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Braqueurs – Julien Leclercq – 2016

30Le coup était presque parfait.

   4.0   On est dans le film de braquages classique de chez classique. Et dans le film hommage, tant il semble de plus en plus évident que Leclercq n’a rien mangé d’autre que du Mann ou du Melville – Sami Bouajila ici est un quasi copié-collé de Delon dans Le samouraï. Ceci dit, et à l’instar de Gibraltar, le film n’est pas désagréable. Il est plus ramassé aussi. Il y a d’abord une affaire de braquage de fourgon de passeports vierges, qui se déroule sans encombres jusqu’à une faute ultérieure de l’un de ses membres. Puis le braquage d’un Go-fast pour le compte de caïds qui les menacent de s’attaquer à leurs familles respectives. C’est à la fois très chiadé et ultra éculé. Mais on ne s’ennuie pas, d’autant que le film ne dure qu’1h17, générique compris.

Louis-Ferdinand Céline – Emmanuel Bourdieu – 2016

A146R6WTAgités du bocal.

   2.2   Qu’Emmanuel Bourdieu (Dont j’avais adoré Les amitiés maléfiques, il y a dix ans) oublie de faire de Céline un génie littéraire (On le voit tout juste griffonné quelques lignes courtes par-ci par-là) mas n’omet pas sa face sombre antisémite, c’est une chose. Il y a forcément un déséquilibre puisqu’on a la sensation deux heures durant qu’il nous parle d’un pauvre type, d’un escroc. Mais tout cela fait partie du projet, que l’on retrouve jusque dans le sous-titre du film : Deux clowns pour une catastrophe. En adaptant l’ouvrage de Milton Hindus, ce jeune universitaire juif qui rencontre l’auteur (qu’il admire d’abord, avant d’en être répugné) peu après la guerre, le film a tout du pamphlet anti-Céline. Le film rencontre d’autres problèmes qui ont moins à voir avec sa dimension éthique, c’est que formellement ce pamphlet est morne, statique, grisâtre : Succession de petites scènes hyper gênantes accompagnés non-stop d’une musique lénifiante. On est dans les codes lourds du téléfilm. Jusque dans l’interprétation : Si Géraldine Pailhas est celle qui s’en tire le mieux en Lucette, le jeune qui joue Hindus est inexistant et Lavant, en Céline, et son jeu outré, vulgaire, caricatural, nous refait un Monsieur Merde sans substance. Pas grand-chose à sauver, en fait.

The Walking Dead – Saison 7 – AMC – 2017

08. The Walking Dead - Saison 7 - AMC - 2017Triste sort.

   4.5   Prise dans l’ensemble de ses seize épisodes, c’est une saison ratée, qui aura comme je le craignais payé sa puissante entrée en matière, n’ayant pu s’en servir de tremplin vers le chaos et la noirceur terrible qu’elle convoitait et que les bouquins avaient davantage su capter.

     Quelques éclats épars – ou épisodes moins bavards, dont on ne sait pas bien par quel miracle ils tiennent – nous auront sorti de notre torpeur à l’image de l’épisode Tara découvrant la communauté de la plage ou celui sur Morgan, et le cruel melon manquant. On peut d’ailleurs noter que la série est quasi systématiquement meilleure sitôt qu’elle s’extraie des lignes et planches des comics. Au jeu des comparaisons, elle accuse vraiment le coup. De plus en plus.

     C’est surtout qu’il y a un déséquilibre d’un épisode à l’autre, la série a pris l’habitude de faire des épisodes « centric mais pas trop » et ça ne prend pas vraiment. Celui sur Rick/Michonne (avec la biche, dans la fête foraine) est nul alors qu’il a tout pour être top, rappelant les épisodes « Sur la route » de la saison 4. Le 14 non plus ne fonctionne pas. Pourtant s’intéresser à Sacha/Rosita ramenait la tentative girl power sur le devant de la scène, mais c’est mou, hyper balisé et puis cette fin, sacrificielle, c’est n’importe quoi.

