré (ça c’est Bully) mais surtout parce que la justice aux States est intransigeante et efficace (ça c’est Alpha Dog)! Grâce à « Interpol » impossible de fuir! Mais on s’en tape, mince à la fin…

Vers la joie (Till Glädje) – Ingmar Bergman – 1949

Vers la joie (Till Glädje) - Ingmar Bergman - 1949 dans Ingmar Bergman 479b2a27107a0-1ajpg

   7.5   C’est toujours un plaisir de découvrir un film du grand cinéaste suédois. Même si certains sont moins forts, moins bons que d’autres, ils n’en demeurent pas moins intéressants, à chaque fois.

     Sur le papier, Vers la joie est un de ses films mineurs. Evidemment si on le place aux côtés de Monika, les fraises sauvages, scènes de la vie conjugale, trois films auquels il se rapproche un peu, on serait tenté d’y voir un petit film. Sauf que c’est un film bien unique. D’une part il est réalisé avant les films suscités, puis il a son atmosphère. C’est déjà un énorme flashback qui dure tout le film, sa musique puisque le thème ici c’est la musique étant donné qu’il s’agit d’un couple de violonistes, leur rencontre au conservatoire, et la mort accidentelle de la dernière pendant que le mari est en représentation de la 9e de Beethoven.

     Le film commence comme cela. On apprend la mort de cette femme. L’homme est effondré, il s’interrompt, on imagine qu’il ne rejouera pas. Et c’est sans doute dans sa tête, dans ses pensées que l’on va découvrir la vie de ces deux personnes. Bergman aurait pu tirer vers le gros mélo en présentant un couple très soudé séparé par un destin injuste, c’eut été très hollywoodien en fin de compte dans ce cas là. Mais bien entendu, cette vie conjugale, bientôt parentale n’est pas dénué de péripéties douloureuses. C’est une peinture du couple magnifique, avec deux grands acteurs, qui nous offre l’un des plus beaux finals bergmanien, musical et émouvant. J’en avais des frissons…

1...357358359360361...366

Catégories

Archives

février 2024
L Ma Me J V S D
« jan    
 1234
567891011
12131415161718
19202122232425
26272829  

Auteur:

silencio


shaolin13 |
Silyvor Movie |
PHILIPPE PINSON - ... |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Playboy Communiste
| STREAMINGRATOX
| lemysteredelamaisonblanche