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Je sais rien, mais je dirai tout – Pierre Richard – 1973

10. Je sais rien, mais je dirai tout - Pierre Richard - 1973      2.1   J’aime bien Pierre Richard mais je connais mal ses réalisations je me rends compte. Je ne vais pas m’étendre sur ce film, qui m’a semblé très prometteur sur les cinq premières minutes, nullissime sur les suivantes. On va simplement dire que ce n’est pas pour moi, c’est tellement hystérique que j’en pouvais plus au bout d’un quart d’heure. Il y a tout de même quelques gags qui m’ont fat sourire, à l’image de celui à l’anpe.

Moderato cantabile – Peter Brook – 1960

25. Moderato cantabile - Peter Brook - 1960Triste sonatine.

   4.4   Pas le film qui me réconciliera avec le fait d’adapter l’œuvre de Marguerite Duras au cinéma. Pourtant j’y croyais. Déjà parce que Moderato cantabile fait partie de ses écrits que je n’ai pas lu donc totale découverte en plus de ne pas avoir la mauvaise (mais inévitable) idée de les comparer. Ensuite parce que voir une association Jeanne Moreau / Jean-Paul Belmondo sur un texte de Duras, je ne sais pas pourquoi, j’étais très confiant. Très vite on comprend que ça ne va pas l’effectuer, la faute à un respect trop imposant pour le texte de Duras, la faute aussi à une mise en scène volontiers ralentie, comme si elle cherchait à se marier avec le rythme des mots de l’écrivaine, comme si elle convoitait la neurasthénie de son personnage féminin central. Moreau et Belmondo ne se dévoilent pas comme elle le fera chez Bunuel dans Journal d’une femme de chambre, comme il le faisait dans A bout de souffle, de Godard. Ils ne parviennent pas à se frayer une place. Ils sont dans une énergie trop fabriquée et amorphe pour nous convier dans leur histoire, d’amour impossible, de drames mystérieux, d’errance mystique. Une affaire de sonatine perturbée par un cri tétanisant ; De solitude dérangée par l’arrivée d’un désir insolite. Il y a tout pour déchirer mais le film ne froisse même pas. A part ça, Moderato cantabile est intégralement tourné à Blaye et c’est un choc esthétique, vraiment. C’est pas loin de sauver tout le reste tellement c’est beau. Et c’est aussi là-dessus qu’il dérange et prouve qu’Antonioni – auquel on pense souvent ici – ne pourrait fusionner avec Duras. 

Falbalas – Jacques Becker – 1945

1982946 Falbalas - Sein letztes ModellLe tourbillon du désir.

   6.1   Jacques Becker plonge dans le milieu de la mode pour raconter cette histoire d’amour fou entre un couturier et la future femme du fils de son plus important fournisseur. En s’ouvrant sur la fin (la découverte du corps d’un homme sur le pavé dans les bras d’un mannequin vêtu d’une robe de mariée) le film se prive de l’éventuel suspense inhérent à ce traditionnel jeu de « suis-moi je te fuis » : L’intérêt ne sera donc aucunement de deviner si les amants finiront ensemble ou non. Ça finira mal, c’est une certitude. Et c’est ce plan de bascule, virant du corps inerte aux multiples branches d’un arbre décharné, qui nous explique que seul un flashback pourra retracer le drame.

     Becker va décrire ce monde avec richesse et déploiement, autant qu’il le fera du couple (Antoine et Antoinette) ou d’un groupe de prisonniers (Le trou). Notamment les règles de pouvoir d’un poste sur un autre, d’une personne haut placé (elle-même surveillée par le couturier dictatorial) sur celles qui travaillent d’arrache pied dans l’ombre. Cette minutie quotidienne de la maison de couture se dissout très vite au profit de cette histoire d’amour déséquilibrée, où chacun semble prêt à abandonner sa vie, tour à tour, avant de retourner sa veste. Le film était précis, cadré, il devient désordonné, spirale. Le couturier qui règle sa vie et sa réussite sur ses créations saisonnières veut tout abandonner, il a signé son arrêt de mort. Je ne connaissais pas Raymond Rouleau, il est excellent en plus de ressembler outrageusement à Michel Piccoli. Outre la finesse des dialogues, il faut préciser que la mise en scène de Becker est aussi très inventive : Suffit d’évoquer cette fabuleuse partie de ping-pong.

