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Rentrée des classes – Jacques Rozier – 1956

13. Rentrée des classes - Jacques Rozier - 1956Du côté de la rivière.

   8.0   Qu’on a regardé, mon fils et moi, dans la lignée du Petit fugitif, complément de programme idéal. Je rêvais de lui montrer, j’aime beaucoup ce court. Incroyable de voir combien tout Rozier est déjà là, en gestation. Tout cet art de la fugue éphémère se trouve déjà dans ces vingt merveilleuses minutes, dans un récit à l’échelle de l’enfance et à hauteur d’enfant, à travers cette fuite improvisée du quotidien, du monde et de ses règles, ici de l’école et des camarades de classe.

     Pour les impressionner et surtout qu’on ne le traite pas de poule mouillée, un petit garçon jette son cartable du haut d’un pont, dans la rivière varoise. Mais sans cartable, impossible d’entrer dans l’établissement. Alors le voilà qu’il se met à suivre le cours d’eau à travers la forêt, semble s’y perdre pour finalement prendre plaisir à s’y perdre, faire la rencontre d’un serpent d’eau qu’il rapportera en classe pour une blague. C’est le fantasme de l’école buisonnière à l’état pur. Une parenthèse onirique.

     Si on peut y voir un héritage du Zéro de conduite, de Jean Vigo ainsi que les prémisses directes de Maine Océan – Et si René, ce petit garçon c’était le contrôleur Gallec quelques années auparavant ? – il y a dans cet échappée miraculeuse le miroir de son auteur, qui n’aura eu de cesse de tenter d’emprunter d’autres routes, d’autres lignes, percer les mystères de la fuite au cinéma. Quand il apporte un élément de l’autre monde (la rivière) dans la réalité (la salle de classe) tout s’agite, s’égosille, s’embrase et s’évapore. C’est très beau.

Le petit fugitif (Little fugitive) – Ray Ashley, Ruth Orkin & Morris Engel – 1953

12. Le petit fugitif - Little fugitive - Raymond Abrashkin, Ruth Orkin & Morris Engel - 1953La grande évasion.

   9.0   Découvert en salle lors de sa ressortie il y a tout juste onze ans, Le petit fugitif n’a dès lors cessé de me hanter mais je ne l’avais jamais revu. C’est chose faite, qui plus est en le faisant découvrir à mon garçon, qui a le même âge que Joey, le petit fugitif en question. C’était parfait.

     Joey Norton, sept ans, vit avec sa maman et son frère Lennie dans un quartier de Brooklyn. Suite à une mauvaise blague « des grands » Joey file seul à Coney Island où il va errer entre les plages et les manèges.

     C’est l’histoire d’un cow-boy en socquettes, accompagné d’un harmonica (celui de son frère qu’il croit avoir tué) qui disparait avec sa tristesse, apprend à monter à cheval, tirer au pistolet et à se faire de l’argent en échange de bouteilles vides consignées.

     C’est un vrai western à hauteur d’enfant. Doublé d’une chronique miraculeuse qui nous fait voyager dans le New York des années 50, d’abord entre les terrains vagues et les gratte-ciels de Brooklyn, puis entre les attractions et les stands de hot-dog de Coney Island.

     Un vibrant film sur l’enfance et sur une ville, construit à trois par Ray Ashley, Morris Engel & Ruth Orkin, chacun dans son rôle de prédilection : Le scénario pour Ashley, la réalisation pour Engel et le montage pour Orkin, son épouse. En théorie. Car tous œuvreront finalement sur tous les fronts.

     Epaulé de sa caméra ultralégère, Engel, photographe de formation, spécialisé dans le photoreportage, pourra filmer son héros au plus près, dans chacun de ses mouvements, saisissant chacune de ses grimaces, parfois même au beau milieu de la foule, créant un vertige documentaire.

     Bref, c’est film aussi touchant qu’il est indispensable. Et fondateur du cinéma indépendant américain (difficile de ne pas y voir une référence pour les films de Cassavetes, Shadows notamment) et l’un des déclencheurs de la Nouvelle Vague en France puisqu’il est impossible de ne pas y voir l’ébauche des Quatre-cents coups.

