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L’armée des 12 singes (12 Monkeys) – Terry Gilliam – 1996

13. L'armée des 12 singes - 12 Monkeys - Terry Gilliam - 1996Le moindre geste.

   5.5   La promesse d’un Chris Marker transposé dans l’univers de Terry Gilliam vaut ce qu’elle vaut – Décidemment il faudra que je revoie Brazil, que je le réhabilite ou que je comprenne ce qui ne fonctionne pas sur moi – mais on ne peut pas ne pas louer son originalité et son audace : Après tout, La jetée est un film de vingt-six minutes, et un roman-photo, par-dessus le marché – Ce qui ne l’empêche pas d’être l’un des plus beaux films du monde, qu’on soit clair. Bref, c’est un beau défi, assez excitant. Voilà un moment que je tenais à le revoir en double programme avec La jetée.

     Si son sujet ne surprend pas tellement – pour du Gilliam, s’entend – le point d’interrogation, c’est donc la forme : Comment transformer le splendide travail de Chris Marker, sans le dénaturer et sans lui ressembler ? Pas certain que Gilliam transforme vraiment l’essai, qui plus est à le revoir aujourd’hui : Le film a beaucoup vieilli, il est rapidement épuisant. Dévoré par son emphase, comme tout film un peu trop conscient de sa virtuosité. Mais il reste le geste, la tentative.

     J’aime plutôt bien L’armée des douze singes, mais déjà à l’époque j’avais trouvé ça très bordélique dans l’image, le rythme, la narration. Pas bordélique riche, mais bordélique lourd, avec cette impression qu’on peut enlever beaucoup de gras, de grandiloquence et qu’on y gagnerait énormément. Ou disons que je lui préfère nettement plus le chaos post-apo d’un Blade runner ou d’un Children of men. Il y a toujours un côté bouffon, kitch, clinquant dans 12 monkeys qui me garde à distance, comme si le film se refusait au sérieux du romanesque, notamment via des pics d’humour très maladroits et des interprétations over the top.

Contagion – Steven Soderbergh – 2011

01. Contagion - Steven Soderbergh - 2011Course à la mort.

   7.5   Quelques toussotements derrière un écran noir : C’est là-dessus que s’ouvre Contagion, de Steven Soderbergh, sorti il y a neuf ans. Bientôt, c’est le visage d’une femme qui apparait, la toux sèche, l’air fatigué, en stand-by dans un hôtel de Hong-Kong. C’est Gwyneth Paltrow qui incarne Beth Emhoff, mais très vite elle va mourir et être déclarée patient zéro d’une crise virale qui prendra des proportions mondiales digne de la grippe espagnole.

     Il est troublant (et galvanisant) de voir ce maître du film choral qu’est Soderbergh, reprendre les codes du genre et les perturber par cette envie de filmer le réalisme à tous les étages d’une telle crise sanitaire. C’est l’impression, déstabilisante, que laisse Contagion quand il s’achève : ça se déroulerait exactement comme ça. On l’imaginait déjà il y a neuf ans, avec toutefois, des ressorts de science-fiction. On en est convaincu aujourd’hui.

     Ce fut une expérience très étrange de revoir ce film pile durant la période de confinement contre le Covid-19. Terrifiant, déprimant, forcément. Mais passionnant, surtout. A l’époque de sa sortie, Contagion m’avait poliment ennuyé, laissé constamment à distance, sans doute car j’attendais d’y voir des personnages, de vibrer avec eux, et non d’avoir le sentiment d’assister aux étapes, précises, méticuleuses et quasi documentaires du déroulement de la crise. Sans doute aussi parce que j’avais une dent inexplicable contre Soderbergh.

     Et le film réussit pourtant, malgré tout, à jouer sur un registre très intime, notamment via le personnage incarné par Matt Damon, qui perd donc femme et enfant en cinq minutes – ça donne le La. Mais il s’intéresse aussi à beaucoup plus large, à la dimension politique, scientifique, médiatique et même au pouvoir de la blogosphère, la quête du remède (On y voit quasiment Raoult avant l’heure), les pillages divers (Mission PQ, toujours) ainsi que les discussions autour du taux de reproduction et de létalité du virus.