Detroit – Kathryn Bigelow – 2017

14. Detroit - Kathryn Bigelow - 2017Carnage.

   7.9   Voilà bien longtemps que je n’avais pas été à ce point malmené, excité, terrifié, violenté par une « séquence » au cinéma. Ça fait du bien. Si je mets les guillemets c’est uniquement parce que la séquence en question concentre les deux/tiers du film ou quelque chose comme ça, je n’en sais fichtre rien en fait tant ça m’a semblé aussi puissant et magistral qu’assommant et interminable.

     Ce qui est très beau et plutôt rare dans ce genre de film gravitant autour d’un unique bloc séquentiel précis, en l’occurrence l’arrestation de l’Algiers motel (le 25 juillet 1967) c’est qu’on ne reçoit aucunement le geste en tant que performance, le parti pris comme raison au film d’exister. L’instant arrive quand il doit arriver, sans qu’on l’ait attendu ou imaginé ne serait-ce qu’une seconde. Le film existe déjà brillamment avant cette longue séquence. On croit d’abord qu’il va s’étirer ici plus que d’ordinaire avant de passer à autre chose. Mais non, il s’installe-là jusqu’à l’écœurement.

     La première partie du film est en effet très documentée et disparate, s’intéresse à la ville de Détroit en état d’urgence suite aux émeutes de 1967, offert en carnet de route hyperréaliste, avec les dates des émeutes, les noms des différents lieux. Plus étrange dans cette introduction, il n’y a pas de personnage principal clairement identifié mais plutôt des groupes dans le groupe : Trois flics d’intervention, deux agents de sécurité, des émeutiers, les membres d’un groupe de soul music. On passe des uns aux autres sans pour autant croire qu’ils vont converger ensemble vers une séquence centrale en huis clos. C’est ce que j’appelle réussir sa dimension chorale, déjà.

     D’autant que Detroit se permet aussi de s’ouvrir sur un générique animé, plus introductif que didactique et très beau justement parce qu’il est en animation et non en images/vidéos d’archives. Et d’autre part de s’en aller en film de procès. Pas la partie la plus réussie du film d’autant que tout est surligné à nouveau sur les cartons du générique final mais cela permet au film de sortir élégamment et non sur ce coup de poing virtuose qui aurait probablement laissé un amer goût de complaisance.

     Ce qui me plait dans cet épilogue appendice c’est qu’on y voit dès lors que des visages tandis que la première partie s’évertuait à ne montrer que l’action et engloutir l’émergence de vrais personnages. Les personnages sont nés grâce à cette ahurissante partie centrale. Ne reste donc que des visages. Fatigués, tuméfiés, honteux, anéantis. Ainsi que les souvenir de ces trois visages qui ont péri dans ce motel. On voyait une masse – Peut-être moins chez les flics où les deux acteurs connus étaient identifiés d’emblée – on distingue désormais tout le monde, on sait ce que chacun a vécu ou fait cette nuit-là. Celui qui a tué puisqu’il n’a pas compris que ce n’était qu’un jeu. Celui qui est mort pour avoir tiré avec un jouet. Le chanteur de soul qui finira dans un chœur d’église. C’est aussi une affaire de trajectoires.

     L’interprétation parlons-en, elle culmine à un tel degré d’implication, ça file le vertige. Tous sont exceptionnels. Mention spéciale à Will Poulter, acteur au physique ingrat mais qu’il n’utilise pas à des fins grandiloquentes. Il campe magistralement ce flic raciste monstrueux et ce d’autant plus qu’il donne l’impression qu’il est persuadé d’être un bon flic. Tous les acteurs sont toujours géniaux chez Bigelow c’est vrai, mais là c’est vraiment très fort.