Calme blanc (Dead calm) – Phillip Noyce – 1989

11. Calme blanc - Dead calm - Phillip Noyce - 1989We don’t need a bigger boat.

   7.0   Suite à un accident de voiture, un couple (Nicole Kidman & Sam Neill) perd leur enfant. Pour s’en remettre, ils prennent le large sur un voilier dans le but d’être seuls au monde sur une mer d’huile pendant plusieurs semaines. Un jour, ils aperçoivent un autre bateau en détresse, un homme s’en extraie dans un canot et les rejoint, paumé et traumatisé. Le reste de son équipage aurait succombé à une intoxication alimentaire et suite à une avarie de moteur, le voilier était sur le point de sombrer.

     Evidemment, thriller oblige, c’est un leurre. Le naufragé est un gros psychopathe qui les a tous décimés. Et Billy Zane (qu’on adorera détester dans Titanic quelques années plus tard) est parfait pour ce rôle, un beau gosse absolument flippant, imprévisible, pervers, complètement halluciné. Il incarne un cauchemar absolu qui réussit à faire oublier la tragédie initiale, aussi bien aux personnages parents qu’à nous, spectateurs, qui tremblons pour leur survie en pleine mer.

     Et c’est sur cet aspect que le film marque les esprits. C’est un huis clos à ciel ouvert, se déroulant exclusivement (après la brève introduction hospitalière) en mer. Une traversée de l’enfer dans un lieu paradisiaque. Et c’est ce double paradoxe (la rythmique hitchcockienne et la transformation du décor) qui illumine complètement Calme blanc, cette dimension ironique que l’on retrouve jusque dans son titre original ou francisé.

     Le film est adapté du roman éponyme de Charles Williams, édité chez Série noire, qui devait déjà être porté à l’écran par Orson Welles, intitulé The deep, avec Jeanne Moreau, mais qui restera un projet inachevé. L’autre particularité du film est aussi d’être campé par trois interprètes très connus, ayant joués dans des films populaires, mais ce n’était pas encore le cas à l’époque : Prête à tout, Jurassic park ou Titanic sont encore loin.

     Ayant beaucoup vu ce film quand j’étais ado, j’en avais fait un peu overdose, mais je suis content de l’avoir revu aujourd’hui : C’est vraiment un thriller classique comme il s’en faisait à la pelle durant cette époque, mais il est dans le haut du panier et notamment pour son efficacité, son cadre (L’océan à perte de vue, deux bateaux, trois personnages) et une admirable montée de tension et une telle gestion du suspense qu’on lui passe diverses incohérences liées au genre.

Eté 85 – François Ozon – 2020

16. Eté 85 - François Ozon - 2020Mémoires d’un garçon bouleversé.

   8.0   Pas loin d’avoir adoré. Notamment sa photo et sa reconstitution bluffante : C’est simple j’ai eu l’impression d’être au Tréport en 1985. Et ce n’est pas que lié aux morceaux de musique choisis (The Cure, Bananarama, Rod Stewart, Jeanne Mas…) ça se sent dans les fringues, sur les papiers peints, dans les expressions de langage, les coiffures etc. On y croit.

     Et j’aime beaucoup ce que dit le film sur l’amour de jeunesse et le désir de s’extirper de sa propre histoire ; C’est l’appétit de la fiction, qui est aussi celui qui anime le cinéaste quand il adapte ce bouquin, qui l’avait marqué adolescent. Comme si la possibilité d’inventer celui qu’on aime se doublait de celle d’inventer les récits qu’on aime.

     Je trouve le film très fin et intelligent sur sa façon d’injecter la possibilité de la fiction et du fantasme. La simple idée de voir David voguer au secours d’Alexis sur le Calypso, révèle une vraie croyance d’écriture. Ozon désamorce ces scènes trop écrites en les replaçant dans leur contexte : Il s’agit de la plume d’un garçon, racontant ses souvenirs, les modifiant probablement au gré de son voyage introspectif.

