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La Mort de Louis XIV – Albert Serra – 2016

19Serra est mort, vive Serra ?

   4.3   Après Don Quichotte, Les Rois Mages et Casanova, Albert Serra poursuit sa grande peinture des icônes. Au demeurant, sale année que 2016 pour les grands acteurs français : Depardieu blasphème et hurle après son chien dans la forêt, Lavant incarne la version beauf de l’auteur de Voyage au bout de la nuit, Léaud campe un roi soleil tout en râles et balbutiements empathiques. Tous à leur crépuscule ou presque, physique, moral ou fantasmé. Le film de Serra s’avère être le plus intéressant des trois mais c’est justement parce qu’il est de Serra qu’il est aussi raté (mais nettement moins insupportable) que les autres dans la mesure où c’est un cinéaste de l’espace et du déplacement, de l’anti-naturalisme, de la quête abstraite, spirituelle, de la forme libre. Il ne peut donc pleinement se consumer dans un espace aussi confiné (Le huis clos d’une chambre royale), statique et story-boardé. En outre ça parle beaucoup trop. Un bon Serra est un film sans parole. Et le cadre ici répond à une esthétique fabriqué qui posait déjà problème dans Le chant des oiseaux (Dans lequel chaque plan faisait pose) quand il fascinait par sa liberté improvisée dans le beau Honor de Cavaleria. Et puis il faut bien le dire : C’est chiant (à mourir). Pour que ça relève d’une installation purement expérimentale, il aurait fallu garder le plan sur Léaud et uniquement sur lui. Dès qu’on s’en extraie, pour écouter parler la cour entre deux portes de couloir, chuchoter les médecins, accueillir un charlatan, pleurnicher les courtisanes, ça devient vraiment maladroit. De belles idées malgré tout : Le chant des oiseaux au début, qui s’efface pour laisser place à celui des mouches à la fin. La brève entrevue avec le futur monarque, Louis XV, son petit-fils de cinq ans. Et l’idée Léaud (Car l’idée me séduit plus que le résultat) pour jouer Louis XIV, tant Léaud est aussi un roi, en fait, celui de la Nouvelle vague, donc d’un cinéma et d’une époque mourante. Reste aussi la beauté des plans, les couleurs, les éclairages. Mais aussi beaucoup de suffisance démonstrative d’un auteur désormais convaincu qu’il en est un.

Orpheline – Arnaud des Pallières – 2017

24La preuve par quatre.

   4.9   J’aime beaucoup Des Pallières, même depuis qu’il a quitté son cinéma plus expérimental – Michael Kohlhass c’était vraiment bien quand j’y repense. Donc j’y croyais. Mais c’est un peu raté. On voit bien ce qui l’a intéressé dans ce portrait de femme en quatre époques, quatre actrices, mais le fait qu’on ne puisse les relier par rien enlève toute empathie pour le personnage. Après, j’aime bien cette construction, qui remonte le temps. J’avais peur du portrait scolaire en quatre temps, quatre chapitres ou pire d’allées et venues épuisantes, mais le film trouve une dynamique assez belle. Mais tous les personnages qui gravitent autour c’est du vu et revu, ça ne débouche sur pas grand-chose. Et puis ça manque d’émotion tout ça. Pas sûr que ça corresponde à son style en fait. D’autant que concernant ses actrices c’est un peu limité : Solène Rigot 13 ans, bon, voilà quoi. Adèle Exarxhopoulos semble reprendre son rôle de chez Kechiche. Adèle Haenel celui qu’elle joue ad nauseam partout. C’est pas très original en fin de compte, pour un truc qui semble scander son originalité. S’ils ne se ressemblent pas, je trouve que cette idée (de changer les acteurs en fonction des époques) fonctionnait cent fois mieux dans un film comme La solitude des nombres premiers. Un autre truc : C’est très bizarre son rapport aux corps, ces peaux dégueulasses. J’aime bien l’idée car pour une fois on filme autre chose que la morve ou les visages parfaits, mais c’est un peu complaisant quand même, on ne voit plus que ça. Mais il y avait déjà de cela dans Parc je me souviens. L’impression que le film était destiné qu’aux fans de Haneke.

La cour de Babel – Julie Bertuccelli – 2014

16Grandir ensemble.

   6.7   Ça fait plaisir de voir un film à ce point du côté de la vie, qui célèbre la différence avec autant de ferveur, la mixité et la diversité des langues comme richesse républicaine, la jeunesse dans toute sa complexité, son euphorie, ses tourments et son envie/besoin d’interagir et de partager. A l’instar du film de Justine Thérond, Mon maitre d’école, qu’importe des moyens formels pas toujours inspirés pourvu qu’on ait cette ouverture-là. Le film aurait sans doute mérité une structure plus élaborée et une plus grande lisibilité dans les thématiques abordées, il aurait inévitablement gagné en émotion. Mais bon, La cour de Babel est un objet essentiel, une montagne de générosité, à l’image de cette grande pédagogue qui accompagne la classe d’accueil sous nos yeux, qui fait fusionner langues et cultures en rendant grâce à son lumineux titre.