     Mais entre ceux deux épisodes médiocres, il y a celui avec Morgan, que j’ai trouvé très beau, brillamment construit déjà et surtout parce qu’il n’existe pas pour combler nos attentes, il essaie autre chose. Après c’est TWD ça a toujours été plus ou moins comme ça, mais j’ai l’impression que cette saison paie les chevaux lâchés sur le premier. Cette ouverture aurait dû faire des petits, s’engouffrer dans une atmosphère plus noire encore, irrespirable, gore. Sauf qu’on a vite retrouvé la petite promenade de santé.

     L’ultime épisode de cette saison contenait, sur le papier, tout du sauvetage in-extrémis. Celui qui aurait permis de dire que The Walking Dead nous aura offert cette année un opus en demi-teinte, au moyen d’une sortie idéale en miroir de l’épisode d’ouverture. Raté. Il est noircit par une construction approximative (flashbacks pseudo-prémonitoires nullissimes), des rebondissements grotesques et des invraisemblances rédhibitoires – L’arrivée opportune du Royaume et du tigre est risible à souhait. Honteux. Presque aussi honteux que l’incrustation numérique de la biche bien dégueulasse dans l’épisode forain Rick/Michonne.

     Si l’on reste attaché au show c’est uniquement parce qu’on a passé sept saisons en compagnie de la majeure partie de ces personnages. Au passage, depuis quand n’avons-nous pas tremblé pour un nouvel entrant ? Je misais beaucoup sur Jésus mais même pas, il ne sert à rien. La coupe n’est donc pas loin d’être pleine.

      La tant attendue nouvelle ère Negan a fait chou blanc. L’apparition des nouveaux groupes aussi. La série a péché par suffisance, capitalisant sur le massacre de deux de ses éléments moteurs et d’un troisième au finish, qu’on attendait si l’on est familier des livres (Même si ce n’est pas le même personnage, tout se déroule exactement de la même manière) qui trouve le moyen, en changeant la donne mais pas trop (L’idée du cercueil et du sacrifice débile) de s’avérer vain sinon pour préparer la guerre totale, qu’on aurait bien aimé voir se lancer durant la saison 7.

     Lorsqu’à la toute fin, les sauveurs, canardés de partout, quittent Alexandria, Negan nous gratifie d’un doigt d’honneur ridicule. Je ne savais plus s’il était destiné à Rick ou à nous, spectateurs. Bref, j’étais confiant en fin de saison précédente mais là je ne la sens plus du tout cette affaire. Je crois même avoir préféré la saison 2 de Fear the walking dead, c’est dire.

Five – Igor Gotesman – 2016

03. Five - Igor Gotesman - 2016Drogue molle.

   3.9   Soit une version trentenaire des Petits mouchoirs. Si le Canet était un beau petit produit sarkozyste, Five peut être vu comme le parfait film Macron : Poujado mais bien rythmé, thuné mais sympa, émouvant guimauve mais drôle cracra. Un film qui mange donc à tous les râteliers. Un truc de jeunes mais de droite qui se revendique cool, cultivée, auteur, Apatow-like, film-sitcom ultime et j’en passe, mais qui aligne les lieux communs, rebondissements embarrassants, vannes condescendantes, et utilise des trucs ni fait ni à faire à l’image de cette voix off frisson de la honte ou de la séquence en filmage subjectif dans la peau d’un chien, d’une morale globale franchement gerbante (L’amitié et la thune font bon ménage) et d’un déséquilibre total dans la gestion de son groupe sur le devant de la scène. Si j’aime les films de groupe, comme La vie au ranch, c’est justement parce que le film traite le groupe, tous sur le même pied d’égalité ou presque, sans pour autant que certaines entités soient interchangeables, chacun a ses aspérités, son caractère. C’est forcément dur à faire, mais c’est possible, même dans l’éclatement : Vincent, François, Paul et les autres. Pour ne citer que celui-ci. Là on est davantage dans un truc à la Radiostars, mais en plus passe-partout, avec une banale histoire de drogue puisque celui qui permettait au groupe de tenir dans un luxueux appartement (Grâce au blé que lui filait son père tant qu’il le croyait en fac de médecine) va se lancer dans un trafic de trop grande ampleur pour lui. Le problème c’est qu’Igor Gotesman zappe les 3/5e de son groupe (lui compris, puisqu’il campe l’un d’eux) tant on se fiche carrément de ce qu’ils jouent dedans : Le couple qui ne veut pas avouer qu’il en un (hyper pompé sur Friends / Monica & Chandler) et le super baiseur (Aussi pompé sur Friends / Joey). Trois personnages qui n’existent et vont se développer uniquement par ce prisme-là. Dans un film qui s’appelle Five c’est un peu problématique. Reste donc Rachel et Phoebe, pardon, Samuel et Timothée, et il faut bien admettre que ces deux-là, incarnés par Pierre Niney et François Civil (Déjà croisé dans Made in France et Dix pour cent) sauvent une bonne partie du film. Ceci dit, ça me fait chier de l’admettre mais si j’ai (beaucoup) ri, je leur dois beaucoup. Ils apportent une vraie fraicheur à un film entièrement articulé autour de ces mini-sketchs, qui auraient probablement été épuisants avec deux acteurs au capital sympathie moins développé.