     Un moment donné, quand l’éducatrice d’Alex vient rendre visite à son professeur de français, elle lui demande de s’assurer qu’il raconte, dans son devoir, toute la vérité. Et le garçon, plus tôt ou plus tard, je ne sais plus, explique qu’il se souvient de plein de choses dans les moindres détails et que d’autres sont floues. Il me semble qu’Ozon joue habilement de ce procédé. Qu’il l’utilise aussi pour désamorcer le drame : La scène de la morgue, c’est génial.

     Le film est aussi habité par des acteurs étincelants qu’ils soient connus (les mamans des garçons) ou non. Benjamin Voisin, qui joue ici David, éphèbe absolu, est une révélation. Tout le monde est parfait (Et notamment la jeune anglaise qui incarne Kate, à qui Ozon offre une place déterminante au moment où on ne l’attend plus) mais lui, il est si fort qu’il parvient à nous faire entrer dans l’obsession d’Alexis.

     Voilà, à mes yeux c’est peut-être bien ce qu’Ozon a pondu de plus beau. Y a bien quelques trucs qui m’ont un peu gêné, à l’image de son refus appuyé (mais légitime) de la linéarité, mais y en a tellement qui m’ont beaucoup ému. Cette séquence dans la boite de nuit, c’est magnifique.

     Pour moi, Été 85 est à Ozon ce que Plaire, aimer et courir vite est à Honoré, en gros. Il pourrait d’ailleurs en être le prélude puisque les années Sida ne sont pas encore là. C’est un grand Oui, donc.

Play – Anthony Marciano – 2020

16. Play - Anthony Marciano - 2020Revivre.

   7.0   Max a beaucoup filmé depuis qu’il est gamin. Dès ce noël où il reçut ce petit caméscope en cadeau et commença par capter des instants de famille, jusqu’au jour de la naissance de sa fille avec son iPhone. Un jour, Max décide de revoir tout ça. Il dit « revoir » mais l’idée de cinéma c’est bien entendu qu’il va « remonter » tout ça. De façon à ce que son histoire devienne celle de ce film, de Play.

    Parti pris audacieux et intriguant de la part de celui qui réalisa Les gamins (déjà avec Boublil & Chabat) pour un résultat qui reprend les codes de la chronique intime et familiale mais passée par le prisme volontaire de la comédie romantique et potache. Il y a des lourdeurs, notamment parce que le film est trop écrit, trop « monté » mais il y a une énergie folle, c’est drôle, c’est plein d’idées et dès qu’il utilise l’ellipse ou le hors champ – Et que l’on comprend par exemple que les parents se sont séparés – il y gagne, s’avère très touchant.

    C’est aussi une affaire de casting. Les gamins sont parfaits. Et les grands qui campent les gamins qui ont grandi le sont tout autant. Et aussi une affaire de reconstitution : Play impressionne à donner la sensation de voyager dans les années 90, ça se joue parfois sur des détails, des looks, des décors, des objets, des morceaux musicaux et parfois il se permet même d’insérer des images d’archives (La finale de la coupe du monde, la tempête avant le passage à l’an 2000…) dans lesquelles il parvient avec malice à y glisser ses propres personnages.

    Bref j’avais déjà pas mal apprécié Les gamins, mais là on est quelques crans au-dessus encore. C’est vraiment très réussi, ça se regarde super bien. Anthony Marciano a du talent et notamment parce qu’il a crée cette histoire d’amour refoulée, maladroite, croisée. Je suis un peu ultra-sensible ces temps-ci mais la fin m’a terrassé. Aussi sans doute car j’aime beaucoup Alice Isazz, la seule qui par ailleurs traverse quasi toutes les époques du film.

Crystal Voyager – David Elfick – 1973

03. Crystal Voyager - David Elfick - 1973Endless surfer.

     6.0   Crystal Voyager est au même titre qu’Endless summer (1968) de Bruce Brown, une sorte de manifeste cinématographique du Surf. Si le second s’attache à raconter le périple de jeunes américains à travers le monde afin d’y trouver les plus beaux spots de vagues, le premier joue davantage la carte de la biographie, celle de George Greenough, qui passe son temps sur sa planche ou à réparer des bateaux.