Le dernier maître de l’air (The last airbender) – M. Night Shyamalan – 2010

20. Le dernier maître de l'air - The last airbender - M. Night Shyamalan - 2010Le cinquième élément.

   2.2   Kylian MBappé était donc, en 2010, déjà pressenti comme étant celui capable de manipuler tous les éléments. Franchement y a quelque chose, tu trouves pas ? Même l’âge colle. Même le synopsis wikipedia, si on l’adapte un chouia : « MBappé est un jeune garçon de cent douze ans, maître de l’animation offensive et réincarnation de Zidane, seul être capable d’apprendre à maîtriser tous les gestes du football. Il a la responsabilité d’empêcher l’antijeu de détruire la qualité technique et l’exaltation collective afin de rétablir l’équilibre dans le football. » Franchement. Non ? Bref, plus sérieusement, il s’agit donc de l’adaptation ciné d’une série d’animation. On raconte que Shyamalan a voulu faire ce film parce que sa fille était fan de l’univers en question. Ouai. Bon. Curieuse méthode. En résulte un truc foutraque, laid, ennuyeux, ni fait ni à faire. Et si les obsessions du cinéaste (les tourments de l’enfance, la poétisation de la mort, la convergence des éléments, la place dans l’univers) semblent émerger ci et là, elles sont trop souvent noyées sous un flot d’images disgracieuses, des dialogues ridicules et une construction hermétique. Même avec la bonne volonté du monde, difficile d’aller au bout.

Réparer les vivants – Katell Quillévéré – 2016

19. Réparer les vivants - Katell Quillévéré - 2016Cœur.

   5.3   Je trouve le film très beau sitôt qu’il montre le quotidien, sitôt qu’il s’affranchit de son sur-symbolisme et ses violons franchement omniprésents. J’aime par exemple ce qu’il montre de la douleur de parents affrontant la mort en marche de leur fils. C’est très difficile à regarder mais Emmanuelle Seigner et surtout Kool Shen (vraiment puissant, avec si peu d’apparition et de parole) sont bouleversants. J’aime cet aspect ingrat consistant à montrer tout le processus entre les médecins, la difficulté de trouver les mots et la façon d’aborder un sujet comme le don d’organe qui est sans doute le dernier truc auquel tu as envie de causer quand on t’annonce la mort cérébrale de ton enfant. Je n’avais jamais vu Tahar Rahim aussi bon (il joue le médecin) il m’a bluffé. J’aime le basculement du film dans une deuxième partie attendue (Le film est globalement super prévisible dans ses enchainements) mais bien amenée, notamment dans sa façon d’aborder les retrouvailles de deux adolescents et leur mère malade : Ils vont regarder E.T. sans doute comme ils le faisaient fut un temps. Quelque part Quillévéré ouvre la boite magique en insérant là le film de Spielberg. Et enfin, je trouve la partie transfert du cœur plus belle encore dans la mesure où l’on va suivre ce cœur, les deux opérations sur ces deux corps opposés qu’on va relier : la femme et le garçon, la mère et l’enfant, celle qui peut vivre et celui qui doit mourir. Il y a quelque chose de terrible dans cette façon de « débrancher » le plus jeune pour « rallumer » la moins jeune, quelque chose de cruel car pas très naturel mais que la caméra de Katell Quillévéré vient capter sensuellement au point de nous le faire accepter, au point de ne pas rendre la chose méga glauque, au point surtout de nous faire oublier le côté moral et publicitaire du récit. J’aime moins que le film tente ici un flashback de l’adolescent pour faire joli. Qu’il s’ouvre là sur un prologue mortifère un peu neuneu dans son alliage fenêtre ouverte / océan / éoliennes. Après il me semble que Réparer les vivants joue admirablement avec sa construction chorale, car sur le papier c’est on ne peut plus casse-gueule. Et puis surtout, je crois que je retiendrais l’investissement des acteurs. Evidemment, la cinéaste s’est minutieusement entouré (Pas moins de dix d’entre eux font partie de ceux sur qui on peut compter ces temps-ci) mais je trouve que chacun, dans la partition qu’on lui prête, parvient à trouver le ton juste. Plus juste que la mise en scène et les petites choses qui forcent un peu trop sur la corde émotionnelle.

La cité des enfants perdus – Jean-Pierre Jeunet & Marc Caro – 1995

22A43432La monstrueuse marrade.