     Et pourtant Soderbergh n’est pas dans le film-dossier non plus : Contagion est un film ramassé (1h40) assez étrange dans sa construction et sa narration, comme s’il s’y jouait moins le geste moraliste qu’une volonté de compte à rebours contre un Goliath invisible, comme s’il était lui aussi gagné par le virus, le chaos. A ce titre, il est rare de voir autant de stars employées de la sorte, sacrifiées en permanence, par le virus ou par le récit, évaporés du champ ou du monde.

     C’est un film de circonstance. Déstabilisant comme c’est pas permis, tant sa résonance et son acuité sont pour le moins troublantes. Bref, c’est puissant. Et d’autant plus puissant en 2020 tant il résonne de façon prémonitoire. 

München-Berlin Wanderung – Oskar Fischinger – 1927

21. München-Berlin Wanderung - Oskar Fischinger - 1927Artères d’Allemagne.

   7.0   Été 1927 : Oskar Fischinger marche pendant 3 semaines de Munich à Berlin, portant un simple sac à dos et sa caméra. En route, il photographie des paysages et les gens qu’il rencontre. Les quatre minutes de München-Berlin Wanderung seront le condensé de ce voyage de cinq cent kilomètres. Un flash en cadeau. Foisonnant, inventif et ça file à cent à l’heure. Comme si quelque part, Vertov rencontrait Epstein. C’est très beau.

Un amour de coccinelle (The love bug) – Robert Stevenson – 1969

02. Un amour de coccinelle - The love bug - Robert Stevenson - 1969Choupette time.

   4.0   Je savais que ce serait super délicat à revoir, ce truc, entre ses enjeux à dormir debout, son humour ras des pâquerettes et sa mise en scène en carton. Mais je savais aussi que j’allais y retrouver des souvenirs d’enfance et pouvoir les partager avec mon fils.

     Un amour de coccinelle c’est un peu comme Fire, ice and dynamite (si tu connais pas ça t’as raté ta vie) on savait que c’était nul mais qu’est ce qu’on a pu le regarder quand on était gamin. Si je revois mon petit frère me réclamer le second en répétant « On regarde Roger Moore, on regarde Roger Moore » je suis quasi persuadé que de mon côté je disais « On met Choupette » quand je voulais voir le film de Robert Stevenson.

     Bon, sans surprise faut se faire violence pour aller jusqu’au bout. Mais c’est mignon. D’autant que la grande course d’El Dorado réveille le film au bon moment. Mais ce qui m’a frappé c’est le montage global (et notamment durant cette course géante) bordel ce que c’est catastrophique. Le monteur était bourré c’est pas possible autrement ? On ne comprend rien à rien spatialement parlant, lors des courses poursuites c’est du Michael Bay « du pauvre » avant l’heure. Je demande pas Tati et je sais qu’on est dans un registre comique très enfantin mais quand même.

     Bref, si c’est pas pour le montrer en tant que vestige à ton gamin – qui va adorer voir les cabrioles de la coccinelle ainsi que cet affrontement (de grimaces) entre Thorndyke & Douglas, bien secondés par l’inénarrable Séraphin – c’est pas la peine de t’y risquer de nouveau. D’autant qu’il faut s’attendre à fredonner sa petite musique insupportable pendant trois jours, je préfère prévenir.

Le Capitan – André Hunebelle – 1960

20. Le Capitan - André Hunebelle - 1960Intrigues sous Louis XIII.

   3.0   Mon deuxième essai avec le cinéma d’Hunnebelle. Enfin cinéma, c’est vite dit, tant il est difficile de voir du cinéma là-dedans. Tout est filmé avec une platitude désarmante, éclairé et monté n’importe comment. Et dès que le film passe aux « combats » ça devient pire encore, souvent ridicule, d’autant qu’il faut se coltiner des raccords au montage, des accélérations consternantes et des inserts incohérentes, bref des trucs de secours pour tenter de dynamiser la chose. Malgré tout et à l’instar de ce que j’avais ressenti devant Le miracle des loups, l’ensemble n’est pas si désagréable, l’intrigue est consistante et l’humilité du traitement séduit et j’en vois tellement peu que je ne peux pas vraiment cracher sur un film de cape et d’épée dans la tradition du genre. Et puis Bourvil en baladin qui va même jusqu’à pousser la chansonnette, c’est plutôt rigolo. Il apporte la légèreté qu’il faut à un film un peu trop littéral de récit chevaleresque. Reste que la meilleure scène se joue sans lui mais avec Jean Marais : L’ascension longue et silencieuse, de la muraille du château de Clairefont avec une paire de dagues.