     La forme du film est un peu ingrate : La musique – De la pop plutôt cool – recouvre chacune des images, excepté lorsque Greenwood se confie en off. Et le procédé revient à chaque fin de morceau. Ajoutez à cela un montage peu rigoureux, très peu intéressé par les enchainements et transitions, mais davantage par l’aspect redondant, ce qui casse de sa douceur et du voyage. Disons qu’on voit clairement les cinquante premières minutes passées. Contrairement à un Maccadam à deux voies, par exemple, qui la même année, semble tout dire de l’Amérique de son époque, sans rien appuyer.

     Crystal Voyager est surtout « connu » pour son dernier tiers, puisqu’il abandonne complètement sa structure de chronique d’un quotidien pour celle d’une pure plongée sous hypnose au cœur des vagues – filmées par Greenough lui-même, à l’aide d’une petite caméra accrochée à son épaule et protégée par un petit scaphandre – accompagnée dans son intégralité (23 minutes) par le magnifique morceau de Pink Floyd : Echoes. C’est vraiment un truc d’aficionado. Un peu léger et sans doute pas au niveau de ce que j’en attendais, mais ça m’a plu.

Le chat – Pierre Granier-Deferre – 1971

09. Le chat - Pierre Granier-Deferre - 1971Cul-de-sac.

   7.0   Signoret & Gabin incarnent un couple de retraités, sans enfants, au crépuscule de leur vie conjugale. C’est le Saraband, de Granier-Deferre. Un huis-clos étouffant, se déroulant quasi entièrement à l’intérieur d’un petit pavillon de banlieue parisienne. Inutile d’avoir lu (ce) Simenon pour détecter son ombre au sein de ce récit torturé d’un amour qui s’est évaporé. Le film se déroule selon quatre zones de temporalité qu’on serait tenté d’intituler : « Avec le chat » et « Sans le chat », « Le désir » et « La mort ».

     Sans surprise, le film s’ouvre et se ferme sur la mort : Une sirène d’ambulance sillonnant les rues de Courbevoie, vient s’arrêter devant cette maison, coincée dans un cul-de-sac. Jadis, cette petite bâtisse ornait le fond d’une rue pavillonnaire. Dans un raccord fulgurant, Deferre remplace la vue de la fenêtre de la chambre d’une époque par la même d’une autre époque, afin de comprendre que les grands ensembles (tout l’entourage est en chantier) prennent possession des lieux. Que les ruines sont dedans autant que dehors.

     Dans Le chat, si ce dernier revêt une importance fondamentale, les images et sons du chantier ne sont pas en reste : On y voit et on y entend des grues, des machines, des marteaux-piqueurs, en permanence. C’est un beau film désespéré où les brèves images de bonheur sont floues comme pour raconter qu’elles sont beaucoup trop enfouies. Pourtant elles sont là, elles proviennent d’un moment de suspension, à lui comme à elle, sur des mains ou des gestes, qui enclenchent un souvenir.

     Et le chat sera le parfait vecteur du malaise puisqu’en plus de prendre sa place à elle au simple niveau de l’attention (On comprend qu’il ne l’aime plus, point, sans doute en priorité pour une question d’alcoolisme et aussi parce qu’il aime se réfugier dans les bras d’une tenancière d’hôtel de passe) en plus d’être son reflet rajeuni : Elle était trapéziste de crique dans le temps, avant qu’un grave accident lors d’un spectacle, ne la fasse boiter pour la vie.

     Un évènement qui semble le déclencheur de tout : D’une perte de désir jusqu’à l’impossibilité même de faire des enfants. Il ne reste alors plus que ce chat. Et puis bientôt plus rien. C’est un film superbe, mais terrible. Mais pas terrible de façon malsaine : C’est pas Amour, de Haneke. Deferre trouve toujours un raccord, une idée pour leur donner à tous deux beaucoup de lumière et ne jamais les écraser sous l’austérité formelle. Signoret & Gabin y sont au sommet de leur art.