   3.1   Un jour il faudrait que je revoie les Jeunet que j’aimais, ceux du début des années 2000, qui sont aussi ses deux plus gros succès au box-office, je parle bien entendu du fabuleux destin d’Amélie Poulain et d’Un long dimanche de fiançailles. J’en suis venu à les détester ou tout du moins ne plus vouloir les revoir, la faute à Micmacs à tire-larigot, vu au cinéma à sa sortie. Un calvaire. La faute surtout à un dégoût global de l’héritage Jeunet qui continue de fleurir ici chez Jaco Van Dormael (Le tout nouveau testament), là chez Jean-Pierre Améris (L’homme qui rit) entre autre. Qu’on soit clair : J’en peux plus de ce cinéma. Malgré tout, curiosité oblige, fallait bien qu’un jour je me frotte à ses premiers films, ceux réalisés en collaboration avec Caro.

     Déjà dire que les gars ont engagé tout le gratin freaks du cinéma : Perlman, Emilfolk, Pinon x 10, Dreyfus, Holgado, Rufus. Il faut des gueules, des grimaces, des cris pour produire moins de la sidération que du racolage. C’est finalement ça le cinéma de Jeunet : Construire de la folie, de l’hystérie, du cauchemar sur des bases hyper méticuleuses et programmées. On n’est ni chez Lynch ni chez Browning. Tout est pénible puisque tout est laid. Oui c’est un peu l’exemple parfait du mauvais goût, ce film. Et pourtant, malgré la désagréable impression qu’on souhaite constamment me filer la gerbe, j’y trouve un univers singulier, fort, où la démesure fabriquée n’a d’égal que cette narration étoilée sous scaphandre et cette avalanche de cases indépendantes. C’est comme souvent chez Burton ou Gilliam pour moi, un film écrasé sous le poids d’une imagerie nauséeuse. Faudrait que j’essaie Delicatessen, mais vraiment pour la forme alors.

Notre histoire – Bertrand Blier – 1984

18453792_jpg-r_1280_720-f_jpg-q_x-xxyxxTrain de retard.

   5.0   Il me semblait bien avoir écrit un petit quelque chose sur ce film un peu à part dans la filmographie de Blier. Je suis content d’avoir retrouvé ces lignes.

Publiée le 5 septembre 2008.

« Tout commence dans un train. Un homme est sur la corde-raide, il voudrait décrocher, ou mourir. Une femme débarque dans son wagon, lui raconte une histoire, leur « histoire » : Une femme pas très joyeuse voit un homme désespéré, plutôt pas mal dans un train ; elle désirerait coucher avec lui et c’en sera tout de leur entrevue. Il se passe ce qu’il devait se passer. La femme descend du train. L’homme la suit. Il désire la connaître car dit-il « je me suis attaché ! » mais ce n’est pas son cas à elle évidemment. Vous vous en doutez c’est du Blier. Pas besoin d’avoir fait la Fémis pour s’en persuader. Cette partie-là du film me plaisait bien. Beaucoup même. Il y avait du dialogue, de l’originalité dans le récit, un truc quoi. Puis de façon assez soudaine, disons dès l’arrivée de Darroussin, Blier fait basculer son film dans l’absurdité la plus totale, et me touche dès lors beaucoup moins. Cela dit ça passe quand même, pour l’interprétation et la fine touche Blier de manière générale que j’aime assez, mais c’est bien loin de Buffet Froid qui déjà montrait un énorme penchant pour l’absurde paroxystique, et surtout à cent lieues de Préparez vos mouchoirs, selon moi, le chef d’œuvre de son auteur. »

     Pas grand-chose à ajouter si ce n’est que je l’écrirais forcément différemment aujourd’hui. Le film a vieillit exactement comme ça dans mon esprit : l’exaltation d’un début prometteur quelque peu brisé par une folie absurde trop prononcée, trop fabriquée.