Merveilles à Montfermeil – Jeanne Balibar – 2020

23. Merveilles à Montfermeil - Jeanne Balibar - 2020Merdouille de Balibar.

   0.5   Et dire que dans un élan de curiosité masochiste j’étais pas loin, en début d’année, d’aller voir ce truc. Grand bien m’a pris de faire l’impasse car c’est insupportable à tous les niveaux. Ça ne manque certes pas d’imagination ni de couleurs, mais le caca non plus, parfois. Vraiment c’est affreux et aussi bien son humour que son ambition, tant les ressorts comiques sont plombés en permanence, et tant le film semble crier à chaque plan, chaque scène, chaque pseudo trouée subversive, qu’il réinvente la comédie politique. C’est l’un des trucs les abjects, nuls, sinistres, vulgaires, prétentieux vus ces dernières années, point barre. J’ai abandonné quand Béart, la maire de Montfermeil, se met très mal en colère d’un mauvais cri mal étouffé, dans une cage d’escalier. Sommet de frisson de la honte. Tenu cinquante-deux minutes, je mets au défi quiconque de faire mieux.

La forteresse noire (The keep) – Michael Mann – 1984

03. La forteresse noire - The keep - Michael Mann - 1984Weird village.

   4.5   Grâce à Thief, Mann reçoit plein de scénarios de polars. C’est pourtant ce conte gothique qui l’intéresse, ce projet fou à la croisée du film de guerre et du film d’horreur. Il s’envole pour un tournage dans une carrière d’ardoise abandonnée du Pays de Galles, dans laquelle on achemine l’équipe et le matériel par grue. Et il crée ce village qui semble échappé du Moyen-âge, abritant une forteresse qui aurait survécu à l’expressionnisme allemand – Avec ce mur immense, qui rappelle Les trois lumières, de Fritz Lang. Un monument surnaturel, au design passionnant, puisqu’on apprend vite que son architecture est inversée : Ses pierres les plus solides sont à l’intérieur comme si la menace se trouvait davantage dedans que dehors.

     Il s’agit donc d’un village roumain, qui se voit investi par une faction nazie faisant escale, avant qu’il ne se penche de trop près sur les pouvoirs de la forteresse et réveillent une créature démoniaque. Ainsi, chaque nuit, celle-ci tue des soldats de garde, les aspire et laisse derrière qu’une carcasse calcinée, conduisant le chef SS à faire appel à un professeur juif afin de traduire une étrange inscription, tandis qu’en parallèle on suit le voyage d’un mystérieux gardien depuis la Grèce. Difficile de résumer The Keep, mais disons simplement que ça fait pas très Mann, dans les grandes lignes. Un cinéaste comme Jack Arnold aurait sans doute tiré meilleur parti d’un récit comme celui-ci dans les années 50.

     Quoiqu’il en soit, voilà un film qui m’intrigue depuis toujours. Depuis que je suis gamin. Je me souviens de la côte maximale que lui attribuait Télé câble sat hebdo par exemple. Pourtant, par un étrange concours de circonstance – enfin pas si étrange puisqu’il n’est pas si évident à trouver, que Mann le renie plus ou moins, et qu’il a l’aura d’un film très, très malade – je n’avais jamais vu ce film au titre original qui évoque The thing, de Carpenter, au titre français qui rappelle plutôt La forteresse cachée, de Kurosawa. C’est sans doute un peu écrasant pour The Keep, mais je les ai toujours un peu associés, je crois. Et si l’on met de côté ses deux téléfilms, il s’agit alors du seul Mann qui me faisait défaut depuis la sortie de Hacker.