La grande cuisine (Who Is Killing the Great Chefs of Europe ?) – Ted Kotcheff – 1978

14. La grande cuisine - Who Is Killing the Great Chefs of Europe - Ted Kotcheff - 1978L’assiette de la peur.

   3.0   Impossible pour moi de savoir où se trouve le réalisateur de Wake in fright & Rambo là-dedans tant j’ai trouvé ça sans intérêt, tour à tour affligeant, insupportable et mal fichu. Ça aurait pu être aussi endiablé qu’absurde – Et en un sens ça peut rappeler La cité de la peur – mais c’est finalement un tout petit whodunit (à la Agatha Christie) très paresseux que n’aurait pas renié Pascal Thomas, par exemple.

     Un grand (et gros) critique gastronomique souhaite organiser un banquet à Buckingham avec une recette établie par les quatre plus grands chefs européens. Mais ceux-ci se font assassiner les uns après les autres. Avec une particularité de taille : L’assassin les élimine à la manière dont ils préparent leur meilleur plat. L’un d’eux, spécialiste du pigeon en croute, sera donc retrouvé calciné dans son propre four.

     Pas ri une seconde. Problématique pour une comédie, aussi culinaire soit-elle. Et pourtant on y croise Noiret, Cassel  Rochefort : En roue libre, mal dirigés. Et la sublime Jacqueline Bisset y campe le (quasi) premier rôle, fait ce qu’elle peut, mais elle ne sauve pas les meubles. Reste un joli voyage à travers l’Europe, du Café Royal de Londres à l’hôtel Cipriani de Venise, en passant par la Tour d’argent à Paris.

Les aventures de Robin des bois (The adventures of Robin Hood) – Michael Curtiz – 1938

05. Les aventures de Robin des bois - The adventures of Robin Hood - Michael Curtiz - 1938Blockbuster d’antan.

   5.5   Trente-cinq ans avant Disney, Michael Curtiz, épaulé de William Keighley, qu’il remplaça, s’inspire de la légende de Robin des bois, pour tourner en Technicolor trichrome, les récits mouvementés de la forêt de Sherwood, avec Richard Cœur-de-lion, Prince Jean, Charles de Gisbourne, Petit Jean, Le shérif de Nottingham, Lady Marian & Robin de Locksley, se fendant alors d’un divertissement d’orfèvre, couleurs flamboyantes à l’appui, mené tambour battant, entre affrontements d’archers et batailles épiques, duels à l’épée et combats de bâtons. En effet, force est de constater que le film en jette. C’est pas du Hunnebelle, quoi. Olivia de Havilland est sublimissime. Errol Flynn est parfait. Même quand il se marre à outrance : Grosses pensées pour OSS 117, sacré Hubert. Et les morceaux de bravoure dont il est le principal vecteur, sont réalisés avec une prouesse de montage assez irréprochable, notamment dans sa gestion folle des (cascadeurs) figurants. Bon, c’était sympa de découvrir ça avec le rejeton mais je dois juste avoir un problème avec les films de cape et d’épée car ça ne m’a fait ni chaud ni froid.

Report – Bruce Conner – 1967

12. Report - Bruce Conner - 1967Le film cassé.

   5.0   Au-delà de leur facture formelle très avant-gardiste, frénétique et/ou renversée, A movie (1958) et Breakaway (1966) s’offraient au plaisir du regard. C’était justement cette étroitesse entre le geste fou et le résultat fascinant qui rendait le produit troublant et restait de façon très surprenant collé à notre rétine, notre mémoire. Report va beaucoup plus loin. Trop loin, pour ma part. Il tourne autour de l’assassinat de Kennedy. Reprend les images télévisuelles rabâchées à l’époque en les déconstruisant un maximum, créant un sorte de ralenti décalé sans cesse renouvelé, sur la voiture ici, sur le fusil là. Le film vire même au noir durant trois minutes pour ne laisser que la bande sonore du commentateur radio d’époque. Pire, dans la deuxième partie, il s’en va saisir de l’avant 1963, dans un montage reprenant les mêmes codes, insérant tout ce qui fit l’Amérique sous Kennedy, son développement publicitaire et nucléaire, notamment. C’est intéressant mais ça gratte, hein, mieux vaut prévenir.

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