Une histoire de fou – Robert Guédiguian – 2015

16. Une histoire de fou - Robert Guédiguian - 2015De l’influence du dommage collatéral sur le comportement des Hommes.

   7.5   Ça semble un peu anecdotique parfois, Guédiguian, au premier abord. Et là c’est tout le contraire : Il s’agit d’emblée d’ancrer le récit dans le temps, de mettre une famille sous deux générations aux prises avec le génocide arménien. D’abord les années 20, en Allemagne, en noir et blanc, via l’opération Némésis, où l’on suit SoghomonTehlirian (joué par Robinson Stévenin) chargé d’éliminer Talaat Pacha – Le Hitler turc, selon les arméniens. Ensuite à Marseille, les années 70, dans une famille d’origine arménienne, tandis qu’Aram, la vingtaine, souhaite mettre fin au demi-siècle d’inactions de son peuple, en fomentant un attentat contre l’ambassade de Turquie. Pris sous l’angle du document et de l’action pur, le film rappelle Carlos, d’Olivier Assayas. Mais c’est oublier que Guédiguian est un cinéaste choral et utopique. Il va donc utiliser un autre fait réel : Le cycliste gravement blessé lors de l’explosion parisienne, s’inspire du journaliste  José Antonio Gurriarán, touché par un attentat à Madrid commis par l’armée secrète arménienne de libération de l’Arménie, en 1981.

     A partir de là le film semble moins investir le terrain du documentaire que celui de la fiction chorale, il est donc plus anecdotique sur le plan historique. Beaucoup moins sur le terrain de l’ouverture d’esprit tant il s’agit de rapprocher – jusqu’à faire se rencontrer – ce qui ne peut se réconcilier : le bourreau et sa victime, l’héritier de la révolte et la victime collatérale, Aram et Gilles (Grégoire Leprince-Ringuet, absolument magistral) puisque tous deux sont épris de fascination, doutes, incompréhensions, regrets l’un pour l’autre. Le mélodrame est dynamité par cette idée lumineuse de pacifisme héroïque via la compréhension du passé de l’autre. Quand on découvre Gilles (qui ne peut plus marcher) au milieu de livres dédiés au génocide arménien, c’est très beau, c’est un petit pas pour lui  mais un grand pour l’humanité, c’est la victoire de la prise de conscience sur la complaisance dans la désinformation, de la pensée sur la haine. Inutile de préciser qu’Arianne Ascaride illumine une fois de plus un film de Guédiguian. Je suis en tout cas ravi de retrouver l’auteur à son meilleur niveau (Celui de L’armée du crime, des Neiges du Kilimandjaro) après sa parenthèse conte ratée. 

Ne nous fâchons pas – Georges Lautner – 1966

15. Ne nous fâchons pas - Georges Lautner - 1966« Je critique pas le côté farce. Mais pour le fair-play, y aurait quand même à dire. »

   4.4   Au départ, cette nouvelle collaboration Lautner / Audiard fonctionne du tonnerre, certes il faut être d’humeur à retrouver les dialogues acérés des Tontons flingueurs, dont Audiard a le secret ainsi que les interprétations volontiers excessives de Lino Ventura et consorts. Mais d’une part la mise en scène est plus alerte, dynamique d’autre part ça ne dévore pas encore le récit et cette histoire de gangster reconverti dans le commerce de location de bateaux qui se voit proposer un deal par de vieux complices. C’est alors qu’un nouveau personnage fait son apparition. C’est L’emmerdeur avant l’heure puisque Jean Lefebvre aka Léonard Michalon évoque de loin le rôle que Brel tiendra chez Veber dans une version à la fois plus antipathique puisqu’il est un escroc miteux « Le Belphégor des hippodromes ! » mais aussi hyper attachant dans sa façon d’encaisser baffes et bourre-pifs distribués à gogo par Lino et Constantin, son compagnon de galère. Jusque-là j’y trouve ce que je suis venu y chercher, il m’arrive même de sourire aux mines patibulaires de Ventura/Constantin et aux yeux de cocker de Lefebvre. Et puis c’est pas Melville mais côté polar c’est pas mal non plus, c’est prometteur. Puis le film s’enlise dans l’excès. Les saynètes sont de plus en plus courtes, quasi cartoon. L’humour aussi devient lourd, notamment avec les apparitions répétées des anglais complètement barrés accompagnés de gags tous plus ridicules les uns que les autres. C’est la limite du cinéma de Lautner, c’est rigolo cinq minutes puis on décroche.

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silencio


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