     J’en rêvais autant que je le craignais. J’aurais préféré avoir un avis plus carré, l’adorer sans scrupule ou le détester sans vergogne, mais finalement je suis partagé. Car aussi bancal se révèle le résultat, le potentiel est bien là. Cette ouverture verticale dans la brume c’est quasi Aguirre qui réapparaît. Le convoi de camions qui la supplante, roulant pleine boue, ça respire le Sorcerer. Ça manque sans doute déjà d’un parti pris plus tranché – les séquences sont beaucoup trop brèves, on sent que ça découpe sévère en coulisse – mais impossible de ne pas ressentir une envie de cinéma, une inclinaison mégalo et une invitation dans les ténèbres. Malheureusement le film se gâte vite. Déjà avant de rencontrer Molasor, alors après…

     Le plus problématique est in fine d’accepter qu’il a dans son sillage trois imposantes bornes. D’abord, j’en parlais, la promesse d’un The thing dans les Carpates, avec une créature qui n’imite pas ses hôtes mais qui se nourrit de la haine nazie, pure incarnation du fascisme, qui projette de les anéantir en échange de sa libération. Ensuite que le film soit entouré de deux autres invitations plus convaincantes, aussi populaires qu’audacieuses, riches que légères, que sont Les aventuriers de l’arche perdue et Le temple maudit. S’il ne piétine pas non plus ses plates bandes, s’aventurer sur un terrain plus propice à Spielberg n’était pas chose aisée. Ce d’autant plus lorsqu’on est plutôt un cinéaste urbain ayant fait ses débuts dans le néo noir. Et pour finir d’oublier qu’on décèle dans The keep, formellement du moins, les restes, les miettes d’un Blade runner. Et puis musicalement Tangerine dream y déploie des ébauches de trésor qui évoquent ceux de Vangélis ; Quant à Alberta Watson, forcément ce visage, ce regard rappellent ceux de Sean Young, mais Eva Cuza n’est pas Rachel, loin s’en faut. A vrai dire, on s’en fou même un peu beaucoup de chacun de ces personnages, dans La forteresse noire. C’est l’un des nombreux problèmes du film, qui semble d’ailleurs n’être qu’un amas de problèmes. Il y a des films à problèmes comme Apocalypse now. Et il y a les films à problèmes comme The Keep.

     S’il a tout du film ovni, il faudra se contenter de l’imaginer, tant on assiste surtout à son naufrage. Et quand on sait les secrets de sa fabrication – décès du spécialiste des effets visuels durant le tournage, pré production entamée avant que le scénario soit terminé, une réécriture permanente, un tournage interminable, de gros incidents météorologiques, un montage saccagé de moitié par la Paramount qui souhaitait un film d’une heure et demi quand Mann leur a pondu un pavé de 210 minutes – rien de surprenant, encore qu’il est miraculeux de voir un résultat aussi prometteur et passable, raté mais fulgurant. Autre problème de taille : Les effets spéciaux, cheap à souhait, avec notamment l’apparition gênante de son monstre en caoutchouc, poussent le film sur les rives, non pas du nanar, mais du chef d’œuvre manqué, qui fit par ailleurs un bide colossal. On sait ce qui suit, évidemment, mais on peut largement dire que Mann revient de très loin.

Adoration – Fabrice Du Welz – 2020

42. Adoration - Fabrice Du Welz - 2020Dans la brume insipide.

   3.0   Il semble qu’Adoration soit le troisième volet de la trilogie des Ardennes, après Calvaire et Alléluia. J’aime beaucoup écouter du Welz en général, notamment quand il évoque sa passion pour Terreur aveugle, le chef d’œuvre de Fleischer : ça transpire l’amour pour le cinéma de genre. Mais voir un film de du Welz c’est déception sur déception, me concernant. Des intentions chaque fois prometteuses pour un résultat vain. Adoration n’y échappe pas. Et si c’est celui de ses films qui me « déplait » le moins à ce jour, c’est probablement parce qu’il s’agit de son moins absolutiste, moins rugueux, son moins stimulant aussi. Difficile d’être passionné et encore moins ému par ce long glissement vers l’ennui de deux jeunes amants en fuite, ce conte enfantin façon Hansel & Gretel, sans vie. Déjà parce que les deux « gamins » ne dégagent rien – Et pourtant ils étaient bons chez Haneke, pour l’une, Legrand, pour l’autre – et surjouent maladroitement stupeur et crise de folie. Ensuite parce que le film est mal exécuté, les rencontres (avec le couple, puis avec Poelvoorde) complètement ratées. Et si l’on songe d’abord au Kes, de Ken Loach puis à La nuit du chasseur, de Laughton (qui semble être La référence avouée de l’auteur) difficile de ne pas sentir Adoration écrasé sous leur poids. On retiendra au moins un truc : La photo brumeuse, irréelle de Manu Dacosse. 