Un homme à la hauteur – Laurent Tirard – 2016

24Guimauve extra-molle.

   2.9   Film concept dévoré par son concept. Les Farelly auraient pu en faire quelque chose d’aussi beau et drôle que L’amour extra large mais Laurent Tirard en tire un truc aussi inoffensif que globalement consternant où chaque scène est réfléchie en fonction de son pitch (Une avocate divorcée tombe amoureuse d’un architecte de petite taille) et s’argumente autour de micro rebondissements grotesques et d’une obsession de montrer sa prouesse de faire un Jean Dujardin d’1m36 dans chaque plan. Mais bon, qu’attendre d’un mec qui a fait Les vacances du Petit Nicolas ? Efira et Dujardin sauvent in extremis cette banale romcom du naufrage mais pas du navet.

Iron Maiden – Virgil Vernier – 2015

42Inconsciences.

   2.9   Une fois de plus, Virgil Vernier tente autre chose. Il n’est pas du genre à user de sa zone de confort, si tant est qu’on puisse lui en trouver une, ni à rejeter les formats courts sur le prétexte d’avoir franchi le cap des longs. Il essaie ici, je le cite, de raconter une histoire de sexe, de violence et d’ennui. Ce qui en somme pourrait coller comme pitch de chacun de ses films. On retrouve l’image dégueulasse qu’il usait dans ses premières tentatives mais c’est un leurre : Ces trois segments, de durée pas du tout égale, sont en réalité des vidéos du Net, coupées (L’originale de la première dure en fait 1h30) et assemblées, dans un montage simple : Trois vidéos qui se suivent, sans aucune transition. Tout ça c’est bien beau, mais ça n’a aucun intérêt, ça ne fonctionne pas, on a un peu l’impression que Vernier a glané ces trois vidéos un peu au pif tant on ne saisit pas ce qui peut les relier au-delà du côté racoleur qui en émane, aussi bien dans la vidéo porno, celle de propagande ou celle du chant – Cette dernière semble seulement exister pour légitimer les deux précédentes, dire que chacun est resté enfant, à sa manière. Difficile d’imaginer qu’il s’agit du même réalisateur que le très doux et gracieux Mercuriales. Tout ici est lourd, grossier, tape-à-l’œil. Ce qui m’intéresse néanmoins c’est le tout début car c’est là que je le retrouve. Et si ces images ne sont pas de lui, elles viennent dans la continuité de certaines scènes de rencontre ou drague qu’on pouvait voir dans Orléans ou Mercuriales

Vega – Virgil Vernier – 2014

76L’impasse.

   2.8   On sent que Vernier ne veut pas qu’on l’enferme dans une esthétique, un style, un genre. Car finalement, Mercuriales agissait pleinement dans la roue d’Orléans qui naviguait dans celle de Karine. Les premières minutes de Vega sont ornées d’un long plan fixe accompagné d’un monologue. Une vieille femme erre dans l’image. Et sa voix résonne en off, se souvient, délire. Si la solitude et la folie ont été évoquées dans les précédents films (Karine, notamment) jamais elle n’avait été aussi marquée. Mais ça ne fonctionne pas bien, en tout cas pas comme le virage pouvait fonctionner dans Andorre. On sent trop la pose, le vide, moins le désir de raconter quelque chose. Quand sur la fin, le plan fixe se brise pour s’aventurer dans les cieux nocturnes, orageux on ne voit plus ces échappées brutales comme l’émerveillement qui habitait Mercuriales, mais comme une volonté beaucoup trop clinique et calibré.

Mercuriales – Virgil Vernier – 2014

17Paradoxe gémellaire.

   6.3   Quand on s’est habitué au style Vernier, le début de Mercuriales est assez déstabilisant, d’une part en s’ouvrant sur une séquence traditionnelle du cinéma français social (Un garçon prend connaissance des tâches qu’il va effectuer dans son poste de gardiennage) et d’autre part car on a l’impression un peu furtive d’avoir atterri dans un Guiraudie. Deux raisons à cela : Damien Bonnard, qui jouait dans Rester vertical (mais jouait aussi déjà dans Orléans) qui incarne le formateur ; Et les sous-sols des tours, angoissants, mystérieux, assourdissants ici, silencieux plus loin, ramifications de couloirs, générateurs, tuyaux, éclairages qui peuvent largement rappeler Ce vieux rêve qui bouge. L’autre élément un peu gênant ce sont les dialogues, non qu’ils ne soient pas bons, mais ils sont là, explicatifs, un peu naturalistes aussi. Virgil Vernier ne nous avait pas habitués à cela, qui plus est après le silence qui englobe la première partie d’Orléans ou la quasi intégralité d’Andorre.