Camille Claudel – Bruno Nuytten – 1988

01. Camille Claudel - Bruno Nuytten - 1988La porte de l’enfer.

   5.2   Bruno Nuytten était un directeur de la photographie réputé, officiant entre autre avec Duras, Téchiné, Miller, Godard, Blier, Resnais. Jusqu’en 1986 et le diptyque de Berri, Jean de Florette / Manon des sources. A la demande d’Isabelle Adjani, avec qui il avait travaillé sur Possession, de Zulawski, il prend les rênes de la réalisation. Et on sent que c’est un film de chef opérateur. Chaque plan et transition de plan est davantage pensé que l’histoire et ses imbrications, le film subissant (au détour de ses presque 3h) de gros problèmes de rythme. Ce serait entièrement péjoratif si ce n’était pas raccord avec la folie de ces deux personnages célèbres qu’il met en lumière : Camille Claudel & Auguste Rodin, brillamment incarnées par Adjani et Depardieu, qui trouvent le ton juste, en font suffisamment sans tomber dans l’excès. Voilà, ça manque sans doute d’homogénéité et de finesse, dans la texture et la construction essentiellement, dans l’utilisation musicale et les envahissantes notes de Gabriel Yared surtout, mais j’aime la démesure qui en émane, qui peut autant rappeler La reine Margot, de Chéreau ou L’arche russe, de Sokurov. C’est un peu raté mais il y a de cela.

Le dernier diamant – Eric Barbier – 2014

19     3.3   D’Eric Barbier j’avais dû voir Le serpent en salle à l’époque de sa sortie. Aucun souvenir, si ce n’est que j’avais trouvé ça super chiant. Il ne me restera pas grand chose de celui-là non plus : Mal fichu, prévisible et vu mille fois ailleurs en mieux. Mais on sent que Barbier y met du cœur, c’est presque touchant, mais ça ne fonctionne pas.

The end – Guillaume Nicloux – 2016

12. The end - Guillaume Nicloux - 2016Le néant.

   1.2   On est un cran au-dessus (dans la nullité) de Valley of love. Ou alors il faut être aveuglément amoureux de Gégé, surtout quand il répète et hurle « Yoshi », « merde », « putain », « putain de merde », « mon fusil ». Ça pourrait être intéressant en tant que film théorique sur Gérard Depardieu lui-même mais qu’est-ce que c’est chiant. Le prétexte Depardieu, son corps et son aura, est devenu un standard pour camoufler un manque d’idée et de mise en scène. J’avais aimé le film d’Abel Ferrara qui me semblait être le point d’orgue de ce genre de dispositif. Valley of love et son côté Loulou 30 ans plus tard c’était déjà le vide total. The End enfonce le (Ni)clou(x).