Au royaume des cieux – Julien Duvivier – 1949

43. Au royaume des cieux - Julien Duvivier - 1949Bande de filles.

    6.0   Le film se déroule dans une maison de redressement pour jeunes femmes. Maria y entre pour un larcin mais ne vit que pour ses retrouvailles futures avec Pierre, l’amour de sa vie, qui, elle en est persuadée, lui écrira et parviendra à la tirer de là. Le film s’amuse de leur connexion, relayant les pensées de l’un vers l’autre, c’est plutôt mignon. En parallèle il y a la vie carcérale dans le dortoir. Les moments de repas, ceux au lavoir. Les filles qu’on punie au trou pour avoir tenté de s’évader, celles qui lancent des grèves ou celles qui au contraire ont pleinement accepté leur sort. Si Duvivier parvient à y insuffler beaucoup de vie, notamment à exploiter les caractères bien trempés de nombreuses d’entre elles, leur histoire respective, les dialogues signés Henri Jeanson sont souvent trop cinglants et la lourdeur de leur ton enferme le film dans une dimension trop théâtrale.

     Néanmoins il compense par sa densité. D’abord en nous plongeant aussi au cœur du système pénitencier, aux côtés de ces femmes qui s’affrontent par leurs différences de méthodes : Le film s’ouvre d’ailleurs sur le décès soudain de la directrice, une vieille femme juste et humaine, frappée d’une crise cardiaque, mais qui semble plutôt avoir été empoisonnée par celle qui sera sa remplacente et qui sera autrement plus tyrannique et cruelle, misant son va-tout sur l’humiliation de ses pensionnaires. Ensuite, Au royaume des cieux a l’idée à la fois très réussie plastiquement mais sans doute trop symbolique (la tempête dans la tempête) de l’accablement climatique avec le crescendo des fortes inondations qui assaillent la région, offrant de jolies scènes qui peuvent rappeler Murnau. Bref, le film est assez beau, par moment. Et si la révolte manque un peu de panache, d’émotion et d’équilibre, il y a de l’idée.

L’innocent (L’innocente) – Luchino Visconti – 1976

25. L'innocent - L'innocente - Luchino Visconti - 1976Damnation.

   5.5   Ultime film de Visconti, qu’il dirigea de son fauteuil roulant, paralysé par une attaque, peu de temps avant sa mort – Et le film transpire cela, la déliquescence de son auteur, l’imminence de sa disparition – il règne dans L’innocent le parfum du charme viscontien, intime et somme. C’est une fois de plus de la chute d’un empire dont il est question, ici celui d’une famille aristocratique, jusqu’à la destruction de son fondement pur. Le meurtre de la progéniture puis le dernier honneur en réponse à cette cruauté morbide : Le suicide.

     Tullio est un homme froid, égoïste et psychotique. Marié, il vit une relation sulfureuse et tumultueuse avec sa maîtresse, Teresa. Son épouse, Giuliana est au courant et supporte en silence ces affronts perpétuels, jusqu’au jour où elle rencontre un écrivain à succès, Filippo d’Arborio. À la suite d’une nuit avec lui, elle se retrouve enceinte. La suite est toute tracée, pessimiste, implacable. C’est un film froid comme la mort. Si j’y reste à distance, comme souvent avec Visconti, je suis impressionné par la capacité qu’il a de parachever son œuvre de la sorte : Un dernier trait, intime et colossal.

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