     Pourtant, Mercuriales ne va cesser de glisser, comme les précédents. S’il nous a présenté et fait suivre ce jeune garçon c’était essentiellement pour que l’on apprivoise ces tours, Les Mercuriales, à Bagnolet. Car ce garçon nous ne le verrons plus, sinon plus tard, brièvement au détour de deux plans, le cadrant ici dans son quotidien de vigile de supermarché, là en soldat armé. Il a effectué son relais pour Lisa et Joane, deux filles travaillant dans les tours aussi, à la réception. Aussi brutalement que le garçon avait été gommé du récit, Les Mercuriales aussi vont disparaître, pour ne garder que cette étrange relation, qui rappelle maintes fois celle d’Orléans, évidemment. Deux jumelles qui s’effacent pour laisser la place à deux autres. Et peu à peu nous ne maitrisons plus grand-chose, le cadre s’en va choisir un autre modèle, la fille d’une amie de Joane. Puis il revient sur son duo, s’en décroche, le récupère. Il y a des errances. Il y a des discussions, à l’image de celle entre Joane et un musulman tout juste converti.

     Rarement nous avions à ce point ressenti l’anarchie au cinéma, dans le récit, la structure, le jeu, l’image (Collages parfois étranges de photographies, vidéos d’archives, dessins d’enfant) ou le cadre, tout simplement, tant il se dérobe parfois sans prévenir à l’image de cette séquence de rave hypnotique avant qu’elle ne s’éteigne brutalement sans crier gare. Lisa et Joane sont comme nées des Mercuriales, puis elles les ont quitté mais semblent parfois (vouloir) y revenir. Un moment, elles partent en vacances sur les bords du Rhin où elles rencontrent un garçon timide. Joane, comme celle d’Orléans, voudrait devenir une grande danseuse. Lisa, comme Sylvia, est plus terre-à-terre et envisage de repartir en Moldavie, sa terre natale. C’est tout un parcours de rêves et d’impasses, merveilleux ici, plus ennuyeux là.

     Il n’y a jamais volonté d’ancrer le film dans quelque chose de vériste qui tiendrait forcément dans un programme de portrait de banlieue. Vernier s’intéresse à des lieux et des personnages qui n’ont à priori rien de cinégénique au sens où on a l’habitude de les envisager. C’est une contemplation, parfois même une hallucination. Une nouvelle grammaire, qu’on arpente fébrilement ou paisiblement selon l’humeur. Une chouette peut entrer sournoisement dans une maison comme elle s’immisçait ailleurs en tatouage sur un bras. Bancal, le film peut l’être mais son énergie fascine. La magnifique séquence destructrice finale du bulldozer dans ce champ d’appartements en ruines au clair de lune, m’a beaucoup rappelé celle du Leviathan de Zviaguintsev. Une trouée parmi d’autres tant Mercuriales est traversé d’images fortes.

Andorre – Virgil Vernier – 2013

30Paradis (fiscal).

   6.0   Une douane, des magasins de cigarettes et spiritueux détaxés, une station de sports d’hiver, une immense tour de verre abritant un non moins gigantesque centre de bien-être – Qui rappelle pas mal, dans son aspect secte, le Traitement de choc d’Alain Jessua. Un centre commercial géant, en gros, à l’échelle d’une ville, qui peut aussi faire écho à la seconde partie du Nocturama, de Bonello. Terre de rêve du capitaliste moderne, Andorre par Vernier fascine par son architecture artificielle, sa peuplade de touristes zombies, ces enfilades de petits plaisirs consuméristes. La succession de plans sans parole qui ouvrent le film amène à penser que Virgil Vernier en a terminé avec le plan sauvage. S’il est quasi intégralement sans parole il est accompagné d’une musique électronique, hypnotique autant qu’oppressante, assez proche des expérimentations d’Ulysse Klotz (Qui ornait déjà certaines séquences d’Orléans) ou Romain Turzi (Low Life, notamment). Un moment seulement, Vernier s’extraie de son dispositif fascinatoire et s’en va filmer un cimetière puis une adolescente qu’il a rencontrée là, pour parler du véritable Andorre, celui qui n’est plus, disparu sous le vernis touristique.