L’autre côté de l’espoir (Toivon tuolla puolen) – Aki Kaurismäki – 2017

23. L'autre côté de l'espoir - Toivon tuolla puolen - Aki Kaurismäki - 2017Le restaurant providentiel.

   5.4   Je suis peu sensible au cinéma de Kaurismäki, je peux y rester très en retrait tout en trouvant ça très beau (L’homme sans passé) ou trouvé ça carrément grotesque (Le Havre). L’autre côté de l’espoir est un beau Kaurismäki, encore une fois ce n’est pas vraiment pour moi, mais je l’ai trouvé là plus inspiré, aussi bien dans la forme (composition des plans vraiment passionnante) que dans le fond, et cette rencontre entre un VRP finlandais fraîchement séparé de sa femme qui décide de placer son gain de poker dans un petit restaurant, et un réfugié syrien arrivé en Finlande par les hasards des flux de cargo. J’aime l’élan de solidarité sur lequel le film se repose et ricoche constamment, son humour absurde qui parfois rappelle Tati ou Keaton, la richesse d’information qu’il génère mine de rien sur les procédures de demande d’asile. Mais ça reste un cinéma trop rigide, trop théâtralisé, trop suffisant dans ses petits effets de signature et trop froid, globalement, pour émouvoir. Finalement ce que je préfère c’est sa façon de filmer les chansons de ces vieux rockeurs de trottoirs.

Guyane – Saison 1 – Canal + – 2017

06. Guyane - Saison 1 - Canal + - 2017Pour une poignée de métal.

   5.0   Une série française traitant de l’orpaillage en Guyane, l’idée attisait l’attention d’autant que c’est un sujet peu traité au cinéma comme à la télévision. A la barre du projet Fabien Nury qui vient de la bande dessinée et qui a notamment écrit le très beau Il était une fois en France. Là-dessus rien à redire, la série est brillamment documentée et on le sent, sérieusement story boardée. Les dialogues aussi, bien qu’un poil trop écrit à mon gout, se laissant gagné parfois par l’art de la punchline – Olivier Rabourdin, surtout, en fait un peu trop. La mise en scène est efficace, tonique, à défaut d’être originale, nerveuse lors des premiers épisodes réalisés par Kim Chapiron (à qui l’on doit Sheitan, Dog pound ou La crème de la crème) mais je dois dire que le soufflé est vite retombé, la faute à des quantités de rebondissements trop mécaniques, et un tueras/tueras pas, trahira/trahira pas lassant, qui contamine la richesse « documentaire ». J’imagine que ça se passe ainsi mais personnellement ce que j’ai envie de voir c’est la jungle, l’aventure, la quête de l’or, comment on l’extraie. Un épisode au centre est très réussi de ce point de vue. Tout le côté règlement de comptes mafieux me parle moins. Mais c’est pas mal, ça se suit sans déplaisir, on veut voir jusqu’où la série compte nous emmener. Reste que passé la moitié, l’intérêt s’effrite considérablement, et le dernier épisode, très nocturne, réalisé par Nury lui-même est franchement pas terrible.

Marseille – Kad Merad – 2016

47     3.0   Etant donné que je m’attendais à une horreur à peine regardable en faisant la vaisselle, je suis assez surpris de trouvé ça assez mignon, plutôt émouvant aussi puisque c’est l’histoire d’une retrouvaille entre deux frères (L’un vit au Canada, l’autre est resté sur la cité phocéenne) au chevet de leur père, malade. Malgré les nombreux stéréotypes Pastaga / Basile Boli / Peuchère / La boule de pétanque (Kad Merad et la finesse, bon) le film est plutôt généreux dans ses intentions, davantage dans ses élans mélodramatiques que comiques d’ailleurs, et sans doute trop finalement, tant il alourdit inutilement le scénario : Le frère secrètement malade, les problèmes financiers, la quête des origines italiennes. Mais bon, le vrai problème c’est que Kad Merad croit qu’il est devenu un auteur, du coup le sérieux de pape plombe les vannes et les vannes moisies plombent le mélo. Et tout ce qui est joli est finalement un peu navrant, car mal écrit ou peu subtil. Mais c’est toujours plus intéressant que ce à quoi je m’attendais.

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silencio


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