     Au-delà de la fascination que les lieux vont peu à peu exercer, comme si nous aussi étions hypnotisé par tout ce luxe de pacotille, j’ai cru un moment que le regard de Vernier pour cet environnement qu’il va dépeindre, serait un poil trop hautain, symbolisé par cette ouverture par cartons en plusieurs langues (Puisque c’est un lieu pour tous les touristes du monde entier, dans lequel personne ne se comprend) et notamment ce carton-tweet (??) qui ouvre son film : « Moi je suis allée en Andorre. Et franchement c’est super intéressant. Les lunettes de soleil sont à des prix hallucinants ». Vernier revendique clairement son attraction pour ces lieux inexplicables, hyper modernes et pourtant déjà obsolètes. C’est aussi le danger de ce genre de film, le problème d’équilibre ; D’oublier le sublime et n’être plus qu’arrogant, morbide et moraliste. C’est pas Koyaanisqatsi, mais Virgil Vernier s’en tire bien aussi. Et puis l’image est très belle. Le format 16 mm (C’est sa première incursion pellicule) lui sied bien.

Orléans – Virgil Vernier – 2013

32Au bûcher, les vanités !

   6.7   Le style hybride de Virgil Vernier semble être arrivé à maturité avec Orléans. L’histoire d’une rencontre entre deux danseuses de strip-tease aux aspirations opposées, qui vont se laisser gagner par la grande cérémonie annuelle en hommage à Jeanne d’Arc. La trivialité face au mythe. Ce qui est passionnant une fois encore, et très beau cette fois-ci, c’est de constater combien le film glisse, jusque dans son titre, vaste, qui peut aussi bien convoquer la ville et son Histoire qu’une terre sacrificielle ou le berceau d’une quête. Et c’est un peu tout cela à la fois.

     Le film s’ouvre d’ailleurs sur de nombreux plans topographiant la ville d’Orléans, celle d’aujourd’hui : Ses rues, son architecture, ses places, un cimetière, une voie ferrée. Puis s’engouffre dans un de ces territoires de la nuit, lugubre pub dansant dans lequel deux femmes s’approchent, se conseillent dans l’effeuillage, jouent avec la clientèle, se relient par leur colère et leurs envies, jusqu’à se confier plus tard dans l’appartement minuscule (Aux fenêtres comme des meurtrières) de la plus capée, plus réaliste, qui a déjà refoulé les grands rêves dont fait état sa novice de collègue. Joane, la jeune rêveuse, se voit bientôt à la capitale en danseuse de modern jazz, quand Sylvia arbore des tatouages pour masquer les vestiges de ses tentatives de suicide.

     Le lendemain ou un autre jour (La temporalité est très mystérieuse dans le cinéma de Vernier, les ellipses évasives) c’est en se promenant dans une forêt – mais on a déjà la sensation qu’elles sont dans la fuite – qu’elles font la rencontre d’une demoiselle, déguisée en Jeanne d’Arc pour les coutumes locales, qui s’est retirée un moment avec son cheval, du bruit de la foule, de la peur urbaine. Elle aussi est dans la fuite d’un monde pour lequel elle refuse de se plier. Toutes sont des Jeanne d’Arc modernes, en somme.

     Et lorsqu’elles regagnent la ville, comme si elles partaient en croisade, on retrouve d’une part ce qui faisait le final de Thermidor, d’autre part c’est comme si le fantasme, qui n’aurait jamais dû éclore, s’était emparé du réel. Et le film glisse encore pour nous perdre dans les festivités, Vernier reprenant alors sa vitalité documentaire. Et ces visages d’un réel précaire entrent en écho sublime et douloureux dans la marche médiévale mais éphémère que le film s’est choisi. Le bucher de la Pucelle résonne avec la barre de pole-dance. 

Thermidor – Virgil Vernier – 2009

34Le chevalier anachronique.

   4.1   Vernier continue de creuser de secrètes tranchées avec Thermidor, l’histoire quasi inénarrable d’un type étrange, ancien rockeur bellevillois, agressif et doux, chevaleresque et pathétique, curieux lookalike de Philippe Garrel et Nicholson en Joker, qui refait le monde avec un militaire africain sur le toit d’un building en fantasmant l’idée d’une montagne sacrée en remède à l’apocalypse imminente, avant de se faire envoyer promener par des putes sur un trottoir, avant de se retrouver seul chez lui jouant de l’orgue en plastique, avant de se rendre avec une amie aux commémorations de Louis XVI. On ne sait pas trop la part de réel qui réside dans Thermidor, cette ambiguïté semble être une constante dans le cinéma de Virgil Vernier. Sans doute faut-il envisager le film en tant que trait d’union entre Karine et Orléans, la confession se muant en initiation, la poésie nocturne en fascination pour les mythes, l’errance solitaire en duo sentimental. Hormis la très belle dérive médiévale finale, en pleine cité parisienne, on est ravi que ça ne dure que vingt minutes.

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Auteur:

silencio


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